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Frank Verlaat : « Guy Roux m'a fait passer pour son neveu suédois »

Les nostalgiques des années 1990 le savent : il n'existe qu'un « Hollandais volant » et il ne s'appelle pas Johan Cruyff. Son nom ? Frank Verlaat. Sa scène ? L'Abbé-Deschamps. Son style ? Une nuque longue dingue. Ce France-Pays-Bas était donc l'occasion de le retrouver et de parler Guy Roux, regrets, Marco van Basten et de quelques autres petits délices.

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Salut Frank, tu bosses dans les assurances avec Pegguy Arphexad, Daniel Dutuel et Peguy Luyindula chez Henner Sports. Mais ça consiste en quoi ce job ?
Quand j'ai arrêté ma carrière en Autriche, j'étais dans une période d'incertitude et je devais trouver une reconversion. Ce chemin des assurances est venu sur ma route. C'est Daniel Dutuel, avec qui j'ai joué à Auxerre, qui m'avait contacté pour me demander ce que je faisais. Je suis basé en Allemagne. Quand le joueur se blesse, tombe malade ou est victime d'un accident, il subit une perte de salaire notamment en raison du non-versement des primes de match. Quand il ne peut plus jouer au foot, on lui garantit le versement total de son salaire.

Bon, on va aller droit au but en parlant d'Auxerre. Impossible de ne pas évoquer ton passage en Bourgogne où tu as joué trois ans, de 1992 à 1995. Comment en es-tu arrivé à porter un maillot sponsorisé « Duc » d'ailleurs ?
Grâce à Guy Roux qui avait, je crois, des contacts en Suisse. D'après ce que j'ai compris, il avait des gens de confiance un peu partout. Quand il demandait à l'un de ses contacts si un joueur avait le niveau pour jouer à Auxerre, il leur faisait confiance et il entamait des négociations. Ce qui est marrant, c'est qu'il voulait me rencontrer moi et ma copine avant que je signe et il était à l'Euro en Suède. Il m'a invité dans un hôtel où séjournaient tous les journalistes. Alors, pour que ces derniers ne lui posent pas de questions, il m'a fait passer pour son neveu suédois. C'est comme ça qu'on a pu discuter tranquillement. Tout le monde l'a cru, car j'étais blond et ma copine aussi. Ce n'était pas bête.

Tu dois en avoir quelques-unes des anecdotes sur Guy Roux, non ?
Il savait tout. Il contrôlait les kilométrages des joueurs pour voir s'ils étaient partis. Si tu avais 300 kilomètres en plus sur ton compteur, ça pouvait signifier que tu étais parti à Paris... Il avait également des indics aux péages. Si un joueur s'y présentait, il y avait directement un coup de téléphone qui était passé au coach. Je me rappelle que j'avais reçu une amende de la police, que je l'ai appelé et il l'a fait sauter. C'était un sacré personnage. Il a réussi quelque chose d'extraordinaire en faisant remonter l'équipe de la DH jusqu'au titre de champion de France. C'est quand même dommage que le club soit descendu en deuxième division. Si tu parles d'Auxerre aujourd'hui à l'étranger, il n'y a plus beaucoup de gens qui connaissent le club.

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Les gardiens de la paix

À Auxerre, vous aviez quand même une sacrée équipe. Quelle épopée vous aviez faite en 1992-1993 où vous battez l'Ajax de Litmanen, Davids, Bergkamp, Frank de Boer et Overmars avant de perdre aux tirs au but face à Dortmund. Cette demi-finale, c'est l'un des gros regrets de ta carrière ?
J'ai connu d'autres matchs cruels dans ma carrière, mais plus que la défaite, je retiens l'ambiance dans le stade. C'était super. Je me rappelle que tout était noir et jaune d'un côté et le reste du stade de l'Abbé-Deschamps était tout blanc. Les supporters étaient fous, ils nous ont poussés pendant tout le match. Quand je parle à des joueurs qui étaient sur le terrain, c'est cet engouement qu'ils ont retenu. On devait remonter deux buts, et Corentin (Martins, ndlr) marque, je crois, au bout de huit minutes. Après, on était vraiment dans le match et tu sentais que tout était possible. Après le 2-0, on aurait dû passer avec les occasions qu'on a eues et on perd aux tirs au but. C'est la loterie. Ça reste, malgré l'élimination, une soirée fantastique.

Dans ta carrière, tu te souviens avoir sauté aussi haut avec ta crinière que sur ce second but ?
(Rires) Le truc, c'est que je marque là-dessus, et du coup, on me parle de cette détente, alors que j'ai sans doute déjà sauté plus haut et qu'il ne s'est rien passé. De temps en temps, on me parle de ce but lorsque je viens en France, les fanatiques de football, quoi. À Auxerre, les gens me reconnaissent, mais le temps passe, les cheveux sont différents, la couleur des cheveux est différente et on te connaît de moins en moins.

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Pourquoi as-tu choisi de partir au bout de trois ans ?
Je suis quelqu'un qui a besoin de bouger. À Lausanne, je suis resté trois ans, à Auxerre aussi. Je crois que j'avais besoin de changer d'air car Auxerre c'est petit. Au niveau footballistique, en tout cas, tout allait bien puisqu'on a fait trois bonnes saisons, on était toujours européens et on a gagné une Coupe de France, mais j'avais une offre venant d'Allemagne et je voulais voir autre chose.

« Cruyff m'a aussi appris la roublardise. Avant le duel, il nous montrait par exemple comment pousser un peu l'adversaire avant que la balle ne redescende pour que l'arbitre ne le voit pas. C'était ça aussi Johan Cruyff. »

On rembobine un peu ton parcours et on file en 1987. Pour ton deuxième match en tant que titulaire, tu remportes, à 19 ans, la finale de la Coupe des coupes face au Lokomotive Leipzig sous les ordres de Johan Cruyff. Comment as-tu fait pour gérer la pression ?
Danny Blind s'est blessé à l'entraînement et il ne pouvait pas jouer. En fait, la décision a été prise le jour même. Je crois que c'était le matin. Après, franchement, je n'ai pas eu trop le temps de réfléchir. C'est mon caractère, je ne suis pas stressé par des situations comme celle-là. Johan Cruyff ne m'a pas non plus mis sous pression. Il m'a juste dit : « Joue comme d'habitude en équipe réserve, fais ton truc et tout va bien se passer. » Il m'a mis en confiance. C'est mieux que lorsque le coach te dit : « Tu dois faire ceci, ça, tu ne dois pas faire ça ou ça. » Je n'avais pas la tête pleine et c'est ce qui m'a aidé.

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La vision de Cruyff t'a beaucoup influencé ?
Cruyff dans ses entraînements avait un sens du détail qui faisait la différence. Il nous montrait à quel point la position des joueurs était importante, la façon de jouer le ballon à la bonne vitesse et sur le bon pied. Beaucoup de choses comme ça qui font que tu étais meilleur tactiquement que beaucoup d'autres joueurs. Il m'a aussi appris la roublardise. Avant le duel, il nous montrait par exemple comment pousser un peu l'adversaire avant que la balle ne redescende pour que l'arbitre ne le voit pas. C'était ça aussi Johan Cruyff.

Tu l'as vu jouer ?
Oui, il jouait de temps en temps avec nous quand il manquait un joueur à l'entraînement. On voyait des choses qu'on n'avait jamais vues. À l'époque, à la télé, il n'y avait pas cinquante matchs qui était diffusés et il fallait de la chance pour voir des actions et les gestes techniques que Cruyff et Van Basten faisaient devant nous. Je me rappelle aussi que le coach se mettait parfois en stoppeur contre Marco. Il n'était pas plus grand, ce n'était pas un défenseur, mais Van Basten ne touchait pas un ballon. Il commençait à parler avec lui et il le déconcentrait.

Tu n'as pas beaucoup joué les saisons d'après. Pourquoi n'es-tu pas parvenu à t'imposer à l'Ajax ?
C'est Cruyff qui m'a lancé, mais il est parti l'hiver d'après et ceux qui l'ont remplacé ont choisi d'autres joueurs. Mais pour être honnête, je crois que je n'étais pas assez prêt physiquement pour ce poste, pas assez fort pour jouer contre des grands attaquants qui avaient 26 ou 27 ans. Je sortais des juniors. Aujourd'hui, quand les jeunes arrivent, il y a toujours une différence de niveau avec l'équipe première, mais elle est moindre.

Ton fils Jesper joue au Werder Brême. Il a 21 ans, il est défenseur et il est à un moment charnière de sa carrière. Ce n'est pas facile ?
Il s'entraîne avec la première et il joue en réserve. Il faut attendre un peu. Il doit avoir un peu de chance, espérer qu'un entraîneur compte sur lui pour jouer et passer un palier. Tous les joueurs qui sont devenus pros peuvent toujours dire le moment où ça a basculé en leur faveur. Si Cruyff ne m'avait pas lancé, je n'aurais peut-être jamais joué. Et quand tu ne joues pas, tu peux très vite être oublié.


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Tu as été sélectionné une fois avec l'équipe des Pays-Bas. Comment se fait-il que tu n'aies jamais été repris ?
J'ai été appelé lorsque je jouais à Auxerre pour une rencontre face au Portugal en 1995. Quand je suis transféré à Stuttgart, j'ai eu une très bonne période, mais je n'ai plus jamais été convoqué. C'était un peu dommage, car j'aurais aimé montrer que j'étais meilleur qu'avant. Après, la sélection hollandaise avait déjà des bons joueurs comme De Boer et Stam qui étaient titulaires incontestables. Malgré tout, en tant que doublure, je crois que j'aurais pu avoir ma place.

Vous aviez une génération incroyable et pourtant vous n'avez rien gagné avec tous ces joueurs.
On était vraiment tout près à plusieurs reprises, mais il y a des petits détails qui ont fait qu'on n'y est pas parvenus. En 2000, je suis dans le stade quand on est sortis par l'Italie en demi-finale et qu'on rate deux penaltys. Les Italiens n'existaient pas, mais ils ont tenu et on perd aux tirs au but. Même chose en 1998 contre le Brésil. Tu as une belle équipe, ça joue bien, il y a du spectacle et finalement tu perds. Et puis, en 2010, si Robben marque son duel face à Casillas, je pense qu'on gagne ce match parce que c'est le genre de parties où celui qui marque en premier remporte la rencontre. C'est comme ça...

On sent que c'est plus compliqué depuis 2014 pour les Oranje. Vous avez raté l'Euro 2016 et le début de qualifications pour la Coupe du monde 2018 n'ont pas été évidentes. Pourquoi tant de difficultés ?
On a une génération un peu moins talentueuse que celle d'avant. On n'a peut-être pas fait attention à tout cela. Cela fait quand même plusieurs années qu'on n'a plus de très bons joueurs. On a des bons éléments, mais qui ne sont pas encore prêts. Je pense à Virgil van Dijk qui joue en Angleterre ou Stefan de Vrij qui évolue à la Lazio. À l'Ajax, on a aussi des bons jeunes comme le défenseur Matthijs de Ligt ou encore Justin Kluivert. On a eu aussi pas mal de blessures des joueurs qui étaient au-dessus. Et puis, soyons clairs, durant ces qualifications, on n'a pas bien joué non plus.

« Les Pays-Bas, c'est un petit pays, ce n'est pas la France ou l'Allemagne qui ont quand même plus de probabilités de sortir des grands joueurs. On a toujours dépendu de joueurs de classe mondiale et quand tu ne les as pas, c'est plus compliqué. »

Tu crois qu'il y a eu un souci dans la formation qui a toujours été votre marque de fabrique ou c'est juste le hasard qui fait que vous avez un peu moins de talent ?
Je ne crois pas qu'il faille tout remettre en cause. On a sans doute fait des erreurs, mais je crois aussi qu'il y a des équipes nationales qui sont devenues meilleures. Et puis, les Pays-Bas, c'est un petit pays, ce n'est pas la France ou l'Allemagne qui ont quand même plus de probabilités de sortir des grands joueurs. On a toujours dépendu de joueurs de classe mondiale et quand tu ne les as pas, c'est plus compliqué.

Et ce match contre la France justement, tu le sens comment ?
Je vais dire 2-1 pour nous, mais je pense que vous allez gagner. Vous avez une meilleure équipe, tout est à l'avantage de la France, mais je crois que les grands joueurs comme Sneijder, Van Persie ou Robben peuvent faire basculer un match. Sneijder avec un coup franc ou une passe, Van Persie dans les 16 mètres, Robben avec sa vitesse et sa technique. Les autres joueurs vont peut-être hausser leur niveau de jeu grâce à eux. Si on reste longtemps dans le coup, s'il n'y a pas un écart important à la mi-temps, je crois que c'est possible.



Propos recueillis par Jacques Besnard
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