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Fàbregas, prince sans royaume

Au milieu du marasme des Blues, derrière les faillites évidentes d’Hazard et Diego Costa, Cesc Fàbregas, meilleur passeur de PL l’an dernier, est tout aussi incapable de tenir son rang. Et s’il n’était tout simplement pas chez lui ?

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L’affront est de taille. Alors que le score n’est jamais que de 1-1 entre les Blues et Watford, Hiddink s’impose à la mi-temps en sortant Fàbregas pour Obi Mikel, arguant après coup que son équipe avait besoin de plus d' «  équilibre  » au milieu. Et lundi, lors du déplacement à Old Trafford pour affronter United, le Nigérian était titulaire à la place de l’Espagnol, souffrant d’une « température élevée » . Une fin décembre à l’image de son début de saison des plus décevants : 25 apparitions, seulement deux buts et trois passes décisives, des sifflets descendus des tribunes lorsqu’on apprenait qu’il faisait partie des frondeurs anti-Mou avec Eden Hazard et Diego Costa. De quoi alimenter des rumeurs de départ vers l’Italie. Guus Hiddink a choisi de venir à sa rescousse : « Je pense qu’on se concentre trop sur Cesc. L’équipe entière n’a pas été bonne jusqu’en décembre. Ce n’est pas juste un joueur. Je ne veux pas me concentrer sur un seul joueur qui aurait besoin d’un peu plus de force ou je ne sais quoi pour revenir en forme. » Néanmoins, Guus a également avoué que Mikel était désormais un concurrent sérieux à une place de titulaire, et qu’il ferait en fonction de la forme et de l’opposition. De quoi se priver du meilleur de Fàbregas.

Des défauts à la mesure de ses immenses qualités


Déjà, il est de notoriété publique que Cesc n’aime pas les deuxièmes parties de saison. Depuis le début de sa carrière, son implication chiffrée (buts et passes décisives) a toujours drastiquement chuté après les fêtes. Le volet tactique est également prépondérant : Fàbregas a besoin que son équipe soit construite autour de lui, pas en être un élément remplaçable. Terriblement doué à la création et plus que capable à la finition, il n’a pas la maîtrise technique de ses comparses de la Masia. Son truc à lui, c’est la passe vers l’avant, souvent en première intention, audacieuse. Un créateur de brèche exceptionnel. Avec des défauts redondants : un manque de vitesse criant, un déficit de puissance pour être un véritable box to box à la Lampard, peu de dribbles, et absolument aucun sens du placement et de la discipline. D’un point de vue défensif, cela donne un désastre. Alors il faut le cacher, le protéger.


Remontons jusqu’à Arsenal. Après le départ d’Henry, Fàbregas devient la nouvelle star des Gunners. Dans le traditionnel 4-4-2 des Gunners, il laisse à Flamini le soin du sale boulot et régale. Arsenal déroule, jusqu’à ce que Rosický puis Eduardo se blessent, alors que Van Persie était déjà sur le flanc. Wenger décide alors de rajouter un milieu et de rapprocher son capitaine d’Adebayor. Arsenal devient alors son équipe, lui qui finit la saison avec sept buts et 20 passes décisives. « Cesc Fàbregas a changé la mentalité d’Arsène Wenger, a ainsi expliqué Thierry Henry sur le plateau de Sky Sports. On avait l’habitude de jouer dans un 4-4-2 à plat et à cause de Cesc et du joueur qu’il était, il a commencé à penser à construire l’équipe autour de lui. Il est donc passé à un 4-3-3 et il construit toujours l’équipe de cette manière. » Le changement est entériné lors de la saison 2007-2008. Encadré par deux milieux défensifs coureurs, libéré de toute responsabilité défensive, il se retrouve propulsé dans un rôle de n°10 à qui l’on ne demande que de faire la dernière passe.


Le néo-capitaine fait dans la tentative risquée, mais grandement payante, devenant ainsi le joueur le plus dangereux d’Europe, qui valide dans So Foot : « Avec Wenger, je me déplaçais où je voulais sur un terrain. J’allais là où je considérais que je devais être et j’aimais ça. » Malheureusement, il faut pour son plaisir sacrifier des joueurs, comme Eduardo, RvP et Bendtner, ou encore Arshavin et Rosický, exilés sur les côtés, ou bien Diaby, cantonné aux basses œuvres. Autre problème : il faut un vrai buteur pour mettre au fond les offrandes. Cela n’arrivera somme toute qu’une fois, en 2010-2011, avec un Van Persie enfin en pleine forme. Tout allait pour le mieux : Arsenal était premier, en finale de League Cup, avait battu le Barça à l’aller en 8e de LdC. Et puis la veille de la finale, fin février, Fàbregas s’est blessé, Birmingham a gagné, tout a basculé. Fàbregas est revenu, a raté une talonnade qui a entraîné la qualification du Barça, s’est reblessé. Arsenal, privé de son maître à jouer, a fait le plein de nuls et a laissé le titre s’échapper. Il était temps de retourner à Barcelone, son autre chez lui, histoire de savoir s’il y trouverait un royaume à sa mesure.

N'est pas Xavi qui veut


Si le Barça attend le successeur de Xavi, Guardiola sait que le nouvel arrivant n’a pas le contrôle de son aîné. C’est pourquoi il invente un 3-4-3 où il entre numéro 10 entre le traditionnel milieu à 3 et l’attaque, en sacrifiant un latéral. Qu’il l’essaye à droite, en faux 9. Parce qu’il n’est pas prêt pour évoluer au milieu. Quand le plus brillant tacticien le dit, on a tendance à le croire. Il s’y résoudra finalement en fin de saison, Iniesta glissant à gauche, pour des résultats pas toujours probants. Il se murmure que lors des négociations sur la prolongation de son contrat, Pep, fatigué du casse-tête, ait demandé à ce que Fàbregas soit vendu. Las, c’est lui qui partira, remplacé par le regretté Vilanova. Tito lui confie la place d’Iniesta. Une réussite, jusqu’à la débâcle de Milan. Villa s’en voit relancé, Iniesta retrouve son poste, Cesc touche au banc, doute, se plante.

Toujours dans So Foot : « Le jeu du Barça est plus posé. Il faut enchaîner les passes. Pam, tranquille, pam, tranquille. J’ai dû m’adapter aux besoins de l’équipe, qui sont différents de ceux d’Arsenal. Je ne peux pas jouer à la manière Fàbregas, ou de la manière qui plaît à Fàbregas, c’est impossible.  » Tata arrive. Au début, tout va bien, pour finir en eau de boudin, les deux ne s’entendant guère, Martino qualifiant Cesc de « pomme pourrie » à son départ. L’Espagnol trop british doit se résoudre à partir lui aussi. Son passage en Catalogne n’est pas un échec, du moins d’un point de vue des titres et des statistiques. Il a seulement été baladé, incapable de reprendre les rênes du royaume à Xavi. C’est Rakitić qui a pris la place, et Suárez le rôle de moteur, entraînant ainsi la transformation du Barça d’une équipe de milieu à une équipe d’attaque.


Mourinho ne pouvait passer à côté d’un tel joueur, d’autant plus s’il n’avait pas convenu à Pep. Il sait comment le séduire : « Nous lui avons promis que nous allions construire une équipe qui sera des plus adaptées à son style de jeu. Que nous pensions à lui comme une partie importante de notre projet et que, normalement, les bons projets finissaient avec des titres. » Fàbregas retourne à Londres sous un nouvel étendard. La saison 2014-2015 commence extrêmement bien pour lui et Chelsea, à tel point qu’on s’interroge si le Barça n’a pas fait une erreur. Au milieu des éloges, Gary Neville pointe du doigt l’évidence : « Il fait des choses que vous ne devriez jamais, au grand jamais faire dans un milieu à deux. Il n’a pas la discipline, il suit la balle, il chasse la balle. Cela crée des trous que l’opposition peut exploiter. »


Qu’importe, s’il n’a pas deux milieux défensifs pour le défendre, Oscar court et presse pour lui, alors que Matić est un monstre de couverture. Vient l’hiver. Le froid, terrible hiver. Tout va encore se briser. Après le 5-3 face aux Spurs, Mourinho bascule sur un jeu moins fluide, plus défensif ; Fàbregas ne trouve plus de solution, ses lacunes en défense se font d’autant plus sentir. Mou le monte d’un cran, comme lors du retour face au PSG, où son manque de vitesse est fatal pour faire le lien. Un problème récurrent et criant cette année, Matić n’ayant plus le coffre pour défendre pour deux. Hiddink a donc choisi Mikel plutôt que de construire une nouvelle équipe sur Fàbregas. Il n’a pas le temps d’attendre que le prince retrouve ses jambes.

Il y aura toujours l'exil


Au bout de douze ans de carrière et plus de 600 matchs pros, le joueur le plus jeune de l’histoire d’Arsenal accuse ses 28 printemps. Comme Wayne Rooney, lui aussi débutant à 16 ans, on peut se demander si le déclin, comme l’éclosion, intervient jeune. Un mot ici sur l’équipe nationale : comme à Barcelone, Fàbregas n’a pas réussi à prendre une place au milieu du temps de Xavi. Son principal fait d’arme reste l’Euro 2012, en faux 9. Plus par nécessité qu’autre chose, alors que Villa maudissait son corps et Torres son mental. N’oublions pas non plus qu’El Nino fut aligné face à l’Irlande et la Croatie, ainsi que contre l’EdF, et que Negredo était titulaire en demi contre le Portugal. Aujourd’hui, sa place est assurée aux côtés de Busquets et Iniesta, la Roja gagne, sans rencontrer de grandes oppositions. Il faudra attendre l’Euro pour savoir si l’Espagne le couronnera. À moins que ce ne soit l’Italie. On s’accommode assez bien là-bas des génies sans jambes.


Par Charles Alf Lafon
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Dans cet article

roberto-larcos Niveau : Ligue 2
La reine des catins.
Bel article, j'avais jamais vraiment vu Fabregas de cette façon car je l'avais peu vu jouer à Arsenal et au Barça, mais le plus bizarre, mais par contre je rate pas un match de la Roja, et le plus bizarre est qu'il semble revivre en sélection, comme tous les espagnols de PL, Silva, Cazorla, Mata, eux mais surtout Fabregas sont parfaitement à l'aise en sélection, et Fabregas dans le rôle qu'il avait eu du mal à remplir au Barça.

Des fois j'ai plus l'impression que le problème vient de la PL en elle même, toutes ces équipes qui jouent de la même façon, des joueurs avec une culture bien arrêtée, même Klopp a beaucoup de mal à proposer autre chose, j'ai hate que Guardiola pose le pied chez les barbares...
roberto-larcos Niveau : Ligue 2
Et sinon l appli android va remarcher un jour?
Une grosse catin qui fini détesté dans tout les clubs ou il passe, il est terminé pour le football. La plupart des joueurs qui commencent leurs carrière pro à 16 piges ont beaucoup de mal et finissent plus tôt, Aguero, Fabregas, Rooney sont trois joueurs en PL qui baissent le pied peu à peu, j'adore l'argentin, mais physiquement il semble tellement à la rue...
jaimelefootenmarchant Niveau : DHR
Pourquoi quitter un club ou tu te sens bien, qui a construit autour de toi et qui peut raisonnablement avoir pour ambition de gagner n'importe quel titre? (Arsenal)

Carpet crawler Niveau : DHR
Je ne lui pardonnerai jamais la talonnade qui donne la passe dé au Barça en 1/8ème de C1 l'année avant son transfert.
Message posté par Carpet crawler
Je ne lui pardonnerai jamais la talonnade qui donne la passe dé au Barça en 1/8ème de C1 l'année avant son transfert.


Parce qu'à l'époque tu supportais Arsenal parce que y avait Van Persie... ?
En quittant arsenal il a un peu coulé ce club et niqué son image. Dommage.Aujourd'hui il aurait p-e déjà sa statue à côté de celle de Henry.
Moi j'ai adoré ce joueur à Arsenal. Je comprends toujours pas pourquoi wenger n'a pas voulu jouer, il aurait carrément pu jouer avec Ozil surtout quand on voit le nombre de blessés, il n'aurait pas été de trop.
Il a beau avoir eu un passage mitigé au Barça, moi je l'apprécie toujours, et ça m'a bien fait chier qu'il aille à Chelsea.
Je crois que la saison 2012-2013, il fait plus de passes décisives et de buts que Xavi et Iniesta réunis, sans être titulaire tout le temps, et sans jouer à son poste.

Maintenant, j'espère que vous lui reprochez pas son départ d'Arsenal pour le Barça, parce que jouez chez soi, dans une équipe qui gagne davantage, avec ses potes (il est très pote de Messi et Piqué aussi je crois), c'est tentant pour tout le monde. Surtout qu'à cette époque, Arsenal vendait chaque année ses meilleures joueurs, normal qu'il doute de la politique de l'équipe.
Parmi ses faits d'arme, accessoirement, il est l'auteur de la passe décisive sur l'unique but de la finale du mondial 2010.
FourThreeThree Niveau : CFA
Un Joueur quand même sacrément surévalué, on en fait un phénomène alors que ça fait bien depuis qu'il a quitté arsenal (et encore sa dernière année est franchement moyenne) qu'il a pas fait une saison complète au top niveau
Carpet crawler Niveau : DHR
Message posté par S.Mil
Parce qu'à l'époque tu supportais Arsenal parce que y avait Van Persie... ?


;=)
frednorthlondon Niveau : DHR
Très bon article. Cependant il est peut être un peu réducteur de le réduire à un mec lent qui défend mal et ne sait pas se placer. Pour l'avoir vu exploser à Arsenal puis au Barça, il compense son manque de vitesse par un positionnement toujours intelligent entre les lignes, des capacités de finisseur de métier et ses passes... A 16 ans le type faisait de meilleures transversales et ficelles au sol meilleures que Vieira sur l'ensemble de sa carrière. Il a amené un nouveau genre de joueur en Angleterre, ensuite copié par Pool (Xavi Alonso), United avait Carrick et Scholes, aujourd'hui Mata. City n'a jamais trouvé ce style de joueur et quand Yaya Touré ne peux plus fracasser les lignes ils perdent.

Ce type de joueur avec très peu de temps et d'espace va te débloquer des situations qui vont changer les matches. Pour une meilleure carrière il lui aurait fallu une meilleure condition physique, comme un Modric, Pirlo, ou un Verrati aujourd'hui.

Il te fera toujours 20 excellents matchs et 20 quelconques, ou blessés. Il n'a plus la caisse pour le Real ou le Barca. En Italie aura-t-il la discipline tactique?

Les prochaines années vont être intéressantes à suivre. Mais je serai peu surpris de le voir en MLS rapidement après la trentaine, cramé par 15 années de très haut niveau Européen.
pffff, fabregas-coquelin-ramsey/cazorla-ozil-sanchez, ça aurait envoyé du bois, et avec les latéraux d aujourd´hui à arsenal fabregas se serait régalé. ya pleins de choix d arsène wenger que je ne comprends pas trop mais ne faire revenir fabregas quand il en avait la possibilité je ne comprendrai jamais
bon, comme je dévies totalement du ujet de toute façon, quelqu un peut m expliquer pourquoi un entraineur comme wenger avec ces principes de jeu a passé toutes ces années avec un metersacker? (tony adams c etait autre chose) je ne vais pas cracher sur le joueur mais un central aussi lent t obliges à lui seul à jouer totalement differement. on peut geuler sur guardiola mais quand il finit avec une paire de centraux alaba-boateng ya une raison, il veut jouer à 2 derriere à 50m de ses buts. c est un truc que je pigerai jamais chez wenger, meme si je suis tres fan de ses equipes et du personnage
Carpet crawler Niveau : DHR
Message posté par rrouu
bon, comme je dévies totalement du ujet de toute façon, quelqu un peut m expliquer pourquoi un entraineur comme wenger avec ces principes de jeu a passé toutes ces années avec un metersacker? (tony adams c etait autre chose) je ne vais pas cracher sur le joueur mais un central aussi lent t obliges à lui seul à jouer totalement differement. on peut geuler sur guardiola mais quand il finit avec une paire de centraux alaba-boateng ya une raison, il veut jouer à 2 derriere à 50m de ses buts. c est un truc que je pigerai jamais chez wenger, meme si je suis tres fan de ses equipes et du personnage


Guardiola ne joue pas en PL...pas encore!
Regarde juste le massacre qu'a fait un Pelle sur Koscielny l'an passé et tu comprendras.
Hmm je suis grosso modo d'accord avec toi mais quand même comparer Xabi Alonso et Fabregas en style de jeu, les mettre dans le même panier que Carrick et Scholes, et que Verratti...

Ce sont des joueurs qui n'ont rien à voir les uns avec les autres (à part Carrick et Scholes peut être je connais moins).
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