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Fodé Mansaré : « Les gens m’aimaient, c’est tout »

La vie d’un homme se résume parfois à de simples symboles. Pour Brassens, c’était la pipe. Mais que retient-on de Fodé Mansaré ? Des dribbles chaloupés et une qualification pour un barrage de Ligue des champions, certes, mais surtout un trou entre les deux incisives et les tresses blanches les plus improbables de Ligue 1. Au téléphone, son sourire est perceptible, sa fierté aussi. L’orgueil et la folie en somme, deux qualités qui ont fait du bonhomme l’un des purs ailiers frisson du championnat de France de Ligue 1, à une époque où ce dernier en cherchait désespérément...

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Fodé, quand as-tu porté tes tresses pour la première fois ?
Ah, je les ai mises pour la première fois en Guinée. J’ai commencé à porter des tresses quand je suis rentré à l’école, ma maman m’avait emmené au salon de coiffure. Mais à l’époque elles étaient noires, c’est quand je suis arrivé en Europe que j’ai commencé à les faire en blanc.

Tu étais une sorte de précurseur.
Ben oui, les Sagna et tout ça... ils ont tout appris de moi.

Tu les portes toujours ?
Pas en blond, mais en noir maintenant.

Ton actualité la plus récente n’a rien à voir avec le football, mais c’est cette histoire incroyable que l’on peut découvrir sur les sites Internet des quotidiens guinéens : une journaliste t’a accusé en 2013 de l’avoir menacée de mort pour un papier ? Raconte-nous comment tu t’es retrouvé dans cette situation.
Ah ça c’est une histoire... Moi je l’ai pas su tout de suite, je l’ai su qu’après. C’était une femme qui était au Maroc, une journaliste. Moi aussi j’y étais. J’avais ma femme et mes enfants au pays. Elle écrit un article pour dire que j’avais une liaison avec une autre femme là-bas, ce qui était faux ! Tu sais quand tu n’aimes pas quelqu’un tu racontes n’importe quoi sur la personne. Elle m’a présenté ses excuses à la fin hein ! Quand tu es journaliste, tu peux pas dire des choses comme ça sur des on-dit, sans preuves. Tout ce que vous marquez, vous, il faut que ça soit...

...
Il faut que ça soit... ?

Ben, vrai ?
Vrai ! Voilà.


Et quand elle a dit que tu l’avais menacée de mort, c’était pas vrai non plus ?
(Il coupe.) Les gens qui l’insultaient ce sont les gens qui m’aiment. Ils faisaient ça pour qu’elle arrête de raconter n’importe quoi, de dire des histoires. En plus, moi j’ai rien dit. Tu sais quand les gens t’aiment bien, surtout quand tu as fait beaucoup pour ton pays, ils n’oublient pas. Ils ont pris ma défense. Je les connais même pas ! Ils appelaient de gauche à droite pour dire à la journaliste : « occupe-toi de tes problèmes, arrête de raconter n’importe quoi sur le joueur qu’on aime, qui a tout donné pour la Guinée, tu connais rien du tout...  »

Mais toi, tu n’a jamais demandé à personne de lui dire ça ?
Bah non, non, non, attends je suis pas comme ça. T’es sérieux ou quoi ? Tu imagines tous les gens qui ont appelé, comment je pourrais leur avoir dit ça ? Ils l’ont insultée parce qu’ils savaient que c’étaient des bobards, des conneries. Il m’aimaient, c’est tout.


Pour continuer sur les femmes de ta vie, la tienne a été un vrai pilier pour toi lors de votre arrivée à Toulouse...
Tu sais qu’on s’est mariés à Toulouse ? En 2007. Je me souviens on devait jouer contre Lyon le dimanche, et on devait se marier le jeudi précédent. Mais Élie Baup il voulait pas que je me marie parce que je devais jouer ! J’ai dit au coach : « Moi, c’est le plus beau jour de ma vie, alors si tu veux pas que je joue tu m’enlèves de la liste. Parce que je vais me marier.  » Comme Élie Baup c’était mon père, il m’a fait confiance. Et le dimanche soir - le match était sur Canal : je finis homme du match (victoire 2-0 à domicile, ndlr). Baup il m’appelle, il me dit : « Maintenant Fodé, tu te maries tous les jeudis.  » (Rires) C’était le match où je fais une pichenette à Govou, je m’en souviens.

Les gens te reparlent encore de ton but contre le PSG ?
À chaque fois. Les gens n'arrivent pas à oublier ça. Il fait quand même parti des plus beaux buts du championnat français. Dans ma tête, je me dis « allez, je vais tenter quelque chose » . J’étais pas parti pour marquer le but, puis j’en passe un, deux, trois, quatre... Mais le plus magnifique pour moi c’est que je marque du droit.

Vidéo

C’était Guy Roux qui commentait le match, et après le but il dit « C’est Messi, c’est un petit Messi...  »
(il coupe) « ...c’est un petit Maradona.  » Oui, je sais.

Tu as souvent regardé cette vidéo ?
Oui, les gens me la font voir. Même des gens que je ne connais pas, ils me l’envoient sur Facebook : « Oui, tu te souviens encore de ce but ? » Oui je m’en souviens ! Je termine troisième du trophée du plus beau but de la saison mais j’aurais même pu finir premier. Toulouse, c’est plus le rugby que le football, alors les gens de Saint-Étienne ont plus voté que nous (c’est Ilan qui avait remporté le trophée, ndlr)... C’est pour ça que je termine troisième, sinon j’étais premier.

Un autre moment insolite de ta période à Toulouse, c’est ton altercation à l’entraînement avec ton coéquipier Paulo César, à la suite de laquelle tu prends sept points de suture à la tempe ! Tu peux nous le dire maintenant, qu’est-ce que tu lui as dit pour le rendre fou ?
(Assuré) Je lui avais rien dit de méchant, j’ai pas signé à Toulouse pour foutre la merde. À ce moment-là, il était pas bien dans sa tête, il m’a donné un coup de pied, mais il a eu de la chance parce que j’étais assis. Debout, ça aurait pas été pareil.

Tu aurais répliqué ?
S'il m’avait fait un truc qui me plaisait pas, j’aurais montré mon vrai visage. Ça c’est sûr. C’est traître ce qu’il a fait : parce que j’étais assis et qu’il était debout. C’était pas digne d’un homme. Mais il s’est excusé après. Tu sais, c’est la vie, il se passe plein de choses qu’on ne souhaiterait pas. D’un autre côté, quand je suis arrivé je n’aurais jamais penser finir troisième du championnat et disputer la Ligue des champions.


Si tu devais demander pardon à quelqu’un dans ta vie, ce serait à qui ?
Pardon... à ma mère. C’est elle qui m’a mis au monde, j’ai fait des trucs que j’aurais pas dû faire, ma jeunesse m’a fait oublier qu’elle était importante. Je n’ai jamais rien fait de grave, rien qui nécessite vraiment de demander pardon, mais si je devais choisir ce serait à ma mère.

Pardon pour tes conneries d’ado ?
Oh oui oui oui, beaucoup beaucoup beaucoup... Il pleut tellement fort en Guinée que tu sais, les vendeurs de fruits, ils se mettent à l’abri. Ils mettaient les fruits sur le plateau dehors puis ils partaient se mettre à l’abri. Donc nous on arrivait en courant, on volait des mangues et des oranges, et on repartait en courant.


Tu n’as volé que des fruits ?
Des fruits, de l’argent... On s’en fout hein, on était jeunes, on volait tout (rires).

C’est pas un très bon exemple pour tes jeunes ça, Fodé...
Mais on a fait du bien aussi, hein. Quand on jouait au football et qu’on revenait au pays, l’argent qu’on a eu on l’a partagé aussi. On ne mangeait pas tout seuls comme on dit.

Tu es populaire et tu as des projets pour la jeunesse, c’est un bon point de départ pour commencer à faire de la politique ça...
Il y a beaucoup de gens qui m’aiment bien dans le gouvernement. Le ministre de la Jeunesse, des Sports... C’est des gens qui m’ont aidé. Alors moi oui, pourquoi pas ? Pas pour le moment, je suis là d’abord pour aider les jeunes. Je suis aussi engagé dans la culture, la musique. Parce que la culture traditionnelle et le sport ça va ensemble.

Tu as financé la sortie d’un album d’un artiste guinéen d’ailleurs, qui s’appelle Aly100songs.
Exactement, tout à l’heure j’étais parti voir le responsable de la communication, l’album sort le 19 mai donc on cherche aussi des sponsors. C’est de la musique traditionnelle. C’est complémentaire avec le football parce que cet album parle des traditions, de la jeunesse, de la culture.

Vidéo

Cela fait bientôt trois ans que tu as quitté ton dernier club, le CP Caraceño en seconde division B espagnole, mais tu n’as jamais officiellement annoncé la fin de ta carrière. Tu te refuses à dire définitivement stop ?
C’est moi qui ne veut plus. Vendredi dernier encore, j’ai eu des contacts avec des gens qui veulent que j’aille en Espagne, dans les pays arabes... Je crois que je vais mettre fin à ma carrière et m’occuper des jeunes ici. J’ai pas officialisé, mais voilà c’est bon quoi. Au moment de ma blessure fin 2011 (il se rompt les ligaments croisés en mai avec Toulouse, ndlr), je devais partir à Newcastle, on avait commencé à parler chiffres. Mais ça m’a tué. J’ai un petit club ici, des académies, les moins de dix-sept ans, quinze ans... Je vais pas aller là-bas pour l’argent, on ne me propose rien de concret sur le plan sportif.

Au fait, tu revois toujours Louis Nicollin ?
Ça fait longtemps que je n’ai pas parlé avec lui ! Quand je viens à Montpellier, bon, je peux passer au centre pour aller le voir. C’est quelqu’un qui me tient beaucoup à cœur, il m’a pris sous son aile, comme un fils. Je lui dois beaucoup à cet homme. Beaucoup beaucoup beaucoup.

Il t’a fait visiter sa collection ?
Oui, plusieurs fois.

Il y a ton maillot dedans ?
Oui, je te dis que c’est mon père ! Le père a forcément le maillot du fils dans son armoire.

Par Théo Denmat
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