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Fabien Cool : « Guy Roux ? Il était Sarkozy à fond »

Après avoir raccroché ses gants en 2007, Fabien Cool a pu se consacrer un peu plus à une autre passion : la politique. Après avoir adhéré à l’UDF en 2002, il rejoint le Nouveau Centre en 2007, avec lequel il est élu conseiller municipal d’Auxerre l’année suivante. Aujourd’hui à l’UDI, le parti de Jean-Louis Borloo et Jean-Christophe Lagarde, il revient sur son engagement, ses désaccords avec Guy Roux et sa crainte des extrêmes.

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C’est en 2002, pour combattre l’extrême droite, que vous vous êtes investi en politique. Vous pouvez nous décrire le moment où vous avez vu le visage de Jean-Marie Le Pen arriver sur votre télé ?
J’étais devant ma télévision, à attendre que les deux visages apparaissent. Je crois même que j’étais avec un ordinateur sur les genoux pour essayer de voir sur des sites étrangers s’il n’y avait pas moyen d’avoir les résultats plus tôt. C’était un choc. Assez surréaliste. Je pense que les socialistes étaient encore plus déçus, parce qu’ils ne voyaient pas leur favori à l’écran. D'autant que c’était Lionel Jospin à l’époque.

J’imagine que vous aviez quand même une conscience politique avant ça ? Ça n’est pas arrivé du jour au lendemain ?
Oui, la conscience politique était bien présente. Sauf que c’est très compliqué dans la profession de footballeur de pouvoir afficher ses opinions. Mais au moins, à cette époque, les réseaux sociaux n’existaient pas. C’était donc plus facile qu’aujourd’hui.


Aujourd’hui, vous pensez vraiment qu’il y a une sorte de tabou qui entoure la pensée politique des footballeurs ?
(Il réfléchit) Tabou s’ils cherchent à l’exprimer, à la mettre en avant. Aujourd’hui, on s’aperçoit que dès que les sportifs de haut niveau essaient simplement de donner leur avis, on voit des envolées lyriques sur les réseaux sociaux du genre : « Mais qu’est-ce qu’il donne son avis, "çuilà ?" » , «  Qu’il reste dans son monde à taper dans un ballon » , « Il est blindé de pognon, qu’est ce qu’il en a à foutre ? »

À l’AJA, ça avait été perçu comment, Le Pen au second tour ?
(Il souffle) C’était difficilement compréhensible. À l’époque, nous avions une équipe multiculturelle, multi-race, avec des joueurs venant d’horizons complètement différents. Ça nous semblait assez surréaliste. Certains étaient plus portés sur ces discussions que d’autres. Fadiga, Philippe Violeau. Ils essayaient de comprendre. Tainio était très curieux, mais ça lui semblait loin, tout ça. Et il était jeune à l’époque. Notre équipe était très jeune, ce n’était pas leur souci principal. Mais avec Philippe Violeau, c’était relativement fréquent qu’on ait des discussions sur ces sujets-là. Sur le fond, on était d’accord. Sans savoir réellement ses choix dans l’isoloir.


Guy Roux en a parlé dans les vestiaires, du second tour ?
Du tout. La politique était pour lui quelque chose de tabou qui ne devait pas exister dans le vestiaire. Il pensait que ça n’avait rien à faire là. Que c’étaient des discussions qu’on pouvait avoir en privé, mais pas sur notre lieu de travail. Mon engagement, par la suite, n’a pas été particulièrement bien vu.

Ça avait surpris ?
Oui, ça a surpris. Et même si on me disait « c’est bien, tu t’intéresses, tu te sens concerné » on me disait finalement derrière « non, mais ça va te perturber, tu ne vas plus être concentré, tu vas avoir la tête ailleurs » . C’étaient des réflexions qui revenaient régulièrement.

C’est Guy Roux qui disait ça ?
Oui.

Et avec lui, vous n’avez donc jamais échangé d’idées au niveau politique ?
Non, parce que je savais que lui était Sarkozy à fond. Même s’il ne le disait pas ouvertement. Parce que dans ce milieu-là, il faut gérer les sensibilités. Parce que les subventions n’ont pas de couleur. On n’était pas forcément d’accord.

Et en définitive, c’était difficile à concilier, le foot et la politique ?
Pas spécialement parce que je n’étais pas réellement acteur, j’étais plus militant. C’était pas mon métier. Que ce soit les régionales ou les municipales, pendant la campagne, j’allais montrer ma trogne avec les personnes que je soutenais. Mais ça restait relativement discret. Je réussissais à le faire sans trop fâcher mon club. Ça ne m’a pas du tout perturbé.


Pourquoi avoir choisi l’UDF ?
Je votais déjà pour eux avant. Parce que c’est un parti qui allait bien avec mon caractère, avec ce que je pense. D’une façon un peu simpliste : une économie rigoureuse et un contexte social à continuer à soutenir. C’était le parti qui était capable d’opérer une bonne gestion du pays tout en continuant à soutenir les plus défavorisés. C’est une vision simpliste, mais c’est un peu celle des centristes. La façon dont j’ai été élevée rejoignait ça. C’était plutôt : attention, on ne peut pas être entièrement d’un côté ou de l’autre, il y a des avantages et des inconvénients. Essayer toujours de trouver l’équilibre. Alors certains diront qu’on était ni d’un côté ni de l’autre et que c’est un moyen faible et lâche. Mais aujourd’hui, peut-être qu’on va prouver le contraire...

Comment ça s’est passé, votre transfert à l’UDF ?
En 2002, il y a aussi eu la création de l’UMP. Bon nombre de membre de l’UDF sont partis à la soupe là-bas, pensant conserver leur poste en rejoignant ce grand parti. Dans l’Yonne, on s’est retrouvés avec des strapontins vides à l’UDF. Et avec deux autres, on s’est dit : pourquoi pas nous. Ça s’est fait. Moi plutôt dans l’ombre. Parce que même si je faisais partie du bureau, je n’étais pas acteur principal.

C’est étonnant. Habituellement, on met justement les sportifs en avant. On ne les laisse pas dans l’ombre.
Oui, mais montrer son visage, ça veut dire être récupéré. Et finalement, sur le fond, il n’y a pas vraiment d’intérêt. Quand il n’y a pas de travail, il n’y a pas d’intérêt. Ce n’était pas vraiment ce qui m’intéressait.

En campagne, vous ne deviez pourtant pas toujours être dans l’ombre. C’était comment, pour un ancien joueur de l’AJ Auxerre ?
Au moins, le contact est facilité. En revanche (il rit), il était difficile d’amener les gens sur le sujet politique. Ils préféraient parler d’un arrêt que j’avais fait. Je ne crois pas qu’ils pensaient que je n’avais rien à faire en politique. J’ai la chance d’avoir localement une image assez sympathique, les gens viennent me parler sans préjugés.



Aviez-vous rencontré François Bayrou, à l’époque ?
Ouais ! Je crois que c’était Jean-Pierre Soisson, un des fondateurs de l’UDF, qui nous avait invités à l’Assemblée nationale. On avait rencontré Debré, qui était le président. Dans la journée était organisée une rencontre avec François Bayrou. On l’avait renseigné, mais ça m’étonnerait qu’il ait su qui j’étais. Debré s’intéressait beaucoup plus au football, donc je crois que lui me connaissait. Bayrou, je l’ai soutenu en 2007. Après que l’UDF est devenu le MODEM. Mais à partir du moment où il n’a pas gardé la neutralité, qu’il a choisi un camp entre Hollande et Sarkozy, j’ai fait partie de ceux qui ont amené la création du Nouveau Centre. Qui était un peu plus à droite que le MODEM. C’est quand même quelqu’un que j’aime écouter, notamment à la radio. Je trouve qu’il a souvent un point de vue très juste et très mesuré quant à la situation du pays.

Vous regrettez qu’il n’y ait que peu d’anciens footballeurs actifs en politique ?
On ne peut pas. Je crois qu’on est trop francs, de manière générale. Éric Di Meco, par exemple, il a été adjoint aux sports à la ville de Marseille. Et il n'est pas resté non plus en politique. Ce n’est pas réellement un milieu où notre franc-parler est apprécié. Et nous, on ne va pas apprécier ceux qui se mettent sur le devant de la scène.

Qu’avez-vous pensé du ralliement de François Bayrou à Emmanuel Macron ?
Pour moi, c’est d’une grande logique. Dans la mesure où Macron est en train de réussir ce que Bayrou n’a pas réussi en 2007. Après, pourquoi il ne l’a pas réussi, c’est parce qu’il y avait des candidats beaucoup plus forts qu’aujourd’hui. Là, on s’aperçoit que le candidat de droite a des difficultés et qu’à gauche il y a des (il appuie sur le mot) difficultés. Donc il y a un espace pour une réunification des idées de centre droit et de centre gauche qu’il n’y avait pas à l’époque.

Il ferait un bon président, Emmanuel Macron ?
Alors ça, je ne n’en ai aucune idée. Mais sincèrement, je n’ai pas vraiment l’impression qu’on puisse dire qu’un autre ferait un bon président. Vu les têtes d’affiche qu’on a aujourd’hui. C’est pour cette raison qu’il y a énormément d’indécis, dont je fais partie. Un jour, je me dis : « Allez, ce sera Macron !  » Un jour je me dis : « Ça sera Fillon ! » Puis je me dis : « Ben non, je ne peux pas voter Fillon quand même... » Le problème, c’est que l’humain prend énormément d’espace et les programmes sont laissés au second plan. Connaissant la perfidie dont sont capables les hommes politiques, on peut aussi se dire que ceux qui se rallient à Macron sont juste là pour essayer de gagner encore.


Cette campagne, globalement, vous l’avez vécue comment ?
(Il souffle) Il y a des éléments extérieurs qui sont venus fausser la donne. Je ne regrette pas que soit apparu ce qui pourrait être une vérité. Mais j’aurais aimé que ce soit avant les primaires. Fillon ne serait pas sorti premier, et au moins, on aurait pu avoir un candidat qui peut réellement défendre son programme. Aujourd’hui, ça n’est pas le cas.

Vous avez un pronostic pour le second tour ?
Là aussi, on est super influencés par les sondages. Je vais vous dire Macron – Le Pen. Parce que ce sont les sondages qu’on nous martèle depuis deux mois. Mais ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les sondages qui ont réussi à conditionner mon esprit. La seule chose que j’espère sincèrement c’est qu’il n’y ait pas les deux extrêmes au second tour. Si c’est le cas, je ne vais même pas voter.

Propos recueillis par Thomas Andrei
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