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Florentin Petre : « Dans une autre vie, je serais peut-être Bill Gates »

À l’été 2000, Florentin Petre sort d’un gros Euro aux Pays-Bas et est annoncé comme la prochaine star du football roumain. Avant qu’on ne lui diagnostique une hépatite C. Le petit ailier supporte son lourd traitement, mais subit un grave accident de pêche. Il reviendra quand même et finira par planter un but à la France en 2008. Entre deux boulots d’entraîneur, il raconte son miracle.

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Sais-tu comment tu as contracté cette hépatite C qui a failli briser ta carrière ?
On pense que j’ai attrapé le virus chez le dentiste. J’y étais allé plusieurs fois en peu de temps. C’était difficile à prouver, donc on ne lui en a même pas parlé. On n’est pas sûr à 100%. Je m’en souviens comme si c’était hier. J’étais à la clinique pour faire des analyses sanguines et quand ils ont vu les résultats, ils m’ont parlé du virus. C’était comme un énorme cauchemar. J’ai tout arrêté. C’était très difficile, j’étais plein d’espoir à ce moment-là. J’avais vingt-deux ans et je jouais très bien. Sans ça, je serais parti à l’étranger. Je sortais de l’Euro 2000 et j’avais beaucoup d’offres : Salamanque, Deportivo La Corogne, Beşiktaş ( « Fenerbahçe » , le corrige sa femme Margarita, assise près de lui). Ça m’a coûté un gros transfert. Ils ont lu ça dans les journaux... C’est comme si on m’avait tué. Comme si on m’avait coupé les ailes. En sortant de la clinique, j’ai conduit un moment avant de stopper la voiture. Toute ma vie défilait devant mes yeux. (Il passe sa main devant son visage.) J’avais un milliard de questions dans la tête.

Tu pensais que ta carrière était finie ?
Quand j’ai contracté le virus, les médecins m’ont dit que je pourrais jouer au football trois mois plus tard. Je n’y croyais pas trop. Puis après trois mois, ils m’ont dit six mois. Puis on m’a dit un an. C’est la vie. J’étais sous interféron tout ce temps-là. Par chance, j’étais jeune, donc mon corps était assez fort pour bien le supporter. Mais tu ne peux pas faire de gros efforts, tu n’as plus aucune force, ça reste un traitement lourd. Au bout d’un moment, j’ai recommencé à prendre confiance, mais je ne pouvais pas risquer de jouer.

Comment tes coéquipiers et ton coach ont réagi à la nouvelle ?
Ils étaient choqués. Tous. Mon entraîneur, Cornel Dinu, est venu me voir et il a été très bon avec moi. Aimant, respectueux. Tout le monde m’a soutenu. Ils m’appelaient souvent et ça m’a rendu plus fort. Le club m’a toujours supporté. Ils ne m’ont jamais parlé de rupture de contrat. Pourtant, j’ai arrêté de jouer pendant un an et deux mois. Parce qu’après ça, j’ai eu un petit problème d’électricité en allant pêcher... (Il rit) J’avais commencé le traitement dix mois avant. Ça a rajouté trois mois de convalescence en plus.

Tu aimais beaucoup pêcher ?
C’était mon premier virus ! Le virus de la pêche. La première fois que j’y suis allé, j’étais contaminé. Après l’accident, j’ai seulement arrêté de pêcher pendant un mois. Je pêche la carpe avec mon père depuis que je suis enfant. Ma première prise, je devais avoir six ans. Aujourd’hui, je vais plus souvent à la pêche que jouer au foot avec des amis. Mais je ne garde jamais le poisson. Je respecte trop les carpes pour ne pas les relâcher. C’est une passion. Si je veux en manger, je vais au magasin.

« Des gens font des choses horribles. Moi, toute ma vie, j’ai essayé d’aider les gens. Je parle bien à tout le monde, je m’entends bien avec tout le monde. Je n’ai jamais eu de problème. Je n’ai jamais volé d’argent, je n’ai jamais tué. C’est toujours les gens bien qui ont des problèmes. »

Tu peux nous parler du jour de l’accident ?
J’étais avec mon beau-frère de l’époque. On était tous les deux. On allait dans le Delta du Danube, près de l’Ukraine et on s’est perdus, du coup ça nous a pris huit heures. Le spot pour pêcher les carpes, seule ma Jeep pouvait l’atteindre, après trois kilomètres de piste. Après tout ça, on n'a pêché que trente minutes, puis j’ai passé quatre heures dans le coma. Il pleuvait beaucoup, j’ai lancé ma canne à pêche, la ligne était en carbone et je n’ai pas vu la ligne électrique, à sept mètres au-dessus de moi. Elle était humide. Ça m’a projeté au sol. Ma grande chance, c’est que j’ai utilisé ma main droite. Si c’était la gauche, ça aurait touché le cœur et je ne serais pas là à te parler aujourd’hui. Dieu était avec moi ce jour-là.

Donc tu as jeté la ligne et d’un coup tu t’es réveillé à l’hôpital ?
Non, je me suis réveillé dans la voiture, après trois ou quatre heures de route. Mon beau-frère pleurait. Je lui ai demandé : « Pourquoi tu pleures ? Où tu vas ? Retournons pêcher ! » Il m’a dit « Mais tu es fou ! Regarde-toi ! » J’ai dû lui demander : « Mais où ? » Puis j’ai vu ma main. (Il la montre, une cicatrice parcourt les deux tiers de la paume.) J’avais un gros, gros trou. Et j’ai vu que j’avais des grosses cloques sur toute la partie droite de mon corps. Et des traces sur mon nez et ma lèvre supérieure, que tu peux voir si tu t’approches très près. Mais je ne sentais rien, je n’avais pas mal. Quand je suis arrivé à l’hôpital, j’ai demandé aux médecins de s’en occuper rapidement parce que je voulais rentrer chez moi. Ils ont ri. J’ai subi trois opérations pour ma peau en une semaine. Je suis sorti au bout de six semaines.


Et là, tu pensais vraiment que tu étais foutu pour le foot ?
Oui. Quand j’ai eu l’hépatite, j’y croyais encore. Mais là... C’est la première chose à laquelle j’ai pensé. Je pensais que j’étais maudit. Ce n’était pas possible d’avoir ces deux gros problèmes dans la même année. Toutes les semaines, j’allais à mon église à Cernica, la Mănăstirea. J’aime Dieu et je lui parle toutes les semaines. Un jour, je suis allé parler au prêtre, qui est très respecté. Je lui ai dit : « Je dois avoir un petit problème avec quelqu’un. » Je ne me souviens plus de ce qu’il a répondu, il était très vieux et je pleurais, comme si un proche était mort. Mais je me suis senti mieux. Je me suis remis à m’entraîner, et mon corps était comme une batterie qui se rechargeait lentement. Mon premier entraînement, j’ai couru quatre minutes et j’étais mort. Je n’avais pas couru sur plus de deux mètres pendant plus d’un an. J’avais l’impression de m’être entraîné deux heures. Je voulais retrouver mon niveau d’avant et je savais que la route serait très longue.

Après l’accident, tu pensais que Dieu t’avait abandonné ?
Bien sûr. Des gens font des choses horribles. Moi, toute ma vie, j’ai essayé d’aider les gens. Je parle bien à tout le monde, je m’entends bien avec tout le monde. Je n’ai jamais eu de problème. Je n’ai jamais volé d’argent, je n’ai jamais tué. C’est toujours les gens bien qui ont des problèmes.

Puis, miracle, tu as pu rejouer au foot. Tu te souviens du moment où tu as su que tu allais pouvoir reprendre ?
(Il soupire) Je ne sais pas. Je m’entraînais deux fois par jour, six fois par semaine et j’y pensais tout le temps. Je voulais redevenir ce que j’étais. Mon coach pour ça était Marius Nicolae (ancien international roumain passé par le Dinamo, le Standard de Liège et Mayence, ndlr), il est très bon pour la remise en forme et m’aimait beaucoup. Après quatre mois, j’ai rejoué mon premier match avec l’équipe B du Dinamo. J’avais tellement de muscles qu’on aurait dit Hulk !

« Quand j’ai rejoué pour le Dinamo, le président a décidé de ne pas faire payer les billets aux fans pour qu’ils puissent tous venir me voir jouer. Le stade était bondé. »

Tu t’es senti comment pour ce match ?

J’ai pleuré. C’était une renaissance. Le football, c’est ma vie. J’avais vingt-trois ans. Si j’avais arrêté le foot, ma vie était finie. Sur ce match, je voulais juste me tester. Puis j’ai marqué un but, mon ami. Dès la 25e minute. J’ai mis une frappe de soixante mètres en pleine lucarne. C’était un signe de Dieu. Tout le monde est venu vers moi, l’entraîneur est venu sur le terrain, on a arrêté le match. C’était très beau. Mais physiquement, je ne me sentais pas encore très bien. J’avais six kilos de muscle en trop, j’étais trop lent. Et la vitesse, c’est comme ça que je fais la différence. C’est tout ce que j’ai.

Et ton premier match avec l’équipe première, c’était comment ?
Quand j’ai rejoué pour le Dinamo, le président a décidé de ne pas faire payer les billets aux fans pour qu’ils puissent tous venir me voir jouer. Le stade était bondé. Ma première touche de balle, j’étais à dix centimètres du but et je n’avais plus qu’à la pousser... J’ai encore pleuré. Les fans chantaient qu’ils m’aimaient.


Quelle est la plus belle chose qu’on t’ait dit pour que tu te sentes mieux ?
On me disait : « Hey, Florentin, tu es le meilleur et tu as la force de devenir un champion. » Ça me touchait et me donnait beaucoup de force. En 2005, en Coupe d'Europe, on recevait Everton. On gagne 5 à 1 et je marque un but. Après le match, le sélectionneur, Victor Pițurcă, qui est très respecté en Roumanie, est venu me voir : « Hey, Florentin. Quand tu as marqué, ça m’a rendu très, très, très heureux. Tu as fait pleurer mon cœur. » J’avais l’impression de pouvoir voler.

Tu aimais le Dinamo, mais tu es quand même parti au CSKA Sofia en 2008...
Oui. Tu sais, je devais aller à Salamanque ou à La Corogne. Donc j’avais envie de me rattraper, de voir autre chose. Mon contrat s’est terminé et le Dinamo ne m’a pas retenu. J’étais très bien en Bulgarie. J’avais une bonne équipe, un bon coach et les fans m’aimaient. On a été champions en 2008. Puis j’ai rencontré ma femme, j’ai trouvé l’amour et j’étais très heureux. J’avais tout ce que je voulais. J’étais en paix.

Tu penses encore à la carrière que tu aurais pu avoir sans tes problèmes ?
Non. Je ne sais pas quelle vie j’aurais eue. Peut-être que j’aurais fini au Milan, peut-être que je serais allé en deuxième division roumaine. Tu ne sais pas comment la vie tourne. Dans une autre vie, je serais peut-être Bill Gates, qui sait ? Aujourd’hui, je suis là, demain on verra. Chaque soir, je remercie Dieu de la vie que j’ai.



Propos recueillis par Thomas Andrei
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