1. //
  2. //
  3. // Groupe D
  4. // FC Midtjylland/Naples

FC Midtjylland : des chiffres et trop de lettres

Le nom FC Midtjylland fait peur aux yeux, mais aussi sur le rectangle vert. Dominateurs au Danemark, les Loups veulent désormais être craints par l'Europe. Simplement armés, par leur nouveau propriétaire, Matthew Benham, de chiffres.

Modififié
22 12
Arielle et Bertrand le savent : M-I-D-T-J-Y-L-L-A-N-D n'est vraiment pas un bon tirage pour un « coup de lettres » . Il s'y trouve bien les deux voyelles minimum réglementaires, mais surtout une lettre superflue pour les dix autorisées sur le board. Et même si Laurent s'aventurait, en patron du jeu, à ignorer les règles, les plus fins limiers n'auraient jamais pu trouver mieux qu'un décevant « 6 lettres/Pas mieux » , avec « Milady » ou « Limant » . Cela aurait été bien plus simple pour tout speaker - non danois - de match que ces onze lettres, pourtant dans le bon ordre. L'obstacle à franchir entre le « I » et le « Y » a de quoi faire passer Dnipropetrovsk pour un parcours de santé. Mais à trop se concentrer sur les lettres, on en oublie sans doute l'essentiel avec ce FC Midtjylland : les chiffres. Comment un club avec le budget de Bastia en est arrivé à faire tomber Southampton, Bruges et le Legia Varsovie ces dernières semaines ? Comment ce club danois se retrouve à jouer ce jeudi soir la première place du groupe D face à Naples, l'actuelle chaudière italienne ? Grâce à une stratégie, paraît-il, basée sur les chiffres. Et certainement pas les lettres.

Brad Pitt, baseball et sms


Matthew Benham est l'homme derrière cette révolution. Déjà propriétaire de Brentford, il décide d'investir 8,5 millions d'euros dans le club basé à Herning à l'été 2014. Aussi président de Smartodds, un site de paris en ligne, il s'inspire alors des A's d'Oakland. Ce club californien de baseball a surpris la MLB (Major League Baseball) dans les années 1990 en basant ses compositions d'équipe sur les statistiques et les indicateurs clés de performance. Une stratégie d'ailleurs traduite sur grand écran dans le film Moneyball, avec Brad Pitt et Jonah Hill, en 2011. Le FC Midtjylland en a fait son mantra. Les chiffres sont alors au cœur de tous les aspects de la vie du club. « Les datas sont plus justes que l'œil humain » , justifie Rasmus Ankersen, président du FCM, à seulement 31 ans. Pour l'anecdote, lorsque Ankersen rencontre pour la première fois Benham, il lui demande si le club londonien allait obtenir sa promotion. Réponse originale et précise de Benham : « On a 42,3% de chances de monter. » Au Danemark, la stratégie a en tout cas livré des résultats immédiats : à la fin de la saison 2014-2015, les Loups sont sacrés champions du Danemark pour la première fois de leur jeune histoire (club né d'une fusion en 1999).

Au départ, Glen Riddersholm, entraîneur historique du club, ne peut de toute façon qu'être en confiance, malgré cette nouvelle méthode. Il a eu en début de saison l'assurance qu'il ne serait pas renvoyé en fonction des résultats. Charge au technicien de se baser désormais sur ce système inédit pour analyser les adversaires, mais également améliorer le jeu proposé par ses joueurs. En consultant E4Talent, une entreprise danoise spécialisée dans l'interprétation des faits de jeu, le club du Jutland a su devenir décisif dans les « danger zones » . Quand, par exemple, elle prouve que les coups de pied arrêtés offensifs sont un point faible, le travail dans ce domaine est accentué. Ces nombreuses séances avec des spécialistes font du FCM le numéro 2 européen dans le domaine, après l'Atlético de Madrid. Et les chiffres franchissent même, parfois, les portes du sacro-saint vestiaire les jours de match. À la mi-temps, la tactique peut évoluer en fonction du contenu des SMS reçus par le coach avant que ce dernier ne s'adresse à ses joueurs. Plutôt... innovant. « L'innovation ne vient pas des clubs riches qui se contentent de dépenser » , théorise alors Rasmus Ankersen.

FC Copenhague et Brøndby au placard


Quand les clubs anglais dépensent plusieurs millions en transferts, la direction des Rouge et Noir fait en effet de la lutte contre les joueurs surpayés son cheval de bataille. « On a peu de moyens financiers, alors on essaye d'être le plus efficace possible. » Une évidence ? Oui, mais cela fonctionne. Ce système d'analyse mathématique, observant aussi plus de 60 championnats, ne répond qu'à une logique rationnelle. Les arrivées de Tim Sparv ou Jim Larssen en sont d'ailleurs l'exemple. Joueurs sous-cotés dans leur précédent club, ils sont aujourd'hui des cadres chez le leader de Superliga. Un rêve pour les accros de Football Manager. Malgré la démission en juin de Glen Riddersholm, Jesse Thorup, l'ancien sélectionneur des U21 danois, a réussi à garder le même rythme de croisière cette saison. Le FCM a bien relégué les historiques FC Copenhague ou Brøndby au second plan. Les deux clubs de la capitale affichaient pourtant un budget deux fois plus important l'an passé. Mais l'ambition ne se limite visiblement pas au pays de la Petite Sirène. « Nous souhaitons montrer à l'Europe que Midtjylland est un club qui veut laisser son empreinte » , fanfaronnait au printemps dernier le futur démissionnaire Riddersholm, à la FIFA. Naples, ce jeudi soir, ferait vraiment office de très belle encre.

Youtube


Par Nicolas Kohlhuber // Tous propos recueillis dans le documentaire « How Stats Won Football: From Moneyball to FC Midtjylland »
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Note : 1
Merci So Foot pour avoir fait enfin un article en français <3

Midtjylland je vous aime un jour j'irai vous voir à Herning
Hep,
bon allez fallait bien que ça sorte :
en danois le "Y" se prononce "U", et le "J" souvent comme "ieu", donc Midtjylland c'est pas compliqué ça se prononce "mit-iulande". Et Brøndby c'est pas Bronbi mais "Breune-bu" (by = ville). C'est comme le foot danois ils veulent faire très simple mais quand on les regarde ça parait très compliqué.
ps : en géo le Jylland est le pays des Jutes (Jutes + land), c'est la péninsule qui part de l'Allemagne et le Midtjylland c'est juste que c'est au milieu (midt/milieu) de cette péninsule.
C'est bon j'ai vidé mon sac je peux retourner faire des trucs utiles.
Bald&bearded Niveau : CFA2
@dem's Tu fais déjà des trucs utiles, moi ca m'a fait ma journée tes infos. Parce qu'à part les Laudrup et Dan the Dryer, on entend pas beaucoup parler des Danois. A si, paraitrait que c'est le peuple le plus heureux du monde !
LaMainInvisible Niveau : District
Peuple le plus heureux du monde avec un taux de divorce à 50%
Sinon il fait froid, mais c'est vrai que l'ambiance (universitaire au moins) semble super cool. Bon ya des Nazis qui foutent le bordel aussi. Bref l'herbe y est plus verte surtout grâce à la pluie
Il pleut pas beaucoup au Danemark. Il fait froid et sec. Donc l'herbe est pas si verte que ça, elle est surtout congelée.
Message posté par Bald&bearded
@dem's Tu fais déjà des trucs utiles, moi ca m'a fait ma journée tes infos. Parce qu'à part les Laudrup et Dan the Dryer, on entend pas beaucoup parler des Danois. A si, paraitrait que c'est le peuple le plus heureux du monde !


J'viens de revoir "Les Idiots" de LVT. Un peu comme Baloo, il leurs en faut peu pour être heureux à ces Danois !
monclubcettebaltringue Niveau : CFA2
Article intéressant. Le système Benham a très bien fonctionné avec Midtjylland et est intéressant pour recruter des joueurs qui passent sous le nez des grands clubs mais l'importance du coaching et de la gestion humaine est sous-estimé. Brentford FC avec son recrutement 2.0 est en train de se casser la gueule et est pour l'instant très loin de jouer les premiers rôles en Championship. L'année dernière le club s'appuyait sur les datas et sur un excellent coach, Mark Warburton.

Tout ça pour dire que les grands clubs ne font pas que dépenser de l'argent, ils utilisent les datas mais savent que ce n'est pas suffisant pour aller gagner des titres et que la dimension humaine est primordial. Là ou Benham a raison c'est que c'est un vrai plus pour aider un club dans son ascension et Brenftord et Midtjylland ont beaucoup d'ambitions.
Oui enfin Brentford a gagne 2-0 aux Wolves hier et semble redresser la tete apres s'etre plante de coach.
Quand on voit les budgets du Champo, un bon maintien serait deja une belle perf, l'an dernier le club etait clairement en sur regime et ils ont perdu leur meilleur joueur parti a Burnley (meme si pour moi c'etait Jota ou Tarkowski les deux meilleurs a Brentford).
monclubcettebaltringue Niveau : CFA2
Message posté par AriGold
Oui enfin Brentford a gagne 2-0 aux Wolves hier et semble redresser la tete apres s'etre plante de coach.
Quand on voit les budgets du Champo, un bon maintien serait deja une belle perf, l'an dernier le club etait clairement en sur regime et ils ont perdu leur meilleur joueur parti a Burnley (meme si pour moi c'etait Jota ou Tarkowski les deux meilleurs a Brentford).


les Wolves ont pris un coup sur la tête avec la défaite contre Derby, mais c'est vrai que sur le match ils ont montré de belles choses (si j'en crois le résumé et les commentaires des supporters). Avec le derby à Charlton qui est en panique il y'a moyen de récupérer 9 points en une semaine, donc oui tout n'est pas morose. On jugera un peu plus de la valeur de l'équipe dans le derby contre QPR dans une semaine.
Stop Ilya Sunzu Niveau : District
Midtjylland, c'est surtout une capacité à recruter de très bons joueurs à bas coûts, ce qui fait la différence au Danemark. Ils possèdent en effet une génération de joueurs entre 20 et 22 ans avec un talent incroyable, je pense bien sur à Sisto et Sviatchenko, qui ont joué contre nos Bleus, mais aussi Bangaard, Romer et Onuachu. De plus, ils ont recruté un véritable buteur en la personne de Pusic, d'Esbjerg, ainsi que Kian Hansen, revenu au pays après sa pige à Nantes, ce qui en fait une équipe vraiment compétitive. Etrange d'ailleurs que les gros clubs d'Eredivisie n'a pas encore pris les devants, car avec la visibilité de l'Europa Ligue un joueur comme Sisto ne tardera pas à partir chez une équipe d'un des 4 grands championnats.
"Matthew Benham est l'homme derrière cette révolution. Déjà propriétaire de Brentford, il décide d'investir 8,5 millions d'euros dans le club basé à Herning à l'été 2014. Aussi président de Smartodds, un site de paris en ligne, il s'inspire alors des A's d'Oakland"

C'est bien de s'inspirer du travail de Billy Bean.
Ca l'est beaucoup moins lorsqu'il y a risque de collusion (patron à la fois d'un club de foot et d'un site de paris en ligne). Soit c'est maladroit, soit ça pue. Je ne connais pas les termes juridiques adéquats mais vous avez compris l'idée.
Je viens d'aller sur le site Smartodds, c'est un site d'analyse statistiques sportives ...
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
Article suivant
Paris dort encore
22 12