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Euro 76 : Anton, Marián, Jan et les autres…

Quand une équipe, surgie de nulle part, élimine à la suite les deux finalistes de la Coupe du monde précédente… Quand une bande de tueurs d’enfants, moitié Bohémiens, moitié vampires des Carpates, gagnait l’Euro 1976 contre toute logique, mais comme une évidence…

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1976 : l’émergence du punk-rock, la canicule, la réforme Haby qui met les collèges français sens dessus-dessous, l’élection de Jimmy Carter, la première sélection de Platini et cet Euro majuscule. La Coupe Henri-Delaunay de tous les superlatifs. Cette phase finale de championnat d’Europe, le dernier tournoi à quatre, va finalement se dérouler dans l’ex-Yougoslavie, à Zagreb et à Belgrade. On choisissait à l’époque un pays parmi les survivants des quarts de finale après une phase de poules classique. Outre les hôtes Plavi, le plateau regroupait les deux finalistes de la Coupe du monde de 1974, les Pays-Bas (sortis d’une poule qui comptait la Pologne, 3e du Mondial allemand, et l’Italie) et la RFA, ainsi qu’une équipe qui semblait là pour faire le nombre, la Tchécoslovaquie…

L'édition la plus prolifique

L’équipe d’Ivo Viktor, troisième du Ballon d’Or cette année-là, avait pourtant fait quelques dégâts sur son parcours. L’Angleterre, le Portugal et l’URSS (vice-championne d’Europe sortante) allaient croiser sa route pour leur plus grand déplaisir. Hormis l’afición locale qui n’a d’yeux que pour la génération de Dragan Džajić qui vit ses derniers feux, huit ans après la finale de l’Euro italien (perdue au deuxième match), le continent tout entier veut voir un remix de la finale de la Weltmeisterschaft de deux auparavant. Avec une issue différente, cela va de soi. Les larmes de tas de gamins un peu partout en Europe sont à ce prix. Et ça commence on ne peut plus mal. Le 16 juin à Zagreb, pour le dernier tournoi officiel de Johan Cruyff, la bande de tueurs d’enfants de clav Ježek élimine les Oranje dans la prolongation (3-1). Auparavant, le génial Anton Ondruš, qui finira à Thonon au mitan des 80’s, avait tout fait. Inscrire un but pour son équipe, en marquer un autre dans ses propres bois dans le temps réglementaire.

La Reprezentace, alors à son meilleur, était un cauchemar d’équipe de l’Est pour l’adversaire : pressing tout terrain, jeu collectif, exploits des solistes et volonté de prouver. On connaît la chanson. Dynamo Kiev, Górnik Zabrze, Dukla de Prague, URSS 60, Hongrie 54 et Yougoslavie pour toujours… La Hollande avait perdu de sa vista, les Orange n’étaient plus (tout à fait) mécaniques et une défaite (1-4) contre la… Pologne, en poules, était là pour rappeler que les trous d’air faisaient désormais partie de l’histoire. Et en face, c’était la Tchécoslovaquie, dont les livres d’Histoire ont oublié qu’il n’y avait pas que Panenka dans l’affaire. Viktor et Ondruš donc, mais aussi Nehoda, Masný, Dobiáš… Et comme la télé française n’avait pas encore les droits du championnat tchécoslovaque… L’autre demi-finale, le lendemain à Belgrade, a obéi à une certaine logique. Les Yougos ont mené (2-0) et les Allemands ont égalisé avant la fin, avant de l’emporter dans l’extra-time grâce à un triplé de Dieter Müller (4-2). De la folie furieuse, de l’espoir un peu dingue et préparez les mouchoirs. La Mannschaft s’y entendait comme personne pour faire chialer dans les chaumières. D’innombrables bâtisses magyares, néerlandaises, françaises et donc yougoslaves pourraient en attester. Les Pays-Bas offriront un jubilé à Sa Majesté Johan 1er en gagnant l’inutile rencontre pour la troisième place (3-2 a.p) contre les locaux, ce qui fera de cette édition de l’Euro la plus prolifique de l’Histoire (4,75 buts/match)…

La Panenka d'Antonín

Quand ils entrent sur le terrain de l’Étoile Rouge à Belgrade, le 20 juin 1976, les coéquipiers de Marián Masný savent que la sélection de leur pays a déjà perdu deux finales de Coupe du monde, en 1938 et 1962. Un privilège qu’ils ont longtemps partagé avec la Hongrie et les Pays-Bas, avant que ces derniers n’ajoutent une troisième entaille à leur douleur en Afrique du Sud, il y a deux ans. Perdre n’est plus une option. En face, l’Allemagne de l’Ouest, championne du monde et d’Europe en titre, vient quérir ce qui lui appartient, en quelque sorte. Un mois avant, l’ossature de la Mannschaft, qui joue au Bayern, a récupéré une troisième C1 de rang contre Saint-Étienne. Bref, rien de grave ne peut arriver au football hégémonique qui régente le monde. Sauf que les gars de clav Ježek n’ont pas la télé, n’étaient pas à la Coupe du monde allemande, ne savent rien de ce qui se passe de l’autre côté. Sur la terre du maréchal Tito, le stade, à moitié garni, leur est acquis, même si la Yougoslavie est un pays non-aligné à l’ONU.

Dans cet Euro, les trois premiers matchs sont allés à la prolongation. Aucune raison que la finale échappe à la règle. Le temps réglementaire ressemble étrangement aux (très) mauvais rêves qu'ont faits toutes les équipes qui jouaient la RFA à ce moment-là. La Reprezentace mène rapidement 2-0, par Švehlík (8e) et Dobiáš (25e), avant que Müller, Dieter de son prénom, ne réduise la marque presque aussitôt (28e). Comme en demi-finale, les champions du monde égalisent en fin de match (Holzenbein, 89e). Comme dans Les envahisseurs, « le cauchemar a déjà commencé » . Invaincus depuis vingt matchs et sûrs de la puissance de leur hard-core, les Tchécoslovaques ne veulent pas céder. Plutôt que de leur polluer l’esprit, le poids de l’Histoire les galvanise. Ils rendent coup pour coup, se créent des occases, mais le score en reste là. Les Allemands ne perdent jamais de séances de tirs au but. Beaucoup ont payé pour le savoir. Mais Hoeness rate et Antonín fait du Panenka. Cinquième exécuteur, la place des seigneurs et des bourreaux. Une frappe incurvée, lente, plein centre, à peine décollée du sol : c’est le modèle déposé (AP Belgrade 76). Sepp Maier, le nez dans la luzerne, si loin, si proche, hurle encore son désespoir. Après l’URSS de 1960, la Tchécoslovaquie est championne d’Europe. Quatre ans plus tard, en Italie, ils battront la Nazionale dans le match pour la troisième place… aux tirs au but (9-8), avec les cinq mêmes premiers tireurs qu’à Belgrade et Antonín Panenka qui frappait encore en cinquième position…

Par Rico Rizzitelli
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L'article commence mal...
Sur la photo, c'est l'Allemand Gerd Müller en 1972
Euh non, sur la photo, c'est Cruyff et Ondrus
Et l'article se termine mal aussi, tous les poncifs y passent, des "oranges mécaniques" à "sa majesté Johan", en passant par "Yougoslavie pour toujours" et la nauséabonde référence aux envahisseurs. compte-rendu de match, de comptet, d'ambiance, analyse? Tout cela à la fois, c'est à dire un non-choix? Choisis ton camp, Rico, car là, ça ne fonctionne pas.
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