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Footballeur pro, tu ne parieras point

Le 23 juin dernier, la commission de discipline de la LFP publiait une liste de treize joueurs et six éducateurs sanctionnés pour avoir été pris la main dans le sac suite à des paris sportifs liés à des compétitions dans lesquelles ils étaient engagés. C'est l'occasion de tirer un bilan des nouvelles réglementations en matière de paris sportifs au sein du foot professionnel français.

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« Je reconnais avoir parié sur quelques matchs français en combinaison avec des matchs étrangers pour des sommes allant seulement de 1 à 20 euros. Je n’ai jamais parié sur un de mes matchs, et vous me connaissez assez pour savoir que je n’en suis pas capable. Malgré tout, j’ai fait une erreur et je le reconnais. C’est pour ça que j’accepte la sanction prise à mon égard. » C'est sur son compte Twitter, dans la soirée du 23 juin dernier, que Valère Germain, qui sortait d'une saison en prêt du côté de l'OGC Nice, a fait amende honorable suite à la sanction qui lui a infligée la Ligue pour avoir parié quelques euros en toute illégalité. En effet, depuis l'apparition en France des paris sportifs en ligne, en 2010, les footballeurs professionnels sont tenus de ne pas miser d'argent sur des compétitions auxquelles ils participent.


Si jusqu'ici, le football français peut se targuer de ne pas avoir connu de gros scandales en matière de paris sportifs, ce n'est pas le cas dans tous les sports. Ainsi, en 2012, le monde du handball tricolore avait été fortement secoué par l'affaire des paris suspects réalisés par des proches des joueurs du club de Montpellier à l'occasion d'un match contre l'équipe de Cesson-Rennes Métropole. À l'époque, ce scandale avait poussé la Ligue de football professionnel à se pencher plus en avant sur la question afin que ce genre de désagréments ne vienne pas à son tour polluer le monde du ballon rond français. Depuis, celle-ci dispose, selon ses propres termes, « d’un véritable moyen de vérifier le respect de cette interdiction avec l’autorisation donnée à l’ARJEL (Autorité de régulation des jeux en ligne, ndlr) de croiser les fichiers des joueurs (nom, prénom, date et lieu de naissance) avec ceux des opérateurs de paris en ligne. »

Mieux vaut prévenir que guérir


La LFP prend très au sérieux cette question et tout est mis en œuvre pour préserver le foot français des dérives qui ont touché (et touchent encore) certains pays et championnats de moindre importance. Ainsi, « depuis 2013, en partenariat avec la FDJ et avec la participation de l’UNFP, la LFP a mis en place un programme de sensibilisation sur la question des paris sportifs en se déplaçant dans les clubs. L’idée de ce programme est d’une part de présenter aux joueurs pros et en formation, aux entraîneurs et aux administratifs de club, les risques de trucage de matchs pouvant être associés aux paris sportifs et, d’autre part, de rappeler la réglementation disciplinaire et pénale existante en matière de paris sportifs. À la fin de chaque session, nous procédons à la signature symbolique d’une charte paris sportifs avec le capitaine du club, l’entraîneur et le président. Il faut par ailleurs préciser que les arbitres, délégués et membres de commissions de la LFP ont également été sensibilisés aux paris sportifs depuis 2013. »


En plus de ces mesures, chaque club doit désormais se doter d'un « référent paris sportifs » , chargé de partager en interne les informations relatives à cette pratique encore récente en France. « Régulièrement, poursuit la LFP, ces référents participent à des séminaires de formation dont le dernier a eu lieu en décembre 2015 au Parc des Princes avec des intervenants du Conseil de l’Europe, de l’UEFA, des partages d’expérience avec la Ligue nationale de handball et la Fédération française de tennis. » La sensibilisation des joueurs ne se limite pas aux seuls effectifs professionnels, mais s'étend plus largement à tous les joueurs d'un club, notamment ceux des centres de formation. Nés en même temps que se développaient en France les paris sportifs en ligne, les jeunes générations de footballeurs sont peut-être plus exposées encore que leurs aînés aux dangers et aux dérives liés aux paris. C'est ce qu'a confirmé la LFP à So Foot : « Ils (les jeunes joueurs, ndlr) sont naturellement moins expérimentés que des joueurs professionnels de 25-30 ans et pas forcément toujours conscients de tous les risques auxquels ils pourront être exposés. On peut même dire que ce programme s’adresse en priorité aux jeunes des centres de formation. Certains devront peut-être s’exiler dans des championnats moins protégés que le nôtre pour exercer leur métier de footballeur et il nous semble par conséquent indispensable de les alerter sur les risques liés aux paris sportifs (tentatives d’approche de mafias locales…). »

Les infractions catégorisées


Si la commission de discipline de la Ligue n'a pas établi de barème fixe, elle peut tout de même s'appuyer sur celui du règlement disciplinaire de la FFF (qui inclut des sanctions allant du simple rappel à l'ordre jusqu'à la radiation à vie). Ce barème classe en quatre catégories les infractions commises selon leur nature et leur gravité. Les catégories 1 et 2 correspondent aux infractions légères (celles dont se sont rendues coupables les 19 personnes sanctionnées en juin dernier, ndlr) avec des mises inférieures à quelques centaines, voire dizaines d'euros. Les catégories 3 et 4 regroupent les infractions plus graves telles que les mises supérieures à 500 euros ou les paris négatifs effectués par un joueur contre sa propre équipe.


Jusqu'ici, la commission de discipline n'a jamais eu à traiter de cas dits « graves » . Il faut rappeler également qu'il est strictement interdit aux acteurs (joueurs et staff) de communiquer à des tiers des informations privilégiées obtenues à l’occasion de leur profession ou de leurs fonctions, et qui sont inconnues du public. Ce dernier point est peut-être le plus dur à faire respecter dans le sens où, toujours d'après la LFP, « autant il est facile d’identifier un joueur qui aurait parié sur un site de paris en ligne via le croisement de fichiers réalisé par l’ARJEL, autant il est très compliqué d’avoir la preuve qu’un joueur a donné des informations à un proche afin qu’il parie en bénéficiant d’informations connues de personne. »

Les bons élèves français


Les sanctions infligées lors du premier recoupement de données, en 2014, étaient relativement légères, mais cela n'a pas duré bien longtemps. Du simple rappel à l'ordre, on est passés au coup de baguette sur les doigts avec des punitions relativement plus lourdes (matchs de suspension avec ou sans sursis et amende). Un état de fait normal selon la Ligue, « considérant que les règles du jeu étaient désormais connues de tous. Eu égard à tout le travail de prévention effectuée en parallèle, les joueurs ne peuvent ignorer leurs obligations en la matière et il nous semble normal d’avoir durci les sanctions applicables, même si chaque cas est traité spécifiquement. » À titre d'exemple, Valère Germain a écopé de deux matchs de suspension (dont un avec sursis) et d'une amende de 1500 euros, tandis que Cédric Carrasso, qui avait misé un euro sur une grille de sept matchs (dont un de Ligue 2) au Loto Foot, n'a pris que trois matchs de suspension avec sursis.


La palme revient au joueur de la Berrichonne de Châteauroux, Calvin Mangan, qui s'en tire avec cinq matchs de suspension (dont trois avec sursis). De manière générale, ces peines, applicables dès le début de la saison à venir, ont parfaitement été acceptées et comprises par les joueurs mis en cause. Certains, comme Germain, Pied ou Carrasso, se sont immédiatement excusés au travers de communiqués publiés sur leurs comptes Twitter et ont juré qu'on ne les y reprendraient plus. La plupart des cas relèvent en effet de l'erreur de bonne foi. « Les opérateurs en ligne s’accordent tous pour dire que la France fait partie des bons élèves en la matière, conclut la LFP. Il faut par ailleurs savoir que la très grande majorité des clubs intègrent désormais dans les contrats de travail des joueurs et des entraîneurs une clause leur interdisant de parier. » Voilà qui a le mérite d'être clair.

  • Nos conseils et bons plans pour vos paris et pronostics

    Par Aymeric Le Gall
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    Dans cet article

    zinczinc78 Niveau : CFA
    Je comprends le besoin d'établir des règles claires et strictes pour tous les acteurs.. Néanmoins, je regrette qu'un joueur n'ait pas le droit de parier (gros) sur la victoire de son équipe. J'imagine bien un tweet de Zlatan :
    "J'ai parié 1 miollion de livres que demain, on allait mettre une raclée 3-1 à ces gamins d'Arsenal, dont un doublé de moi-même, allez Man.United !"

    Avouez que ça aurait de la gueule !
    L'affaire des paris des dirigeants me rappelle un film que j'ai suivi il y a quelques années :Les Seigneurs "" dans lequel des joueurs sortaient de leur retraite afin de donner un coup de main à une petite ville engagée en coupe de France. Le Président en question avait parié sur une défaite de son club.
    Je me suis demandé à l'époque s'il avait ce droit. Apparemment non.
    Mon Dieu, qu'est ce qu'ils sont mauvais ces films sur le sport. J'ai l'impression que c'est compliqué de réaliser des actions de jeu réalistes.
    Sofoot pourrait se pencher sur le sujet afin de nous dire pourquoi les films sur le foot ne marchent pas.
    A part Shaolin Soccer bien-sûr. ;)
    zinczinc78 Niveau : CFA
    Message posté par Emperor Eye
    A part Shaolin Soccer bien-sûr. ;)


    Et "Didier"
    WalquirMota79 Niveau : Loisir


    HS, mais je vous recommande "The Damned United" si vous ne l'avez pas vu !
    Danse, biatch! Niveau : Ligue 1
    Ce n'est plus un vestige la grille de LotoFoot, c'est une relique !

    Les résultas, de tête :

    1-2-N-N-1-2-1-2-2-1-1-1-2

    J'ai quelques doutes quand-même...
    Il avait fait quoi le Calvin Mangan?

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