Evra sort du bois

Non retenu, comme tous les Mondialistes, par Laurent Blanc pour le prochain match des Bleus en Norvège, Patrice Evra apporte - enfin - dans Le Figaro quelques éléments factuels sur le fiasco sud-africain et monte sur le ring face à Thuram...

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On était resté sur notre faim, c'est peu dire, au retour de Knysna. Le grand déballage tant attendu n'avait pas eu lieu, les joueurs se muraient dans des explications aussi molles que mièvres pour éclaircir l'opinion publique sur les raisons d'une déroute. Un mois et demi après les faits, c'est Patrice Evra, souvent présenté comme l'un des chefs de la meute mutine, qui délie sa langue avec un peu plus d'acidité dans les colonnes du Figaro. Entre quelques politesses, le latéral gauche des Bleus, qui passera devant la commission de discipline de la FFF le 17 août prochain, est notamment revenu sur les points les plus chauds de l'affaire: la mi-temps de France-Mexique, l'exclusion d'Anelka, le boycott de l'entrainement et surtout, il met les gants pour en découdre avec Lilian Thuram... Extraits :

L'épisode du « Va te faire enculer sale fils de pute » : « Pendant dix minutes, le coach n'a pas parlé puis, d'un coup, il a dit à Anelka : « Putain, je te dis de rester en pointe mais tu décroches ! » Nico lui a répondu. Il y a eu un échange de mots. Mais pas ceux retranscrits en une de L'Équipe. Je me suis alors levé pour calmer les esprits. (...) Après la parution de L'Équipe, le président de la Fédération et le coach m'ont convoqué pour me dire qu'ils étaient dans l'obligation de l'exclure. Je leur ai répondu que ce n'étaient pas ses mots. Tous les joueurs le savaient. Boghossian (l'adjoint de Domenech) a suggéré qu'avec d'autres cadres - Ribéry, Toulalan, Gallas, Henry, Abidal, Govou - on lui demande de présenter des excuses publiques. Nico a accepté de le faire devant le staff et les joueurs mais pas dans les médias puisqu'il souhaitait porter plainte contre L'Équipe. »

Le mélodrame du bus : « Tout était prévu la veille. Le coach sentait que quelque chose se tramait. Je lui ai dit qu'il y aurait des conséquences. Domenech a souri. Un joueur venait de lui dire qu'il était dégoûté du football. L'attaché de presse devait transmettre le communiqué aux journalistes. Le coach a tenté de nous en dissuader. J'ai demandé alors plusieurs fois à mes coéquipiers s'ils voulaient descendre du bus. Personne n'a répondu. Domenech voulait qu'on lise le communiqué. Je me suis levé pour le faire. Je serais allé au feu pour mes partenaires. Mais Domenech a alors décidé de le lire lui-même... »

La méthode Raymond Domenech : « Quand Claude Onesta et Stéphane Diagana sont venus à Tignes, certains joueurs m'ont dit : « Il fait venir des champions, mais lui n'a rien gagné... » Je recevais des plaintes après chaque entraînement. Les joueurs lui reprochaient son manque de travail tactique et le décalage avec les exercices auxquels ils sont habitués en club. J'ai essayé de faire passer le message à ses adjoints. Sans résultat. Le groupe l'a alors peu à peu lâché. Personne, ainsi, n'a compris qu'il décide de ne pas titulariser Florent Malouda contre l'Uruguay suite à un tacle appuyé à l'entraînement. Quant à Thierry Henry, il s'est aussi senti abandonné. « Titi » me disait : « Regarde, plus personne ne me calcule. » Il était en pleine forme à l'entraînement, mais on ne le faisait pas jouer. Il a fini par rendre les armes. Domenech a également décidé tout seul de couper la tête de Gourcuff avant le match contre le Mexique. Je n'ai cessé de répéter à mes partenaires qu'il fallait continuer de bosser. Mais, à un moment, ce discours ne passe plus. »

Les mots de Lilian Thuram : « C'est facile de dire qu'avec un autre capitaine que moi les choses se seraient déroulées différemment... Il a sali mon nom sans chercher à savoir ce qui s'était passé. Lilian se prend à la fois pour le nouveau sélectionneur, le président de la fédération et le président de la République. Il se comporte comme le leader du foot français en mettant son départ dans la balance s'il n'y a pas de sanction.(...) Ce que l'on a fait en Afrique du Sud est grave. Pourquoi remettre de l'huile sur le feu? Ce n'est pas le rôle d'un membre du conseil fédéral. Il est temps que Lilian arrête de jouer un rôle qui n'est pas le sien en disant que les Bleus contribuent à faire augmenter le racisme. Il ne suffit pas de se balader avec des livres sur l'esclavage, des lunettes et un chapeau pour devenir Malcolm X... En dépit de ses beaux discours sur l'absence d'états d'âme, Thuram avait refusé de s'échauffer avant le match décisif contre l'Italie lors de l'Euro 2008. Il venait d'apprendre qu'il n'était pas titulaire... À l'époque, il jouait aussi l'amnésique en interpellant certains joueurs uniquement par “oh ! jeune”. »

L'entretien à lire sur lefigaro.fr

Décryptage de l'interview de Patrice Evra, à venir sur sofoot.com...

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