Le système Benzema, de Gilles Verdez

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Chronique 4 : Gilles Verdez, Le système Benzema



I. Le pitch du bouquin

« L’ex-petit banlieusard de Lyon, issu d’une famille nombreuse d’origine algérienne, est un gamin timide, fan de rap et de Playstation, que tout le monde surnomme "Coco" » . Un gamin talentueux et persévérant, repéré très tôt, qui grandit sous emprise, au cœur d’un " système " où s’affrontent diverses influences, ballotté entre des clans concurrents. Karim Benzema est-il victime de son entourage familial et professionnel, de ses fréquentations, de ses amis parfois devenus voyous à qui il est malgré tout resté fidèle, ou bien mauvais garçon allant délibérément au devant des ennuis ? Qui se cache derrière le masque impassible de l’attaquant du Real, parmi les plus doués de sa génération ? » Une plongée dans l'entourage, ou plutôt les cercles concentriques autour du joueur français le plus médiatique du moment... Soyons honnêtes, on a envie de lire ça !

II. La cote « bleue attitude »

Dominique Séverac, qui suit l'EDF pour Le Parisien : « De toute façon, avec Benzema, les journalistes pratiquent le délit de sale gueule car il ne leur parle pas, ne donne pas d'interview. » Nicolas Vilas, auteur de Dieu Football Club : « Pour Benzema, c'est la même chose qu'en ce qui concerne Ribéry : le fait qu'ils soient musulmans déplaît à une partie de la France. » Et si le problème entre une partie de la France et Karim Benzema ne se résumait pas tout simplement à cela ?

III. Pourquoi faut-il lire ce livre ?

Après sa sortie, forcément calculée, réfléchie et discutée en amont, dans l'édition de Marca du 1er juin, il est intéressant de savoir comment Karim Benzema gère sa communication. Ou plutôt qui la gère pour, ou avec, lui et dans quel but. Le bouquin apportera des éléments nouveaux en expliquant les rôles respectifs de son incontournable agent, Karim Djaziri, et de la société de communication responsable de son image, notamment sur les réseaux sociaux.

IV. Pourquoi gagner du temps et ne pas acheter ce bouquin ?

Les bien-pensants diront : «  Mais Gilles Verdez c'est bien le mec qui fait le clown chez Hanouna, non ? On va quand même pas nous faire croire que c'est un journaliste d'investigation et qu'il peut nous pondre une analyse pertinente ! » Eh bien si ! L'omniprésence de Karim Benzema dans les médias fait que la lecture de ce bouquin ne sera pas superflue pour pouvoir réellement maîtriser le « sujet » .

V. L'analyse d'un « bleu » qu'on a kiffé

Si on en revient à l'aspect uniquement sportif, on préférera retenir cette analyse de Philippe Bergeroo, alors sélectionneur des U17, qui voyait déjà chez le jeune Lyonnais une «  faculté de faire jouer son équipe, d'offrir des solutions, en remise, dos au but, ou en profondeur. » Et si c'était tout simplement la meilleure définition de Karim Benzema en tant que joueur de football ? Quand d'autres voudraient le voir devenir un joueur qu'il n'a jamais été... et ne sera jamais.

VI. Ce qu'on aurait aimé ne pas lire

« Il [Karim Benzema] est l'expression même du problème social en France, avec cette question des banlieues, de cette rupture. Benzema incarne à lui seul un code des cités. S'il chante, il passe pour un tocard. Dans les banlieues, pour les jeunes de première ou deuxième génération d'immigration, la France équivaut à un conflit, un désamour. Selon ce code, il ne faut pas non plus sourire. Il est préférable de manifester une attitude nonchalante. (…) Il suffit d'aller à Bron et de demander qui se sent français. Et puis ce bain culturel dans lequel Benzema est plongé avec Booba, Rhoff, que l'on ne me fasse pas croire qu'il ne l'influence pas. C'est clairement l'anti-France. » Daniel Riolo dans le texte. Comment-te dire Daniel ? Les choses ne sont pas si simples, si binaires que ça... Laissons le football aux footballeurs et les analyses sociologiques aux sociologues.

VII. À quel moment commencer ce livre ?

Le livre est sorti en mars 2016 et depuis la dernière sortie médiatique du goleador madrilène, les ventes du livre ont dû monter en flèche. Le timing est donc parfait pour les auteurs. La communication du joueur et son avenir en équipe de France vont être des sujets de débats sans fin... au moins jusqu'à la Coupe du monde 2018. Vous avez donc le temps de le lire.

VIII. Pourquoi ce bouquin aurait pu servir à Karim Benzema à être dans la liste des 23 ?

Parce qu'il en ressort que Karim Benzema n'est jamais aussi fort que dans l'adversité. Donc avec cette histoire de sextape, une opinion publique divisée, des médias français courroucés et une place de leader d'attaque remise en question... Tous les éléments étaient réunis pour que Rim-K nous plante un triplé en finale. On aurait enfin été tranquilles. Enfin, surtout lui.

IX. L'avis de Didier Deschamps

Jeudi 02 juin. Conférence de presse en Autriche : « Je n'ai pas de réaction. Je n'ai rien à dire là-dessus. Je suis concentré sur la compétition et ce qui nous attend. Je prends vraiment beaucoup de recul, je sais pourquoi je suis là, avec mon staff et pour les joueurs. Après, il y a plus ou moins de perturbations, de tous temps d'ailleurs. Cela n'a jamais été un long fleuve tranquille. Mais depuis plusieurs mois, j'ai dû faire face à pas mal d'impondérables. Aujourd'hui, il y a des gens qui n'aiment pas l'équipe de France et ils ne l'aimeront pas. On n'est pas là pour faire l'unanimité. »
Karim aurait pu dire exactement la même chose, mot pour mot. Mais non, ce sont bien les mots de la Dèche.

X. À qui offrir ce livre ?

Aux fans et aux détracteurs de Benzema. À la « team Benzema » des réseaux sociaux et à Daniel Riolo. À Guy Roux ou Frank Lebœuf et à Manuel Valls ou Eric Zemmour. Pour que chacun ait enfin une bonne maîtrise du sujet Benzema. Après chacun est libre de revoir son jugement... ou pas.

XI. Le titre que l'éditeur n'a pas osé

Benzema : Foot, embrouilles et vidéo. Le titre ayant déjà été choisi par un concurrent. Mais, pour le coup, cette fois-ci avec ce bouquin on a vraiment droit à des explications sur la construction de son parcours de footballeur, sur son image, sur toutes ses embrouilles directes ou indirectes ou sur son rôle dans la dite sextape. Une enquête détonante.


Par Benjamin Laguerre Le système Benzema, de Gilles Verdez et Jacques Hennen, Mazarine éditions, 305 pages, mars 2016, 18 euros.
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Dans cet article

Super-Pippo Niveau : CFA
Ce qui me fait rire c'est que Gilles Verdez accuse tout le monde de raciste mais lui a dit : "Les Italiens sont des pourritures finies". Ca en dit long sur la personne.
Le problème en France c est que l immigration est vu comme un problème, alors qu au états unis c est une force qui participe à la puissance économique et culturelle de l Amérique même s il y a de la délinquance des meurtres des gangs et des problèmes. La bas t es considéré comme américain que tu sois blanc noir jaune. En France on a tendance a se focaliser sur le négatif (cé qu il ne faut pas pour autant nier, une grande partie de la délinquance est cause de populations immigrés car pauvre.) un qatari ne vendra pas de drogue en bas des cités puisque il est riche. ) on rappelle très souvent l origine de benzema, mais le fait on avec giuly, ginola, pires, canto?). Ouais en France y a un problème avec les arabes liée a l histoire. Et ne me sortez pas la religion a force de rappeler a ces gens qu il ne sont pas français ben ils finissent par y croire.
Message posté par Panasonix
Le problème en France c est que l immigration est vu comme un problème, alors qu au états unis c est une force qui participe à la puissance économique et culturelle de l Amérique même s il y a de la délinquance des meurtres des gangs et des problèmes. La bas t es considéré comme américain que tu sois blanc noir jaune. En France on a tendance a se focaliser sur le négatif (cé qu il ne faut pas pour autant nier, une grande partie de la délinquance est cause de populations immigrés car pauvre.) un qatari ne vendra pas de drogue en bas des cités puisque il est riche. ) on rappelle très souvent l origine de benzema, mais le fait on avec giuly, ginola, pires, canto?). Ouais en France y a un problème avec les arabes liée a l histoire. Et ne me sortez pas la religion a force de rappeler a ces gens qu il ne sont pas français ben ils finissent par y croire.


Ouais l'immigration est vraiment vue comme une force aux USA, comme on peut le voir avec le succès écrasant de Donald Trump, grand amoureux de la diversité et premier promoteur de la main d'oeuvre mexicaine. Nan mais sérieusement ? Le sentiment xénophobe est bien plus prononcé là-bas, surtout à l'heure actuelle. Si tu pensais que le FN est super radical, va regarder des meetings de Cruz ou Trump ça fout un coup.
La grosse différence là-bas c'est que la plus grosse minorité, les afro américains, sont des descendants directs d'esclaves et la plupart n'a aucune idée d'où ils viennent. Pas d'autres choix que de se revendiquer Américain mais ca ne signifie pas forcément qu'il y a l'amour du drapeau qui va avec. Le patriotisme est littéralement forcé dès l'école. Ensuite le communautarisme est très très marqué là-bas, bien plus qu'en France, et les immigrés Mexicains et Chinois pour ne citer qu'eux revendiquent énormément leurs pays d'origine.
Bref en gros je pense que t'as tout faux sur ta vision des States mais ca n'engage que moi.
 //  19:50  //  Amoureux du Liberia
OK avec Iceman...
Il n'est pas bon d'être typé aux US... dans trop d'états...
Par contre le nombre de mariages mixte augmente (Noirs -Blancs)...
En fait, c'est pas vraiment du racisme dont il est question, je pense. C'est tout simplement le fait que le public n'aime pas une personne, point. Benzema n'attire pas la sympathie et au moindre faux pas il le paie. Ben Arfa ou Adil Rami (et même zizou) n'ont jamais provoqué cette haine, tout simplement parce qu'ils ont un langage verbal et non verbal doux et sympathique. Benzema tire la gueule en permanence et a des faux airs de racaille, tout ce que les gens détestent. On ne peut pas empêcher les gens d'avoir un ressentiement par rapport à ce style-là. Et je ne pense pas que le problème soit sa religion (que connait-on de ses croyances et pratiques?) puisque Pogba et d'autres sont musulmans. Benz combine vraiment tout ce que le public et les journalistes n'aiment pas (et ça se défend): l'air renfrogné, fréquentations suspectes, style racaille, et pour couronner le tout il ne chante pas la marseillaise (ce n'est pas grave en soi, mais si tu veux te racheter une image, fais un effort...). Bref, le monde se divise en deux catégories: les gens qu'on aime et ceux qu'on déteste. Benz fait partie de la deuxième.
"Laissons le football aux footballeurs et les analyses sociologiques aux sociologues"

Lire ça dans un article de So Foot, c'est à se pisser dessus de rire...
Kame House Niveau : CFA
Un livre opportuniste qui tire sur une ambulance. C'es efficace, c'est lâche, Hanouna style. Faire une émission pour critiquer celles des autres c'est pas bien courageux.

Ah oui on écrit "Rohff".
Le problème partout dans le monde, c'est que l'homme est très souvent un gros con qui cherche n'importe quel biais et motif pour rejeter l'autre. Si tu visites une école maternelle, tu verras ce que je veux dire. Les gros, les moches, les maigres, les binoclards, les "avec la peau pas trop de la même couleur que la mienne", etc.
J'ai grandi en France, j'ai vécu en Irlande, GB, Autriche et maintenant USA, c'est partout pareil. Arrétez les "le problème avec la France/les USA/l'Algérie/le Laos/etc". C'est partout pareil, l'homme est un con qui cherche et trouve toujours un bouc émissaires à ses insuffisances.
Olala Riolo qui parle d'"anti-France"...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anti-France
Soit il ne sait pas la connotation que porte cette expression, et il est donc inconséquent. La base du journalisme c'est quand même de connaître le sens des mots qu'on emploie.
Soit il le sait, et dans ce cas Riolo est davantage que le tonton relou qui parle à la radio : c'est bel et bien un gros facho.
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