Frechaut : « Un avant et un après Jesus »

Nuno Frechaut, l'international portugais du FC Metz, a passé trois ans à Braga. Et il y a été coaché par Jorge Jesus et Domingos, les Misters de la demi-finale 100% portugaise de jeudi.

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Comment es-tu passé de l'européen du Sporting de Braga au FC Metz de L2 ?


Nous étions en discussion depuis un moment avec les dirigeants du FC Metz. Avant le début de la saison dernière, le club jouait la montée et il m'avait abordé alors que j'étais à Braga. On s'est vus et on est tombés d'accord mais comme l'ascension avait été manquée de peu, j'étais resté au Portugal. Mais les trois premières journées de Liga, je n'ai pas joué alors que j'étais aligné en Coupe d'Europe. Je ne vivais pas très bien cette situation. J'aime ce que je fais et je voulais jouer et comme l'idée de jouer en France me plaisait, j'ai accepté de signer à Metz.

Quand tu vois les deux dernières saisons de Braga et celles du FC Metz, ne regrettes-tu pas ton choix ?


J'ai choisi en parfaite conscience et je ne suis pas du genre à éprouver des regrets. En venant ici, je ne m'attendais pas à jouer en Ligue 2 encore deux saisons de suite, je pensais que nous serions montés. Je sais que je me retrouve dans une réalité totalement différente. Braga est un grand club. Par ses infrastructures, la qualité de son groupe aussi par ce qu'il réalise ces dernières saisons. Il représente dignement le Portugal sur l'échelle internationale. Et je continue de suivre ses performances avec attention. Mais à Metz, je suis aussi dans un club plein d'histoire. Alors non, je n'ai aucun regret. J'ai été très bien accueilli par les gens du club, les supporters. La ville est belle mais au niveau sportif ce n'est pas ce qu'on attendait... Les choses ne se passent pas comme on l'avait espéré. Disons que mis à part le côté sportif, tout va bien. Je suis un peu triste. Quand j'ai signé ici en 2009 c'était dans la perspective de jouer en Ligue 1 la saison suivante. On n'a manqué la montée de peu l'année dernière. Du coup, à l'intersaison il y a eu beaucoup d'ajustements au niveau du budget, de l'effectif. Et cette saison, nous sommes dans une phase de transition. Metz est un club historique mais qui là manque un peu de maturité.

Frechaut, ce n'est pas un peu français ça ?


(Rires) Si, si. Je crois que ça me vient de mon arrière-grand-mère maternelle. Mais tu l'auras compris, avant de signer ici je ne parlais pas un mot de français.

Ton départ du Minho correspond avec l'arrivée de Domingos aux commandes du club. Ça s'est bien passé avec lui ?


Très bien ! Il avait fait ses choix et je ne jouais que les matches de C3 avec lui. Mais il n'y avait aucun problème entre nous. Au contraire, même si nous n'avons jamais joué ensemble ni en club ni en Selecção, nous nous sommes croisés sur les terrains et Domingos est quelqu'un que j'apprécie. Il y avait même une certaine gêne vis-à-vis de mon départ.

Avant Domingos, tu as été coaché par Jorge Jesus à Braga, l'actuel entraîneur de Benfica. Quelles sont les grandes différences entre eux ?


C'est difficile à analyser. Je dirais que l'un comme l'autre ont connu le succès. Mister Jesus a débuté par des clubs plus modestes et il a pris un peu plus de temps pour s'imposer. Domingos est plus jeune et il a un grand avenir devant lui. Il a beaucoup à enseigner et à apprendre. Leur philosophie de jeu est très bonne.

L'élimination de Benfica, jeudi, en demi-finale de Ligue Europa a fait beaucoup de bruit. Les supporters lisboètes son très remontés contre Jesus qui a la réputation d'être vite lassant...


Il a du caractère mais c'est normal lorsqu'on est ambitieux. C'est un gagnant et il sait ce qu'il veut. Je me souviens que lors de sa première séance d'entrainement à Braga il a dit à chacun des joueurs où il voulait les voir jouer et comment sur chaque partie du terrain. La vérité c'est que grâce à lui nous avons été meilleurs. Chaque joueur qui a eu Mister Jesus comme coach te le dira : il y a un avant et un après Jesus. Ce qu'il y a de fantastique chez lui c'est qu'il est à l'écoute. Il accepte les remarques de son groupe et ses idées. Il reconnait ses erreurs. Benfica n'a pas le luxe de se séparer d'un entraîneur comme lui. Les supporters ont parfois la mémoire courte. Il y a un an, il était champion et était adulé. Mais que les supporters de Benfica soient tranquilles : il dit ce qu'il faut à qui il faut là où il faut : dans le vestiaire. Devant la presse, il défend son groupe. C'est normal. N'oublions pas non plus que les adversaires de Benfica sont plus forts cette année : le FC Porto et Braga.

Mais c'est quand même dingue ce que réalise Braga, cette saison, non ?


Je ne suis pas étonné. Ce club connaît une progression constante ces dernières saisons. Chaque année, il gravit une marche. Braga est un grand ! Il a d'ailleurs tout du grand. Le stade, le public, les résultats. C'est une ville importante dans une région importante (le Minho, ndlr) qui possède une grande tradition de foot.

Tu es aussi passé par Setubal et Boavista. Deux clubs historiques qui galèrent... C'est aussi ça la réalité du foot portugais...


Je vis ça avec énormément de peine. Le Vitoria de Setubal est le club où je suis né. Ça me fait mal qu'une si belle région traverse de si grands soucis. Aujourd'hui on parle beaucoup du Vitoria pour des histoires de salaires en retard. Et avec Boavista, j'ai été champion en 2001. Un énorme souvenir...

Propos recueillis par Nicolas Vilas

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