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Filer à l'européenne

Cette fois, les Gones ne se pointent pas en C1 pour seulement oublier le sale quotidien de la L1. Ils y vont pour passer la tête en huitièmes et confirmer qu'ils tiennent le rythme d'une équipe qui file à l'européenne. Nouveau tournant attendu en à peine trois jours ce soir face au Benfica.

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«  Quand on aura plus de confiance, on sera capable d'avoir plus de maîtrise collective et une meilleure circulation de balle. Il faut d'abord engranger des points. On s'améliorera avec le temps » . Alors que tout ce que l'OL compte de suiveurs n'en finissait plus de se demander où voulaient en venir les Lyonnais à se laisser aller à autant d'inconstance, il a fallu attendre dimanche dernier que Yoann Gourcuff vienne gagner de précieux instants de récup' en vue du match de Ligue des Champions face au Benfica pour tenir la petite confession qui prend tout de suite des allures de révélation.


Un bon club tranquille


Sommés par Aulas de se relancer dans la course au titre en y remettant au passage ce qu'il faut de manière, histoire de permettre à l'OL de rester ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être – un bon club tranquille –, les Lyonnais ont rappelé que le football s'en tenait rarement aux déclarations d'intention, d'où qu'elles viennent. Autrement dit, avant de pouvoir goûter à nouveau aux joies des compos imparables en 4-3-3 accords, il y a tout à parier qu'on va devoir encore s'enfiler ces partitions fantoches d'un OL tout juste capable de pratiquer une demi-heure de domination. Comble de l'ironie, c'est celui qui devait incarner une certaine idée de la reprise technique du flambeau juninhesque au milieu qui a remis sur le plateau cette réalité du moment. Pas loin d'être le plus beau coup de com' d'une semaine lyonnaise qui n'en manquait pourtant pas.


A moins que Gourcuff et avec lui tout le groupe lyonnais ne se soient rangés derrière la ligne Puel, rappelée au creux d'une semaine marathon dans les médias : « J'ai senti que je pouvais mener, à l'OL, la reconstruction d'un groupe en perte de vitesse » . Qu'importe le retour immédiat sur investissement, il faut d'abord en revenir aux fondations avant de se remettre à penser considérations esthétiques. Après tout, l'histoire de l'OL ne dit pas autre chose. Avant de commencer à jouer plusieurs crans au-dessus du reste de la Ligue 1 et à entretenir la flamme d'une belle épopée européenne dans les années 00, il a fallu décrocher un premier titre. Pour ça, on avait chargé Jacques Santini de monter une bête qui en connaissait un rayon question football-bataille.


La théorie du beau jeu laid nouveau (bis)


Puisque Gourcuff nous y invite, on ne va pas se gêner pour miser sur la théorie du beau jeu laid nouveau – ce projet de(beau ?) jeu en gestation qui doit composer avec l'exigence d'un résultat à tout prix. Pour y parvenir, Puel s'est contenté de rouvrir la boîte à outils du club rompu à l'exercice européen depuis qu'Aulas a fixé l'heure du grand bilan à fin octobre. Façon de dire que, face au gars de la Luz, il faut s'attendre à retrouver à nouveau le onze-presque-type que le coach lyonnais aligne maintenant match après match – sans Toulalan en soin pour la quinzaine à venir, avec Briand qui n'a pas de suspension à purger pour cette fois. Une équipe qui, depuis le Derby, rassemble ce qu'il faut de vertus pour tenir le coup les soirs d'Europe : les gestes décisifs – ici un dribble de la hanche de Lisandro, là un sauvetage de Lloris –, la gestion psychologique sur commande de l'événement calibré XXL, la solidarité poussée jusque dans ses derniers retranchements quand la succession de temps faibles devient un long tunnel.

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Pour que le tableau soit complet, on a même été jusqu'à remettre au goût du jour certaines vieilles habitudes un temps oubliées, avec Aulas reprenant du service dans le rôle de bateleur, Lacombe qui pratique le trafic l'influence à plus haute dose dans la politique sportive, sans oublier les barbecues censés ramener un peu de lien social dans la boîte.


Un doigt de Porto ?


Reste, malgré la bonne impression laissée dimanche dernier face aux Dogues, que le match de ce mercredi a toujours des allures de tournant dans le début de saison lyonnaise. A force de jouer la corde européenne à tous les matchs, on peut se demander si l'OL ne risque pas d'y laisser des plumes cette fois. En remisant son turn-over pour ne pratiquer que les ajustements par petites touches, Puel peut exposer son groupe à ses limites plus vite que prévu. Des limites physiques quand il s'agit de remettre la même formule à l'ouvrage face au Benfica qui en sait bien plus long sur les matchs à l'européenne que n'importe quel adversaire de Ligue 1 – surtout côté défense avec la paire Luisao-David Luiz et Coentrao en têtes d'affiches. Des limites psychologiques quand on reste pour une poignée de jours encore sur la corde raide au-dessus du ravin, entre la question de l'entraîneur toujours en suspend et celle d'un groupe qui cherche encore à se rassurer.


D'autant que, pour la première fois de la saison, les Gones ne débarquent pas en Ligue des Champions pour oublier un quotidien plus terne en championnat. Ce soir, l'OL a pour mission de confirmer la bonne tenue des 90 dernières minutes, en plus de composter son billet pour les huitièmes dès le troisième match. Avec un milieu en recomposition sans sa Toul' de contrôle – Gonalons devrait logiquement s'y coller, avec les défauts des qualités de son engagement physique – et une défense centrale – le corps du Cris et son Pape – encore en rodage, les incertitudes restent de mise. Seule nouveauté aperçue dimanche et qui a déjà convaincu son monde, la relation Gourcuff-Lisandro qui a ramené trois buts. Dans son 4-2-3-1 éprouvette, avec le meneur breton en soutien de l'attaquant gaucho, on a cru revoir des esquisses de la belle complicité avec Lucho qui avait permis à Licha de s'imposer en buteur frénétique. Les Aigles du Benfica devraient s'en souvenir, c'était à Porto...


Serge Rezza

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