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FC Saint-Louis, l'agression de la discorde

Il y a deux semaines, Pierre Fichter, le président du FC Saint-Louis Neuweg, s'est fait agresser par ses propres joueurs lors du dîner de fin d'année. C'est en tout cas ce qu'il clame haut et fort. Que s'est-il vraiment passé ? Enquête.

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Le long de la D66 en direction de Mulhouse, impossible de rater « Le Stelle » , restaurant italien planté au nord de Saint-Louis, petite ville d'Alsace accoudée à la frontière suisse. Une arche fait office d'entrée pour accéder sur le parking. Les murs sont rosés. À droite, posée sur un petit cabanon, une voiture vert-blanc-rouge achève la déco kitsch du lieu. Qu'importe, ce mardi 30 juin 2015, la scène se joue à l'intérieur de l'établissement. « Je suis arrivé à 21h15, pose Djibril*. À exactement 21h35, nous allions passer à table. Je m'en souviens, car c'était l'heure de rompre le jeûne du Ramadan. » Ce soir-là, c'est Pierre Fichter, président du club de foot de la ville, qui invite. Joueurs, nouvelles recrues, entraîneurs, dirigeants, proches, ils sont une quarantaine attablés pour ce repas de fin d'année. Manque à l'appel l'équipe première, tout juste promue en CFA ; ceux-là sont en vacances. « Ce devait être une fête » , situe Pierre Fichter. Jusqu'à ce que le président du FC Saint-Louis Neuweg aperçoive Djibril.

Dix minutes d'exclusion, une engueulade et une licence retirée


En mars dernier, Djibril, 20 ans, joueur de l'équipe 3 à Saint-Louis (dans l'avant-dernier échelon du foot français), s'emporte auprès de l'arbitre en plein match : dix minutes d'exclusion pour lui. Sur le bord du terrain, Pierre Fichter, 53 ans, à la tête du club depuis six ans, fait la leçon au jeune homme : « T'es pas digne du club ! » , avant que celui-ci ne lui rétorque « T'as rien à m'dire ! » Les décibels montent et le président enjambe la barrière pour s'expliquer en tête à tête. Littéralement front contre front. Une engueulade musclée qui ne s'arrête pas là : le président file au vestiaire confisquer la licence de Djibril. Ce dernier est exclu du club sur le champ, deux saisons et demi après son arrivée.

Alors, quand Pierre Fichter entrevoit Djibril à l'autre bout du restaurant, avec ses anciens coéquipiers, il a deux mots à lui dire : « Je lui ai demandé gentiment de partir, il n'était pas invité » - selon d'autres sources, c'était sur un ton autrement moins cordial : « Qu'est-ce que tu fous ici ? Dégage ! » Djibril ne bouge pas de sa chaise : « Comme j'ai participé à la montée de l'équipe 3, le bras droit du président m'avait proposé de venir au dîner.  » Pierre Fichter va alors chercher le témoin en question, Michel Peter… qui nie en bloc. Les proches de Djibril proposent de régler la note, en vain. « À ce moment-là, le ton est monté, le président lui a crié dessus  » , assure un joueur présent aux premières loges. Les autres tables ne prêtent pas encore attention à la dispute, avant le casus belli de la soirée : une assiette volante.

De la salade, du Coca et des pâtes à la sauce tomate


Le président reçoit de la salade en pleine figure. Ensuite, ce sont des récits discordants. Pierre Fichter, version une, sur le site du journal Dernières Nouvelles d'Alsace : « J'ai esquivé un premier coup de poing, puis ils me sont tombés dessus à douze ou quinze, comme un essaim d'abeilles. J'en ai pris partout, dans le ventre, sur la tempe aussi. J'ai vu flou un moment ; c'était de la folie. On aurait dit des bêtes, il ne leur manquait plus que la bave. » Pierre Fichter, version deux, pour So Foot : « [Djibril] m'a dit : "On vous tuera tous. Connard, je fais ce que je veux." (…) J'ai reçu un coup de poing, il m'ont roué de coup à dix ou douze. Mais c'était très rapide, ça a duré peut-être deux secondes. Michel Peter et le directeur du restaurant sont intervenus. J'ai quand même pris un coup de pied dans l'œil et un hématome à la tête, ce qui m'a valu trois jours d'ITT (incapacité temporaire de travail). »

«  Poussé au sol » auparavant par Pierre Fichter, Djibril prétend qu'il n'a rien vu à cause de la foule amassée devant lui. Mais il réfute radicalement les mots que lui prête le patron du club. « Quand ça a dégénéré, je n'ai pas cherché à comprendre, je suis sorti de la pizzeria rejoindre la voiture, rembobine l'étudiant. On est reparti avec mon frère et mon cousin. J'avais juste eu le temps de boire un verre de Coca, on est rentrés pour manger. (…) Le pire c'est que je m'étais excusé auprès de lui il y a quelques mois quand on s'était croisés dans une épicerie de la ville. On s'était même serrés la main. » La police arrive au restaurant, le soufflé est retombé. Comme la majorités des convives, Fabian* a finalement pu s'attaquer aux pâtes à la sauce tomate cuisinées par le chef. Mais lui aussi dément les propos de Pierre Fichter, retranscris dans la presse locale : « Des jeunes ont bousculé le président, il y a eu des échanges de coups avec les dirigeants, mais ça ne concernait pas plus de deux ou trois joueurs. » « Dans ces cas-là, difficile de savoir qui essaye de séparer ou d'envenimer les choses » , synthétise une autre source interne au club.

« Autoritaire » , « dictatorial » , « il ne connaît rien au ballon »


Quand nous contactons le restaurant, quelques jours plus tard, le patron est parti en vacances ; l'employée, quant à elle, ne veut pas « remuer l'affaire » . L'entraîneur de l'équipe assure poliment que « la situation devrait bientôt s'éclaircir » . La secrétaire du club n'est pas plus loquace : « La vérité est dans les Dernières Nouvelles d'Alsace » . Le fait est que, depuis, le président a décidé de démissionner de son poste : « Je suis tombé sur le cul. Ma décision est irrévocable. Après tout, je ne suis qu'un simple paysan.  » Un paysan ? En fait, Pierre Fichter dirige Capi, une entreprise de sécurité, sponsor du FC Saint-Louis. Si, à l'image de l'ensemble du comité démissionnaire, les membres de ce club «  sans tension » selon un ancien de la maison sont solidaires de leur patron, ce n'est pas l'opinion générale. « Autoritaire » , « dictatorial  » , « il ne connaît rien au ballon » : voilà pour les tacles bien appuyés envers l'ancien libéro.

« C'est un bosseur, mais cela arrive qu'il empiète sur le travail des coachs, note Fabian. Avant les matchs, à la mi-temps, à la fin, il est tout le temps dans le vestiaire. » Est-ce que les entraîneurs laissent faire ? « Ils n'ont pas le choix. » De son côté, un des éducateurs regrette « un manque de considération » quand il ne s'agit pas de l'équipe première - qui pousse de nombreux licenciés à mettre les voiles vers Hégenheim, le club voisin. A contrario, Pierre Fichter souligne « un travail de fond. En six ans, on est passé d'un budget de 200 000 à 900 000 euros. » La CFA, il l'avait en ligne de mire depuis longtemps, mais ce sera finalement sans lui. Si les neuf membres du comité sont, eux, revenus sur leur décision initiale, Robert Schnerberger, ex-responsable partenariats au sein du club, a été nommé à la présidence en intérim jusqu'en novembre. Paradoxe, alors que celui qui l'avait exclu du FC Saint-Louis n'est plus là, Djibril veut également tourner la page. « Je n'ai pas envie de revenir, c'est trop pesant » , explique-t-il. En attendant les résultats de l'enquête, il se murmure que deux personnes se présenteront au tribunal à partir de novembre prochain, sous la menace d'une amende à trois chiffres. Ce serait donc loin des « douze ou quinze personnes » , à qui il ne « manquait plus que la bave » .

Par Florian Lefèvre Tous propos recueillis par FL, sauf mention
* Sur demande des intéressés, les prénoms ont été modifiés.
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