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Évra et contre tout

Pestiféré après Knysna et sa chasse à la taupe, Patrice Évra est miraculeusement de l'aventure brésilienne. Et si ses performances sur le terrain ne font toujours pas l'unanimité, plus personne ne remet désormais en question son influence positive dans le vestiaire. Merci qui ? Merci la Dèche.

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D'un côté un sourire émail diamant à faire passer Eddy Murphy pour un homme sinistre et tourmenté. De l'autre, la dentition d'un rescapé du scorbut et une dégaine à camper les aubergistes dans Vidocq. Si l'un est de très loin le plus gros fournisseur de punchlines en short et crampons de l'Hexagone, l'autre sert inlassablement de l'eau tiède à ses interlocuteurs sans jamais proposer le moindre glaçon. Le premier est capitaine de l'équipe de France la plus ridicule de l'histoire, le second celui de celle qui a tout gagné. Pat' et La Dèche forment un binôme pour le moins improbable. Certes, dans tous les bons numéros de cirque, il faut un clown blanc et l'auguste, et à ce niveau le duo qu'ils forment est un modèle du genre. N'en déplaise à Hugo Lloris ou à Guy Stefan, Patrice Évra se situe quelque part entre le capitaine et l'adjoint de Deschamps.

Luis Suárez exclu pour acte de cannibalisme ? Le Costa Rica qui sort l'Italie et l'Angleterre ? James Rodríguez qui dégouline de classe ? Non : la vraie surprise de ce Mondial était finalement connue avant même le coup d'envoi du premier match. Quand on se replace quatre ans en arrière, comment imaginer en effet que Patrice Évra occuperait encore le couloir gauche au Brésil ? Mieux : qu'il cabotinerait et fanfaronnerait dans une conférence de presse qualifiée de « one man show » par les journalistes conquis après la victoire face au Honduras. Lui, le chef de file des mutins de Knysna, l'homme qui voulait éradiquer la taupe, est redevenu bien plus qu'un titulaire chez les Bleus : il est décrit un peu partout et à juste titre comme le « taulier d'un groupe jeune qui vit bien » , le capitaine « officieux » d'une équipe ambitieuse, mais passée à deux doigts de ne pas participer à la fête.

« Alex Ferguson est un triple idiot, puisqu'il l'a gardé pendant huit ans  »


Que Patrice Évra se soit imposé à Didier Deschamps comme son relais privilégié dans ce groupe inexpérimenté n'est pas si surprenant. Deschamps aime pouvoir compter dans son groupe sur un homme avec lequel il a déjà travaillé, comme ce fut le cas à l'OM avec Édouard Cissé. Ce qui est plus étonnant, c'est la manière dont, très habilement, il a réussi à convaincre l'opinion publique qu'avec Évra, c'était mieux que sans. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'au-delà même du passif Knysna, ce n'était pas gagné d'avance. Car en accordant à Téléfoot, juste avant les barrages, l'entretien le plus fou jamais diffusé sur TF1, ce bon vieux Pat' ne lui a pas facilité la tâche. A posteriori, pourtant, on n'est pas loin de penser que la façon dont le sélectionneur et le président de la Fédération ont géré l'affaire a eu une influence bénéfique sur le moral des troupes. En déplorant les propos d'Évra à l'encontre des « clochards » du cirque médiatique, sans pour autant les juger répréhensibles, ils ont envoyé un signe fort à l'ensemble d'un groupe peu habitué à autant de solidarité de leur hiérarchie. En filigrane, le message était celui-ci : « À partir du moment où vous êtes irréprochables sur le terrain, on sera toujours là pour vous soutenir dans le "hors-foot". »

Certes, après avoir purgé ses cinq matchs de suspension post Knysna, Évra avait déjà été rappelé par Laurent Blanc. Didier Deschamps ne s'est d'ailleurs jamais privé de le rappeler aux journalistes perplexes de continuer à le voir appelé en sélection. « Je suis un idiot, Laurent Blanc était un idiot. Et Alex Ferguson est un triple idiot, puisqu'il l'a gardé pendant huit ans et l'a mis capitaine de Manchester United. Je peux me tromper. Je n'ai pas la science infuse. Seulement, sa présence répond à une logique que je me situe (sic). Avec les joueurs, il y a de l'affectif, mais ça ne prendra jamais le pas sur le sportif  » avait-il répondu pour légitimer la présence d'Évra dans le groupe contre l'Ukraine. « Raisonnons à l'extrême. On fait table rase et on ne met que des jeunes. Et on ferait quoi au plus haut niveau ? On irait à l'abattoir. Certains vont rétorquer qu'on se moque des résultats. L'essentiel, c'est que les joueurs soient beaux, gentils, éduqués ? C'est démago. Je suis là pour quoi ? Pour construire la meilleure équipe possible. »

Coup de foudre à Monaco


Son rôle de leader, Évra l'a gagné dans le vestiaire, peut être bien à la mi-temps du match décisif contre la Biélorussie pour participer aux barrages. Remplaçant ce jour-là, quatre jours après un match pourri en Géorgie (0-0) ; Évra avait brisé le lourd silence : « un discours d'homme qui a fait du bien à tout le monde » , avait salué, entre autres, Franck Ribéry. « Il nous a dit qu'à un moment donné, il fallait se lâcher. Qu'on avait le plus grand respect pour la Biélorussie, mais qu'on était l'équipe de France et que si on voulait consolider notre deuxième place, il fallait montrer un autre visage. »

Voilà douze ans très exactement que Pat et Didier se connaissent. Dragué par Guy Roux, Évra, qui venait d'être élu meilleur arrière gauche de L2 et avait largement participé à l'accession de Nice dans l'élite, avait alors privilégié Monaco parce « ça avait tout de suite accroché » avec DD. « Quelque chose s'était passé, je m'étais dit : je vais faire du chemin avec cet homme-là. C'est quelqu'un de très franc, avec beaucoup d'humilité. Quand tu parles avec lui, tu as l'impression qu'il n'a rien gagné.  » Après l'épopée jusqu'en finale de la Ligue des champions, Évra avait mal vécu le départ de Deschamps et son remplacement par Guidolin. Il était allé au clash pour obtenir son bon de sortie au mercato d'hiver et rejoindre Manchester, où il s'est forgé le palmarès que l'on sait, et une confiance en lui à toute épreuve. « Les enfants  » d'Arsenal peuvent en témoigner.

« Je lui ai dit d'aller jouer attaquant en CFA »


L'humilité n'a d'ailleurs jamais été le point fort de Patrice. Au point que cela aurait pu lui coûter sa carrière si l'on en croit son entraîneur à Nice, Sandro Salvioni. Au premier abord, difficile de convaincre l'homme de s'exprimer : « Les journalistes m'ont déjà appelé pour parler de Buffon et Balotelli que j'ai entraînés quand ils avaient respectivement 17 et 15 ans, et l'Italie a perdu. Maintenant, je suis pour la France, et je ne veux pas qu'elle perde. » Pour Salvioni, à l'instar des deux joueurs italiens, « Évra jouait déjà comme quelqu'un de trente ans quand il en avait vingt. » Le seul problème a été de le convaincre qu'il n'avait aucune carrière à faire en tant qu'attaquant : « Quand il est arrivé d'Italie, c'est là qu'il jouait, et moi, je lui ai dit qu'il était fait pour jouer à gauche, défenseur, mais très offensif. Il ne voulait pas en entendre parler. Il était présomptueux. Donc je lui ai dit d'aller jouer attaquant en CFA. La deuxième saison, quand il est arrivé pour le stage de rentrée, il avait gagné en humilité, c'était évident. Il a accepté de jouer au poste où je voulais qu'il joue et a tout de suite était très bon. C'est quelqu'un qui a beaucoup de personnalité, très positif, dans le foot, et dans la vie. » Quand Patrice a signé à Manchester, il a envoyé un mot à Sandro pour le remercier. « Je lui ai dit qu'il ne me devait rien, c'est lui qui a travaillé, et eu l'intelligence de m'écouter. Comme tout le monde, je n'ai rien compris de ce qui s'est passé en Afrique du Sud, je me dis toujours que c'est pas possible. Sa chance, c'est que Deschamps connaît sa force de caractère, et un joueur qui a une telle confiance de son entraîneur, il est tranquille. »

Six ans après l'Euro 2008, sa première grande compétition internationale, où il avait évoqué un « gâchis  » et demandé «  pardon  » aux supporters, Patrice Évra a l'occasion inespérée de gagner quelque chose en Bleu. Qu'il soit ou non titulaire contre l'Allemagne, nul doute qu'il aura des choses à dire dans le vestiaire. Et devant les caméras et les micros sans doute aussi.

Par Vincent Riou
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