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« Faut bien que j’aille faire les courses, sinon on bouffe quoi à la maison ? »

Parti des tréfonds du football italien, Davide Moscardelli s’est fait connaître pour ses buts, mais aussi son style inimitable avec cette barbe soyeuse qui en a fait une star des réseaux sociaux. Du coup, l’attaquant de Lecce a même lancé une marque à son effigie : Flybeard.

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À force de parler de ta barbe, on en oublie que tu es toujours en forme à 36 ans...
J’ai eu quelques problèmes physiques en début de saison, maintenant, je me sens bien, je m’éclate et ce que je veux encore jouer au foot, la passion est intact et j’espère continuer quelques années.

Tu évolues à Lecce, qui, entre nous, n’a rien à faire en troisième division.
Oui, j’espère que cette fois sera la bonne, c’est une ville importante, les gens sont très chaleureux et vivent de football H24. C’est un club avec une grosse histoire, il est temps de remonter.

Tu es recouvert de tatouages, l’un d’entre eux récite : « Born in Belgium, made in Italy. »
Je suis né à Mons, mais j’y ai vécu seulement quelques mois, car mon père était en mission avec l’aéronautique militaire. Je me suis toujours promis d’y retourner, mais je n’ai pas encore eu l’occasion, ce sera une de mes premières destinations une fois à la retraite, ou c’est un coup, j’y finis même ma carrière !

« Je faisais des petits tafs par-ci par-là, j’aidais surtout des potes, même gratuitement, histoire de faire quelque chose »

Tu possèdes le passeport belge ?
Non, j’aimerais l’avoir, il faut que je fasse les démarches, comme ça je serai convocable pour l’Euro !

Tu es un de ceux qui est parti du foot d’en bas pour arriver en Serie A, tu as par exemple évolué en 7e division jusqu’à 20 ans, quel était ton vrai boulot ?
Vu que j’ai repiqué quelques années, j’ai fréquenté le lycée un peu plus tard que les autres. Ensuite, je faisais des petits tafs par-ci par-là, j’aidais surtout des potes, même gratuitement, histoire de faire quelque chose et de ne pas rester glander à la maison du matin au soir. En fait, je cultivais surtout mon rêve de percer dans le foot.


Quel a été le vrai tournant de ta carrière ?
Ma première année chez les pros, avec la Sangiovannese en Serie C2, j’ai planté 15 buts et je suis passé directement en Serie B à la Triestina où j’ai continué à marquer. Ce furent vraiment les deux années charnières pour ensuite aller en Serie A.

Et donc comment est né ce buzz barbu ?
Un peu par hasard en fait. Je ne suis pas le premier à m’être fait pousser la barbe, il y avait déjà la mode hipster. Je pense que c’est aussi dû à la façon dont je me comporte sur les réseaux sociaux en mettant en ligne des vidéos sympas. Ça a surtout été ça le déclencheur, en plus de la barbe. Un jour, je m’étais promis de me la raser, si j’étais transféré à Bologne en janvier 2013. C’est ce que j’ai fait, sauf que le lendemain, tout ceux qui me suivaient étaient déçus, alors je l’ai faite repousser ! Sachant aussi que ça ne déplaît pas à ma femme et ça ne dérange pas mes enfants.

Disons que tu as toujours eu un style bien à toi.
C’est vrai, j’ai par exemple porté les cheveux longs pendant de longues années, mais c’est parce que je suis un rocker, une passion que je partage avec mon grand frère.

« En Italie, les e-boutiques c’est compliqué du point de vue des impôts, je veux dire, tu ne gagnes rien »

Il y a beaucoup de pages Facebook en ton honneur, le créateur d'une d’entre-elles avait motivé son initiative de cette façon : « Moscardelli est comme nous, après l’entraînement, tu le retrouves acheter des packs de bières au supermarché. » C’est aussi ça le secret de ta popularité ?
Je suis perçu comme un garçon normal, et c’est tout à fait ce que je suis ! J’ai grandi avec ces valeurs, je n’ai pas changé, et puis je ne suis pas devenu un joueur milliardaire, on ne fait pas les courses pour moi, on ne me sert pas la popote, et je ne me vois pas faire ça. Faut bien que j’aille faire les courses, sinon on bouffe quoi à la maison ?

Tu t’es inspiré de Sébastien Chabal ?
Je vois vaguement qui c’est, j’imagine que c’est un sacré personnage, mais non, je n’ai pas copié sur lui !

Et comment as-tu eu l’idée d’ouvrir une boutique en ligne avec ta marque Flybeard ?
Tout est venu de ma femme qui a toujours pensé faire des maillots et accessoires à mon effigie. Quand elle a vu que d’autres le faisaient déjà, elle s’est dit : « Pourquoi pas nous ? » Elle a fait des essais, ça a fonctionné, mais on a surtout fait ça pour s’amuser. On avait même des commandes de l’étranger, avec les frais d’expédition qui coûtaient plus cher qu’un maillot, du coup, on y mettait une coque d’IPhone gratis ou autres goodies. D’ailleurs, j’ai encore un peu de matos à écouler, car on va fermer. En Italie, les e-boutiques c’est compliqué du point de vue des impôts, je veux dire, tu ne gagnes rien.

Du coup, tu peux nous révéler le secret pour avoir cette barbe soyeuse.
Déjà, il faut avoir de la chance, car la mienne pousse de façon homogène et partout. J’utilise des produits d’entretien, un shampoing, une huile que j’applique après les entraînements pour la rendre plus brillante. Enfin, il faut un barbier de confiance qui va te donner la bonne forme et la bonne taille.

Mais ça ne te dérange pas quand tu joues ?
J’ai juste un peu plus chaud l’été, mais c’est pareil avec les cheveux longs hein, c’est une question d’habitude. Et puis, il faut souffrir un peu pour plaire (rires).

« Heureusement que j’ai fait mes premiers pas en Serie A à 30 ans et que j’arrivais à mieux contrôler mes émotions dans les vestiaires, le tunnel qui mène sur la pelouse »

Tu as déjà marqué un but de la barbe ?
Non, mais des défenseurs ont essayé de me marquer en la tirant.

Et sur les hors-jeu comment ça se passe ?
Il faut que je fasse gaffe, le juge de touche est dans l’embarras.

Tu n’as jamais été marqué par le défenseur Federico Barba ?
Non, mais si je joue contre lui, je lui demande son maillot !

Un entraîneur ou un dirigeant t’a déjà demandé de la couper ?
Heureusement non, c’est fini cette époque où on t’imposait un style, mais plus jeune, j’ai dû me couper les cheveux, alors que je n’avais que 10 ans, ça me paraissait super excessif.

Tu te coupes la barbe si…
Non ! Mais si on gagne le championnat, je la teint en gouge et jaune, aux couleurs de Lecce !

Les couleurs de la Roma aussi, tu n’as jamais caché que c’est ton club de cœur.
J’ai débuté chez les pros à seulement 22 ans et j'ai toujours revendiqué le fait d’être romanista. C’est une passion encore actuelle car le football a fait partie de moi toute ma vie, c’est impossible d’oublier, et dès que je peux, je vais voir la Roma. On ne peut pas me changer.

Ça a dû être une belle satisfaction d’affronter la Roma à l’Olimpico.
Ce sont des sensations incroyables, une situation que je n’osais à peine rêver quelques années plus tôt. Affronter mes idoles, échanger mon maillot avec le leur, j’ai même inscrit un but avec le Chievo.

Tu réussissais à gérer la pression ?
Mmmm, ce n’était pas simple. Heureusement que j’ai fait mes premiers pas en Serie A à 30 ans et que j’arrivais à mieux contrôler mes émotions dans les vestiaires, le tunnel qui mène sur la pelouse. Une fois que l’arbitre siffle, tu ne te rends plus compte où tu es et tu penses seulement à ton équipe, celle qui te paye et qui te fait vivre toute l’année.

Youtube

As-tu déjà été approché par des sponsors pour ton style ?
Non, mais j’ai soutenu une campagne contre l’homophobie. Je voulais envoyer un message aux jeunes qui entendaient ce mot pour la première fois, faire connaître la situation en Italie et dans le monde. C’était quelque chose de spontané et une belle façon d'exploiter mon style particulier. D’ailleurs j’ai eu 90 % de retours positifs, le reste étant des insultes de la part de crétins qui ne manquent jamais.

Tu sens beaucoup d’ignorance sur ce thème dans le monde du foot ?
Cela progresse, mais vraiment petit à petit. Il s’agissait d'endosser des lacets de crampons arc-en-ciel, et pas mal de footeux l’ont fait, je n’étais pas le seul, il y avait par exemple Nainggolan. À voir si ça ne tombera pas aux oubliettes.

Dernière chose, la barbe est revenue à la mode aussi grâce à toi, et la moustache ?
C’est mon frère qui m’a donné l’idée de cultiver la mienne, du coup je l’ai faite pousser plus que prévu. La moustache redevient populaire, avec la petite bouclette à l’ancienne, il y a quelques hipsters qui la portent.

Propos recueillis par Valentin Pauluzzi
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baltazar picsou Niveau : DHR
OK :poker face:
baltazar picsou Niveau : DHR
OK :poker face:
MacchiaGobbo Niveau : CFA2
Née au SHAPE mode in Italie
 //  21:31  //  Amoureux du Liberia
Chouette article... Et j'ai bien ri... Merci.
Le RAEC Mons n'existe plus, mais il doit bien y rester quelque chose quelque part...
Message posté par wallotexas
Chouette article... Et j'ai bien ri... Merci.
Le RAEC Mons n'existe plus, mais il doit bien y rester quelque chose quelque part...


Le RAEC Mons est devenu Quévy Mons, et est devenu champion de première provinciale cette année, et jouera également la finale de coupe du Hainaut ce jeudi.. Voilà voilà
Sacré dribbleur et excellente agilité pour un type de sa carrure.
Si tous les barbus étaient aussi pacifique...
Totti Chianti Niveau : CFA
 //  12:18  //  Tifoso della AS Rome
et avaient bon goût comme lui!
Bin quoi...
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