Euro 2012 : Deutschland über Ukraine et Pologne ?
Euro 2012 : Deutschland über Ukraine et Pologne ?
Liga Michel Platini Paris Saint-Germain
18 avril 2007. Cardiff . « And the winner is… » Euh, non : « And the winners are…Pologne et Ukraine ! ». Enorme surprise : la candidature italienne était donnée ultra favorite sur les deux pays slaves et sur le projet Hongrie-Croatie. On s’interroge sur l’influence de Michel Platini, qui a pris part au vote : a-t-il voté pour ses amis italiens ou bien a-t-il favorisé deux fédés polonaise et ukrainienne qui ont, elles, voté pour lui, Platoche, à la présidence de l’UEFA ? On murmure que le choix polono-ukrainien s’inscrit parfaitement dans la démarche platinienne de redonner plus d’importance aux petites fédés de l’Europe du foot (qui ont d’ailleurs massivement voté Platini contre Johannsson), au détriment des grosses fédés…
Le problème, c’est que la Pologne et l’Ukraine n’ont jamais organisé d’événements sportifs majeurs. D’autres réalités locales plombent le choix des deux pays : les stades sont vétustes (il faut en construire de nouveaux, en rénover d’autres), les réseaux routier et autoroutier sont déplorables (1500 km entre Gdansk et Donetsk…), l’instabilité politique ukrainienne ralentit les travaux de rénovation des stades (notamment le vieux Stade Olympique de Kiev), le football polonais est gangrené par des affaires de corruption sans précédent. Enfin, dans les deux pays, le hooliganisme fait des ravages. Surtout en Pologne où récemment encore après un derby local de Varsovie entre Polonia et Legia, la police a arrêté pas moins de 741 casseurs qui s’étaient livrés à une bataille rangée dans la vieille ville…
D’entrée, donc, le projet Ukraine-Pologne était mal barré. Comme prévu, les travaux des infrastructures des stades et des routes ont pris du retard et les deux fédés, peu solidaires, ont commencé à se tirer dans les pattes... En juin 2008, plus personne n’ignore les difficultés organisationnelles de cet Euro 2012. L’Ecosse dégaine un contre-projet en proposant cash une candidature commune Ecosse-Irlande ! L’UEFA est inquiète…On parle de plan B, de solutions de rechange : Italie, bien sûr, Russie, Espagne… Une délégation emmenée par Platini s’envole à Kiev et Varsovie dès l’Euro 2008 achevé. Le bilan d’inspection est mitigé mais l’UEFA accorde quand même sa confiance. Mais les choses empirent. En septembre, le président de la fédé polonaise Michal Listkiewicz douche les espoirs de l’UEFA : « Si l’on parlait du championnat d’Europe 2016, nous serions prêts sans aucun problème (…) Notre talon d’Achille, c’est le trafic… Il faut être réaliste : nous ne pourrons pas rendre nos axes routiers parfaits d’ici 2012 ». Le bon Michal en rajoute une couche, en toute confraternité : « L’Ukraine et la Pologne forment une famille. Mais si les choses ne se passent pas comme prévu et que l’UEFA envisage de faire appel à un autre partenaire, nous n’y verrons aucun inconvénient ».
C’est que la crise financière mondiale récente vient de porter un rude coup à l’économie ukrainienne. Le 26 octobre, le FMI (oui, oui, celui de DSK !) a accordé un prêt de 13 milliards d’Euros à l’Ukraine, en manque de liquidités. Le site du stade de Lvov n’a toujours pas été trouvé… Un intellectuel ukrainien, Andrij Pavlyshyn, est catégorique : la résolution des problèmes, côté ukrainien, passe par le soutien absolu des oligarques, vu que l’État n’est pas en mesure d’agir. Des relents de mafias locales, toujours promptes à entraver les travaux d’infrastructures ? Toujours est-il que le nouveau président de la fédé polonaise élu hier soir, Gregorz Lato (qui a battu Boniek, le pote de Platini), avait déjà affirmé sans rire que la Pologne pourrait éventuellement organiser seule cet Euro, avant d’envisager un nouveau partenariat avec l’Allemagne…Outre le mystérieux plan B dont disposerait l’UEFA, c’est la solution allemande qui revient avec le plus d’insistance. On parle même d’une organisation unique, après dessaisissement carabiné de l’Ukraine et de la Pologne.
La confusion règne aujourd’hui mais les choses devraient s’accélérer. Avec la crise financière mondiale qui touche maintenant « l’économie réelle », l’UEFA devra opter rapidement pour un ou des pays solides financièrement. Reste que l’imbroglio polono-ukrainien est un coup dur pour Platini et sa politique « d’économie solidaire et de développement durable » en direction des petites nations de foot européennes. Si le fiasco qui s’annonce se réalise, ses ennemis au sein de l’UEFA tiendront là une bonne occasion de contester son pouvoir, et à terme, d’empêcher sa réélection. Mais on n’en est pas encore là.
Sepp Blatter connaît lui aussi la galère avec l’organisation du Mondial en Afrique du Sud. La FIFA évoque elle aussi avec depuis quelque temps un plan B pour délocaliser la Coupe du Monde 2010. En cause : essentiellement la violence urbaine endémique dans les grandes villes du pays, ou comment assurer la sécurité de centaines de milliers de supporters et de milliers de journalistes pendant cinq semaines...
Chérif Ghemmour
PS qui n’a rien à voir... Petit épilogue sur le PSG, vaincu au Parc par Toulouse (0-1), après son « exploit » au Vélodrome. Voilà qui a dû ramener certains supporters parisiens à la raison (Hoarau a eu 9 contre l’OM, hein !)… Restons objectif : contre Toulouse, Paris n’a pas démérité et a même fait une bonne première mi-temps. Reste que tactiquement, cette équipe qui joue surtout en contre a encore de grosses difficultés à faire le jeu. Rien n’est donc réglé dans le jeu parisien : on n’a pas dit autre chose après OM-PSG et les faits nous ont donné raison. Aujourd’hui, Paris est à sa place (8ème). C’est déjà ça.






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