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Et si le PSG était le sauveur de la Serie A ?

De l’autre côté des Alpes, tout le monde s’inquiète. La phrase d’Ibrahimović, « Il n’y a pas de futur chez vous » , a mis les Italiens face à la réalité. Pourtant, certains préfèrent voir le bon côté des choses : l’aspect financier. Et l’avenir.

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Les mots de Zlatan Ibrahimović, lors de son arrivée à Paris, trônent sur les premières pages de tous les journaux en Italie. « La baffe d’Ibra » , titre en gigantesque la Gazzetta dello Sport, au-dessus d’une photo du Suédois au pied de la Tour Eiffel. D’ailleurs, en cette fin de semaine, tout le monde ne parle que de ça. Les tifosi du Milan AC sont dégoutés, c’est un fait. Ceux des autres équipes, s’ils sont plutôt satisfaits d’avoir vu un type qui leur plante régulièrement un ou deux buts par saison s’en aller, sont inquiets aussi. Anxieux, même. Et si Ibra avait raison ? Et s’il n’y avait pas de futur en Serie A ? Si le football italien n’avait pas réussi à évoluer et à s’adapter au football moderne ? La métaphore est simple à trouver : l’Italie serait le pays qui, en premier, a conduit une superbe voiture. Le temps a passé, les autres pays ont acheté des nouveaux modèles, de plus en plus performants, de plus en plus rapides, et l’Italie, elle, est restée bloquée dans sa vieille voiture, toujours persuadée qu’elle possède la plus belle. Sauf qu’en réalité, la belle voiture italienne n’a plus d’essence, et le moteur déconne. La phrase forte de Zlatan, mercredi soir, a marqué la nouvelle réalité : il va falloir changer de voiture. Sous peine de tomber en panne. Et de ne plus pouvoir redémarrer.

Renflouer les caisses

Pendant que les tifosi s’inquiètent, les dirigeants des clubs italiens, eux, dorment sur leurs deux oreilles. En effet, le fait que les stars comme Pastore, Lavezzi, Zlatan et Thiago Silva soient tous partis au PSG ne les effraie pas. Parce qu’ils comptent faire venir d’autres « top players » à la place ? Non. Il y en aura peut-être un ou deux (Tévez ? Džeko ? Van Persie ?), mais les présidents de club voient plutôt l’aspect financier. En l’espace de 12 mois, depuis leur arrivée au PSG, Leonardo est venu chercher neuf joueurs en Serie A et Nasser al-Khelaifi a, du coup, injecté 177,5 millions d’euros en Italie. Et pas de jaloux : Milan a récupéré 62 millions d’euros, Palerme 46,5, Naples 30, Pescara 12, l’Inter 11, la Juve et la Roma 8. Alors que le championnat d’Italie s’appauvrit en terme de joueurs, les clubs, eux, s’enrichissent. Alors que les équipes italiennes ont de plus en plus de mal à dépenser des grosses sommes sur le mercato (pour le moment, les plus gros transferts de l’été, ce sont Giovinco et Palacio, respectivement payés 11 et 10,5 millions d’euros par la Juve et l'Inter), Leonardo, qui garde toujours beaucoup d’affection pour un pays qui l’a accueilli pendant près de 14 ans, renfloue les caisses. Sympa ? On peut le voir de cet œil-là, oui.

Renflouer les caisses, d’accord, mais dans quel but ? Il y a un temps où aucun joueur de classe mondiale n’aurait refusé la Serie A. Mieux, il y a un temps où tous ces joueurs ne rêvaient que d’une chose : venir jouer dans celui qui était alors le plus beau championnat du monde. Aujourd’hui, même si les clubs italiens réussissent à récupérer de l’argent, quel grand joueur va choisir l’Italie plutôt que d’aller jouer au Barça, au Real Madrid, à Manchester City ou à Chelsea ? Les énormes difficultés financières de Fininvest et la Saras, les deux entreprises directement au Milan AC (Berlusconi) et à l’Inter (Moratti) obligent les deux équipes milanaises à ne pas dépenser des sommes folles, sous peine d’implosion. La Gazzetta dello Sport est d’ailleurs claire sur ce sujet : si la Serie A était une entreprise comme les autres, avec 285 millions d’euros de déficit et 1,55 milliard de dettes, elle aurait déjà mis la clef sous la porte.

Panino et Crodino


Alors, comment trouver du positivisme là-dedans ? Le PSG, dont le chéquier flambe depuis le mois de juillet 2011, aide financièrement les clubs italiens. Ce n’est pas faux. Mais n’est-ce pas seulement un cache-misère ? Prenons justement comme exemple le PSG. Combien de maillots de Thiago Silva et de Zlatan vont être vendus lors des prochains mois, et pour combien de millions d’euros de recettes ? À l’inverse, qui, du côté de Milan, aura envie d’aller acheter le maillot de Pato ou de Robinho ? Pas grand monde. Le cycle du foot, en véritable chaîne alimentaire, est ainsi fait : on dépense de l’argent pour ramener des grands joueurs et construire une grande équipe, puis les supporters remplissent le stade, achètent des maillots et permettent au club d’acheter encore d’autres grands joueurs. Tout l’inverse pour les championnats qui perdent peu à peu leur star. Le désintérêt des gens croît. L’Italie est actuellement frappée de plein fouet par la crise : le chômage des jeunes est extrêmement élevé et la confiance des Italiens n’est pas franchement au plus haut. Le football devrait pouvoir servir d’échappatoire, de refuge, d’oasis au milieu du désert. Mais là, non.

Alors, quoi ? Le football italien est entièrement à jeter à la poubelle ? Non. Évidemment que non. Mais les fortes phrases de Zlatan et les gifles assénées par son agent, Mino Raiola, doivent servir de leçon. Une leçon pour mieux repartir, pour mieux recommencer. Le Calcio doit faire des réformes. Des réformes sur les stades, par exemple. Le flambant Juventus Stadium doit servir d’exemple pour les années à venir. Des réformes aussi dans les têtes. Dans les années 80-90, aller au stade le dimanche était devenu un rituel de famille. On y amenait le panino, la barquette de pâtes, un Crodino, et c’était parti pour une après-midi de fête dans les tribunes, avec femmes, enfants, grands-parents. Retrouver cet état d’esprit pour retrouver un football prospère. Si les stades n’attirent plus les supporters, ils ne pourront jamais attirer les plus grands joueurs mondiaux. Alors, oui, peut-être qu’en un sens, l’arrivée de Leonardo au PSG sera un bien pour le football italien. Pas un bien à court terme, mais à long terme. Et peut-être que dans dix ans, on s’en souviendra comme de l’électrochoc qui a réparé le moteur du Calcio.

Éric Maggiori, à Ancône
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