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FARC, paix et football

Même si le peuple colombien a rejeté le traité de paix avec les FARC, le cessez-le-feu tient toujours et les négociations se poursuivent. En attendant, la guérilla marxiste goûte au monde moderne. Entre foot, internet et concerts.

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Pour beaucoup, ce genre de conditions météorologiques et logistiques – de la boue, énormément de boue, un terrain long de trente mètres, de vieux maillots ou même pas de maillot, des cages faites de bambou, des rangers à la place des crampons et un ballon tout décousu – auraient suffi à annihiler la moindre envie de jouer au foot. Mais pas pour les FARC. « En temps normal, on n'a pas le droit de jouer, pour des questions d'ordre public » , explique un guerillero à InfoBae, alors pas question de renoncer à ce petit plaisir, si rare, car la situation n'a rien de normal. Dans le sud de la Colombie, à Diamante, à quelques jours du vote qui va décider de leur situation, les FARC quittent leur planque, se préparent à ce grand jour, à revenir à la société moderne, en organisant des concerts, en se baladant sur internet, en jouant au foot, un peu partout. David Preciado est l'un d'eux. Il est supporter d'Independiente Santa Fe, a perdu un bras en 2010, et la dernière fois qu'il a caressé le cuir, c'était au début des années 2000, environ : « Jouer au foot, ça fait partie de la célébration de ce que nous sommes en train d'obtenir. »


Victoire du non


Seul problème pour les FARC, ils ont peut-être été un peu trop optimistes. Entre-temps, et après une bonne semaine de négociations, le peuple colombien a décidé. Et il a décidé, avec une courte majorité (50,2 %) que les conditions du traité n'étaient pas acceptables. S'il y a eu un fort et surprenant taux d'abstention lors de ce référendum, c'est avant tout une victoire pour les victimes du conflit (plus de 250 000 morts), de l'ancien président Uribe et de la droite radicale. Parmi les nombreux points de l'accord (la fin des affrontements, la sortie sans arme des guérilleros, la réparation morale et matérielle des victimes, des sièges au Sénat et à la chambre des députés, une réforme rurale et la fin des cultures illicites), deux en particulier posent problème et semblent inconcevables pour le peuple colombien. C'est la « restriction des libertés » à la place des peines d'emprisonnement et l'entrée en politique des FARC.

Du coup, depuis le 2 octobre, les négociations ont repris. Juan Manuel Santos, le président colombien, fortement décrié dans son pays et récemment nobélisé pour son implication dans le processus de paix d'une guerre qui dure depuis plus de cinquante ans, continue son travail de diplomatie et de négociation.


Avec les représentants FARC, mais aussi et surtout avec les partis politiques qui font campagne contre cet accord. Il s'agit maintenant de durcir les conditions de l'accord pour satisfaire les partisans du non, tout en ne faisant pas fuir les guérilleros colombiens avec des conditions trop difficiles à accepter. Un véritable travail d'équilibriste.

La vie sans arme


En attendant un prochain référendum, les FARC continuent de se familiariser à « une vie sans arme » . Ça fait déjà quelques semaines qu'ils se préparent à ça. Au mois d'août dernier, une équipe de l'Associated Press racontait comment femmes et hommes étaient sortis de leur forêt et commençaient à prendre certaines habitudes de vie. Ils et elles se maquillent, chantent, dansent et organisent encore et toujours des tournois de foot parce que c'est une des choses qui leur manquent le plus. Pedro Gutiérrez, un leader, raconte à l'AP ce que représente le foot pour eux et pourquoi ils ont ressorti leurs vieux maillots du Milan, du Barça ou de Medellin. Le foot, c'est la preuve que les choses avancent : « On joue parce qu'aujourd'hui, les conditions sont favorables. Avant, la situation militaire ne le permettait pas. » Le foot, le cessez-le-feu et une volonté de retrouver une vie normale, d'accord. Mais si le peuple colombien est assurément fatigué par ces années de conflit interne et se rend également compte que la situation évolue, l'heure du pardon et de la réconciliation n'a pas encore sonné.



Par Ugo Bocchi
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