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Flamengo porté par ses fans

Sans Ronaldinho, blessé au genou gauche, l'équipe la plus populaire du Brésil se qualifie pour la finale de la deuxième phase du championnat Carioca en battant Fluminense aux tirs aux buts.

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Depuis la fermeture du Maracanã pour des travaux de rénovation en vue de la coupe du monde 2014, le quartier populaire d'Engenho de Dentro, au cœur de la Zone Nord de Rio, se retrouve régulièrement submergé par des vagues de supporters. Pour les riverains du stade João Havelange, plus connu sous le nom officieux d' « Engenhão » , c'est une occasion rêvée d'arrondir les fins de mois. Maillots, drapeaux, bières fraîches et saucisses grillées... Les entrées des maisons se transforment en stands improvisés.

Sur le chemin du stade, les supporters de Flamengo ne savent pas trop quoi attendre de leur équipe, au moment d'affronter un Fluminense en pleine bourre, boosté par sa qualif' miracle mercredi dernier pour les huitièmes de finale de la Copa Libertadores. Même s'ils sont toujours invaincus cette année, les rouge et noir semblent en nette perte de vitesse depuis quelques semaines. Principal souci de l'équipe : l'absence d'un grand avant-centre digne de ce nom pour épauler Ronaldinho à la pointe de l'attaque. « Adriano, il séchait les entraînements, mais lui, au-moins, il la mettait au fond » , râle un petit gros entre deux gorgées de binouze. Un quart d'heure avant le coup d'envoi, un déluge tropical s'abat sur Rio, comme pour marquer la fin d'un week-end de Pâques particulièrement ensoleillé qui a vu les plages plus bondées que jamais. Au même moment, une autre douche froide refroidit les supporters. La rumeur se propage : Ronaldinho ne sera pas sur la pelouse. Forfait de dernière minute en raison d'une blessure au genou gauche, il est remplacé par le jeune Diego Mauricio, surnommé « Drogbinha » pour sa vague ressemblance avec l'attaquant Ivorien.



But hors-jeu et panne d'éclairage



Mais à part au niveau des tresses, l'ami Diego a du mal à soutenir la comparaison, notamment en termes d'impact physique. Surtout, qu'en face, Fluminense envoie du lourd, avec une attaque estampillée Ligue 1. L'ex-Lyonnais Fred joue à merveille son rôle de pivot, avec des amours d'amortis-poitrine dos au but à l'entrée de la surface. A ses côtés, Rafael Moura, passé furtivement à Lorient en 2007, fait honneur à son surnom de « He-Man » (Musclor ) en faisant le ménage dans la surface. C'est lui qui ouvre le score de la tête la 22e minute, en légère position de hors-jeu. Même s'ils répondent illico à la clameur qui s'élève des tribunes des supporters du Flu en encourageant de plus belle leur équipe, ceux de Flamengo l'ont mauvaise.



Dès la 7e minute, ça sentait déjà la sale soirée pour les rouge et noir, avec la blessure du latéral droit Léo Moura, l'un des tauliers de l'équipe, après un choc avec l'Argentin Conca. Cinq minutes plus tard, c'est autour de l'éclairage de faire des siennes : une panne d'électricité interrompt la rencontre pendant plus d'un quart d'heure. Nostalgiques du Maracanã, les supporters des deux équipes, une fois n'est pas coutume, se mettent à entonner le même chant, scandant d'une seule voix un retentissant « Estadio de Merda » à la gloire de l'Engenhão. Après le stade, ce sont les joueurs qui s'en prennent plein la gueule. Y compris de la part d'une gamine de dix ans, qui se fait reprendre de volée par sa maman, alors que sur le siège d'à côté, le daron continue d'insulter à tout va.



Thiago Neves se fait pardonner



A la pause, un des leaders de la Torcida Jovem Fla, l'un des groupes de supporters les plus violents de Rio, passe dans les travées « calmes » occupées par un public plus familial, histoire de pousser tout le virage à encourager son équipe. « Allez, on chante, bordel ! C'est pas en étant mous comme ça qu'on va les aider à gagner » , hurle-t-il, l'air menaçant. Pendant ce temps-là, ses collègues déploient les tifos. Alors qu'à Marseille, les Winners rendent régulièrement hommage à Che Guevara, la TJF arbore carrément un drapeau à l'effigie de Fidel. Un point de vue politique pas forcément partagé par la présidente du club Patricia Amorim, qui a fait des pieds et des mains pour remettre un maillot à Barack Obama lors de sa visite à Rio il y a un mois.



Mais cette fois, il faut croire que le Lider Maximo leur a porté chance : à la 67e , Flamengo égalise sur une tête de Thiago Neves. Tout un symbole pour l'ancienne star de Fluminense, qui avait fait scandale en 2008 lors d'un autre Fla-Flu, au cours duquel il avait célébré un but de façon obcène devant la même torcida qui l'acclame aujourd'hui. Alors que les deux équipes ne parviennent pas à se départager dans le temps réglementaire, il a l'occasion de se faire pardonner définitivement lors de la séance de tirs au buts. Cinquième tireur de la série, il a le péno de la victoire au bout du pied, mais le gardien Ricardo Berna retarde l'échéance d'une belle manchette. Les supporters de Flamengo n'en tiennent pas rigueur à Neves, scandant même son nom dans la foulée. Pas sûr que Ronaldinho, très critiqué après son penalty manqué la semaine dernière dans les arrêts de jeu du match contre Macaé, aurait eu le droit à tant d'égards. Au final, c'est son remplaçant Diego Mauricio qui qualifie les siens pour la finale contre Vasco en transformant le sien en pleine lucarne. Entre temps, Williamis Souza a montré pourquoi son passage au PSG avec l'inoubliable Everton (alias Jean-Claude Robigneau) a tourné au ridicule, en expédiant son péno au-dessus du but de Felipe, ex-gardien de Braga, héros de la soirée pour avoir aussi arrêté ceux d'Araujo et de Tarta.



Louis Génot, à Rio de Janeiro

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