Euro 08 - Campeones de Europa
Euro 08 - Campeones de Europa
Atletico Madrid Equipe d’Argentine Equipe d’Espagne Michel Platini Thierry Henry
Le concert d’Enrique Iglesias en préambule de la rencontre en est la preuve, Michel Platini cherche à américaniser le football, une scène et des flammes façon Super Bowl, on y est, XIIIème finale du Championnat d’Europe des Nations.
Allemagne – Espagne donc, une finale intéressante, si l’Espagne gagne tout chez les jeunes et l’Allemagne rien, en catégorie absolue, c’est exactement l’inverse.
Surtitrée internationallemand, c’est la Nationalmanschaft qui rentre le mieux dans le match, l’Espagne est fébrile mais ce soir, elle joue pour un homme, son entraîneur, Luis Aragones.
Au pays, son nom n’existe pas, le peuple l’appelle Luis, tout simplement, l’Espagne aime son coach autant qu’elle sait parfois le détester, mélange de tendresse et de découragement ; « Cette finale on veut la gagner pour Luis, il nous a montré le chemin » explique Carles Puyol.
C’est son meilleur élève, celui qu’il a élevé à l’Atletico Madrid, qui lui rend un premier hommage, superbe but d’attaquant du Nino, course et petit piqué par dessus Lehmann.
Les sites de paris en ligne pronostiquaient une victoire 0-1 pour l’Espagne, but de Torres, jusque-là, c’est du tout bon. Plus vieil entraîneur du tournoi, Luis n’est sans doute pas le meilleur tacticien non plus, lui, c’est au mental qu’il fait gagner les matchs, il en est à son vingt deuxième sans la moindre défaite, mieux, il a remporté tous ses matchs lors de cet Euro : « J’ai dit aux gars que personne ne se souvient jamais du second ».
Autant dire qu’il ne veut pas perdre celui qui sera quoi qu’il arrive son dernier match sur le banc de la Roja. « Personne n’a vraiment rien fait pour me retenir » clame-t-il 24 heures avant son match le plus important ; après son aventure austro-suisse, Luis coachera effectivement le club turc de Fenerbahçe.
« L’Espagne a joué le meilleur football que j’ai pu voir ces 10 dernières années ». Comment ne pas croire le Kaizer Beckenbauer au vu des enchaînements espagnols, passes courtes, jeu simple dans les pieds et l’Allemagne qui regarde.
La Seleccion relaye sur le pré les chants de ses supporters « Alemania ven pa’ca que nos vas a chupar », pour les non hispaniques, ça se passe dans la bouche.
Cette Espagne-là rappelle une certaine France 98’. La réponse de la Roja au Black-Blanc-Beur des Bleus s’appelle les états d’Espagne enfin unis. De Galice en Andalousie, de Castille en Extremadura, même Catalogne et Pays Basque adhèrent à cette Seleccion, du jamais vu jusqu’alors.
Le parallèle va même au-delà, comme pour 98, cette équipe est entraînée par technicien âgé, aux origines paysannes et critiqué en début de compétition.
Luis et Aimé, même combat, même revanche. Le jeu de mot du jour en Espagne se justifie aux lettres du prénom du 10 espagnol Cesc, on y lit Con Estos Seremos Campeones ; traduction : avec ceux-là, nous serons champions. Platini peut remettre le trophée qu’il avait lui même retiré des mains espagnoles en finale de l’Euro 84, 24 ans plus tôt. Après l’édition 64, l’Espagne est de nouveau championne d’Europe.
Par Alexandre Gonzalez, au Ernst Happel Stadion de Vienne, Autriche






Partager