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  1. // Foot & Cheval

Franck Blondel : « Griezmann et Tornibush ont une très belle crinière »

Tornibush a offert à Antoine Griezmann sa première victoire en tant que propriétaire de cheval dimanche dernier, à Marseille-Borély. Sur le dos de ce poulain de trois ans acheté en septembre par l’international tricolore, Franck Blondel savoure ce succès pas comme les autres. Le jockey français a même glissé un clin d’œil au joueur de l’Atlético en fêtant sa victoire les pouces levés et les auriculaires tendus. Le monde du cheval a pris son premier coup de Grizou.

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Bonjour Franck. Est-ce que vous pouvez nous raconter votre course de dimanche ?
Avec l’entraîneur, on s’était dit que si le cheval partait devant, on allait le laisser faire pour qu’il soit le plus décontracté possible. C’est ce qu’il a fait. On avait pleinement confiance en lui et il a gagné de la tête et des épaules.

Ça s’est vraiment joué à rien.
Oui, parce que c’est un cheval encore un peu délicat, un peu immature. Je pense qu’en prenant de la maturité, ça sera un bon poulain pour l’année prochaine. C’est comme un footballeur qui doit jouer des matchs : le cheval, en multipliant les courses, prend du métier et confiance en lui. Il y a des chevaux beaucoup plus délicats que les autres. Tornibush, on doit le canaliser un petit peu pour qu’il ne parte pas comme un fou.

Vous avez gagné à Marseille. Il n’en fallait pas plus à certains supporters du coin pour y voir un signe. Des victoires de Tornibush à l’hippodrome et des buts de Griezmann au Vélodrome, vous trouvez que ça sonne bien ?
Moi, je trouve que ça sonne très bien ! Maintenant, je ne suis pas sûr que Griezmann veuille aller jouer au foot là-bas. Un but à Marseille en même temps que la première victoire de son cheval, ça aurait été très beau !

Est-ce qu’Antoine Griezmann vous a appelé pour vous féliciter ?
Non. Mais je sais qu’il est à Clairefontaine en pleine préparation pour les matchs de l’équipe de France, donc je pense qu’il me contactera après le match. Peut-être.

« Tornibush, on doit le canaliser un petit peu pour qu’il ne parte pas comme un fou. »

Ça fait quoi d’être le premier jockey de l’histoire à célébrer sa victoire sur sa monture avec une danse tout droit sortie d’un clip de Drake ?
Dans ma tête, ça faisait quand même un moment que je pensais à le faire. Le jour où j’ai appris que Tornibush allait disputer cette course, j’ai dit à l’entraîneur que si je gagnais, je ferais la même célébration que Griezmann sur le terrain. Donc c’était préparé à l’avance.

Si les jockeys célébraient comme les footballeurs, vous pensez que les gens regarderaient plus Equidia ?
Malheureusement, non... Mais là, c’était plus pour l’euphorie. J’ai voulu célébrer ça parce que je trouve que c’est une très bonne chose que ces personnages-là qui sont très haut dans la société se mettent aux courses. En plus, ça donne une belle image des courses. J’ai voulu célébrer ça aussi parce que pour l’entourage, pour l’entraîneur, pour la société propriétaire, c’est quand même sympa. Et puis c’était surtout un truc facile à faire !

C’est Antoine Griezmann qui vous a proposé de monter son cheval ?
C’est un cheval que j’avais déjà monté avant que Griezmann n’ait eu l’occasion de l’acheter. J’avais déjà gagné une course à Vichy avec lui. Mais pour sa première course en tant que cheval de Griezmann, je ne pouvais pas être à Paris. Pour Marseille, c’est l’entraîneur qui m’a recontacté.

Vous avez déjà rencontré Antoine Griezmann ?
Je n’en ai toujours pas eu l’occasion. J’espère bien le rencontrer ! Faites-lui un petit coucou de ma part si vous le croisez et dites-lui que j’aimerais bien le rencontrer.

Antoine Griezmann est venu voir son poulain aux entraînements ?
Je crois qu’il est passé un matin à l’écurie, mais je ne suis pas sûr.

« Ce sont des chevaux qui ont beaucoup de sang. C’est comme dans le foot, vous avez des joueurs qui sont excités sur le terrain et d’autres qui sont calmes. Les chevaux, c’est pareil. »

Il l’a monté un peu ?
Ah bah non ! C’est quand même assez dangereux. Si vous n’avez pas l’habitude, vous ne pouvez pas monter un cheval de course comme ça. Ce sont des chevaux qui ont beaucoup de sang. C’est comme dans le foot, vous avez des joueurs qui sont excités sur le terrain et d’autres qui sont calmes. Les chevaux, c’est pareil. Ce n’est pas avec ce genre de chevaux que vous apprenez à monter à cheval donc. Ce sont des pur-sang, des sportifs !

Et alors pourquoi ce nom, Tornibush ?
Aucune idée. Je ne suis que le jockey, moi. Mais c’est un nom que le cheval avait bien avant qu’Antoine Griezmann ne l’achète. En fait, vous donnez son nom à un cheval quand il commence à courir.

Ça sert à quoi d’avoir un cheval quand on est footballeur ?
Ça peut rapporter un peu. Ça dépend sur quel cheval vous misez. Vous avez de très bons chevaux qui peuvent gagner de très bonnes courses, donc vous rapporter beaucoup d’argent. Après, pour Griezmann, je ne sais pas si ça lui change beaucoup la vie. Ce doit plus être une passion qu’il a.

Ce n’est pas un peu frustrant pour vous de lire partout « la victoire du cheval d’Antoine Griezmann » et de se retrouver au second plan ?

Non, pas du tout. Au contraire, je suis même très fier d’avoir monté Tornibush pour la première victoire de Griezmann. C’est une bonne pub aussi pour moi en tant que jockey. Après, voir partout la mention d’Antoine Griezmann, je trouve ça logique parce que c’est grâce à lui que cette victoire est plus mise en lumière. C’est normal, il est plus médiatisé. Mais on parle de moi aussi un peu.

Donc vous pensez que c’est une bonne chose que des footballeurs s’intéressent au monde de l’équitation ?
Évidemment. De toute façon, ce n’est pas le premier à se lancer là-dedans. Je crois qu’il y a des footballeurs anglais qui ont acheté des chevaux (Michael Owen a par exemple fondé sa propre écurie, ndlr). C’est très bien que ces gens-là s’y mettent aussi en France. Ça offre une meilleure vision parce que le monde des courses n’est pas aussi ouvert que le monde du foot. Un tweet comme celui de Griezmann élève un peu l’image de ce sport. Il ne faut pas oublier que le monde des courses, c’est quand même un monde de sportifs. Au départ, on n’était pas considérés comme tels. Donc c’est bien un peu d’entraide entre sportifs.

« Si vous ne montez qu’un seul cheval, vous n’allez pas très loin. J’ai l’habitude d’avoir différentes montures, c’est le métier de jockey. »

D’ailleurs, on nous raconte que le cheval, c’est trop génial, mais le football, c’est bien aussi. Quel est votre rapport avec le ballon rond ?
Je suis un passionné de foot. Bon, je ne supporte pas l’Atlético de Madrid malheureusement, je suis plus pour Lyon. J’ai joué un petit peu quand j’étais en poussins ou minimes. Je jouais numéro 6, je n’étais pas du tout un Griezmann. C’est à 14 ans que j’ai choisi le cheval et que je suis allé en sport études. J’ai laissé tomber le football parce que physiquement, je ne crois pas que j’aurais tenu le coup. J’ai bien vu que le gabarit n’aurait pas suivi.(Rires.)

Il y a des points communs entre l’équitation et le football ?
Ah non aucun. Ce n’est pas du tout le même monde.

Vraiment aucun ?
Aucun.

On reproche parfois aux footballeurs de ne plus avoir l’amour du maillot, de changer trop facilement de club. Mais vous, les jockeys, c’est pire, vous changez toujours de cheval !
C’est le métier qui veut ça. Eux, ils ont un seul maillot, enfin deux avec l’équipe nationale. Nous, on a plusieurs chevaux, c’est comme ça. Si vous ne montez qu’un seul cheval, vous n’allez pas très loin. J’ai l’habitude d’avoir différentes montures, c’est le métier de jockey, c’est tout.

Pour finir, honnêtement, qui a la plus belle crinière : Tornibush ou Antoine Griezmann ?
(Rires.) Je l’ai vu passer sur Twitter celle-là ! Je ne vais pas trop m’avancer et je vais dire les deux, comme ça il n’y a pas de jaloux ! Les deux ont une très belle crinière.

Propos recueillis par Robin Richardot
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