Franck Ribéry : 2010, annus horribilis !

« Quand je vois qu'on me traite de caïd de cour de récré, je suis blessé » , dixit Francky lors de son passage mythique à Téléfoot en Afrique du Sud... « Blessé » : le mot est lâché. Victime hier soir contre Hoffenheim d'un mauvais tacle, Lascarface, gravement touché à la cheville droite, a subi un nouveau sale coup du sort au cours d'une année 2010 déjà affreusement pourrie.

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Le ciel bleu avait présidé aux beaux jours de septembre de Francky. Redevenu footballeur, goûtant aux délices de se faire un peu oublier par les médias et poursuivant surtout son opération réhabilitation. A savoir : faire profil bas et ne pas en rajouter sur sa sanction de Knysna (il n'a pas fait appel de sa suspension de trois matchs en Bleu, malgré que la tentation fut grande). De plus, il attendait impatiemment de pouvoir purger une autre suspension, infligée par l'UEFA en Ligue des Champions (3 matchs également). Francky devait faire son grand retour en C1, mardi prochain à Bâle. A ce propos, lors du match de Ligue des Champions de la semaine dernière, Bayern-AS Roma, avait pris place à ses côtés dans la tribune Lolo Blanc. Signe que le sélectionneur comptait bel et bien sur lui à l'avenir. Un avenir proche puisque Ch'ti Franck était à nouveau sélectionnable à partir du 12 octobre pour le France-Luxembourg des qualifs de l'Euro 2012. Rencontre disputée à Metz, là où il avait fait ses premiers pas en L1... Un ciel sans nuages, donc : un retour encourageant en Bundesliga, avec un Bayern privé de Robben, celui-là même qui lui avait volé la vedette au club la saison passée. Et puis un autre rayon de soleil, l'interview accordée par Arsène Wenger la semaine dernière et publiée dans L'Equipe d'aujourd'hui. Arsène y cite les joueurs du futur renouveau de l'équipe de France, Nasri (hum, hum...) et Gourcuff. Il a aussi un mot sympa pour « Diaby et Ribéry, qui sont d'excellents joueurs » . La rédemption à tous les étages, que ce soit directement avec Blanc, ou indirectement avec Wenger, autorités morales et footballistiques incontestées. Que du bonheur !... Mais ça, c'était avant que toutes les Carabosses du foot ne fassent pleuvoir à nouveau la poisse 2010 sur ce pauvre Francky...


Hoffenheim, morne plaine

C'était donc hier soir, au Rhein-Neckar Arena Arena, contre Hoffenheim, pour le compte de la 5ème journée de Bundesliga. Un match avancé... Sur un tir de Ribéry repoussé par le gardien Haas sur Thomas Müller qui amène l'égalisation bavaroise (1-1, 63ème), Francky chute mal sur une charge appuyée de son adversaire direct, le défenseur Beck. Mauvais tacle et grosses conséquences : Francky se tord de douleur et est remplacé par Altintop. “Bonne nouvelle” : c'est son pote Van Buyten qui donnera la victoire au Bayern dans les arrêts de jeu (2-1, victoire à l'extérieur). Mais l'inquiétude gagne vite Van Gaal et les dirigeants munichois. « Le premier diagnostic n'est pas très bon. Il semble qu'il soit touché au niveau de l'articulation et qu'il puisse être absent pour une longue période » déclare Karl-Heinz Rummenigge, après la rencontre. La durée de l'indisponibilité de Ribéry est encore inconnue mais elle va sérieusement différer et son retour en Ligue des Champions et surtout celui en équipe de France. La poisse...

C'est peu dire que les pépins physiques l'ont toujours accompagné depuis son arrivée au Bayern en 2007. Trois semaines d'arrêt pour une contracture à une cuisse lors de sa première saison. Puis c'est l'Euro 2008, où il est touché sérieusement à la cheville gauche contre l'Italie, le contraignant à ne revenir que trois mois plus tard, le 30 septembre, contre Lyon en C1. L'été 2009 est demeuré célèbre pour son altercation en juillet avec Louis Van Gaal, Père Fouettard recruté au mercato estival. Le coach batave lui intime l'ordre de ne pas quitter le terrain d'entraînement sans son autorisation pour aller changer de chaussures. En cause : une ampoule au tendon d'Achille, plus sérieuse que prévu. Ensuite viendront divers problèmes musculaires à la cuisse et une tendinite rotulienne au genou gauche qui le verront s'arrêter pendant deux mois à partir d'octobre. En décembre d'autres pépins (maux de dents, inflammation aux gros orteils, etc.) repousseront un énième retour au 24 janvier 2010. Signe que 2010 allait bien être l'année pourrie qu'on ne voyait pas forcément arriver...

Zahia et Knysna...

C'est à la veille de la demi-finale aller de C1, Bayern-OL qu'éclate l'affaire Zahia D., du nom d'une “jeune prostituée”. En compagnie de son beau-frère, Francky aurait eu une relation tarifée alors qu'elle était encore mineure. Le scandale éclate et le lendemain, tout se précipite. A l'Arena, Francky blesse Lisandro d'un coup de patte un peu trop appuyé. Pas hyper dangereux mais l'arbitre voit rouge : expulsion de Lascarface ! Coup dur d'autant plus lourd que c'est Robben le héros de la soirée : il donne la victoire au Bayern et poursuit sa montée en puissance dans le foot mondial. Il déchoit Francky de son statut de superstar N°1 du club et de la Bundesliga. Quelques mois plus tard, en Afrique du Sud, c'est le jeune Thomas Müller, 20 ans, qui va aussi grandement éclipser l'aura de Francky... Ce dernier est condamné par l'UEFA à trois matchs de suspension : il ratera sa première finale de Ligue des Champions qu'il attendait depuis toujours... En France, l'affaire Zahia D. engloutit Franck Ribéry, “ex-bon époux, bon père” et bon musulman (Bilal Ribéry) : les soirées orgiaques alcoolisées passent très mal. Ch'ti Franck, l'idole insouciante de la France du Foot au Mondial 2006, adoubée par Zidane himself, est devenu une caillera infréquentable. A Boulogne (sa ville de naissance), avant la Coupe du Monde, une fresque géante dressée à son effigie est carrément interdite d'exposition par le Conseil Régional, choqué par “l'Affaire”. Finalement, la fresque sera exhibée, comme celle de Zizou sur la Corniche.

Viendront ensuite les tristes péripéties en Bleu, avant, pendant et après le désastreux Mondial sud-africain. Francky a obtenu de Ray Strange qu'il puisse jouer à gauche, squeezant le pauvre Malouda, irrésistible avec Chelsea. Ses prestations en matchs amicaux pré-Mondial sont affligeantes d'individualisme. Contre le Mexique, il obtient encore de Ray Strange de jouer carrément dans l'axe, achevant de brouiller toute l'animation offensive des Bleus. Plus grave, il a indirectement (avec d'autres) fait écarter Gourcuff de l'équipe de France contre le Mexique. C'est le point de départ d'un grand moment de télévision : son irruption surprise sur le plateau de Téléfoot, le lendemain de la une incendiaire de L'Equipe. Parce que le quotidien sportif avait fait aussi allusion aux “brimades” qu'il aurait fait subir au pauvre petit Yoann. Francky craque, au bord des larmes, se plaignant de se voir injustement accusé de tourmenter Yoann « Courcuff » (authentique : Ribéry prononce « Kour-cuff » )... Émouvant mais pathétique : Ribéry a joué pour sa gueule au moment où les Bleus sont déjà dans le collimateur de la France du Foot, outrée par la défaite contre le Mexique. Et puis surtout, la fameuse grève de Knysna est déjà “dans les tuyaux”, et ça Francky n'en a pas dit mot... La grève éclate l'après-midi avec les conséquences désastreuses qu'on connaît. Suivront donc au cours de l'été trois coups durs pour Francky. Un, une opération chirurgicale à son retour en Europe. Deux, le 20 juillet, il est placé en garde à vue avec Karim Benzema par la Brigade de répression du proxénétisme de Paris puis mis en examen pour « sollicitation de prostituée mineure » . L'image forte : Franck Ribéry menotté qui débarque au Palais de Justice... Le choc. Il a reconnu avoir eu une relation tarifée avec Zahia D. L'affaire suit son cours... Et trois, une condamnation de la FFF pour son statut de “vice-capitaine” des Bleus dans la grève de Knysna (3 matchs ferme de suspension). Ouf !

La terrible blessure d'hier soir prolonge une année 2010 difficile, confirmant la maxime de Jacques Chirac, « les merdes volent en escadrilles » . Ceci dit, les images du pauvre Francky hurlant, pleurant et grimaçant vont le rendre enfin sympathique après tous ces événements contraires qui ont fait de lui l'un des Bleus les plus détestés par la France du Foot. Pas de quoi non plus féliciter ce gros relou de Beck...

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