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Et si on cessait de complexifier le football ?

Le football est un jeu qui se joue à 11 contre 11 et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne. C'est pourtant si simple. Pourtant, depuis l'apparition des premières palettes tactiques à la télévision, on n'a de cesse de complexifier et d'intellectualiser ce sport pour rien en omettant des données très simples.

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Elles sont partout. Avant le match, à la mi-temps, après le coup de sifflet final et parfois même le lendemain dans des émissions qui leur sont totalement dédiées, si bien qu'il est devenu presque impossible de les éviter. Elles, ce sont les palettes tactiques, caractérisées par leurs traits, cercles, flèches et pointillés de différentes couleurs. Elles sont censées expliquer au spectateur comment telle action ou tel but s'est construit, souvent en affirmant que c'était inévitable. Elles paraissaient sympathiques quand elles ont débarqué à la télévision. Et elles l'étaient, car leur apparition rimaient avec compréhension. Tous les petits détails, toutes les subtilités dans le positionnement des joueurs qui nous échappaient nous étaient à présent accessibles. Mais ces mêmes palettes et autres analyses tactiques d'un seul moment - elles dépassent rarement la minute - ont profité de leur crédit pour nous envahir. Elles occupent désormais tous les médias. À tel point qu'elles sont aujourd'hui présentes même quand on n'a pas besoin d'elles.

Ainsi, beaucoup de spécialistes se sont sentis obligés d'expliquer avec des gribouillis colorés et des segments flous pourquoi et comment Javier Pastore avait inscrit son but stratosphérique contre Chelsea, alors que l'Argentin a très probablement laissé libre cours à son imagination et son aisance technique. L'heure est à l'analyse hyper intellectualisée. On tente de tout expliquer par des chiffres ou des trajectoires. On veut à tout prix donner au spectateur le sentiment qu'il suit un sport aussi complexe qu'une partie d'échec et de surcroît flatter son égo. Lui que les donneurs de leçons n'ont cessé de qualifier de beauf obnubilé par 22 hommes courant bêtement derrière le ballon peut à présent se défendre, arguant que la tactique et la mathématique sont les clés du football. La grenouille devient bœuf, hourra. Mais plus que le spectateur, c'est l'analyste, qui, en étudiant sans cesse et sans cesse des bouts de matchs ou des parties entières à la loupe, perd de la hauteur jusqu'à ne plus rien voir. Au final, ces études de cas deviennent confuses voire complètement surréalistes. De cette pratique sont nés des « footballogues » , ces scientifiques du ballon rond. Pourtant le football n'est pas une science et ne s'en approche même pas. Le football est très souvent simple, bien que sa base soit complexe.

Mise en place et spontanéité


Évidemment, accepter la part de simplicité du jeu ne remet pas en cause l'importance de la stratégie ni celle des penseurs du ballon rond ayant contribué à son évolution. Rinus Michels, Arrigo Sacchi ou Pep Guardiola ont tous construit leur petite révolution sur la base du collectif. Logique, étant donné que le football se joue à onze. «  L'individu peut te faire gagner un match, mais les exploits se font avec une équipe. Le football est un sport collectif avec des moments individuels, pas le contraire » . Ces phrases de Sacchi expliquent presque à elles seules ce qu'est le football, mélange de rigueur collective et de spontanéité. La première valeur est associée à la défense, et la seconde à l'attaque, voire au but, bien que l'on puisse retrouver de la spontanéité dans un tacle et de la rigueur dans la manière d'aborder un contre, par exemple. La première valeur pourrait être vulgairement traduite par l'organisation tactique. 4-3-3, 4-4-2, 3-5-2, amovible ou non, peu importe. Cette base va ensuite dicter les courses des joueurs par rapport à leurs coéquipiers et leurs adversaires (exemple : principe de la défense en zone) en prenant en compte un maximum de situations possibles et imaginables. À ces courses va se greffer l'utilisation du ballon (faut-il jouer plus court, plus long, latéralement ou verticalement ?). Là encore, le principe est le même. Tenter d'apprendre un maximum de circuits par lequel passera le ballon afin de prendre à défaut l'adversaire et de diminuer le risque de se faire surprendre.

Toutes ces données sont perceptibles, analysables. On les retrouve en match. En parler est légitime, car elles influencent fortement le cours d'une rencontre, mais force est de constater qu'elles ne se suffisent pas. Si le football n'était que tactique il deviendrait, à terme, facile de prévoir ce que compte faire l'adversaire. C'est là qu'intervient la spontanéité, l'imprévu, l'illogique. Frank Rijkaard - pas plus qu'un individu lambda - n'avait prévu qu'un Lionel Messi âgé de 19 ans effacerait la défense de Getafe sur 50 mètres pour inscrire le plus beau but de sa carrière. Plus globalement, le geste technique de base, la passe (surtout verticale), ne répond pas toujours à une logique tactique. Les maîtres de cet art que sont Xavi, Modrić ou Pirlo savent tirer partie d'une certaine organisation pour exprimer au mieux leur sens de l'orientation sur le terrain ainsi que leurs moments d'extra-lucidité leur permettant de tout (sa)voir. Une grande partie des passes létales sont purement illisibles. De fait, rares sont les actions qui se terminent comme prévu initialement par le schéma mis en place par le coach. Le Barça de Guardiola était logique dans sa manière de presser, de garder le ballon et d'attendre le moment opportun pour s'infiltrer dans la surface. Sa façon de finaliser était, elle, très aléatoire (même si évidemment il y a eu des dizaines et des dizaines de buts marqués uniquement grâce au « toque » ) et tributaire des qualités intrinsèques de ses joueurs (capacité à prendre la défense à défaut via un contrôle, un dribble, une passe, une frappe). Le football est beau en ce qu'il est capable d'obliger la logique à s'incliner devant une inspiration transcendant la réflexion pure. Et quand cela arrive, la meilleure chose à faire reste d'apprécier le spectacle. Cherche-t-on à analyser chaque coup de pinceau constituant le Jugement dernier de Michel-Ange ? Non.

Pression, fatigue et désorganisation


Le génie d'un joueur n'est qu'une source d'imprévisibilité parmi tant d'autres. La fatigue, les conditions de jeu, la pression ambiante peuvent biaiser toute prédiction. La dernière Coupe du monde en est la preuve. Dunga a encore dit récemment que « personne ne savait expliquer ce qui est arrivé au Brésil contre l'Allemagne » . Et c'est vrai. Tactiquement, aucune analyse n'a réellement réussi à le faire, parce que les hommes de Scolari ont tout simplement plié sous la pression de tout un peuple. L'analyse est ici on ne peut plus simple.

Un peu plus tôt dans la compétition, le match entre l'Angleterre et l'Italie s'était avéré extrêmement ouvert, car les deux blocs ne tenaient pas en raison de la chaleur et l'humidité de Manaus. Courir était devenu un calvaire pour certains joueurs qui, pas loin de suffoquer, se désolidarisaient du collectif notamment lors des phases défensives. Au final, on a vu des joueurs éparpillés un peu partout aux quatre coins du terrain. Plus le temps s'écoulait, plus les schémas de jeu disparaissaient pour laisser place à une bataille principalement physique et technique. Ce match a été remporté par l'Italie avec ses tripes et ses pieds. La fatigue est un paramètre aussi important que simple. Les footballeurs doivent y faire face quotidiennement. Elle peut expliquer la faillite d'une équipe sur un, deux ou dix matchs et les flèches, cercles, chiffres ou couleurs n'aident pas à la déceler. Pire, elles peuvent nous faire passer à côté d'un détail aussi banal et, de ce fait, nous mener vers une analyse que l'on pourrait croire intellectuelle, mais qui serait en réalité complètement biaisée. Conclusion, certaines actions méritent d'être analysées, d'autres sont le fruit d'exploits individuels (ou d'autres facteurs externes) et les dernières sont juste chiantes. C'est simple. Et tant pis si le football sollicite moins les neurones qu'une partie de go.

Par William Pereira
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"Le football est un sport simple rendu compliqué par des gens qui n'y connaissent rien"
Bill Shankly avait anticipé les consultants du CFC.
Dans la même veine, on a Johan Ier : "Jouer au football, c'est simple. C'est jouer simplement qui est compliqué."
Mouais. Complètement d'accord sur le premier paragraphe, moins sur le reste.

Sinon, y avait ce super article sur l'équipe : http://www.lequipe.fr/explore/la-data-revolution/
Rakamlerouge Niveau : National
Ou comme dirait Franz Beckenbauer à ses joueurs... "Geht raus und spielt Fußball!"

A prononcer avec l'accent bavarois pour ceux qui captent l'allemand.

(en gros, "sortez-vous les doigts et jouez au foot, me faites pas chier").
Le football ne se serait-il pas complexifié avec sa professionnalisation et les investissements qui ont suivi? Quand gagner a un prix, meme tetris devient complexe!
Le foot à toujours été intellectualisé, aujourd'hui beaucoup par les journalistes et consultants (et pas toujours à bon escient) mais n'oublions qu'avant ça certains entraineurs : les Helenio Herrera, César Luis Menotti, Arrigo Sachi, Rinus Michel et plus tard Guardiola, Ancelotti...pour ne citer que les plus connus) on su apporter une nouvelle dimension du jeu ou des rectifications tactiques qui permet au foot d'évoluer ou de se reconstruire. Les grand entraineurs ont tous un côté intellectuels du jeu, c'est aussi ce qui les fais gagner et sortir du lot.
Quand on approche la dimension tactique et stratégique du jeu on à pas le choix de l'intellectualiser pour comprendre les points forts , les faiblesses et apporter des réponses. l'évolution des conditions physiques et de la préparation des joueurs force aussi les entraineurs à repenser leur manière de faire jouer leur équipe.
Dire que le foot se joue à 11 contre 11 c'est bien trop simpliste, il faut aller bien plus loin dans la réflexion pour gagner ; changer les systèmes, faire évoluer les postes et le rôle des joueurs. Sans évolution le sport se meurt et c'est valable pour tous les sports collectifs.
LeFouteuxParExcellence Niveau : Loisir
Totalement d'accord avec cet article, des entraîneurs qui passent aujourd'hui pour des intellos (mourinho, pep, ancelotti) alors qu'ils ne passent le majeur partie de leurs temps à dire les mêmes choses et comptent sur le talent de leurs joueurs. Le football c'est un jeu qui se joue à l'instinct, les entraîneurs apportent leur touche pour développer cet instinct à travers la discipline tactique et l'esprit d'équipe c'est tout. Il ne peut pas prévoit comment se déroulera le match prochain, la forme de ses joueurs, ni celle des joueurs de l'équipe adverse.
Note : 11
Ce ne sont pas les analyses tactiques qui se multiplient mais les analyses de statistiques. D'ailleurs les discours tacticiens ne sont pas destinés au beauf en mal de reconnaissance intellectuelle qui ne jure en général que par des aphorismes du type "mouillez le maillot".

Tactique ne veut pas dire tout prévoir, mais faire en sorte de permettre des actions de jeu, parfois individuelles, par l'organisation globale. C'est l'organisation tactique et le comportement de l'équipe de Barcelone qui permettait à ses offensifs de briller. Le contexte tactique permet à la spontanéité de s'exprimer au mieux.
Xavlemancunien Niveau : CFA
Moi j'avais perdu du goût pour le foot vers 15-16 ans et m'ouvrir a l'aspect tactique/stratégique en découvrant notamment sofoot et les articles de Markus Kaufmann m'a redonné la passion pour le foot donc j'pense qu'a un moment on est obligé daller au delà du "le foot se joue à 11 contre 11"
Enfin un article sur le sujet des palettes !

Le foot, c'est pas le basket ou le foot américain, on se fout que telle ou telle équipe a marqué 3 buts dans les 15 dernières minutes ou qu'ils ont gagné 1 après avoir encaissé 1 but
Bonne année à tous... et de la joie footbalistique (surtout pour les supporters de l'étoile du sud).

Article, ambitieux, qui fait plaisir à lire mais qui ouvre la porte à un vrai débat (plus qu'à un billet d'humeur).

Je trouve qu'il y a un petit mélange entre la qualité des analyses, et la complexité tactique du football:

1. à la télé la plupart des consultants, ne regarde pas assez les matchs pour pouvoir dire des choses intéressantes (*).
Les gars essayent de te pondre des analyses en direct... sans analyse, voir même te fond des commentaires remplis de poncifs, en ayant vu les 3 minutes d'extrait (Fernandez, Papin et compagnie sont assez exceptionnels pour ça...).

A contrario on a des palettes assez complexe et plus intéressantes (je pense par exemple aux "chroniques tactiques" (allez voir son site), le gars fait du très bon boulot et doit sans doute regarder les matchs 2 ou 3 fois pour y arriver , même si à mon goûts effectivement il relaye parfois un peu au second plan la dimension humaine.

Ou encore en Allemagne, ou depuis que je m'intéresse au football, les gars sans palettes remplies de foriutures qui donnent l'impression de tirer un coup franc à Fifa... montrent des vidéos tactiques simples: regardez le mouvement de tel joueur 1 minute avant qu'il marque, avec une caméra qui le suit....


2. Concernant la dimension tactique, est ce que la dimension tactique est inférieure aux dimensions techniques, mentales et physiques?

Elle est sans doute aussi importante que les autres aspects, elle doit être traitée même si elle ne peut pas être la seule lecture.

3. Mais ensuite est ce que le football est simple tactiquement ou compliqué?

Et pour moi je crois que c'est une question au coeur du top football actuel:

Quand l'auteur évoque Guardiola et sont Toque... et que finalement les individualités font la différence, les joueurs de Guardiola ont en têtes des dizaines d'instructions tactiques... et savent quelles sont les solutions possibles, face à tel adversaire (**).

D'ailleurs Guardiola se veut un précurseur d'une vraie modernisation du jeu... et c'est un réel duel entre lui et des coachs comme Ancelotti ou encore Heynckes (qui représente à merveille l'entraineur plus classique avec une vision plus simple (bon je dis pas que c'est très simple).

D'un coté t'as un football avec des bases simples, et des rôles assez claires, avec un équilibre bien assuré... et de l'autre un football très déroutant, avec plus de variations tactiques, des joueurs qui peuvent jouer deux ou trois rôles différents selon les situations de jeu, et un équilibre très compliqué à maintenir par moment. (dans les 2 cas l'excellence de ces footballs ne peut se faire qu'avec des joueurs très fort).

à ça vient s'ajouter le football des morts de faims, à la Dortmund ou l'Atletico qui pressent à mort se bat sur tous les ballons. (bon je schématise).

Dans les trois cas, pour les tops matchs (où les équipes se valent techniquement, mentalement et physiquement): la différence peut se faire sur des surprises tactiques, et notamment des clés offensives. Si on prend le bayern Heynckes 2012 et Heynckes 2013, la base était la même, avec un football équilibré très solide défensivement, mais le jeu c'est enrichi dans sa palette offensive, pour pouvoir surprendre l'adversaire avec de nouveaux mouvements (plus de passes sautées... notamment).



Pour conclure le football est simple dans ses préceptes tactiques mais complexe dans les nuances tactiques, qui à armes égales ou dans un jour de moins bien, font la différence. Après très peu de consultant sont capables de sortir d'avoir des analyses justes... car ils ne prennent pas le temps.

Toutefois Guardiola semble avoir l'ambition de révolutionner le football , d'abord avec le Barça et aujourd'hui avec le Bayern(***). Les dirigeants du Bayern y croient dur comme faire....

D'ailleurs en Allemagne certains consultants (Matthaus, Hamman) critiquent Guardiola pour son méli-mélo tactique, et ses changements perpetuels... et Sammer a répondu en gros: " ça a du sens même si c'est parfois trop complexe pour que certains y comprennent quelques choses". (et c'est je trouve le même avis que beaucoup de gens ont sur So foot: au lieu d'avouer que c'est dur de comprendre les avec deviennent "c'est le bordel c'est n'importe quoi ils font des passes jusqu'à l'ennui et les indivudalités font la diff."

Je sais pas quelle sera l'issue, parfois je me dis que Guardiola rends les choses plus compliquées qu'elles ne le sont, mais pour l'instant les résultats sont là, et c'est brillant...

Beaucoup disent du football américain, que la plupart des gens regardent sans comprendre la moitié de ce qui se passe... et je pense qu'au football c'est la même chose, et les journalistes en font parties.... Après est il nécessaire de tout comprendre pour profiter du football, heureusement non.


(*) et on s'en sort pas trop mal , pour avoir vu une palette sur Be In en Arabe où les gars expliquaient que le gars avait réussi à placer sa frappe entre un joueur et le poteau, alors qu'il est à 2 mètres du but (je plaisante pas ).

(**) Guardilo a d'ailleurs expliqué que le 6-2 face au Real... il avait vu une faille et a dit à Messi quand je te fais signe, tu vas dans l'axe... tu vas recevoir le ballon et tu fonces au but, c'est tout autant la tactique que la capacité individuelle qui ont été prépondérante

(***) ce n'est pas anodin qu'une de ces premières phrases qu'il a dit aux joueurs du Bayern à son arrivée (qui restait sur une des plus belles saisons, que le football ait connu): "oubliez tout ce que vous avez appris"
Je trouve aussi que le foot est plus complexe que le fait de placer 11 joueurs sur un terrain. S'il suffisait juste d'être rapide et de savoir dribbler pour être un grand joueur de foot, Ben Arfa serait déjà triple ballon d'Or. Combien de joueurs amateurs ont des qualités techniques ou physiques d'un bon niveau sans pour autant savoir se placer correctement et courir dans tous les sens ? Le foot c'est à la fois très simple et aussi compliqué.
Ce qui rend le football compliqué, c'est l'humain. Le jeu n'est pas compliqué, ce qui l'est, c'est de faire comprendre à 11 bonhommes qu'ils ne pourront aller loin que lorsqu'ils joueront pour l'équipe, lorsqu'ils comprendront que le ballon va plus vite quand il est donné que porté, qu'amuser la galerie ne sert á rien quand on ne marque pas, etc... C'est ce qui rendait Zidane aussi extraordinaire. C'était rare de le voir faire un mauvais choix, car il était pratiquement dépourvu de narcissisme sur un terrain, ce qui lui permettait de faire des choix objectifs et d'être efficace. Le bon dribble au bon moment, la bonne passe au bon moment. Et puis forcément il y avait cette aisance technique hors du commun. Heureusement qu'il y a Youtube pour me refaire pleurer de temps en temps quand je me repasse ses matchs et que je me rends compte que quand il jouait, on trouvait presque ça normal, grands fous que nous sommes.
madjerinho Niveau : CFA2
Je suis d'accord avec certaines choses dites dans l'article.

Par contre le titre, l'idée générale ... Non, désolé. Le foot est et restera une joie simple, qu'on le joue ou qu'on le regarde, mais ça veut pas dire qu'il faut servir de la médiocrité aux spectateurs, au contraire, on peut que se réjouir de voir l'analyse s'affiner, de voir naître un discours plus structuré, plus approfondit. Ca n'enlève rien au plaisir du truc.

Après, il y a 2 choses dans ce registre qui peuvent être énervantes :
- l'abus d'utilisation de statistiques. Les statistiques sont utiles parfois mais tout ne se juge pas par ça, et ça n'apporte rien que les médias nous gavent de stats à ce point.

- ce qui a déjà été dit dans l'article sur le besoin d'expliquer pourquoi c'était inévitable, voir prévisible.

L'intérêt d'un bon commentaire footballistique c'est pas forcément d'expliquer le pourquoi du comment, mais plutôt d'amener une réflexion pertinente. Exemple avec Gary Neville et Carragher en Angleterre, qui sont des références mondiales en matière d'analyse footbalistiques. Morceaux choisis : sur le Barça : http://www.dailymotion.com/video/x12zxi … 2011_sport ; sur les récents progrès de De Gea et la différence entre un bon et un grand gardien : http://www.dailymotion.com/video/x2cmz8 … ears_sport

Pour moi ce genre d'analyse apportent un regard nouveau sur le football, et ça m'empêche pas de vivre les matches aussi intensément qu'avant. Pour finir, le fait de plus réfléchir au jeu n'enlève rien au côté "mystique" du foot, au contraire. On apprécie d'autant plus de voir l'improbable se réaliser.
Les palettes sont surtout la pour combler le vide avant , à la mi-temps et à la fin des matchs...

Quand un match se termine on laisse l'antenne aux Experts Miami comme sur TF1 , c'est ça le football.
Stan Key Lubric Niveau : CFA
Se suçoter autant la pine sur un article qui critique le branlage de mouche, c'est fort.
La Palette Canal a fait plus de mal que prévu.
Monsieur HR Niveau : Loisir
La discussion promettait d'être intéressante, mais cet article sur la complication est bien trop compliqué et bourré de contradictions. En plus il débouche sur une conclusion qui évite de conclure.
Roland Gland Niveau : DHR
On est entré dans la modernité depuis 200 ans et le besoin d'expliquer rationnellement le réel s'étend à toutes les sphères de la société.

C'est très bien de manière générale, sauf lorsque c'est réalisé par quelqu'un qui n'a pas la capacité de le faire ou n'est pas dans un bon contexte pour le faire.

Typiquement, un animateur télé qui ne regarde pas les matches (Menes) et à qui la chaîne donne 7 secondes pour chaque intervention ne peut servir qu'une infâme merde.

La conséquence est que les médias essaient de s'approprier en vain les codes de la modernité (la méthode, le jargon scientifique, l'utilisation de données chiffrées) qui sont un marqueur de notre société.

La qualité des contenus s'effondre. Pire encore, la mauvaise pratique des codes de la modernité tend à détériorer même la communication des acteurs de ce sport. Combien de fois entendez vous des joueurs parler de "rechercher la verticalité" au lieu de parler de "passes en profondeur". On nous vomit aussi des chiffres à la gueule qui apparaissent comme des arguments d'autorité plutôt que comme du matériel permettant de comprendre quelque chose.
Je pense tout le contraire, on a jamais parlé aussi peu tactique. On sort en permanence des stats inutiles, on "peoplise" les joueurs sans arrêt, chose encore amplifiée par les réseaux sociaux, on rabâche les rumeurs de transfert partout. Le seul site que je connaisse qui parle vraiment tactique c'est Zonalmarking. Le CFC, RMC, l'Équipe, Eurosport, Praud sur Itélé, tous ces gens ne parlent que transfert/polémique/stats/impressions/pronos, jamais tactique. Si demain Mourinho ou Van Gaal en parlent tactique tout le monde s'en foutra, ce qui compte c'est la phrase choc pour que Fernandez et co en fassent une discussion de comptoir.

Personnellement ça ne me dérange pas, je suis pas un joueur hardcore de FM ou un coach de DH "tryhard" mais dire qu'on parle trop tactique car il y a 4-5 palettes dans le CFC ça me fait sourire.
Sinon y'en a d'autres qui s'en branlent des stratégies/statistiques/tactiques et analyses tactiques?
Personnellement, je regarde un match de foot pour voir ou espérer voir du beau jeu, que ce soit par des passes, des dribbles, des buts, des gestes techniques qui se font de plus en plus rares.
Evidemment j'aime de temps en temps m'intéresser à l'approche tactique de certains matchs, mais j'ai autre chose à faire que de me demander pourquoi? comment? où? quand?.
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