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Francisco Filho : « Cristiano aurait été un excellent perchiste »

Dans sa carrière de cadre technique pour la FFF, Francisco Filho a vu passer des Papin, Cantona ou Henry. Mais aucun n'a marqué le Franco-Brésilien comme Cristiano Ronaldo, dont il a été le chaperon et le traducteur à ses débuts à Manchester United. Presque dix ans plus tard, l'ancien entraîneur des moins de 18 de MU garde une tendresse pour celui qui retrouve Old Trafford avec le Real Madrid en Ligue des champions.

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Avant qu'il ne signe à Manchester, que saviez-vous de ce gamin de 18 ans qui débarquait du Sporting ?
Je le connaissais de réputation, mais je n'avais jamais eu l'occasion de le voir à l'œuvre. Je n'étais pas là lors du fameux match amical à Lisbonne contre le Sporting. Mais je me souviens que les joueurs de Manchester n'arrêtaient pas de parler de lui. C'était amusant de voir des garçons comme Scholes ou Neville s'exciter pour l'arrivée d'un gamin qui n'était même pas titulaire au Portugal… Je me souviens encore de l'hôtel où son transfert a été négocié. C'était un petit hôtel très british tout près du village où vit Alex Ferguson. Cristiano n'était pas là, mais il y avait déjà Jorge Mendes, son assistant et la mère de Cristiano à qui je servais de traducteur. C'était marrant. Je peux vous révéler une chose : le transfert a été négocié à 18 millions d'euros, mais les dirigeants de Manchester avaient décidé d'une somme plafond supérieure qu'ils n'ont pas atteinte.

Qu'est-ce qui vous a frappé chez lui au départ ?
Il avait déjà cette impétuosité qui le mettait à l'abri du doute. C'était un garçon de son âge, pas timide, mais pas effronté non plus. J'ai vu qu'il avait le regard d'un garçon intelligent même s'il n'aimait pas du tout l'école. Je m'occupais de lui et de Kleberson qui venait aussi d'arriver. Contrairement à lui, Cristiano a très vite commencé à parler et à chambrer en anglais dans les vestiaires. Pourtant, il n'allait presque jamais aux deux cours par semaine qu'il devait suivre. Il était dans un environnement très portugais. Il vivait avec sa mère qui lui préparait des plats portugais, une de ses sœurs et son beau-frère. Malgré cela, il s'est adapté très vite. Sans doute parce que c'est un garçon très observateur et qui comprend très vite les choses.

Son père était déjà très malade à l'époque, il vous parlait de lui parfois ?
Non, pas trop. Son père était trop malade pour venir à Manchester. Je sais que son avis comptait beaucoup pour Cristiano qui l'avait eu comme entraîneur à ses débuts. Cristiano était content que son père puisse avoir le temps de le voir réussir. Mais il restait très pudique sur ce sujet.

On lui a très vite accolé l'étiquette de petite diva. Est-ce que cela a pu poser des problèmes avec Alex Ferguson ?
Je me souviens d'un match de Carling Cup où il a filé aux vestiaires après avoir été remplacé. Chose qui ne se fait jamais en Angleterre. Je savais qu'Alex allait le faire débuter deux jours plus tard en championnat. Cristiano lui a fait un geste de la main qu'Alex n'a pas vu ; ou a su ne pas voir. Je vais le voir dans le vestiaire pour lui dire de revenir tout de suite. Je lui ai expliqué que si le manager l'avait sorti, c'est peut-être « qu'il avait une idée derrière la tête pour le prochain match » . Il a tout de suite remis ses crampons pour venir voir la fin du match en tribunes avec les autres remplaçants. De mon côté, je suis allé dire à Alex : « Tu sais au Portugal les joueurs vont directement à la douche quand ils sont remplacés » . Deux jours après, il débutait contre Blackburn et faisait un très bon match.

« À l'époque, il n'était pas si tablette de chocolat »

Comment était-il vu par les autres joueurs?
Il faut voir qu'il était très attendu quand il est arrivé. Ce n'est pas le cas de tous les joueurs de 18 ans. Il s'est très vite intégré dans le vestiaire, même avec les cadres. Sur le terrain, il y a quand même eu des histoires. Une fois, il a préféré frapper que servir van Nistelrooy. L'autre était furieux contre Cristiano. En deuxième mi-temps, il s'est alors mis à ne faire que des passes. Alex est venu le voir à la fin du match et lui dit : « Pourquoi tu ne dribbles pas ? On t'a pris pour dribbler. Pas pour faire des passes à cinq mètres. » De là, il s'est senti compris par Ferguson. Au même moment, des garçons comme Robben ou Reyes n'ont pas eu cette compréhension de la part de Mourinho ou Wenger.

Était-il déjà à l'époque le gros bosseur qu'il est maintenant ?
Oui, déjà. Après sa sieste, il partait s'exercer aux dribbles dans son jardin et perfectionner sa frappe. Il s'est même fait installer des buts chez lui. A l'époque, il n'était pas si tablette de chocolat que maintenant. C'est Diego Forlan qui lui a donné l'envie. Après ses buts, Forlan enlevait son maillot et Ronaldo observait sa musculature. Il est allé lui demander comment arriver au même résultat. Il voulait déjà imiter les meilleurs. Il imitait Beckham aussi pour une chose assez anecdotique. Il avait remarqué que Beckham était toujours sur la photo après les buts de van Nistelrooy, parce qu'il lui sautait toujours dessus le premier. Du coup, Cristiano se précipitait aussi sur lui.

Il vous parlait déjà de vouloir devenir le meilleur joueur du monde ?
Non, jamais de la vie. Il vivait au jour le jour, il blaguait beaucoup. Il devait avoir ça en lui mais ne l'exprimait pas. Sa grande force, c'est que lorsqu'il échoue, il ne va pas hésiter à tenter de nouveau. Il n'a pas d'états d'âme. Il va toujours chercher à progresser. D'ailleurs, je lui ai dit en arrivant : « Tu sais en Angleterre, il faut être bon de la tête » . Et on voit le résultat maintenant.

Il est devenu l'un des meilleurs joueurs du monde dans ce domaine…
Parce que c'est un pur-sang. Il aurait été un excellent perchiste. Excellent. Il a la vitesse, la puissance, la souplesse. C'est un athlète parfait. Contrairement aux autres, il court debout alors qu'on dit qu'il faut se baisser. Il est unique.

Propos recueillis par Alexandre Pedro
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