1. // 160 ans de Sigmund Freud

Freud sur le terrain, psychanalyse du foot

Le 6 mai 1856 naissait Sigmund Freud, l’inventeur de la psychanalyse. Mais au fait, une psychanalyse du foot, ça donnerait quoi ? Abécédaire.

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A comme Acte manqué : Manifestation de l’inconscient, un compromis entre l’intention consciente ( « Je veux aider mon équipe, je veux le gagner ce match. » ) et le refoulé ( « Ah ouais, vous me chambrez le virage sud, bah tiens je la mets dehors. » ).

B comme Ballon : L’être perdu, puis retrouvé. L’amante, ou la mère.

C comme Ça : Le « Ça » , réservoir des pulsions chaotiques et bouillonnantes : le tacle pieds décollés, le coup franc surpuissant qui passe au-dessus, le crachat, le coup de boule, l’invasion du terrain, la coupe de Neymar. Joueur type : l’attaquant individualiste, fantasque ou teigneux.

D comme Défense : Mécanismes utilisés par le Moi pour réduire ou supprimer toute modification insupportable (perdre, être mené au score) due à des pulsions, souvenirs, fantasmes susceptibles de mettre en danger l’intégrité de l’individu : le dégagement à la va-comme-je-te-pousse, le tacle, le retour désespéré.

E comme Eros : Pulsion de vie à l’œuvre sur le terrain, la passe lumineuse, la caresse au ballon, la solidarité entre coéquipiers, les chants de supporters.

F comme Féminin : Le rond, le cercle, la courbe féminine, ou le creux, le vide à remplir : le ballon, le but, la coupe, le rond central, le tunnel pour accéder au stade, le stade lui-même.

G comme Goooaaaaaal : Le but, naissance symbolique. Le commentaire, son cri primal.

H comme Horde : Le 11 de départ, retour de la horde primitive décrite par Freud dans Totem et Tabou. Sous l’autorité d’un père tout-puissant, l’entraîneur, dont l’élimination conduira à l’édiction de règles nécessaire à la vie en société : interdit de l’inceste, interdit du meurtre. Mordre l’oreille reste autorisé.

I comme Identification et régression : Identification du public envers les joueurs, recherche du Moi idéal qu’on ne sera jamais ; déguisements, maillots, maquillages, torses bombés : retour aux pulsions enfantines, sadisme et masochisme, exhibitionnisme et voyeurisme, vécus par l’enfant lors des « stades » prégénitaux.

J comme Jeu : Tentative du Je (le « Ich » allemand) de concilier les exigences contradictoires du Ça – les pulsions bouillonnantes – et du Surmoi, le juge, le censeur : l’arbitre, la règle du hors-jeu, la ligne blanche, l’entraînement, le carton jaune, le cadre, les notes d’après-match.

K comme Kilos en trop : Le désir inconscient du retour dans le ventre maternel. Gignac likes it.

L comme Latence (période de) : Période d’accalmie, de refoulement des pulsions entre la 55e et la 72e minute (entre 5 et 11-12 ans chez l’enfant) : CJP en roue libre, possession de balle et passes latérales, après la tempête œdipienne et avant le volcan pubertaire, l’entrée de deux dragsters incandescents à la 74e.

M comme Masculin : Le pied, le poteau, le doigt levé pour célébrer un but.

N comme Névrose : Expression d’un conflit entre un désir, celui de tuer le match et les défenses liés à la conscience morale, aux interdits parentaux (ne pas faire n’importe quoi) : obsession ( « Les gars, quoi qu’il arrive, on passe par les ailes. » ), hystérie (roulade théâtrale) ou phobie ( « Encore le Barça en quarts, mais c’est pas possible ! » ).

O comme Œdipe : L’homme dont le pied enflé ne l’empêche pas de tuer son père (quitter son club de toujours) pour coucher avec sa mère (le transfert dans le club honni).

P comme Pied : Phallus de substitution, toujours raide et vaillant.

Q comme Quaresma : Caresse-moi ?

R comme Réparation (surface de) : Le pré carré. La maison. On est chez soi. La faute commise dans les 11m, c’est la faute œdipienne, dans la surface familiale. Carton rouge. Et penalty. Double peine : prends-ça maman, prends-ça papa.

S comme Surmoi : Celui qui juge, joue les censeurs : conscience morale des joueurs, auto-observation (séance vidéo de 16h), la formation d’idéaux ( « On peut aussi gagner en étant fair-play. » ), les notes de So Foot. Joueur type : l’arbitre.

T comme Thanatos : En opposition à Eros, Thanatos est la pulsion de mort, également à l’œuvre sur le terrain : le tacle assassin.

U comme Union : Le match, réactualisation de la scène primitive, originaire (Urszene), union sexuelle des parents, observée ou fantasmée. « Deux corps collectifs qui s'emmêlent et se pénètrent ; ils portent avec eux des narcissismes publics, plutôt mâles, qui se font l'amour rageusement ; le creux femelle étant le but ; plutôt passif. » (D. Sibony).

V comme Va-et-vient : Attaque-défense.

W comme Winnicott : Pédiatre et psychanalyste britannique. A théorisé « l’objet transitionnel » : peluche, couverture, mouchoir, ballon. L’objet, toujours à proximité, permet au petiot de supporter l’absence momentanée de la mère. Le joueur pro, ce gamin.

X comme X-Factor : Xavi. Paranormal.

Y comme Yoann : Le retour du refoulé, contenus psychiques inavouables ou inconciliables avec la réalité. Reviens Yoyo. On t’aime.

Z comme Zone (défense en zone) : À trois, à quatre, à cinq. Forcément érogène.

Par Jean-Baptiste Mauvais
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Un peu lourd à lire mais sympa. Même si Freud aurait sûrement réservé au minimum trois lettres aux produits dopants qu'il affectionnait tant.
wallotexas Niveau : CFA
Belle analyse sur une idée originale... Bravo et Merci...
Y'a des trucs intéressants.

Comme : marquer un but = renaissance (symbolique).

Le pied comme un phallus.
Maurice Belette Niveau : District
De la philo et du foot, on a pas approché le Beau d'aussi près depuis Socrates
Note : 1
La psychanalyse, ce truc que plus personne ne prend au sérieux depuis des décennies sauf en France.
Message posté par GabrielOmar
La psychanalyse, ce truc que plus personne ne prend au sérieux depuis des décennies sauf en France.


TRUE! Ca n'a surement aucun rapport avec le fait que le pays a le niveau de consommation d'antidépresseurs le plus élevé d'Europe!
La psychanalyse en tant que thérapie c'est nul.

Mais pour réfléchir sur des sujets tels que la conscience, l'inconscient, la sexualité, l'enfance... c'est pas mal.

En tout cas, on ne peut pas revenir sur son influence dans le débat intellectuel et la culture, partout en Occident, pas spécialement en France. Elle a imprégné tout le monde.
Michel Drucker Niveau : DHR
Message posté par ofwgkta
TRUE! Ca n'a surement aucun rapport avec le fait que le pays a le niveau de consommation d'antidépresseurs le plus élevé d'Europe!


22% des français contre 6% des allemands ont pris des psychotropes dans l'année ( stat de 2012 ou 2013 ).
Mais bon ça se recoupe avec le fait que les français sont de très gros consommateurs de médocs et que les prescripteurs ont souvent tendance à "sur-prescrire". ( 1 visite chez le médecin sur 2 se termine par une prescription )

Sinon sympathique cet article même s'il fait me réveiller en moi les merveilleux cours de psycho durement appris à la fac.
La réel c'est quand on se cogne.
Message posté par GabrielOmar
La psychanalyse, ce truc que plus personne ne prend au sérieux depuis des décennies sauf en France.


C'est même pire, en France les étudiants en psychiatrie consacrent deux ans à la vision psychanalytique...

Un adulte Asperger ou TDH a toutes les chances de se voir traité à grands coups de psychotropes pour une dépression ou des troubles bipolaires.

Et attention à surtout ne pas le dire trop fort.
La psychanalyse fait beaucoup moins le jeu des simulateurs - ça tombe bien!
Charmatin Niveau : DHR
Pas mal cet article, pour le tanathos, j'avais pensé au but contre son camp (surtout en Colombie), mais ça pourrait être un acte manqué aussi.
Le rapport entre prescription et psychanalyse ? Un analyste n'a ni droit ni intérêt à prescrire, donc je ne comprends pas trop votre commentaire. Si vous pouviez m'éclairer, merci.
Message posté par GabrielOmar
La psychanalyse, ce truc que plus personne ne prend au sérieux depuis des décennies sauf en France.


La psychanalyse est au sciences humaines ce que la relativité général est à la physique. Un "truc" que la physique quantique ne réfute pas, diffus dans tous les champs de la culture. La psychanalyse n'a pas une visée thérapeutique mais est un "savoir". La guérison y est de surcroît. Avoir conscience d'un problème n'est pas le solutionner. Par ailleurs un savoir n'est pas une mode, ainsi nul pays occidentale ne réfute l'héritage Freudien. Il suffit de quelques heures de philo au lycée pour s'en apercevoir.

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