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Forlan entraîne l’Uruguay dans sa chute

Etincelante jusqu’à l’été dernier, l’Uruguay est depuis en grosse difficulté, à l’image de Diego Forlan, son maître à jouer, peu brillant avec le maillot celeste ces derniers temps. Le meilleur joueur de la dernière Coupe du Monde a pris un coup de vieux au Brésil. Mais n’a peut-être pas dit son dernier mot.

Certes, les quatre derniers matchs entre la France et l’Uruguay se sont terminés sur un décevant 0-0. Il n’empêche, pour le public du Centenario, recevoir les Bleus est l’occasion (plutôt rare) d’assister à un match de gala. Pour la bande à Tabárez, en revanche, il s’agira avant tout d’un match de préparation. Dans six jours, la Celeste jouera en partie sa place pour le Brésil au Venezuela. Parce que oui, l’Uruguay, demi-finaliste en Afrique du Sud, est dans la merde. La faute à quatre défaites -dont trois raclées- et deux nuls laborieux à domicile lors des six dernières journées des éliminatoires. Écrasée par les deux équipes en forme du continent, l’Argentine (3-0) et la Colombie (4-0), étouffée à La Paz (4-1), la Celeste va devoir batailler avec les équipes de seconde zone du continent pour arracher son ticket de mondialiste. Exempt ce week-end, elle pourrait se retrouver (dans le pire des cas) 7ème sur 9 samedi matin, à 5 points de la 5ème place, synonyme de barrage. Dur. Finalement, quoi que fassent le Pérou et le Venezuela vendredi, l’Uruguay est en retard. Et en danger.

Disparu depuis un an

Qu’est-il donc arrivé à cette sélection pleine d’allant et de confiance, solide, joueuse, combative et unie pour le meilleur et pour le pire ? Belle surprise de la première coupe du monde africaine de l’histoire, sacrée championne d’Amérique du Sud chez l’ennemi argentin, dominatrice dans ces éliminatoires jusqu’à l’été dernier, l’Uruguay a chuté au rythme de son leader technique. Diego Forlan, bien entendu. Élégant meneur de jeu, buteur régulier, tireur hors-pair de coups de pied arrêtés, fournisseur officiel de la paire Suarez-Cavani, Forlan est, depuis des années, le métronome de cette équipe. Le recordman de buts et de sélections de l’Uruguay était d’ailleurs à l’origine de près de la moitié des pions de son pays à l’issue de la 6ème journée de ces éliminatoires, le 10 juin dernier, quand tout allait encore bien pour la Celeste. Depuis, contrairement à un Luis Suarez en pleine bourre mais isolé en attaque, le Diego d’Uruguay n’a jamais été décisif. Et son pays n’a plus gagné un seul match dans la compétition.

Un petit coup de vieux, et ça repart?


Bien évidemment, Forlan n’est pas le seul responsable de la situation. Derrière, la défense a enchaîné les journées portes ouvertes (15 buts encaissés lors des six derniers matchs de qualification). Capitaine Lugano a perdu le rythme à Paris, le pressing de ce bulldog de Diego Perez n’est plus le même et Cavani n’a pas fait preuve d’une grande efficacité. Mais le symbole de la chute, c’est Diego Forlan. Lui qui, si souvent ces cinq dernières années, a débloqué des situations compliquées avec la Celeste. Cette sélection qui l’a élevé au rang de héros national, qui a montré aux yeux du monde son immense talent, et qui le présente désormais tel qu’il est aujourd’hui. Moins vif, moins puissant, moins précis, moins instinctif. Moins déterminant, tout simplement. Discutable ? Pas avant le Mondial, si Mondial il y a. Tabárez sait trop bien de quoi est capable son numéro 10. Mais le fait est que le beau blond a vieilli. N’oublions pas qu’au sommet de sa carrière, lorsqu’il fût élu meilleur joueur de la Coupe du Monde, Forlan avait déjà 31 ans. Peu en réussite à l’Inter Milan, oublié à Porto Alegre, le bonhomme mise donc sur les grands rendez-vous internationaux pour rappeler au monde qu’il n’y a pas si longtemps, lui et son petit pays emmerdaient sacrément les plus gros. La France en sait quelque chose.

Par Léo Ruiz
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