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France-Bulgarie : à nos meilleurs ennemis !

P… ! Vingt ans. Vingt piges qu’on n’avait pas joué les Bulgares. Au moment de les retrouver ce soir, petite story des matchs entre la France et la satanée sélection au maillot blanc. Avec un enseignement majeur : attention, bâton merdeux !

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Kostadinov, toujours…


Tous matchs confondus, le bilan franco-bulgare apparaît parfaitement équilibré. Signe que la France ne s’est donc jamais baladée vraiment face aux bouffeurs de yaourts : huit victoires françaises, quatre nuls et huit défaites. Sauf que deux succès tricolores remontent aux années 30, ce qui ne compte pas vu qu’à l’époque Justin Bieber n’était pas encore né. Donc, ça fait au total six victoires françaises, quatre nuls et huit défaites. Nan, sérieux… Dans l’importance des matchs, la balance s’équilibre aussi, en amical, d’abord. Hormis les deux victoires françaises dans les années 30, trois nuls et une victoire bulgare affichent un petit avantage aux Slaves. En 1957 : France-Bulgarie 2-2, en 1959 : Bulgarie-France 1-0 et en 1970 : France-Bulgarie 1-1. En 1982, à Gerland, les Bleus ont concédé un petit 0-0. Normal : Bossis, Six, Baratelli, Bathenay, Rocheteau, Battiston, Lopez, Janvion et Platini étaient forfaits pour cause de demies de Coupe de France

Et si Ginola avait centré au premier poteau...

En matchs officiels (non amicaux), quasiment même parité. À l’Euro anglais 1996, seul match de phase finale internationale entre les deux pays, les Bleus l’avaient emporté 3-1 au premier tour. S’en était-on vraiment réjoui, au souvenir du désastre du Parc des Princes (1-2), trois ans plus tôt, en novembre 1993 ? Non. Le traumatisme de Kostadinov plantant à l’ultime seconde ne s’effacera jamais : même après les succès du Mondial 1998 et de l’Euro 2000, Didier Deschamps a confessé qu’il était encore marqué par cette soirée cauchemardesque. Quant à JPP ou Ginola qui, eux, n’ont pas eu l’occasion de disputer à nouveau un grand tournoi, la machine à broyer du noir les réveille encore toutes les nuits… On l’oublie trop souvent, mais le vrai drame des Bleus à l’automne 93, ce fut plutôt l’autre défaite incroyable contre Israël à domicile (2-3), avant la réception de la bande à Hristo.

La traversée du désert débute à Sofia…


Le passé antérieur à 1993 a, dans un premier temps, occasionné d’autres peines immenses… Les qualifs malheureuses de Coupe du monde 1962 au Chili resteront gravées comme le point de départ de la lose française qui courra jusqu’en 1977, malgré un Mondial anglais en 1966. Dans la poule à trois, France-Bulgarie-Finlande, les Finnois furent mis hors course après quatre défaites face aux deux ténors qui se neutralisèrent en deux manches : France-Bulgarie (3-0), puis Bulgarie-France (1-0). À Sofia, les Bleus se sont fait voler dans les derniers instants sur un but hors jeu à la suite d’un coup franc rejoué pour d’obscures raisons. À l’époque, il n’y a ni différence de buts, ni goal average : il faut jouer un match d’appui à San Siro le 16 décembre 1961. Comme à l’automne 1993, la France se voit trop belle. Les pipoles du moment se déchaînent ! Zizi Jeanmaire : « Les Français au Chili, c’est comme si c’était fait. » Sacha Distel : « Ils devraient l’emporter nettement – disons 3-1. » Louis de Funès : « La France gagnera d’assez peu. » Jacques Chaban-Delmas, président de l’Assemblée nationale présomptueux et stupide : « Attention ! Ce serait une erreur de pénétrer sur le terrain avec l’idée de chercher seulement un match nul. » Le nul ne qualifiait personne, banane ! Finalement, les Bleus gicleront 0-1 après avoir vendangé deux grosses occases à Milan. Terminus !

Pour l’Euro 1964, les Bleus prendront leur revanche sur la Bulgarie en qualif, lors des huitièmes (le vrai tournoi débutait avec les demies). En 1963, malgré la confrontation victorieuse face aux Bulgares (0-1 et 3-1), la France poursuivait son déclin de nation malade de l’Europe. Dans la longue nuit du foot français, nos amis bulgares nous enfonceront encore plus durant les éliminatoires de l’Euro 1972, lors du dernier match à Sofia (1-2), alors qu’une large victoire française était encore envisageable. C’est la Hongrie qui en profita en accédant au tour final…

Platoche, toujours…


C’est toujours face à la Bulgarie, qui nous avait enfoncés dans le néant, qu’est arrivée la rédemption. Lors des qualifs du Mundial argentin 1978, la poule à trois, France-Bulgarie-Éire, se concentra sur le duel avec les joueurs des Balkans. En octobre 1976, à Sofia, les Bleus s’étaient encore scandaleusement fait voler ( « Monsieur Foote, vous êtes un salaud ! » , dixit Thierry Roland). Un but hors jeu bulgare avait ramené le score à 2-1 pour la France juste avant la mi-temps, et à la toute fin du match, à 2-2, un péno bidon contre la France fut sifflé... puis raté ! Si la France avait perdu, peut-être n’aurait-elle jamais remonté la pente qu’elle s’essayait à gravir pour retrouver le gotha européen. La délivrance arriva le mercredi 16 novembre au Parc des Princes, avec victoire obligatoire pour s’envoler en Argentine… Grâce à un grand Platoche, les Bleus l’emportèrent 3-1 et se qualifièrent pour le Mundial. Un match fondateur, première pierre blanche vers la renaissance. Les Bleus avaient-ils enfin vaincu le signe indien face à l’une de leurs pires bêtes noires ? Pas tout à fait…

Lors des qualifs pour le Mundial mexicain de 1986, Français et Bulgares se retrouvèrent dans la même poule. La bande à Platoche était largement favorite. Pourtant, une défaite 0-2 à Sofia (normale, celle-là) enraya la mécanique bleue au point qu’elle stoppa net en RDA : 0-2, également ! Platini sauva la patrie au Parc face à la Yougoslavie lors du match ultime (un doublé, dont un coup franc légendaire). Au tableau final, France et Bulgarie avaient fini en tête à quasi égalité : 11 points chacune, 5 victoires, 1 nul et 2 défaites chacune… Seule la différence de buts favorables aux Bleus les qualifia pour le Mexique ! En 1993, la France oublia cet épisode fâcheux de 1985. On connaît la suite…

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    Par Chérif Ghemmour
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    Dans cet article

    Totti Chianti Niveau : CFA
    Note : 1
    Oui, c'est très bien mais faut pas oublier que la Bulgarie traverse un trou générationnel là! Les talents se font rares, partent trop vite, ne jouent pas assez, etc.
    La dernière "bonne" génération c'est celle de Berbatov, Martin et Stilian Petrov et ça commence à dater aussi.
    Me souviens bien de ces 2 rencontres contre les Bulgares en 76 pour l'Argentine.
    Une décennie magnifique et joueuse avec des Rocheteau-Trésor-Battiston-Bossis-Six puis suivie plus tard par Giresse-Tigana-Fernandez entre autres et bien-sûr toujours accompagnée par leur maître à jouer Michel Platini.
    EdF 76/86 à tout jamais!
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