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Être Wayne Rooney

Tôt dans sa vie, il a été adulé à cause d’un talent différent, d’une envie différente, mais aussi d’une gueule différente. Non, Wayne Rooney n’a jamais été comme les autres et, depuis samedi, encore un peu moins. Tout simplement car en inscrivant un coup franc superbe à Stoke-on-Trent, l’ancien gamin de Croxteth est devenu le meilleur buteur de l’histoire de Manchester United devant Sir Bobby Charlton. Un exploit qui interroge désormais la carrière d’un héros souvent oublié et qui pose, surtout, la question suivante : comment devient-on une légende ?

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Il faut l’imaginer, il y a un peu plus de vingt ans. Maigre, les genoux abîmés, mais le sourire sincère, Wayne Rooney, onze ans, porte là un short trop court, et surtout trop remonté, surmonté d’un maillot bleu. C’est celui d’Everton, le club pour qui chante Thomas Wayne Rooney, le père, entre sa vie d’ouvrier et son autre passion, la boxe. Le fils joue au foot et ne fait quasiment que ça depuis qu’il a ouvert les yeux dans le quartier de Croxteth, à Liverpool. L’école, il n’a jamais aimé ça et a toujours fait en sorte d’y passer le moins de temps possible. Au point d’arriver souvent en retard en cours, mais aussi de se faire parfois expulser, comme ce jour où il se lève et fait un trou dans le mur du laboratoire de science parce qu’un prof a l'audace de lui confisquer son ballon. L’enfance de Wayne est simple : boxer, jouer au foot, se démerder pour tuer le temps, mais surtout faire plus que les autres sur un terrain pour s’en sortir. Ce soir de novembre 1996, le voilà pourtant à Anfield, avec ses tâches de rousseur et ses oreilles décollées. Il est la mascotte du soir, celle des Toffees pour le premier derby de la saison et compte bien marquer le coup. Alors, quelques minutes avant le coup d’envoi, il fait des frappes à Neville Southall, le gardien légendaire d’Everton. Logiquement, un gamin de son âge peine à atteindre le but. Wayne Rooney, lui, cale sa frappe au-dessus de la tête du portier. L’histoire vient de commencer. Aujourd’hui, l’enfant est devenu un homme. Depuis samedi, il est même devenu une légende. Le maillot a changé, le visage un petit peu aussi, mais l’envie n’a pas vrillé : si Rooney en est là, c’est avant tout parce qu’il aime le foot plus que tout et qu’au fond, ce dernier se devait de lui garder une place de choix. Son destin était écrit ainsi, seule la route aurait pu être différente. Plus belle ? Impossible, sinon Wayne Rooney n’aurait pas été Wayne Rooney.

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Se sentir privilégié


L’histoire de Wayne Rooney, prodige fabriqué pour devenir le nouvel espoir d’un pays maudit avec son football, est ainsi faite. Cela fait maintenant plus de quatorze ans qu’elle a débuté par une lucarne avec Everton contre Arsenal en octobre 2002. Cela fait désormais deux jours qu’elle a changé de dimension par une autre lucarne, la droite plutôt que la gauche, avec Manchester United lors d'un déplacement à Stoke. Depuis le 21 janvier 2017, Wayne Rooney est donc le meilleur buteur de l’histoire de l’institution United. Un nouveau record, le plus beau aussi, certainement. Deux cent cinquante buts, en cinq cent quarante-six matchs. Soit une réalisation de plus que Sir Bobby Charlton en deux cent douze rencontres de moins. Rooney a aujourd’hui trente et un ans et il est temps de se poser pour prendre la mesure d’un homme qui est donc le meilleur buteur de l’histoire du club le plus riche du monde – et le plus titré d’Angleterre –, le meilleur buteur de sa sélection nationale, le meilleur buteur anglais en C1, le meilleur buteur de l’histoire de Manchester United sur la scène européenne, le troisième meilleur passeur de l'histoire de la Premier League, le meilleur buteur de l'histoire du championnat à l'extérieur et qui n’est plus qu’à dix cacahuètes du record d’Alan Shearer, meilleur buteur de l’histoire de l'ère PL. Si l’on s’installe et que l’on se rappelle, il y a plus de dix ans, certains observateurs expliquaient que trois joueurs avaient le potentiel pour devenir les meilleurs joueurs du monde. Les noms ? Cristiano Ronaldo, Lionel Messi et Wayne Rooney. Aujourd’hui, chacun d’entre eux est devenu le meilleur buteur de l’histoire de son club. En faut-il plus pour se sentir privilégié ?

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Il n'y aura plus de Wayne Rooney


Oui, chacun d’entre nous doit se sentir privilégié de vivre à une époque où Wayne Rooney joue au foot. Ce qu’il se passe sous nos yeux depuis le début des années 2000 avec lui est unique, indescriptible et probablement plus intense car moins lisse qu’avec les deux autres. Oui, le suivre, c'est accepter que tout aurait pu être différent avec une meilleure hygiène de vie et plus d'individualisme. Puis, Rooney, c’est aussi ça : une grande gueule, un état d’esprit souvent limite, un homme qui aime l’argent au point d’avoir au cours de son histoire avec Manchester United fait plier l’institution pour ses intérêts, mais aussi une haine de la défaite. Rooney, c’est surtout des buts, des succès, des titres et un sens du sacrifice au moment où son club en avait besoin. Sa romance avec Manchester United avait commencé en 2004 sur des millions et cette justification de Sir Alex Ferguson : « Il faut se rendre compte qu’il a dix-huit ans et qu’il pourrait passer toute sa carrière au club. » Près de treize ans plus tard, Wazza n’a pas bougé.


Alors oui, aimer Wayne Rooney n’est pas simple, mais est surtout soumis à la condition d’accepter de ne pas être un gendre idéal. Car on peut aussi le détester. Car il a rencontré sa femme après avoir cassé la raquette de tennis du frère de cette dernière. Car il peut dégoupiller en un déclic. Car il agace parce qu’il discute chaque décision. Car il est plus Gascoigne que Beckham. Mais qu’est-il aujourd’hui avant tout ? Un vestige du Manchester United qui riait et gagnait avec autorité. Son football se joue aujourd’hui davantage en apparitions qu’en titularisations, mais peu importe, il reste décisif car il maîtrise l’instant. Cet instant, c’était hier, c’est aujourd’hui et ce sera demain, mais c’est surtout un moment où il faut profiter de ce qu’il se passe sous nos yeux. Car demain, il n’y aura plus de Wayne Rooney malgré les souvenirs de ce mec qui a débarqué dans le foot à dix-huit ans avec la même gueule qu’il aura quand il en sortira. C’est dur, mais c’est ainsi. C’est aussi ça le football. Savoir dire au revoir, mais pas pour le moment. Alors, profitons de Wayne, de sa vieille barbe et de son sourire d’enfant. Tout simplement car, au fond, face à lui, c’est peut-être nous les gosses. Le même qu’il était il y a vingt ans.

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Par Maxime Brigand
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