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Euro et malheurs des Français du Portugal

Le 14 juillet à Porto, c'est jour de fête nationale pour les expatriés français. L'occasion de prendre des nouvelles de celles et ceux qui ont vécu défaite et victoire dans une même soirée.

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Dimanche 10 juillet 2016, 23h30 : 66 millions de Français tirent la gueule. Ils sont 11 millions à kiffer au Portugal, tout juste sacrés rois d'Europe par la grâce d'Eder. Au milieu de la liesse, 15 000 « inscrits au registre des Français établis hors de France » , 30 000 en comptant les binationaux. Expatriés ou non, ils ont vécu un dimanche tiraillé, entre le facile « quoi qu'il arrive on a gagné !  » et les choix cornéliens vis-à-vis de la famille ou des amis. Quatre jours plus tard, à Porto, la communauté française se rassemble à l'invitation du consul général. Une petite sauterie organisée au Lycée français en l'honneur de la fête nationale où se pressent les membres éminents du contingent tricolore, de l'Alliance française à l'Association française du nord du Portugal. Évidemment, personne n'a oublié l'histoire de son dimanche soir.

Rideaux tricolores et vin vert


Tout juste un rideau en guise de drapeau. À l'Alliance française de Porto, on apprend la langue de Molière aux Portugais, mais on n'arbore pas pour autant les oripeaux tricolores. Ana Maria Pereira, franco-portugaise et directrice de l'institution du 88 rua Santa Isabel, rappelle que son Alliance est une association de droit local et n'a, à ce titre, pas le droit d'afficher les couleurs de la République française, un privilège réservé aux représentations diplomatiques officielles. Des rideaux bleu, blanc, rouge, donc, et une phrase de bienvenue : « Ici commence la France.  »


Mais pas de retransmission organisée le soir de la finale : « Le comité de direction n'a pas souhaité organiser de diffusion » , précise Ana Maria. « Il est composé de trois Portugais et deux Français et a estimé que c'était trop clivant. C'est trop difficile de choisir son camp ! » Fernanda, employée de l'Alliance française, n'a pas eu ce problème : « Viva Po'tougal ! » lance la jeune fille en passant dans le bureau de la directrice. Et pas d'embrouilles le soir de la finale : « Mon compagnon est français, mais heureusement il travaillait le soir de la finale. Cela dit on n'est pas fâchés, hein, il continue à me parler ! » Une belle preuve d'amour.


Au Lycée français, autour d'un verre de vinho verde, Damien le confesse volontiers : « J'ai regardé la finale chez moi. C'était trop difficile de la regarder dehors, avec tous les Portugais.  » Professeur à l'Alliance française, il a eu beaucoup de demandes de report de cours, les soirs de match de la Seleção. Mais ne s'est pas servi de l'Euro dans ses programmes pédagogiques : « On a eu des discussions informelles, je me souviens avoir parlé de Battiston avec un élève avant France-Allemagne. Mais je n'ai rien organisé de spécifique là-dessus. Bon, depuis dimanche, on en parle quand même beaucoup plus » , concède le prof, au Portugal depuis huit mois. « Je me fais chambrer, un peu. Certains se plaignent encore du jeu rugueux des Français. J'ai envie de dire "Mais tais-toi, vous avez gagné !" Mais ça va. Un élève m'a dit : "Notre stratégie, c'est d'endormir le public, puis l'équipe adverse, et enfin de marquer un but." Ils restent conscients qu'ils n'ont pas régalé ! » Mais ils ont gagné.

«  Je leur rappelle 2004, ils savent ce que c'est ! »


La défaite, Bernard Orange l'a vécue chez un ami français. Avec l'Association française du nord du Portugal qu'il préside, ils ont décidé de ne rien organiser pour la finale. « Pour tous les matchs des Bleus, on se retrouvait dans des bars tenus par des compatriotes. Ça permet de se réunir et de faire connaître les adresses. Mais pour la finale, on a préféré ne rien faire. Il y a beaucoup de couples mixtes, de familles portugaises, ils voulaient plutôt rester ensemble.  » Le patron d'une société d'air liquide n'en a pas moins ouvert le champagne. Et a dû affronter ses collègues portugais dès le lendemain : « Ah c'est sûr, ils me font revivre la finale depuis dimanche ! Mais ça va, c'est bon enfant. Et puis je leur rappelle 2004, ils savent ce que c'est ! » De Charisteas à Eder, il n'y a qu'un bout de crampon.


Pour Tomas, Natacha et Katarina en revanche, la défaite est plus amère. Anciens élèves au lycée français, look grunge et bonnet sur la tête malgré les 25°C, ils n'ont pas franchement vécu la soirée rêvée par tous les Français. Depuis Baixa, le quartier des bars posé sur les rives du Douro, la vie a été dure dès 19h45, heure locale. Son de la télé coupé pendant La Marseillaise, maquillage effacé par les supporters locaux, merci pour ce moment. « Même si je suis là depuis 11 ans, je suis clairement pour la France, impose Tomas. Et dimanche, c'était dur. De toute façon, maintenant, ils vont nous en parler pendant 45 ans. » Et nous, on n'aura toujours pas oublié.



Par Eric Carpentier, à Porto
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Psychedelic Train Niveau : District
Note : 4
Pour ma part, sur Lyon, je ne tenais pas à regarder ce match tout seul. Je suis allé à la fanzone mais trop tard et me suis donc rendu dans un bar tenu par des émigrés ou luso descendants, comme moi. Drapeaux portugais en terrasse, Super Bock, etc... Ca sentait bon la petite ambiance portugaise.

Pourtant, très vite, les gens assis à la terrasse ont commencé à sortir les casquettes françaises, acheter des drapeaux FR au vendeur à la sauvette, et là, j'ai senti que, non, il allait falloir prendre sur soi. A l'heure de l'hymne, une 10aine de locaux se mettent devant la télé, bras dessus bras dessous, et entonnent La Marseillaise. Dans le cadre de ce match, ça m'est bien rentré dedans. J'ai serré les dents, personne n'a protesté, rien dit. Le match commence, et là, 10 à 20 mecs entonnent des chants de supporters, chansons à boire et chambrent à chaque action, qui sont françaises pendant toute la première mi-temps. Les rares portugais sur place ne disent rien, restent amorphes, ou plutôt encaissent sans mot dire, serrant les poings. Comme ils ont toujours fait depuis leur arrivée ici, en fait. Mais c'est dur en plus de casser les oreilles et déconcentrer. La sortie de CR n'arrange rien, mais je ne veux louper aucune minute de ce match. Pour moi, c'est tendu, faut même pas me toucher, j'ai peur de déraper. La mi-temps sifflée, je rentre chez moi rue de Marseille, passe à la superette m'acheter un pack de Heineken, et je serai très bien tout seul.

Ils ont tenu. Poteau de Gignac, arrêts fabuleux de Rui Patricio, ça sent bon. "Eder! Edeeeeer!!!! Ce mec là, jusqu'à cette minute, c'était la chèvre ultime", que je gueule à ma compagne! J'ai pu exulter, même avec la minute de retard proposée par mon stream : dehors, silence absolu, mais il me suffisait ce soir là de faire 400 mètres pour me retrouver dans une ambiance un peu surréaliste, drapée de rouge et de vert.

Au taf, des regards, sourires, mais aucun collègue n'en a parlé. Quelques potes qu'ont eu du mal à avaler, qui font peut-être même encore la gueule à l'heure qu'il est. Je comprends : 2004, mais aussi 2006, 2000 et même 1984. Cette fois-ci, après Allemagne - Italie et France - Allemagne, c'était écrit. Merci Eder, merci l'équipe das Quinas!
:(

Franchement j'ai commencé le match en me disant qu'une victoire du Portugal me ferait plaisir ... bah oui quand tu es a Lisbonne depuis un petit moment ...

Mais au final une fois le coup de sifflet final , c'était uniquement de la tristesse et de la déception !

Mais bon on a quand même fait la fête !


P.S: je ne sais pas combien on est de Français sur Lisbonne , mais entre les touristes et les expatriés , on entends du français a chaque coin de rue ....
Note : 1
Nantais vivant au Portugal depuis 18 ans, je suis mitigé. Sale moment mais content pour eux. On n'a pas fini d'en entendre parler. Le foot ici, ça passe avant tout. Alors, c'est pas Payet qui a blessé Ronaldo, c'est tout le pays qui s'est jeté sur sa jambe. C'est pas quelque aigris qui ont mal réagi à la défaite, c'est 60 millions de Français qui auraient exprimé tout leur mépris pour les Portugais. Alors on se fait tout petit et on attend que ça passe. Mais on est tellement bien ici qu'on le leur pardonne... comme ils nous l'ont pardonné aussi dans le passé.
Note : 5
Vous êtes beaux joueurs messieurs et c'est d'autant plus appréciable.
Vous êtes nés en France et aimerez son foot jusqu'à votre mort, personne ne vous demandera pourquoi. Peut-être transmettrez-vous cet amour à vos enfants, où que vous soyez et je vous inviterais même à le faire.

En effet comme l'a si bien dit PTrain, nous avons connu 1984, 2000, 2006 contre la France. On a instauré une rivalité que les français ont entretenu en nous traitant gentiment de losers, en nous mettant pour certains, le nez dans la me*de pour bien rappeler que l'équipe, malgré les stars était moins bonne.
Mais, moi c'est bien 2004 que j'ai le plus au travers de la gorge..
tu ne peux pas perdre contre la Grèce, à la maison....
Portugal est "devenue" la Grèce des Français... On les aime bien les Portugais, dit-on toujours avec un petit ton condescendant... tant qu'on reste en dessous, on les aime bien.

On ne donne pas de ballon d'or pour récompenser une carrière, on ne gagne pas un euro pour récompenser de belles prestations depuis 16 ans mais le Portugal devait avoir une victoire au moins une fois et je l'ai vécue.
Vive la France
Viva Portugal!

Et profitez bien de ce beau pays !
Plus raciste qu'un portugais n'existe pas,un noir pourrait le sortir du tombeau il se lèverait et dirait:je ne t'aime pas,que penser d'autre quand 9 jours après l'euro2016 ,je croise des supporters portugais avec t-short Portugal, et un me dit:(je suis noir)je n'aime pas les noirs ,puis ils s'éloignent froidement.
le racisme n'est pas une question de couleur,c'est une question de connerie+ignorance...
Je suis 'blanc' (ça ne veut rien dire),Angolais/Portugais,et il m'est arrivé que des 'noirs' me disent,'je n'aime pas les blancs',comme quoi...
Tu ne peux pas géneraliser.En plus,je suis sûr que si tu vas au Portugal,tu t'aperceveras que personne en a rien a foutre de ta couleur,c'est ce que tu fais qui compte.Le racisme n'a pas de couleur et la connerie,elle,est bien universelle.

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