Fred, le retour du guerrier

Souvent blessé, critiqué pour ses virées nocturnes, l’ancien Lyonnais semble avoir trouvé sa vitesse de croisière avec Fluminense, avec lequel il a marqué cinq buts lors des deux derniers matchs.

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Avec treize pions au compteur, Fred est le deuxième meilleur buteur du Brasileirão, à égalité avec Ronaldinho. Il y a une semaine, il a même marqué pour la 200e fois de sa carrière, d’une sublime bicyclette après amorti poitrine. Lors des deux dernières journées, il est le monsieur 100% du Fluminense, inscrivant les cinq buts des victoires 3-1 et 2-1 de son équipe contre Coritiba et Palmeiras. Et pour couronner le tout, il a été convoqué par Mano Menezes lors des deux derniers matchs amicaux de la Seleção contre la Costa Rica et le Mexique, profitant du forfait sur blessure de Leandro Damião. N’en jetez plus...

Et pourtant, début août, Fred était au fond du trou. Chopé en flagrant délit de beuverie dans un bar chic d’Ipanema, il s’est fait poursuivre dans la rue par des supporters de Fluminense, à 100 mètres de chez lui. Pour pimenter le tout, le journal populaire Extra a publié des détails croustillants le surlendemain. D’après le canard, le sosie de Francis Perrin était accompagné de Rafael Moura, son remplaçant à la pointe de l’attaque du Flu, qui a effectué un bref passage à Lorient en 2007, ainsi que de deux potes et quatre charmantes jeunes filles, deux brunes et deux blondes. A huit, ils auraient aligné 60 caipisaquês (variante de la Caipirinha avec du saké).

Sur le coup, l’ancien Gone n’a qu’une envie : mettre les voiles, alors que le mercato européen bat encore son plein. « Aujourd’hui, mon idée, c’est de quitter le club. Quand j’ai porté plainte, les policiers m’ont expliqué que les individus qui m’ont poursuivi cette nuit-là avaient un casier judiciaire long comme le bras, avec des accusations d’homicide, d’association de malfaiteurs… Difficile de travailler dans ces conditions  » , avait-il déclaré.
Dans un premier temps, il demande à ne pas jouer les deux rencontres suivant sa nuit alcoolisée sous prétexte de « problèmes psychologiques » .

Un revirement décisif

Pourtant, une semaine plus tard, il se ravise dans une conférence de presse qui marquera le tournant de sa saison. Il commence par une mise au point en montrant une copie de l’addition de la fameuse nuit du bar, qui prouve selon lui qu’ils ont bu, non pas 60, mais 28 Caipisaquês. Ensuite, il déclare sa flamme à Fluminense, coupant court aux rumeurs de départ. Ce revirement coïncide avec le regain de forme du Flu, champion en titre, qui végétait dans le ventre mou du classement. Emmenés par un Fred intenable, les tricolores enchaînent les victoires et reviennent dans la course pour le doublé, en se hissant en cinquième position, à seulement quatre points du leader Corinthians. Son coéquipier Marquinho, qui avait déchiré son maillot de rage lors de la raclée 3-0 encaissée contre le mal classé Atlético Mineiro début août, avoue même que la décision de son capitaine de rester au club a été le déclic qui a permis au Flu de recoller aux meilleurs. « On s’est tous dit que si Fred, qui est la star de l’équipe, annonce qu’il ne va pas partir, alors personne ne partira. Ça a tout changé pour le groupe » , explique-t-il.

L’une des principales nouveautés vient surtout du fait que pour une fois, ses bonnes performances s’inscrivent dans la durée. Lors des deux premières saisons passées au club, il a pratiquement passé plus de temps à l’infirmerie que sur les terrains et n’avait brillé que par quelques éclairs intermittents. En 2009, il avait sauvé Fluminense de la relégation en claquant but sur but dans la dernière ligne droite du championnat alors que son équipe semblait condamnée après avoir réalisé un début de saison digne des pires heures de Grenoble ou Arles Avignon en L1. Il était le symbole du « time de guerreiros » (équipe de guerriers) qui s’est illustré pour son fighting spirit à toute épreuve. L’année dernière, il a très peu joué et s’est fait voler la vedette par l’Argentin Dario Conca, sacré meilleur joueur du dernier Brasileirão et grand artisan du titre des tricolores. Mais depuis le départ improbable de Conca en Chine, au Guangzhou Evergrande, Fred est à nouveau le patron. Les caipisaquês ont beau couler à flot, Fred a retrouvé son esprit de guerrier et a bien l’intention de se battre jusqu’au bout pour le titre.



Louis Génot, à Rio de Janeiro
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