Italie - Serie A - Analyse

Par Eric Maggiori

Europe ou Serie A : les clubs italiens doivent choisir

En deux semaines, les clubs italiens ont obtenu de très bons résultats en Coupes d’Europe. Oui, sauf que ces mêmes clubs, le week-end venu, perdent, ou sont en grande difficulté. Parce que l’effectif ne permet pas d’être à fond sur deux tableaux ?

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Antonio Candreva, buteur en Europa League contre Mönchengladbach
Antonio Candreva, buteur en Europa League contre Mönchengladbach
Les clubs italiens aiment les paradoxes. Comme le pays tout entier, d’ailleurs. Depuis de nombreuses années, on leur reproche de délaisser l’Europe pour se consacrer au championnat. A force, et malgré l’exploit de l’Inter en 2010, l’Italie a perdu une place au classement, aux dépens de l’Allemagne, qui a ainsi récupéré un quatrième billet pour la Ligue des Champions. Mais cette saison, les Italiens semblent avoir retenu la leçon. L’Europe n’est désormais plus une corvée, mais une compétition à jouer à fond. Il n’y a qu’à voir les résultats de la Juve, du Milan AC, de la Lazio et de l’Inter pour s’en convaincre. La Juve a déjà composté son billet pour les quarts de finale de la C1 en s’imposant 3-0 au Celtic Park, Milan a réalisé un gros coup en battant le Barça à San Siro, et l’Inter et la Lazio se sont facilement débarrassées de Cluj et du Borussia Mönchengladbach en seizièmes de finale de l’Europa League. Seul le Napoli a chuté, et plutôt lourdement, d’ailleurs, puisque les Napolitains ont encaissé un sévère 5-0 sur l’ensemble des deux matches face au Viktoria Plzen. Mais l’échec napolitain n’a pas l’air anodin. L’équipe de Mazzarri veut jouer le Scudetto, et sait qu’elle aurait inévitablement laissé des forces en Europa League. Et vu les résultats obtenus en Serie A la semaine dernière par les équipes engagées en Europe, on peut, quelque part, comprendre ce choix. Pas forcément le partager, mais au moins le comprendre.

« Pas un désavantage pour nous »

La semaine dernière, donc, quatre équipes italiennes ont joué en Europe. La Juve, l’Inter, la Lazio et Naples. Deux victoires, un nul, une défaite. Bilan correct. Mais le week-end venu, c’est une tout autre affaire. La Juve s’est d’abord inclinée un peu à la surprise générale sur la pelouse d’une Roma en pleine crise (1-0). Le lendemain, le Napoli n’a pas pu faire mieux qu’un petit 0-0 à domicile contre la Sampdoria, et l’Inter a reçu une fessée sur le terrain de la Fiorentina (4-1). Enfin, lundi soir, la Lazio a réalisé l’un des pires matches de sa saison, avec à la sortie un revers 3-0 chez la lanterne rouge, Sienne. Des résultats qui, forcément, font réfléchir. Et chez les coaches, toujours les mêmes constats : « Les joueurs étaient fatigués, nous n’étions pas assez déterminés, nous avons mal interprété le match ». Etc… Des excuses ? Oui, mais il existe aussi une part de vérité. Prenons l’exemple de la Lazio. Depuis le 5 janvier 2013, la formation de Vladimir Petkovic a disputé 11 matches. Soit un tous les quatre jours. A titre comparatif, la Fiorentina, apparue pimpante et fraîche face à l’Inter, n’en a disputé que 8, soit un tous les six jours. Forcément, à un moment donné, cela se ressent dans les jambes et, conséquence logique, dans les résultats.

Or, c’est un fait : les clubs italiens actuels ne semblent pas taillés pour jouer à fond toutes les compétitions, comme pouvait le faire l’Inter de Mourinho, auteur du triplé en 2010. La Juve s’est constituée un joli banc cet été, mais on a récemment vu les limites de cet effectif, et notamment des secondes lignes. Depuis le début de l’année 2013, la Juve a laissé filer beaucoup de points en Serie A (11 points pris sur 21 possibles), a été éliminée de la Coupe d’Italie (en faisant jouer quasiment une équipe-bis en demi-finale) mais a brillé en C1. Idem pour l’Inter et la Lazio, parfaites en Europa League, mais désastreuses en Serie A. Quant au Napoli, il a choisi son camp : Mazzarri a compris que la Juve allait laisser des forces dans la bataille C1, et que l’occasion était trop belle pour son Napoli. Il a donc tiré un trait sur la C3. Et sa réaction après l’élimination ne laisse pas de place au doute : « Le Napoli éliminé ? A l’évidence, ce ne sera pas un désavantage pour nous. » Cela a le mérite d’être clair.

Rayonnement à l’international

Alors, quel est donc le problème ? Les effectifs ? Oui, cela joue forcément un peu. Encore une fois, Walter Mazzarri n’a pas eu la langue dans sa poche. « Nous sommes une équipe qui peut être à un haut niveau seulement si nous réussissons à bien gérer nos énergies physiques et mentales à la perfection » a-t-il affirmé. Comprendre : je n’ai pas assez de joueurs à disposition pour faire tourner mon effectif et être compétitif quels que soient les joueurs alignés. Forcément, un Napoli sans Cavani ni Hamsik (comme jeudi soir à Plzen) n’aura pas le même impact qu’un Napoli avec Calaio et Pandev, avec tout le respect pour ces deux joueurs. Petkovic, l’entraîneur de la Lazio, a quant à lui un effectif réduit. Du coup, pour jouer à fond la Coupe d’Italie et l’Europa League, il a dû aligner des secondes lignes en championnat lors des dernières semaines. Résultat : aucune victoire lors des cinq dernières journées. Impossible de penser à une coïncidence.

Le discours est confirmé par la saison de la Juventus l’an dernier. L’équipe d’Antonio Conte n’était qualifiée pour aucune compétition européenne et a donc pu concentrer toute son énergie sur le championnat. Résultat : une équipe-type toujours au top, et un titre de champion sans la moindre défaite. Cette saison, au bout de 25 tours, la Vieille Dame s’est déjà inclinée à quatre reprises, même si elle conserve la première place du classement, car elle demeure de loin l’équipe la plus forte du tournoi. Il semble donc qu’en règle générale, les clubs italiens, cette saison encore, soient contraints de faire un choix : soit le championnat à fond, soit l’Europe à fond. Pour l’intérêt du championnat, on aimerait qu’aucun des clubs de tête ne se relâche. Mais pour le rayonnement à l’international et le coefficient UEFA, on a également envie de voir un (ou plusieurs) club(s) italien(s) aller loin dans les compétitions européennes. Sûrement la nostalgie des années 90.

Parier sur les matchs de AS Roma

 





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  • Message posté par Farkas le 23/02/2013 à 08:44
      Note : 6  /

    L'article est intéressant, c'est dommage qu'il n'ait pas plus loin et ne démontre qu'une possibilité, sans chercher plus loin.

    Par exemple, si on prend le Napoli, le choix d'abandonner l'europe n'a pas été tant que cela couronner de succès avec un résultat des plus mitigé face à la samp'. Peut-être que le lien pour cette équipe n'est pas tant le fait de jouer plus avec l'europe mais une difficulté à franchir un cap mental; celui de passer de outsider à leader, les résultats des Partenopei ces derniers mois quand il joue après la Juventus et que cette dernière a perdu...

    Autre exemple, la Juventus, justement. Selon l'article le banc n'est pas assez solide, c'est la raison des mauvais résultat de janvier et l'europe serait la raison de la défaite face à la Roma le weekend passé. C'est une explication, mais que je pense, personnellement, partiel; je m'explique. Tout d'abord, janvier est depuis plusieurs années le mois difficile des bianconeri, peut-être aussi un problème psychologique après les fêtes qui sait; mais cette année, comme l'année dernière c'est surtout du à un travail de fond au niveau du physique effectué par Conte qui doit en être la cause. L'année passée cela avait payé, du retard pris en début d'année 2012 mais les derniers mois du championnat avait vu les joueurs de la vieille dame finir bien plus fort que leur adversaire et entre autre repasser devant le Milan. Pour samedi passé, Conte l'a reconnu lui-même après le match, il aurait du faire tourner l'équipe, mais les joueurs lui avait assurer être suffisamment en forme. Donc il faudra voir si un turn over est effectué après le prochain match européen et voir à ce moment là, si oui, ou non, le banc ne permet pas de jouer les deux compétitions.

    Enfin, et cela mon avis, je trouve dommage l'attitude du Napoli; si tous les clubs italiens avaient la même, alors on pourrait imaginer une situation avec seulement deux clubs en champions et 3 en europa, un peu comme pour la championnat suisse et je ne suis pas convaincu que cela fasse les affaires de Naples.
    Conclusion actuellement, Naples profites du travail des autres clubs mais je pense que cela ne peut être une solution à long terme pour le championnat italien.

  • Message posté par Roma51 le 23/02/2013 à 08:59
      Note : 2 

    Au nom de toute l'Italie du football, merci de choisir la Coupe d'Europe. Car pour la grande majorité des clubs des autres championnats la question ne se pose pas. Et perdre la troisième place qualificative pour la LDC serait catastrophique...

  • Message posté par cavibomba le 23/02/2013 à 10:18
      Note : 1 

    Laisser tomber la coupe d'europe est à mon sens un manque terrible d'ambition. Quand on sait à quel point une campagne européenne réussie est fédératrice pour les joueurs et l'engouement que cela suscite auprès des supporters, s'en passer n'aidera pas le Napoli par exemple à grandir.

  • Message posté par letu1617 le 23/02/2013 à 10:19
      Note : 1 

    l'article est un peu absurde, ce n'est pas comme si les clubs choisissaient vraiment quelles compétitions jouer,
    d'ailleurs les italiens ont toujours joué à fond la ligue des champions ET le championnat, la rotation d'effectif étant une obligation pour un grand club comportant un gros effectif (Milan, Inter, Juve)
    après, Napoli a joué conformément à sa mentalité d'outsider, et ils ont une Cavani dépendance, en son absence ils merdent, en sa présence en méforment ils merdent, aussi simple que ça,
    la Juve s'est gourrée en reconduisant le même effectif (9/11) pour 3 matches en 7 jours, c'est surtout dû à l'usure psychologique, vu que physiquement ils sont en train de monter en puissance, Conte leur fait faire un travail fou pendant les trèves pour qu'ils puissent justement tenir le coup jusqu'au bout de la saison.
    Vous verrez Milan faire de grandes choses.

    PS : Conte ne devrait pas faire jouer Giovinco, ni Vucinic, ce n'est ni Vialli, ni Baggio, ni Del Piero, Vucinic te sort 15 minutes exceptionnelles en 3 matchs (à 29ans), Giovinco est complexé à vie par pinturicchio. Quagliarella-Matri serait la paire parfaite, ils sont tous deux travailleurs, collectifs, et Quaglia a cette touche créative (des tirs de loin, de retournés, des lobs) alors que Matri sait être efficace quand il est mis dans de bonnes conditions.

  • Message posté par Luigi Alfa-No le 23/02/2013 à 10:28
      Note : 3  /

    Ouai... On a beau me l'expliquer et j'ai beau le comprendre, en prendre 5 en deux matchs contre le Viktoria Pilsner, pour un club comme le Napoli, c'est quand même toujours particulier...

  • Message posté par Calmos le 23/02/2013 à 11:11
      

    Les ligues nationales devrait donner de l'argent aux équipes qui performent en coupe d'Europe.
    L'indice UEFA est plus important pour l'attractivité d'un championnat que le fait de mettre ou non ses titulaire lors de 7 ou 8 dimanches dans l'année...

    Sinon, +1 à Cavibomba : Des bons parcours en Europe ont des répercutions non-quantifiables sur la ferveur, la notoriété à l'étranger etc. Et ça, ça rapporte sur le moyen terme (sponsors, facilité à recruter etc.)

  • Message posté par forza-OM le 23/02/2013 à 11:37
      

    Calmos : Elles le font déjà quand tu te qualifies en Europa League ton gain est plus élevé.

    La seule vraie solution ca serait de diminuer le nombre de match en Europa League, avec un système plus direct et je pense pas que les revenus des sponsors, des droits TV seraient tant affectés car c'est mieux d'avoir moins de match et des matchs plus disputés, plus regardés, avec donc les meilleurs 11 possibles sur le terrain, la volonté pour les clubs d'aller au bout et du coup une compétition plus prestigieuse, que des clubs qui jouent une compétition à moitié et ternissent du coup son image.

  • Message posté par Toto Riina le 23/02/2013 à 12:25
      

    @Farkas franchement bonne analyse, rien a dire +1 !

  • Message posté par Marek Hamsik le 23/02/2013 à 12:27
      

    Concernant le Napoli, on se rappelle que la Ligue des Champions l'an dernier, qui avait été jouée à fond, avait causé la perte de beaucoup de points en championnat contre des équipes a priori abordables, à cause de la fatigue d'un effectif limité. Mazzari a retenu la leçon, et comme une Europa League fait moins rêver que la C1, il l'a abandonné sans scrupules.

    Cependant, on peut lui adresser plusieurs reproches:
    -malgré la perte de Lavezzi, son effectif est plus fourni que l'an dernier (Rolando, Insigne..) et il aurait pu éviter de galvauder à ce point l'Europe.
    -Ensuite, je pense qu'il a très mal géré le cas d'E.Vargas, attaquant chilien très talentueux qui a connu des débuts difficiles à son arrivée au Napoli, mais qui aurait mérité d'autres chances de se montrer; ça aurait pu faire un attaquant de plus de haut niveau et donc permettre aux Hamsik et Cavani de se reposer plus souvent.
    -Enfin, le fait d'avoir à ce point délaisser l'Europe va donner une obligation de résultats encore plus grande au Napoli en Série A. Le Scudetto, ou au moins les places qualificatives pour la C1 sont obligatoires à la fin de saison. Tous les matchs sont doncs à enjeu dans un championnat ou plusieurs équipes (Milan, Lazio, Inter...) peuvent prétendre à la Champion's, et la pression sur les joueurs sera encore plus forte.

  • Message posté par declaubianco le 23/02/2013 à 12:36
      

    Je vois plutôt, les choses rentrer dans l'ordre:
    -Une Juve souveraine sur le Calcio (28 scudetti, 30 sul campo)
    -Un Milan redevenu compétitif en Europe, (il ne faut pas se méprendre) le Milan AC ayant à mes yeux toujours été le plus grand club en C1.

    Un championnat italien très relevé, avec du jeu, des buts...qui produit autant de stars en devenir (el shara,pogba,insigne,quintero,luis muriel...)

    Cela dit, pour en revenir à l'article, je pense que c'est plus un problème psychologique qu'autres choses, bien que physiquement c'est dur aussi...
    Les clubs européens ayant besoin de "décuver" les lendemains des soirées C1, ils ont un petit peu la gueule de bois en championnat...

  • Message posté par SpecialEffect le 23/02/2013 à 12:47
      Note : 3  /

    Autre paramètre à prendre en compte selon moi, c'est l'homogénéité de la Serie A.

    Comme le disait Mourinho il y a d'une part la culture du résultat qui fait qu'un nul reste très correct contre des équipes jouant l'Europe... d'autre part que n'importe quelle équipe de Serie A (et même des divisions inférieur) sera organisée défensivement et tactiquement.

    Difficile de se dire "on pourra faire tourner tranquille contre cette équipe"... entre les "bigs" historiques (Milan, Juve, Inter) ; Les outsiders habituels (Napoli, Fiorentina, Udinese, Lazio, Roma) et les autres susceptibles de te poser un tas de problèmes (Catania, Torino, Sampdoria, Cagliari, Parma et j'en passe...). Comme dit dans l'article, même un match contre les derniers peut devenir périlleux et la Lazio n'est pas la première à en faire les frais cette saison.

  • Message posté par Trap le 23/02/2013 à 13:45
      Note : 4  /

    Dans le désordre, le Napoli fait un 0-0 pourri après en avoir mangé 3 sur son terrain mais avec une équipe à 60% différente donc la fatigue....
    La Lazio se plante mais elle est dans une période difficile depuis le demi de coupe d'Italie.
    Il y a aussi un énorme souci de calendrier. Je rappelle que la ligue italienne est un joyeux bordel* ou ne sont représentées ni la Juve, ni l'Inter, ni la Roma, ni la Fio, rien que ça. Résultat des courses tu peux jouer en EL le jeudi et rejouer le samedi alors qu'il y a le lundi un match décalé... Ou tu peux jouer le samedi, le mardi en LDC et le samedi à nouveau. Pro non ?
    Sacchi chiffre à un delta de 8 à 15 points la perte due à la LDC. Ok mais c'est quand même du doigt mouillé. L'Udinese est sortie très tôt de l'Europe et elle a du mal. L'Inter, la Lazio, le Milan, la Juve sont mieux classées que la Roma ou la Fio. Je ne parle pas du Napoli, j'espère juste qu'ils paieront sur la fin leur attitude de pleureuses.
    Et je valide avec le club d'un autre entraineur qui chouine, Rennes.

  • Message posté par maxlojuventino le 23/02/2013 à 15:56
      Note : 1 

    Comme l'a bien dit Specialeffect, la Seria A est très homogène, les scores fleuves sont rares, les 4-0, 5-0 ou 6-0 on laisse ça à la Liga...

    En ce qui concerne la Juve et l'Inter , la fatigue a forcément joué un rôle dans leurs défaites en championnat, mais il ne faut pas négliger la valeur des adversaires... La Fiorentina lorsqu'elle joue à ce niveau là est une équipe extraordinaire et l'Inter n'étant pas au summum de sa forme, le score ne me choque absolument pas. Cette Fio aurait mis une raclée à n'importe qui...

    Quant à la Roma, on le sait qu'elle est irrégulière mais lorsqu'elle joue bien elle est capable de taper n'importe qui également. D'autant plus que si on regarde l'effectif de la Roma, on se rend compte qu'ils valent bien mieux qu'une 6ème ou 7ème place...

    L'attitude de Naples me dégoûte et j'espère de tout coeur qu'ils ne seront pas champions, ce serait donner un mauvais exemple aux autres...

  • Message posté par Joshua_is_a_tree le 23/02/2013 à 17:15
      Note : 1 

    Et dire qu'à mon époque, un club italien pouvait aller en finale de C3 avec quasi une équipe B.


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