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Fernando Aristeguieta : « J'ai l'ambition de publier un roman »

El Vikingo, qui a quitté Nantes pour le CD Nacional (Portugal) au mercato hivernal, n’est pas qu’un joueur de football, c’est aussi un fin lettré qui passe beaucoup de temps le nez dans des bouquins. Un homme de goût capable de citer Vargas Llosa ou Javier Cercas et qui prend même le temps d’écrire des nouvelles sur son temps libre et ambitionne une éventuelle carrière d’écrivain quand il en aura fini avec le foot.

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Comment est venue l’idée d’écrire une nouvelle, c’est quelque chose que tu fais depuis longtemps ?
En fait, j’écris depuis longtemps pour moi. Je consigne souvent mes réflexions ou des petits textes que j’envoie à des amis. Et puis j’ai commencé à écrire des petites histoires, des souvenirs de mon adolescence. Et un jour, j’ai franchi le cap, j’avais écrit un texte un peu plus long que d’habitude, et je l’ai partagé avec des amis et avec mon frère. Mon frère m’a dit que ce texte était génial et que je devrais le publier. Du coup, je l’ai travaillé et je l’ai publié.

Ta nouvelle Veterana parle d’une histoire d’amour fugace entre un adolescent vénézuélien et une femme mûre autour d’une piscine. C’est autobiographique ?
Non, c’est de la fiction. Une fiction inspirée de la réalité, il y a quelques éléments qui me sont arrivés à moi et à mes amis, mais c’est une fiction.

C’est la première nouvelle que tu as publiée ?
« J’avais fait une sorte d’allégorie entre l’hiver en France qui m’avait été inspirée par un déplacement à Châteauroux et la situation au Venezuela. »
Oui enfin, j’avais déjà publié une sorte de conte, une réflexion politique postérieure aux premières élections gagnées par Nicolas Maduro au Venezuela. J’avais fait une sorte d’allégorie entre l’hiver en France qui m’avait été inspirée par un déplacement à Châteauroux et la situation au Venezuela. Une comparaison entre les arbres qui perdent leurs feuilles, ont l’air tristes pendant l’hiver, mais finissent par se renouveler, renaître au printemps et le Venezuela qui allait dans une mauvaise direction, mais finirait bien par se relever. Je l’ai envoyé à ma mère qui m’a demandé de le publier. Et le texte est devenu viral et a été lu par 50 000 personnes.

Tu as prévu d’écrire d’autres nouvelles ?
Oui, mais sans aucune pression ou précipitation. J’aime surtout lire, et évidemment j’aimerais écrire, mais je crois qu’il me manque encore beaucoup de technique et de travail. Je n’ai pas véritablement commencé à travailler dessus, mais j’ai l’ambition un jour de publier un roman. J’ai aussi suivi des cours de créativité littéraire. La femme de mon partenaire Oswaldo Vizcarrondo qui a vécu en Argentine a suivi ce cours là-bas et me l’a recommandé. C’est un atelier que j’ai suivi par internet depuis la France. Ils te donnent des conseils sur comment commencer une histoire, acquérir quelques techniques, une science de l’écriture, prendre des idées. Je crois que l’écriture est quelque chose qui s’acquiert progressivement.

En parlant de littérature, tu lis beaucoup ?
« Le mois dernier, j’ai lu six livres. En fait nous les footballeurs, nous avons énormément de temps libre, et de temps à la maison. »
Je lis énormément. Le mois dernier, j’ai lu six livres. En fait, nous, les footballeurs, nous avons énormément de temps libre, et de temps à la maison. Il y a des gens qui regardent des matchs de football, d’autres sports, qui jouent à la Playstation, qui écoutent de la musique. Moi, je fais un peu de tout, mais c’est vrai que je lis beaucoup sur mon temps libre.

Quel est ton auteur favori ?
Sans aucun doute Vargas Llosa. C’est mon auteur favori de loin, j’ai lu quasiment l’ensemble de son œuvre même si en Europe, c’est parfois difficile de lire tous ses bouquins en espagnol. Au Venezuela, quand je suis en vacances, ça n’est pas forcément évident non plus de mettre la main sur tous les livres que j’aimerais lire.

Quel est ton livre préféré ?
Un de mes livres favoris de Vargas Llosa est le Poisson dans l’eau. Ce sont les mémoires partielles de Vargas Llosa. Dans la première partie, il évoque son adolescence et les débuts de sa carrière littéraire et dans la seconde partie, il raconte sa campagne politique pour devenir président du Pérou en 1990 et sa défaite face à Alberto Fujimori. C’est excellent et la situation politique du Pérou avec la montée du populisme est très semblable à la situation que vit le Venezuela. Son texte et son expérience sont très facilement transposables à la réalité vénézuélienne. En Amérique latine, l’histoire s’est répétée un million de fois et les deux pays ont connu des situations politiques très similaires. Quand j’ai lu ce livre, je me suis dit que le Pérou d’il y a trente ans qu’il décrit ressemble beaucoup au Venezuela d’aujourd’hui.

Les derniers romans de Vargas Llosa t’ont plu aussi ?
Non pour te dire la vérité, ces deux derniers romans m’ont paru assez mauvais. Le héros discret et Cinco esquinas sont pour moi bien en deçà du reste de son œuvre. Mais bon, Vargas Llosa a déjà 80 ans, le meilleur de sa carrière est derrière lui, je pense. On ne peut pas attendre des livres aussi bons qu’auparavant. Surtout après sa défaite aux élections péruviennes en 1990, il a écrit une série de livres très impressionnants, notamment Lituma dans les Andes. J’espère qu’il pourra à nouveau écrire une œuvre majeure, mais les deux derniers ne sont en rien comparables avec ses œuvres plus anciennes.

En tant que Sud-Américain, tu as été marqué par l’auteur colombien Gabriel Garcia Márquez ?
J’ai lu au collège Cent ans de solitude. J’ai relu son œuvre récemment, j’ai acheté cinq ou six de ses romans. Ce n’est pas mon genre favori, je ne suis pas fan du réalisme magique de manière générale. Je trouve le genre un peu utopique, ce n’est pas la littérature que je préfère. Mais en revanche, j’ai adoré Chronique d’une mort annoncée. Ce coté tragédie classique, la description qu’il fait de la fatalité, comme si tout était écrit, c’est brillant.

Tu lis d’autres choses que des auteurs sud-américains ?
L’an passé, j’ai décidé de lire des auteurs classiques qui ont marqué leur époque, que je ne connaissais pas bien. Par exemple, j’ai acheté tous les bouquins d’Hemingway que j’ai trouvés. J’ai adoré. J’ai lu Truman Capote, José Saramago. Des auteurs qui ont marqué leur époque, qui décrivent des réalités révolues différentes de celles d’aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus facile de s’informer sur ce qu’il se passe dans le monde avec internet. Mais ces écrivains ont fait un travail qui n'a pas de prix en décrivant leurs réalités, les ambiances d’une époque où il était beaucoup plus difficile d’avoir accès à ce qu’il se passait dans le monde.

Et au Venezuela, il y a des écrivains contemporains intéressants, qui racontent le pays ?
Oui, il y en a, mais je dois dire que je n’aime pas trop lire sur le Venezuela actuel. Disons qu’il y a une surcharge émotionnelle à propos de la situation actuelle, que le pays est polarisé et que toutes les conversations dérivent vite sur des sujets politiques. Tous les Vénézuéliens ont un peu ce sentiment pesant. La littérature, je l’utilise un peu aussi comme une échappatoire, ou une manière de découvrir des choses nouvelles. Disons qu’il y a quand même quelques auteurs vénézuéliens que j’aime beaucoup, l’un d’entre eux est Francisco Suniaga. Le problème, c’est aussi qu’avec le manque de ressources et la situation actuelle, la littérature vénézuélienne a du mal à s’exporter. Elle n’a pas le rayonnement que j’aimerais qu’elle ait.

Grâce à tes passages à Nantes et au Red Star, tu as lu quelques auteurs français ?
Non pas trop, en fait j’ai du mal à lire les traductions. J’essaie de lire dans la langue originale de publication. C’est vrai que les grands auteurs ont souvent bénéficié de traduction de très bon niveau, mais même ainsi, je crois que la grâce se perd un peu. Il y a des modismes qui ne peuvent pas être traduits. C’est comme voir un film qui a été doublé, tu perds un peu du jeu de l’acteur, de la richesse de la langue de la saveur originelle.

Tu parles français, mais pas suffisamment pour lire un livre ?
Non, non. Je peux lire un journal en français. Mais j’ai un vocabulaire bien trop limité pour être capable de lire un livre. Et même en anglais, alors que je le parle bien, ça reste difficile. J’ai lu Hemingway en anglais, mais cela m’a pris du temps. C’est pourquoi je lis surtout des livres en espagnol.

Il y a d’autres livres qui t’ont marqué récemment ?
En ce moment, je suis en train de lire les livres de Javier Cercas, un auteur espagnol. C’est excellent. Il y a un livre qui s’appelle À la vitesse de la lumière qui est génial, c’est le meilleur que j’ai lu récemment. Ça aborde le thème de la culpabilité, du succès et de l’échec et c’est passionnant, car je crois qu’en ce moment, le monde a une vision erronée du succès. Dans ce livre, il touche brillamment le sujet. Il a aussi écrit Les soldats de Salamine qui est excellent, et Anatomie d’un Instant sur la tentative de coup d’État raté et la fin du franquisme. J’ai aussi lu tous les bouquins d’Ildefonso Falcones qui écrit des romans historiques.

Et tu lis un peu sur le sujet du football ?
Oui, aussi. Je lis aussi pas mal sur le sujet. Étant un amoureux du football, je peux tout à fait lire la biographie d’un entraîneur qui m’intéresse, ou d’un joueur qui m’a marqué par exemple.

Cette passion de la littérature ne te fait pas passer pour un intellectuel dans le vestiaire ?
Non ! Je crois que l’idée que les footballeurs n’aient pas d’activité intellectuelle est un cliché. Le footballeur ou le sportif en général est mal vu par la société parce qu’il n’a pas étudié. Mais étudier ne devrait pas être vu comme une obligation, mais comme une chance.
« J’ai vingt-quatre ans et je suis certain que proportionnellement, il n’y a pas plus de gens de vingt-quatre ans qui lisent que de footballeurs de vingt-quatre ans qui lisent. »
Si j’avais eu la possibilité de faire des études supérieures, j’aurais été ravi, mais à dix-sept ans, j’ai dû arrêter et travailler, car il fallait faire un choix. Et ma profession de footballeur ne me permettait pas autre chose. Puisqu’à 30, 35, 40 ans maximum tout est fini, le footballeur a une durée utile très courte. Donc le footballeur n’a pas eu la chance d’étudier et les études encouragent la lecture, développent l’appétit pour la lecture. La lecture comme n’importe quelle autre habitude est une construction, un acquis social. Pour cette raison, les personnes qui ont étudié tendent à lire davantage que celles qui n’ont pas étudié. Mais il y a beaucoup de footballeurs qui aiment lire. Et par exemple moi, j’ai vingt-quatre ans et je suis certain que proportionnellement, il n’y a pas plus de gens de vingt-quatre ans qui lisent que de footballeurs de vingt-quatre ans qui lisent. Prenons mes amis au Venezuela, presque tous ont fait des études supérieures et très peu lisent, c’est aussi une question de sensibilité. Je crois qu’il y a une perception erronée qui fait du footballeur quelqu’un d’idiot ou en tout cas de quelqu’un de complètement déconnecté de toute considération d’ordre intellectuel. C’est faux et assez dur pour le footballeur.

Propos recueillis par Arthur Jeanne
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Dans cet article

PierreFanFanJoséKarl Niveau : National
Note : 1
Super article.

Je pense que pas mal de gens diront "ça change des mecs avec des crêtes, des tatouages, des wags et qui ne pensent qu'au rap et aux putes".

En réalité, j'ai l'impression que dans le foot pro il y a beaucoup de joueurs qui ont de l'intellect et une sensibilité artistique assez développée.

Hélas peu de gens en ont conscience.

La plupart ne se mettent pas forcément en avant (alors que les tocards qui veulent passer pour de fins penseurs si. Coucou Benarfa).
Le gars est cool et semble avoir très bon goût. Mais, en même temps, j'ai jamais bien compris pourquoi on trouvait plus cultivé de lire des romans que de regarder des films par exemple.
Peppino_Prisco Niveau : DHR
Je ne pense pas. Si une personne me dit qu'elle a lu le dernier Musso ou 50 nuances de Grey et une autre personne me dit qu'elle a regardé au ciné un film du style Manchester by the Sea, alors mon jugement sur la personne dîtes "intelligente" est vite vu.
el gregom Niveau : CFA2
En lisant un livre, tu peux vivre une expérience de l'intérieur et avoir le sentiment d'avoir vécu une autre vie que la tienne. Un film, c'est toujours plus limité quelque soit le talent du réalisateur, c'est une autre approche, visuelle. J'aime beaucoup le cinéma, mais je préfèrerais toujours lire d'abord le livre avant de voir le film pour parler d'adaptation. Pour moi, la littérature, c'est plus fort dans le sens où tu peux en ressortir plus sage et instruit en ayant vécu une vie qui n'était pas la tienne. De plus, lire, c'est actif, tu dois faire un effort d'imagination et de réflexion. Le cinéma, à cause du pouvoir de l'image, bloque l'imagination et t'impose une vision figée des choses. D'ailleurs, ça m'agace quand le cinéma parvient à remplacer ma vision intérieure d'un personnage par la tête d'un acteur.

Et merci pour cette interview très intéressante.
LesSeinsDeRomaneBohringer Niveau : CFA
Je suis parfaitement d'accord avec ta dernière phrase.
Cela vaut aussi pour les personnages historiques dont on a aucune photographie...

Ayant étudié de fond en comble (et l'admirant), je vomis quand je vois Colin Farrell quand j'imagine ou parle d'Alexandre le Grand.
D'autant que le livre te demande plus d'implication que le film, en termes de temps passé ; à moins de bouquiner une nouvelle en 1 h.

Ca laisse supposer un effort intellectuel et une envie supérieurs
Stephane_Guivar'ch Niveau : CFA2
"Le cinéma, à cause du pouvoir de l'image, bloque l'imagination et t'impose une vision figée des choses"

C'est vrai pour un film sans envergure, du style fiction pourrave de TF1. Mais un grand film pourra néanmoins posséder une certaine ambiguïté, que cela soit sur le sens réelle de l'histoire, sur le lien entre le mise en scène et l'intrigue, sur le comportement des personnages, qui rendront le spectateur actif. (Tout du moins si le spectateur est impliqué dans l'histoire).

D'ailleurs, c'est pas pour rien que tout le monde a une interprétation différente de 2001 ou Shutter Island. Pour le coup, l'argument, "un film impose une vision figée des choses" ne tient pas debout selon moi !
Je suis complètement d'accord avec toi. J'en ai fait l'expérience récemment. Ayant lu le roman "Ils vivent la nuit" de Dennis Lehane, je m'étais justement dit que ça serait super visuel ce film à l'écran et je suis ressorti globalement déçu de l'adaptation cinématographique de Ben Affleck, qui campe pourtant plutôt bien le personnage tel que je me l'étais imaginé.

Tout ça pour dire que les livres ont la force de nous pousser à la réflexion et à l'imagination, à se demander comment peuvent être les éléments décrits dans le texte. En plus, le truc, c'est que dans un bouquin, tu es dans l'exhaustif, l'auteur en met toujours beaucoup plus que le réalisateur dans son adaptation.

Que ce soit pour le Seigneur des Anneaux, le Hobbit, Live by Night et j'en passe, j'ai plus été déçu par les adaptations que satisfait. A la limite Shutter Island, toujours de (l'excellent, c'est mon point de vue) Dennis Lehane aura été une bien belle adaptation lugubre et dérangeante de Scorcese.

Gros HS du coup mais Aristiguieta m'a l'air d'être un gars intéressant ma foi !
Désolé pour le double post du coup, mais là où Scorcese a été absolument brillant dans son adaptation de Shutter Island, c'est sur la fin, qu'il ne dévoile absolument pas en laissant le spectateur confronté à sa propre interprétation du personnage joué par Di Caprio, quand Lehane donne clairement et simplement la réponse à la fin du bouquin.
Il y a une citation de Victor Hugo que j'aime beaucoup, qui dit "Le seul vrai lecteur, c'est le lecteur pensif".
Ce commentaire a été modifié.
TheDoctor Niveau : CFA2
Ce n'est pas El Vikingo mais El Colorado bordel !!!

Sinon je pense que si, le cinéma tend à figer les choses, pas dans la compréhension des événements mais plutôt dans l'imaginaire que l'on se fait des situations, postures, gestuels... Le cinéma ne permet pas cette activation intellectuelle.

Par exemple, Hunter Thompson un écrivain délirant que j'adore peut te retranscrire à l'écrit un état second, presque schizophrène, de la démence. Quand tu regarde Rhum Express ou Las Vegas Parano à degré moindre on retrouve peut-être 1/10ème de la folie, de l'aspect omniscient que procure le livre. Aussi bon soit le metteur en scène, il aura moins de latitude pour transposer cela bien que je soit également friand du grand écran.

Pour parler de Nando, un ami à lui (étudiant sur Paname) me disait qu'il était très affecté par la situation actuelle au Vénézuela. Sa famille est en grande difficulté là-bas comme beaucoup de personnes et il n'en pas fait allusion dans l'itw car ce n'était pas le sujet, cela est tout à son honneur.

Pour finir, merci Nando pour cette égalisation contre VA qui nous aura causé des frayeurs dans la descente de la tribune Loire, magique !!
Un film ça reste un travail de taré,
des mois de collaborations pour un truc qu'on s'avale en une heure trente, ne l'oublions pas, même si je suis d'accord avec ton argument et que le roman, par sa forme, implique plus (au premier abord).
@popeye, un (bon) livre c'est aussi beaucoup de travail, meme si ca implique beaucoup moins de monde et un budget minime :-)
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 4
Quand il tournait l'adaptation du Mépris de Moravia, Godard avait déclaré que les chefs-d'oeuvre de la littérature étaient inadaptables. Non pas parce qu'ils étaient trop complexes pour le cinéma (en terme de complexité, le cinéma n'a rien à envier à la littérature), mais parce qu'ils étaient trop spécifiquement littéraires.

C'est à dire que l'écrivain avait non seulement inventé un récit (rien n'est plus facilement transposable qu'un simple récit), mais il avait surtout inventé sa propre langue. Son regard sur les choses. Et que cela passait par une révolution grammaticale, stylistique, purement littéraire.

Une phrase de Céline respire différemment d'une phrase de Proust. Elle s'élance et se livre d'une façon singulière et purement littéraire.
Vouloir transposer Céline ou Proust à l'écran, c'est blasphémer la puissance de leur verbe. La portée de leur moindre virgule, de leurs points de suspension.

Le cinéma possède sa propre grammaire, à réinventer. Ses propres virgules visuelles, ses suspensions de temporalité. Ses oxymores cut.
Griffith, l'école russe (Eisenstein, Dziga Vertov, le géorgien Paradjanov), les grands burlesques, l'expressionnisme allemand, le néoréalisme, l'expérimental à la Jonas Mekas ou Kenneth Anger ; surtout les grands francs-tireurs expatriés qui n'appartiennent à aucune école (des Epstein, des Tati, Hitchcock, Lang, Ophüls...) ont largement contribué à renouveler le langage cinématographique.

Le problème est que le ciné est une industrie bien plus lucrative que la littérature et que les véritables artistes ont de plus en plus de mal à signer leur film - je ne parle même pas de leurs plans.
D'autre part le cinéma reste un art collectif où le créateur abandonne son bébé à une horde de collaborateurs (chef op, prod, acteurs, monteur). Difficile de cultiver une singularité quand autant de thunes et d'opinions sont en jeu. Ajoute à ça le modèle télévisuel qui s'impose (les chaînes TV sont les financements principaux d'un film aujourd'hui, et elles ont des exigences bien à elles pour assurer leur diffusion : durée, ton..).

On parle toujours des mauvaises transpositions de roman que le cinéma tendrait à appauvrir (les adaptations pathétiques des grands écrivains, Stendhal, Dosto, Nabokov, Joyce, Proust, bref non seulement de grands narrateurs mais aussi de grands stylistes purement littéraires, amoureux de leur langage).

Mais quel roman saurait conter la première scène d'Il était une fois dans l'ouest ? Les passages chantés/dansés de Singing in the rain ou de Pierrot le fou ? La violence du montage de Persona ?

Chaque art possède ses forces propres, et plus tu excelles dans un art, moins ton oeuvre est transcriptible. Les grands écrivains ne sont pas transposables au cinéma. Les grands cinéastes ne sont pas transposables en littérature.
ArthurFingal Niveau : District
Je suis assez d'accord avec toi mais en même temps..

Je trouve qu'un film peut faire passer une émotion avec beaucoup plus de sensibilité et de précision qu'un livre. C'est rare mais je pense par exemple à Lalaland ou Birdman qui m'ont parfois fait passer des émotions comme jamais un livre ne l'a fait.

Je pense notamment à deux scènes jouées par Emma Stone, la discussion autour de la table dans Lalaland et quand elle remet à sa place son père dans Birdman.

J'aime lire, même si je le fais rarement, mais je trouve qu'un film a une puissance là dedans que n'a pas un livre.
ArthurFingal Niveau : District
Edit: Je répondais au premier post, pas à celui juste au dessus que je n'ai lu qu'après. :)
Testeur de toboggan Niveau : DHR
Car dans un roman tu fais tes propres décors, ta propre physionomie des personnages bref tu inventes l"ambiance qui correspond au livre et surtout à ta sensibilité. Le film et ben... tu le regardes!
Par contre le terme "cultivé" dans ta question me semble inapproprié.
Tu peux aussi bien développer ta culture au travers d"un film que dans un bouquin.
C"est plus perçu comme "intelligent". Puisque cela développe ton imagination, tu réfléchis plus, les questionnements sont en général plus profond. Bref la calebasse à synapses chauffe un peu plus!
Et puis dans un monde ou la nouvelle maladie est celle de l"écran, (ou quand regarder ta télé ne te suffit plus, ta également un œil sur ta tablette et ton smartphone...)ou le temps est devenu une denrée consommable et précieuse, lire un espèce de gros truc en papier est devenu (malheureusement) plus rare. C"est peut être connoté plus intellectuel. Mais dans le fond, c"est comme le binoclard intello, c"est des conneries. A mon humble avis...
GalateaTêtenjoy Niveau : National
Je ne crois pas que le roman suscite plus l'imagination, l'intelligence que le cinéma. Tout dépend des films et livres que l'on lit/regarde et surtout dans quel démarche on les lit/regarde.

Pour reprendre l'exemple cité plus haut, Scorsese est pour moi un auteur bien plus admirable que Dennis Lehane, ce qui rend son adaptation de Shutter Island bien plus intéressante. En tout cas le film m'a beaucoup plus apporté que le roman. Et pourtant Dennis Lehane a la paternité de l'histoire, ce qui n'est pas rien. Et puis Hitchcock disait qu'on ne faisait pas de bons films d'après les bons romans, mais d'après les mauvais.

Mais en général, les gens qui aiment les films pour ce que le cinéma peut apporter en terme d'émotions, de réflexion, de sensations, aiment aussi les romans, parce que les deux arts sont très liés.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 3
Ça reste des mecs qui ne s'attachent qu'à la narration. Des gusses qui ont envie qu'on leur raconte une histoire.

Ce qui fait la puissance d'un artiste, ce n'est pas l'histoire qu'il raconte (toutes les histoires ont déjà été contées), c'est le regard singulier qu'il exprime sur cette histoire, via la langue qu'il invente, la ponctuation qu'il révolutionne, sa façon bien à lui de baiser la grammaire.

Tous les grands peintres se sont coltinés le sujet de la nature morte. Une putain de corbeille de fruit à moitié pourris, quel beau sujet !
L'important n'a jamais été le sujet, l'important c'est la manière que tu inventes le peindre et le rendre singulier.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
*la manière que tu inventes pour le peindre
GalateaTêtenjoy Niveau : National
Le mot manière me dérange un peu car il tendrait peut-être à limiter ce qui fait la personnalité d'un artiste/auteur à la forme. Alors que l'approche intellectuel qu'il va avoir d'un sujet, d'un thème va s'exprimer non pas uniquement par la manière, mais par quelque chose de plus difficilement palpable.

Silence de Scorsese est d'ailleurs un film qui est d'une toute autre manière que la majorité des films de Scorsese. Sobre, épuré, intérieur, silencieux. Il a, pour ce sujet, décidé d'un autre langage. Peut-être aussi parce que ce film lui est très personnel, mais pas seulement. Gangs of New York était très personnel également et il est pourtant bien plus foisonnant dans sa mise en scène que l'est Silence. Qui est un film magnifique, je vous le conseille.

Tu dénigres beaucoup le sujet, ce que je peux comprendre. Personnellement, j'ai quand même plus d'attrait pour la crucifixion, ou le visage humain que pour une corbeille de fruit.
GalateaTêtenjoy Niveau : National
Note : 1
D'ailleurs, je crois que tu te trompes en parlant de sujet. Prétexte serait plus judicieux. La corbeille de fruit est un prétexte. Le mec qui se transforme en blatte est un prétexte. Les prêtres apostats dans le Japon du XVIIème est un prétexte. Le sujet est ailleurs que dans le prétexte et il est important. La manière l'est toute autant. Les deux doivent marcher main dans main pour ce qui aime l'harmonie, ou alors tête contre tête, pour ceux qui aiment le conflit.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 1
J'appelle ce que tu nommes prétexte un sujet car il est devenu sujet pour nombre d'artistes qui ne le visaient guère à priori.

La nature morte me semble être l'exemple le plus clair de la non-compétition entre artistes. En gros, l'enjeu c'est : peignez l'insignifiant et rendez le signifiant.

C'est la question terminale, la plus absolue que tu puisses poser à un artiste. Quand est-il des fruits qui pourrissent ? Des âmes, des êtres ?

Autant certains sujets imposés me semblent alambiqués, autant celui-ci me semble cristallin.

Dévoile ton art de la résurrection par ton simple regard.

Ce n'est pas ça, l'art ? Le pouvoir de ressusciter ce qui semble mort pour le rendre infiniment vivant ?
J'en oubliais :

- La colonne Dorothée, par Corbieux la Rochelle,
- Borgne au pays des yeux bleus, recueil d'heroic fantasy d'un croisé poujadiste
- Pensées, ou petit traité de considérations eschatologiques apocryphes, par Jean Roucas.
- Avé Marie-Myriam, conte ordinaire de la désuétude musicale transfigurée en passionaria. Également titré "Comme un oiseau, mais un oiseau blanc ni migrateur ni immigrateur"
23 réponses à ce commentaire.
Peppino_Prisco Niveau : DHR
Très bon entretien. Je connaissais pas ce joueur, je lisais son nom sur les compos, c'est tout, et au vu de la photo et des propos qu'il tient, je pensais qu'on avait à faire à un mec beaucoup plus âgé, et j'ai été vachement surpris dans le passage où il dit "J'ai 24 ans ...", je m'y attendais pas.

Tiens une question, il y a des lecteurs ici ? C'est qui vos auteurs favoris ? Moi j'ai un gros faible pour Bukowski, Miller, Fante, Calaferte, Nabokov, Céline, Thompson, Brautigan, Ginsberg, Hemingway, Exley, Litell, Mancassola, ...
Céline pour moi c'est une chanson d'Hugues Aufray, Nabokov un opéra, et Miller c'est pas de l'écriture c'est de la branlette.
One Night Stand Niveau : DHR
Moi je suis sy-phy et réalisme magique : donc Garcia Marquez, K. Dick, Poe.

Et puis y'a le romantisme quand même : Malraux, Kundera.
LesSeinsDeRomaneBohringer Niveau : CFA
Question conne mais quel est ton livre favori de GGM?
One Night Stand Niveau : DHR
Comme dit Mr Garrison, il n'y a pas de question stupide mais que des gens stupide. (Je précise, je déconne).

Pour le bouquin de GGM, je fais dans le classique, mais je trouve cent ans de solitude splendide. Un incroyable bijou.
Ce commentaire a été modifié.
One Night Stand Niveau : DHR
Si je devais appliquer 100 ans de solitude à un joueur, ce serait Riquelme.

Magnifique et triste à la fois. Talent immense, dernier grand N°10, mais carrière sans doute en deçà.
LesSeinsDeRomaneBohringer Niveau : CFA
C'est vrai que "Cent ans de solitude" est magnifique.

Je l'ai lu 4 fois, à chaque fois avec la même surprise de la "première fois" et toujours la même tristesse de quitter Macondo et la famille Buendia.
Même si les dernières générations sont moins charismatiques et attachantes que les premières.
Remedios la Bella étant à mon sens la dernière Buendia à valoir le coup.
One Night Stand Niveau : DHR
J'avoue qu'à partir de la mort du Colonel Aureliano, c'est un poil plus hasardeux.

La dernière à valoir vraiment le coup reste pour moi Ursula.
Kundera et romantisme ? J'ai beaucoup lu Kundera et je ne te suis pas du tout la-dessus. Assez proche de Kundera, je te conseille "La Petite Ville où le temps s’arrêta" de Bohumil Hrabal.

Par contre Hemingway, bof bof.

Personne ici pour lire Pratchett ou Steinbeck?
One Night Stand Niveau : DHR
Pardon, c'est pour moi qu'il a une portée romantique. Son style, pas plus que ça effectivement.
Allah Babar Niveau : Loisir
Tres belle ta liste. Je rajouterai, pour les francais: Leon Bloy, Rebatet, Muray, Houelebecq, Maulin, Lemaître, Balzac
Pour les etrangers: bret Easton ellis, ellroy, Selby Junior, Ellory, Thoreau ou Philip Roth
pointardinho Niveau : District
philip roth me tombe des mains ...et Miller pfffffffffffff
Je connais pas Léon Bloy et Rebatet ??
Allah Babar Niveau : Loisir
Pourtant il y a du tres bon Roth. La pastorale americaine par exemple ou la Tâche, ca deboîte!
Allah Babar Niveau : Loisir
Les deux etendards de Rebatet est un chef d'oeuvre.

Quand a Bloy, pfff, un des plus grands stylistes francais, l'ancêtre de Celine qui d'ailleur l'avait en admiration.
Ce commentaire a été modifié.
@allah (bizarre comme apostrophe divine, soit dit en passant)

tu as un titre à me conseiller sur cet auteur ?
Testeur de toboggan Niveau : DHR
Bukowski aka le prophète des rock"n"rolla!
Sors de ta bulle réac, il n'y a pas que ça.
Je ne dis pas que les auteurs que tu cites sont mauvais, ni cherche à les catégoriser mais malheureusement ce genre de listes tendent à les catégoriser.
pointardinho Niveau : District
je sais ...mais parfois tu as des livres ou des auteurs sans savoir trop pourquoi...ils ne parviennent pas à t'accrocher.

Pourtant très gros lecteur des auteurs US mais Roth ..j'ai beau essayé je trouve cela plat ..sans saveur :(
Allah Babar Niveau : Loisir
Le desesperé de Bloy ou son Journal ,c'est une boucherie!
Allah Babar Niveau : Loisir
Si je dois lire que des ecrivains non-"reacs", il va pas me rester grand chose à lire hein!!
Et tu ne sors pas Zola ? Je n'ai jamais compris pourquoi mais personnellement j'ai un attachement viscéral pour tout ce qu'il écrit, je trouve que tout est construit et maîtrisé de bout en bout, et pourtant je suis conscient que bon nombre de personnes n'adhèrent pas.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 1
Allah Babar,

tu as lu Léon Daudet ? Et le journal de Jean-René Huguenin ? Je rajoute également l'excellent Paul Morand.

Ça devrait te plaire. Immenses stylistes, monstres d'exigence.
Allah Babar Niveau : Loisir
Daudet oui, les 2 autres non

je vais m'y atteler, merci du renseignement!
Dostoievski et Kafka pour moi.
Vladimir Birko Niveau : DHR
Ah ça fait plaisir! C'est mon préféré,Fédor Dostoievski!et ce depuis que j'ai lu Crime et Chatiment & Les Frères Karamazov pour la première fois. Là actuellement je passe mon temps avec Les possédés & Carnet d'un inconnu.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 2
Vladimir Birko,

Dostoievski, c'est l'un des écrivains qui a changé ma vie. Pourtant Dieu sait que son style n'est pas très académique (les traductions de Markowicz sont aussi pures qu'impitoyables).

Je vois avec plaisir que tu fais connaissance avec le fantasque Stavroguine ! Personnage fascinant. Et si ton "Carnet d'un inconnu" est bien ce que je pense, c'est à dire "Les notes (ou le carnet) du sous-sol", tu tiens pour moi la plus grande nouvelle de tous les temps.
Si d'aventure tu poursuis l'aventure Dostoievskienne, je ne saurais que trop te conseiller "L'Idiot", mon roman préféré.

Un monument.
Pour rester dans le Russe, Gogol, c'est vraiment superbe
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Gogol et Kafka entretiennent pour moi un dialogue privilégié.

Je recommande également Boulgakov et son sublime " Le Maître et Marguerite", ainsi que "Oblomov" de Gontcharov, ode sublime à la paresse.
Vladimir Birko Niveau : DHR
Ravi de savoir qu'on partage une autre passion que le foot!Tu es sûrement la plus belle plume des com sofoot.
"L'Idiot" c'est prévu pour la semaine d'après,avec "Le double".
Un peu cliché macho tes goûts peppino
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
popeye,

je remarque tes réflexions quant au caractère très "de droite" ou très "macho" des goûts des uns et des autres, et tu n'as pas tort de le souligner.

Mais du coup, vu que l'on est dans un échange courtois et pas un procès, puis-je te demander quelles sont tes lectures préférées ?
J'aime pas trop les goûts trop stéréotypés mais rares sont les gens qui ont le temps de se consacrer aux livres, je comprends.
En ce moment, je ne lis que des polars. Donald Westlake, Hammett (sous ses différents alias) et autres. J'aime bien évidemment Dostoïevski (mais pas les traductions de Markowicz), Jane Austen, Bioy Casares, P.G. Wodehouse, "Under the net" de Iris Murdoch, Gilbert Sorrentino, Iceberg Slim, Ford Madox Ford, Henry James, Ishmael Reed, Alphonse Allais, Anthony Powell, Jean Ray, Bernanos, Jules Renard, Conrad, Joyce et j'en oublie des tas.
J'ai eu ma période Drieu, Bloy, Rebatet au lycée mais j'en suis revenu.
Je hais Belle du seigneur d'Albert Cohen.
Westlake sous ses différents alias (Stark, Coe).
Lovecraft aussi !
Je suis fan de Valis de Philip K. Dick sinon
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Putain mec, quel feu d'artifice !

Austen, Wodehouse, Bernanos ! Pfffiiiooouuu.... ... .. Joyce !!!

Chouette liste. Difficile de te cerner après ça.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
J'en profite, vu que tu parles de Jane Austen, pour dire que moi aussi j'ai des lectures indélicates. J'ai un vrai souci avec Picsou Magazine. J'adore Barks et Don Rosa, mais je les connais par coeur, du coup je suis obligé d'acheter les nouveaux Picsou, qui sont dégueulasses : j'en ai lu un très futuriste où ils chassaient des pokémons ! Et moi, ça me fait chier parce que mes Picsou Magazine, je les lis aux toilettes et je n'arrive à chier que quand je vois l'intérieur de la maison de Donald. Or, dans les Nouveaux Picsou Futuristes, on ne voit presque jamais l'intérieur de la maison de Donald, notamment ses formidables abats-jours posés sur une télé reliée à aucune prise, ou ces portraits rigolos cloués dans un mur qui s'effrite - et sa moquette putain !! T'as envie de te rouler dessus avec Fifi et Loulou (jamais trop aimé Riri, je le trouve FAUX).
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Peppino_Prisco,

étonnant de croiser le délicat Nabokov dans ta liste de gros écrivains couillus rodés à l'aventure et à la débrouille. J'aime beaucoup tous les auteurs que tu cites (Bukowsli, Miller, Fante), qui sont pour moi des rocs d'humanité (je rajouterais en ce sens un Laurence Stern, un Jack London, un JC Powys ou un Thoreau).

Nabokov, Céline et Ginsberg me semblent plus raffinés, plus vicieux. Ce qui constitue leur façon propre de s'exprimer et en rien une forme de hiérarchie.

Mais puisqu'on partage apparemment les mêmes goûts, je rajouterais à ta liste TOUT DOSTOIEVSKI, ainsi que Bernanos. Rimbaud aussi est indéboulonnable. Et son alter-ego russe Maiakowski. Antonin Artaud pour son art du vertige ; Herman Hesse ou Stefan Sweig également - bien que pour moi Joyce les réunisse tous.

En ce moment je lis beaucoup de Rodrigo Garcia, un dramaturge/metteur en scène argentin que je trouve formidablement potache et pertinent. Et je suis tombé sur un truc de dingue, " Les écrits de Laure". Laure, c'est la meuf de George Bataille, une sorte de June Miller dotée d'une plume assassine. Et bah en terme d'absolu, elle met la misère à pas mal de grands écrivains.

C'est limite effrayant de la suivre dans ses divagations.
J'ai jamais rien lu d'aussi chiant que Joyce (y'a que Dedalus que j'ai réussi à finir). Lui et Musil aussi... Artaud était pas mal aussi dans son genre (le théâtre et son double, quelle purge!).

Je préfère passer pour un inculte que de ne pas crier mon dégoût de ses auteurs pisse-froids qui semblent incapables d'esquisser un sourire (Musil essaye mais n'y arrive pas).
GalateaTêtenjoy Niveau : National
J'ai "Les Écrits de Laure" dans ma PAL (pile à lire), comme disent les booktubeurs. Ton enthousiasme m'encourage à presser le pas.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Mince, c'est fou que tu les trouve chiants. Parce que Joyce et Artaud (Musil mis à part, beaucoup plus délié), chacune de leur phrase me semble d'une précision chirurgicale et d'une portée presque métaphysique.

Le théâtre et son double n'est pas très ragoûtant parce que ce sont des extraits compilés (bien que le texte "D'un athlétisme affectif" soit un truc qui m'a profondément marqué). Je ne sais pas si tu as lu "L'ombilic des Limbes" et surtout les écrits de Rodez, les écrits d'interné d'Artaud. Pour moi, il possède le troisième oeil et il s'exprime avec cet organe qui nous est si peu familier. Il invente des correspondances organiques merveilleuses pour se rendre compréhensible, moi ça me bouleverse.
Mais Artaud a clairement traversé le miroir. Il s'exprime d'une dimension dont on peut difficilement cerner la violence.

Si tu ne sais pas ce que représente la violence d'une rature pour Artaud, et donc l'évidence immaculée d'une ligne propre, c'est que la violence physique de son écriture ne t'a pas touché.

Dire que Joyce est chiant. Mec, tu devrais faire attention à tes qualificatifs. Joyce a pesé tous ses mots. Et il a eu l'élégance de les rendre ludiques. Tu as le droit de dire qu'Ulysse ne t'a pas parlé. Mais dire que c'est chiant, c'est inadmissible. C'est un écrivain qui s'amuse en permanence avec sa propre langue, il la baise, il la réinvente, les onomatopées, la théâtralisation, jusqu'au monologue final de Molly.

Joyce est un écrivain exigent - donc chiant pour les paresseux - mais c'est un écrivain infiniment ludique, novateur et profond.

Je comprends qu'on puisse être impressionné devant Finnegan's Wake. Mais c'est pas parce que ça t'impressionne que c'est chiant. James Joyce est le contraire absolu d'un écrivain chiant.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
GalateaTêtenjoy,

cette femme, c'est pas seulement de la dynamite littéraire, c'est de la dynamite existentielle. L'une de ses rares amitiés fut liée avec Simone Weil (la philosophe, la sainte). Elle a rendu fou d'amour un être aussi froid que Bataille. Un torturé comme Michel Leiris. Jean-Jacques Pauvert s'est battu pour l'éditer, ce qui constitue également une belle garantie.

Une femme capable d'inventer : « Je vous salue ! Marie, merde, Dieu. ».

Cette femme ne fut pas simplement la muse de Bataille, elle a exprimé à sa façon une vérité purement féminine - à un âge où l'écriture était encore réservée aux paters moralis, elle a fondé Bataille, elle a fait de ce pharmacien de l'âme un chirurgien.

Et en plus, elle s'est révélée grandiose écrivaine.
Salut Alegrio de janeiro,

Ca poste de partout, et je voulais saluer l'immense allahaubar et son Rebatet "je suis partout et surtout en taule des la Libération".
Je comprends mieux les propos sur la femme d'hernandez, suite aux violences conjugales :"c'est sa faute c'est une pute a fric".
Au moins c'est cohérent, de mépriser la femme et de s'investir corps et âme dans certaines lectures de vieux frustrés impuissants.

Et tu partiras pas dans ta liste de véritables lectures réacs :

- Ils sont encore partout, par Brasillach Junior
- Mein Combat, par Charles "one parmi des" Millon
- Himmler, le gentil dauphin d'Hitler
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Salut à 4,

j'aime bien tes jeux de mots, ils me font souvent marrer. Mais quand tu estimes à la légère le talent d'un Rebatet pour le comparer - facilement - à de moindres collabos, je me dis que tu balaies trop aisément sous le tapis.

Oui, Rebatet est un homme qui s'est perdu dans les conflits de son siècle. Sa grande qualité reste d'avoir eu du style, c'est à dire une voix singulière - à un moment où toutes les voix se sont perdues. Sa grande qualité fut l'authenticité imprécatoire de son témoignage.

Le reste appartient aux lecteurs adultes qui daignent le lire et le comprendre et non pas à ceux, critiques d'avance, qui pour la majorité ne l'ont jamais lu.
La cle de lecture de mon premier message c'est l'écho entre la position d allahaubar sur la condition des femmes battues(qui l'ont bien cherché parce que menteuses et putafric) et sa passion pour le mou du sexe a la dure plume. Un peu comme les hommes de petite taille dans des gros 4x4.
Et je ne souhaite pas stigmatiser cette composante importante de notre communauté.
Merci pour le coté"adulte" des lectures, et je te retourne la question : combien, parmi les lecteurs supposément"adultes",abordentde telles lectures de manière curieuse et pondérée ?

Alors voir Rebatet cité par un posteur très très moyen(cf le fil sur Hernandez violences conjugales) m'aura conforté : on arrive rarement a de telles lectures(je parle de sa liste auteurs) par simple amour des mots.
Rebatet pour le comparer - facilement - à de moindres collabos, je me dis que tu balaies trop aisément sous le tapis.


Mon petit Pollo,

Personne ne l'a forcé a se taper des délires antisémites et à se répandre dans la presse collabo. Il s'y est assimilé tout seul.
Après je n'ai jamais évoqué un talent ou une absence de talent.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
A quatre-quart,

as-tu lu ne serait-ce qu'un texte de Rebatet intégralement ? Ceux qui font la morale sur ce genre d'écrivain ne les ont généralement jamais fréquenté.
Ah merci. Je lisais ce passionnant topic et son foisonnement de référence littéraire un peu peiné peine de n'y voir aucun russe.
Dostoïevski, Pouchkine, Gogol, tolstoi,.. tous des auteurs extraordinaires.
Je plussoie les propos concernant l'expérience extraordinaire qui est celle de lire les frères karamazov ou encore l'idiot.
Allah Babar Niveau : Loisir
Je suis toujours ebahi par les gens qui prennent du trolling sur internet pour quelque chose de serieux. On se demande bien si ils font la difference entre le virtuel et le réel au final.

Lire Rebatet ça c'est serieux et le juger pour l'homme et pas pour l'ecrivain est d'une connnerie sans nom.

Je note que personne ne fait la meme chose pour Aragon, pourtant grand defenseur de Staline

Hé desolé de te le rappeler, la litterature , en france, c'est une grande histoire de droite.

Meme les classiques Balzac, Flaubert ou Baudelaire etaient monarchistes hein pas sociaux-democrates!!

Si tu veux rester dans les clous lis Marc Levy mais par pitié laisse ta morgue de coté, tu es face a des geants la!
Ceux que j'ai pris le plus de plaisir à lire sont Cendrars, Maupassant et Zweig.
Mais ça fait 10 ans que je ne lis pas un roman. Autant j'en ai lu étant jeune (parfois 5 par semaine), autant ça me gonfle maintenant. Je sais pas pourquoi. Je ne lis plus que des essais.
Oh putain, j'ai oublié Kafka. Le plus grand.
GalateaTêtenjoy Niveau : National
Merde moi aussi, j'ai oublié Kafka. Le plus maigre.
GalateaTêtenjoy Niveau : National
Fante, oui oui oui. Sinon Melville, Giono, Broch, Musil, Irving, Ellis et le plus grand de tous : Cervantes.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Cervantès, c'est l'enfance de l'art.

La tentation du livre total, qui réunit poésie, prosodie, aventure et profondeur métaphysique. Rabelais soutient la comparaison, honnêtement.

Mais je te suis volontiers, Cervantès est un maestro.
Ah Fante, qu'est-ce que je peux aimer cet auteur... Je le trouve d'ailleurs assez méconnu en France, à part pour ceux qui ont aimés Bukowski.
Au vu de tes lectures, je pense que tu pourrais adoré le seigneur des porcheries de Egolf. En tous cas, je te le conseil fortement!
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Très bon bouquin, le seigneur des porcheries !
Fabrizio Salina Niveau : CFA
C'est marrant ça cite Céline, Cendrars et les gouailleurs de la banlieue parisienne mais personne n'a l'air de porter un mec dans son coeur qui est pourtant le roi incontesté, le plus grand styliste de l'ère moderne, je veux parler du fier Châteaubriand. Je ne parle pas d'Alphonse de Chateaubriant que certains ici portent certainement dans leur coeur vu leurs lectures (héhé), mais bien du Vicomte, qui a extirpé le français d'un dix-huitième siècle moribond où les galéjades moralisantes et laborieuses d'un Voltaire ou Diderot dominaient, pour le hisser aux sommets du style et de la musique, ouvrant la voie au romantisme puis à tous les grands romanciers du XIXème, qu'ils soient catholiques ou païens. C'est grâce à lui que des Hugo et compagnie se sont tiré la bourre derrière.
Faut lire les mémoires d'outre tombe, cette fluidité de la langue, cette capacité d'évocation proche du cinématographe. Je ne m'en suis jamais remis, et je crois que le génie du christianisme est de ce tonneau.

Sinon question auteurs préférés, Bernanos m'a mis un pain dans le bide dont je ne suis pas prêt de me remettre, Zweig et cette langue magnifique, je vais faire mon snob mais Zweig en allemand c'est de la meringue, c'est aérien, superbe. Il écrit mieux que ce scribouillard laborieux et pagano suceur de b*te de Carl Schmitt dont je traduis bénévolement les mémoires en ce moment.
Sandor Marai aussi, superbe écrivain hongrois dont toute l'oeuvre est sortie en poche en France il y a quelques années.

Puis bon, le prophète de Khalil Gibran mais ça c'est loin, très loin.
Question poésie faut lire les poèmes de Fresnes de Brasillach, c'est superbe et puis les tapisseries de Péguy, et la Nuit obscure de Jean de La Croix.

J'arrive après la bataille donc personne ne lira ça mais quand même, faut que ce soit dit.

PS : Le guépard de Lampedusa, naturellement.
56 réponses à ce commentaire.
LesSeinsDeRomaneBohringer Niveau : CFA
Note : 1
Il a pas tort concernant les traductions...
Lire "L'automne du patriarche" de GGM en version originale doit être quelque chose!
Malheureusement j'ai rien branlé en espagnol et n'ai pas voyagé dans un pays hispanophone...
Allah Babar Niveau : Loisir
J'avais essayer de lire Celine traduit en español........risible. C'est dingue comme Celine et intraductible!
Testeur de toboggan Niveau : DHR
La langue française EST la langue des écrivains!
Tellement de vocabulaire, de synonymes, d"argot, de figures de style possible, bref tu peux jouer avec les mots de manière incroyable!
Surement la plus complexe et la plus riche du monde, encore que je ne suis pas un fin expert du sri lankais, du finnois ou autres dialectes camerounais!

C"est pourquoi c"est impossible de traduire correctement un livre français.

Par contre les traducteurs français doivent se régaler avec les auteurs anglophones (excepté sur l"argot car le gars doit chercher de ouf!)
beaucoup moins de mots en français qu'en anglais (où le vocabulaire est doublé voire triplé - racines latine - racines saxonnes et le reste).
L'anglais british est une autre langue que l'américain.
Ce n'est pas qu'une question de vocabulaire (tu peux être beaucoup plus créatif en anglais, par exemple) mais de syntaxe. Le français est plus souple, dans l'ordre des mots, dans la possibilité de multiplier les subordonnées - les phrases longues passent mal en anglais, par exemple. Ça explique aussi en partie - il y aussi des raisons culturelles - que le français a une tradition plus développée du roman psychologique, analytique, tandis que l'anglais, uk ou us, est plus orienté vers la narration, et une approche concrète du réel. En gros, hein...
Ya un superbe livre d'un traducteur la dessus, c'est Apologie du gérondif la dessus (c'est peut etre autre chose que apologie, peut etre eloge)
6 réponses à ce commentaire.
leopold-saroyan Niveau : Ligue 1
C'est peu dire que cette interview est un vrai régal, sacré personnalité pour un joueur aussi jeune..pff.

Mario Vargas Llosa est l'auteur d'un ouvrage célèbre "Tante Julia et le scribouillard" adapté au cinéma en 1990 avec le génial Peter Falk et Keanu Reeves. Je vous recommande cette excellente comédie, aussi bien en v.o qu'en v.f, la version frenchy étant savoureuse également.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Peter Falk et Keanu Reeves ? Mais où t'as vu ça ?

Merci du tuyau Léo (tu sais que je suis comme toi un fou de Falk). Je vais me procurer ça dessuite !
leopold-saroyan Niveau : Ligue 1
C'est un film assez méconnu mais qui mérite vraiment le détour. Il n'est pas facile à dégoter en ligne mais le dvd te tend les bras sur amazon pour la modique somme de 10 euros.

Oui je sais que comme moi tu ne peux rien refuser à ce cher Peter !

(Chapeau bas pour tes posts toujours aussi riches et réjouissants à lire !)
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Merci Elji !

(tant que tu y étais, t'aurais pu me choper une vost ;))
Malheureusement c'est le seul que j'ai trouvé. Mais ce soir voire demain, je vais voir si je peux te trouver un vost. Je suis juste un peu débordé en ce moment ;)
5 réponses à ce commentaire.
pointardinho Niveau : District
il dénote ou pas ...dans le monde actuel des footeux (quoique avec Mattia CALDARA) nous avons des nouveaux lettrés.

Cependant il me semble que ce profil de joueur sud américain n'est pas aussi "exceptionnel" que cela.

Soit des joueurs provenant des quartiers pauvres ou le talent +la soif de revanche les poussent à franchir tous les obstacles afin de devenir des footballeurs pro ( Tevez, Medel, Alexis Sanchez etc..)

ou bien nous avons des profils tel que Aristeguieta, les frères D'Amico ( Lille et Metz ), Fernando Menegazzo ( ce dernier silloné l'Europe pour visiter monuments etc..) Jussie ( lui croisé dans une grande librairie Bordelaise et il achetait pas du Musso ...) etc..

bref si un spécialiste Sud Am peut expliquer cela, le fait ou le manque de centre de formation , cela permet de voir des profils différents et non formatés.


PS: je suis tombé sur le livre de Gigi Riva (le journaliste) , le dernier penalty..pas mal
Ce commentaire a été modifié.
TheDoctor Niveau : CFA2
C'est vrai je voulais le lire ce bouquin de Riva. Il vaut son pesant de cacahuètes alors ?
pointardinho Niveau : District
oui, pas mal, surtout pour comprendre d'un œil extérieur et par le biais du foot la crise en ex yougoslavie.
TheDoctor Niveau : CFA2
Parfait, moi qui compte m'y faire un petit trip prochainement
pointardinho Niveau : District
pour le trip ..je me souviens il y a presque 15 ans( p**** arghhh)
le gentil douanier Hongrois (frontière croate), s'est assis devant moi dans mon compartiment dans le train. Il triturait mon passeport, en me lançant des regards en m'implorant de lui laisser un billet.

j'ai dégainé mon bouquin ( surement l'idiot de Dostoievski ) et j'ai lu ..

le pauvre au bout de 20 minutes ..il a lâché l'affaire

comme quoi un bon livre, même face à un douanier véreux, la littérature l'emporte.

PS: dans tous mes voyages ce qui m'a toujours servi fut ma connaissance (toute relative ) du foot du pays visité et mon goût pour les livres....
Vladimir Birko Niveau : DHR
et bah suis vraiment ravi qu'il y ait des fans de Fedor par ici
Il doit y avoir un aspect différence de classe sociale et d'accès à la culture évidemment. Dur de généraliser pour toute l'Am Sud mais il existe aussi une part de curiosité supplémentaire notamment dans les pays les plus au sud (Uruguay, Argentine, Chili, Brésil) du fait de leurs liens avec l'Europe. D'où l'envie de connaître le pays de leurs ancêtres, d'apprendre leur langue, leur culture (au delà du simple fait d'en acquérir la nationalité) Pas étonnant que les noms que tu cites soient d'origine italienne ou basque.
Ensuite il n'y pas le fossé football et littérature (voire les intellectuels) qui existe de par chez nous. Beaucoup d'artistes ont écrit (Galeano, Fontanarrosa) comme d'autres ont chanté sur le foot. Pas de mépris. Donc pourquoi pas un footeux chez les littéraires?
Juan Pablo Sorin aussi a écrit je crois.
A une époque dans certains pays d'Am Sud, un gosse savait jouer au foot et pratiquer un art (souvent jouer d'un instrument).
6 réponses à ce commentaire.
« J’avais fait une sorte d’allégorie entre l’hiver en France qui m’avait été inspirée par un déplacement à Châteauroux et la situation au Venezuela. »

Putin mais cette phrase bordel!
Testeur de toboggan Niveau : DHR
Je suis curieux de la réalité de ta réaction!
Soit tu trouves que la phrase déchire et putain que ta raison!
Ou soit tu es castelroussin est pour le coup ça ta vexé...

Perso je penche pour la seconde option beaucoup plus drôle! Rien de personnel hein!
Non, il met en relief le côté bien de la littérature qui est de créer des analogies pas évidentes.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 1
L'analogie n'est pas le propre de la littérature, il me semble. Je dirais que c'est surtout le propre de la poésie. Or la poésie peut-être visuelle. L'analogie qui se joue entre 2 plans, par un simple montage cut (l'effet Koulechov), une surimpression ou toute autre forme de transition, n'est pas moins pertinente.
La musique possède aussi son propre système d'analogies (les cadences martiales qui rappellent le pas militaire, la simple correspondance primitive entre un cuivre et tel oiseau, un bois et tel vent, une percu et tel geste). Les coups de violons d'Hermann, pas besoin d'avoir l'image du meurte Janet Leigh pour sentir qu'il s'agit de coups de poignard.
3 réponses à ce commentaire.
Super mentalité franchement, vu comment il a été baladé à Nantes, qu'aucun entraîneur a compté sur lui, qu'il a plus passé son temps à cirer le banc ou jouer avec la CFA, mais qu'il a quand même tout donné à chaque fois sur le terrain et qu'il part avec grand sourire en disant merci pour tout tu vois que le mec ferait du bien à chaque équipe d'un point de vue mental ou au niveau de l'implication en général.

Après intrinsèquement c'est pas un attaquant prolifique certes mais rien que pour sa mentalité un grand merci pour tout Nando, même si on t'as pas beaucoup vu sur le terrain

Bonne continuation à lui
Testeur de toboggan Niveau : DHR
De toute façon il y a aucun attaquant technique à Nantes. Pour le coup, lui, c"est pas Ronaldinno balle au pied mais c"est un vrai renard de surface à l"ancienne. Avec une grinta de ouf et une mentalité irréprochable.
Pas compris pourquoi c"est lui que les Kita ont vendu (place d"extracommunautaire surement...) car sportivement et au niveau de la mentalité c"est clairement Bammou qu"il fallait dégager.

Pareil l"été dernier, on laisse partir Niane (libre hein...) qui est le meilleur buteur de ligue 2. Cette saison jusqu"a maintenant c"est Niane: 13 buts. Nantes: 15 buts.

J"ai plein d"autres exemples mais on va se faire du mal...
1 réponse à ce commentaire.
Jouer avec Heskey comporte des risques Niveau : District
Il a joué à Nantes Villas Boas ??? On en apprend tous les jours !
Note : 1
Au-dela du fait qu'il montre qu'il lit beaucoup (et sait de quoi il parle quand il parle litterature), je suis assez impressionne par son humilite. Sans dire que tous les footeux/sportifs ont la grosse tete, mais pour jouer a haut niveau il faut une grosse dose de confiance en soi, et la des qu'il sort du sujet football, on sent une personne lambda qui veut apprendre et ne se sent pas en terrain conquis. Ce qui rend l'interview d'autant plus agreable.
WALDI500
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Testeur de toboggan Niveau : DHR
Effectivement. Très pertinent ton commentaire. Au nom de toute la communauté, merci ma gueule !!!
1 réponse à ce commentaire.
Tu sens le mec dans la première réponse qui a suivi des cours de creative writing.
Et bim, il le dit dans la deuxième.
J'attends le footballeur chilien (ou sudam= fan de Bolano (qui est une star), l'argentin tripoteur de ballon qui lit Borges, Sabato, Bioy Casares, et à un niveau au-dessous Cesar Aira ou Rodrigo Fresan à ses heures perdues.
Quand tu lis Bolano, tu sens qu'il y a une réelle appétence, toujours vivace, pour la littérature en amérique du sud et une certaine forme de poésie (pas forcément le réalisme magique à la Garcia Marquez, qui s'est bien exporté).
"même si en Europe, c’est parfois difficile de lire tous ses bouquins en espagnol"
Un mec à l'ancienne qui ne connaît pas amazon (et ses bouquins à 0,1 centimes plus frais de port).
Voilà pourquoi j’apprécie Sofoot bordel !!

Une interview de qualité sur un homme que je ne connaissais que très peu, pourtant je suis Nantais, honte à moi.

Quand mes amis m'en parlaient, c'était souvent pour le railler sur son sens de la finition.

Sacré découverte sur un mec qui a l'air très intéressant et cultivé, toujours un plaisir de voir ce genre d'OVNI dans le foot même si j'ai l'impression que cette tendance est en train de s'inverser, tant mieux.

Merci à tout ceux qui ont commenté, c'est un véritable plaisir de lire ces commentaires, j'aime ce genre de digression sur Sofoot, ça nous permet de voir un joueur autrement et de découvrir une autre facette de certains membres du site.

Quant à ceux plus haut qui parlaient de SF, je vous conseille Poul Anderson et plus précisément "Barrière mentale" et "Tau Zéro" même si ce dernier est très technique.

Bonne soirée.
Alvaro_Recoba Niveau : CFA2
Très bel entretien.
Je suis surpris par son âge car en lisant ses propos et sa maturité dans la manière d'expliquer ses goûts littéraires, je m'attendais plus à ce qu'il soit proche de la trentaine.

C'est assez intelligent ce qu'il dit sur la V.O en littérature comme au cinéma.

Je suis tombé sur un extrait du Parrain en VF et c'était réellement à chier. Le travail subtil de Pacino, pour ne parler que de lui, sur la voix de Michael Corleone est complètement saboté
Coach Taylor Niveau : DHR
Merci pour cet entretien, et merci pour vos commentaires, vous m'avez tous fait passer un super moment et donné l'envie de me plonger dans un bon livre !
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