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Et si la Hongrie avait battu la RFA en 1954 ?

Le 4 juillet 1954, la Hongrie affronte l'Allemagne en finale du Mondial. Alors qu'ils mènent 2-0 au bout de 8 minutes, les Hongrois, ultra-favoris de la compétition, sont finalement battus 3-2 par les Allemands. Mais quelle influence une victoire de la bande à Puskás aurait-elle eu sur l'histoire du foot ?

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Toni Turek n'en croit pas ses yeux. Sur une passe en retrait complètement foireuse de son défenseur Werner Kohlmeyer, le portier de la RFA se fait chiper le ballon par Zoltán Czibor qui, du pied gauche, n'a plus qu'à le déposer dans le but vide. Le gardien de Düsseldorf se relève et regarde le grand tableau d'affichage du Wankdorfstadion de Berne. 2-0 pour la Hongrie. On joue depuis 8 minutes de jeu. Turek a déjà compris : il va subir le même sort que son coéquipier Henrich Kwiatkowski qui, quelques jours plus tôt, avait déjà encaissé 8 buts en poules (défaite 8-3) face à ces mêmes Hongrois. Depuis, Kwiatkowski a été remplacé dans les cages par Turek et la RFA, malgré l'humiliation, est parvenue à se hisser jusqu'en finale de Coupe du monde, où elle retrouve alors son bourreau. Et clairement, les Magyars semblent chauds pour un nouveau Grand Huit.

Turek, tu es un dieu du football


Il faut dire qu'à cette époque, le Onze d’or hongrois est ce qui se fait de mieux au monde. Emmenée par son fabuleux trio Kocsis-Puskás-Czibor, la sélection hongroise n’a plus perdu le moindre match depuis le 14 mai 1950 et reste sur une série de 23 matchs sans défaite (97 buts marqués, 24 encaissés) au moment de débuter la Coupe du monde. Lors de cette fabuleuse série, les Magyars ont notamment réalisé un exploit sans précédent : une victoire 6-3 en novembre 1953 à Wembley, là où aucune équipe non britannique n'était venue s'imposer. Et la Coupe du monde 1954 en Suisse semble suivre le même rythme : 9-0 contre la Corée du Sud, 8-3 contre la RFA. Les Hongrois corrigent ensuite le Brésil (4-2 au terme de la « bataille de Berne » ), puis l’Uruguay, championne du monde en titre (4-2).

Youtube

En finale, la sélection entraînée par Gusztáv Sebes retrouve donc l'Allemagne, et son triomphe ne fait aucun doute. Blessé et absent pour le quart et la demi-finale, Ferenc Puskás, considéré cette année-là comme le meilleur joueur du monde, fait son retour pour le dernier round. Et ouvre le score après six minutes de jeu. Czibor double donc la mise deux minutes plus tard. On pense que les jeux sont faits, mais la RFA trouve d'incroyables ressources pour revenir à 2-2, d'abord par Morlock, puis par Rahn. C'est à ce moment-là que l'histoire choisit son camp.


À 2-2, la Hongrie attaque tambour battant, touche le poteau, et le portier allemand Turek réalise des parades exceptionnelles, ce qui fera dire aux commentateurs allemands : « Turek, tu es une espèce de diable, Turek, tu es un dieu du football ! » Et à six minutes du terme, Rahn, encore lui, offre une victoire inespérée aux Allemands de l'Ouest. Oui, sauf que dans une réalité parallèle, à la 66e minute, Turek ne peut rien faire sur la reprise de volée à bout portant de Nándor Hidegkuti. Les Hongrois mènent alors 3-2. Puis 4-2 grâce à Puskás, pour clore en beauté un Mondial de haute voltige. C'est fait : la Hongrie est championne du monde. Enfin.

Kopa, Fontaine et Di Stéfano à Reims


Vainqueur du Mondial, meilleur joueur de la compétition, Ferenc Puskás règne sur la planète football. En l'honneur de ce Onze d’or magyar, le journal italien La Gazzetta dello Sport a l'idée de créer une distinction intitulée le Pallone d'Oro (Ballon d’or), qui récompenserait chaque année le meilleur joueur du monde. Dommage pour le magazine français France Football, qui mijotait aussi le même genre d'idée de son côté. Du coup, en décembre 1954, Puskás remporte à l'unanimité le premier Pallone d'Oro Gazzetta. Le Real Madrid, de peur qu'un autre club européen ne mette le grappin sur la star hongroise, décide de le recruter dès l'été 1955, histoire de pouvoir aligner le duo Puskás-Di Stéfano dès la première édition d'une nouvelle compétition, la Coupe des clubs champions. Puskás quitte donc Honved et débarque au Real Madrid le 12 juillet 1955. Malheureusement, le courant a du mal à passer entre les deux stars, Di Stéfano jugeant que Puskás « a un melon énorme  » , et d'autant plus depuis son deuxième Pallone d'Oro consécutif remporté en décembre 1955.


Ainsi, le 13 juin 1956, le Real Madrid affronte le Stade de Reims en finale de la première Coupes des clubs champions. Alors que Reims mène 2-0 après 10 minutes de jeu, Puskás s'énerve sur ses coéquipiers : « Donnez le ballon au double Pallone d'Oro, je m'occupe du reste. » Vexé, Di Stéfano quitte la pelouse. Puskás marque effectivement deux buts, mais le Stade de Reims s'impose finalement 3-2 grâce à un but vainqueur de Raymond Kopa. Reims devient ainsi le premier vainqueur de la Coupes des clubs champions (à jamais les premiers), ce qui a pour conséquence de créer un énorme engouement autour du championnat de France et d'attirer les stars étrangères.


Di Stéfano demande notamment à son président Santiago Bernabéu à quitter le Real Madrid. Il rejoint le Stade de Reims à l'été 1956, où il va former un trio dingue avec Raymond Kopa et Just Fontaine. Invincibles sur la scène européenne, les Champenois raflent également la C1 en 1957 et 1958. Sous la pression populaire, Di Stéfano se fait naturaliser français en mars 1958, notamment pour pouvoir participer au Mondial 58 avec les Bleus. Avec un objectif en tête : battre la Hongrie de Puskás.

Oliver le héros


Première de sa poule, la France bat l'Irlande du Nord en quarts de finale et se hisse en demies. La Hongrie, de son côté, termine également première de son groupe, tape l'URSS en quarts et rejoint aussi le dernier carré. C'est alors un rendez-vous avec l'histoire. La Hongrie retrouve la RFA, quatre ans après, tandis que la France affronte le Brésil du tout jeune Pelé. Comme en 1954, les Hongrois ne font qu'une bouchée des Allemands, notamment grâce à un Puskás stratosphérique, auteur d'un triplé. Dans l'autre match, Fontaine, Kopa et Di Stéfano font face à Didi, Vava et Pelé. Un match complètement fou. 1-0, 1-1, 1-2, 1-3, 2-3, 3-3, 4-3, 4-4. Et à la 90e minute, Di Stéfano offre la victoire aux Français, 5-4. Pelé est en larmes. Huit ans après le Maracanazo, les Brésiliens parlent là d'un « Råsundastadionazo » , le match ayant lieu au stade Råsunda de Solna, tandis que la presse le rebaptise « le match du siècle » .


La finale, qui tourne évidemment autour du duel entre Di Stéfano et Puskás, accouche d'un match plutôt terne, où les champions du monde hongrois bafouent leur football. On se dirige vers un score nul quand, à la 86e minute, l'improbable Célestin Oliver, attaquant du FC Sedan entré en cours de jeu, marque sur corner de la tête, offrant la Coupe du monde à l'équipe de France. Les Bleus deviennent les quatrièmes vainqueurs de la compétition après l'Uruguay, l'Italie et la Hongrie, et on assiste à des scènes de liesse dans tout le pays au son de Je Survivrai, morceau composé pour l'occasion par Edith Piaf et Henri Salvador.


Suite à cette finale perdue, Puskás décide de mettre un terme à sa carrière. Le Real Madrid, un peu pris de court, se rabat sur le match-winner de la finale, Célestin Oliver, qui était pourtant sur le point de signer à l'Olympique de Marseille. Oliver, alors âgé de 28 ans, deviendra une véritable star en Espagne, où il inscrira 129 buts en 168 matchs, et remportera trois Coupes des clubs champions et un Pallone d'Oro Gazzetta en 1962, au nez et à la barbe de Josef Masopust et Eusébio. Près de 50 ans plus tard, on parle encore de lui comme du « Français ayant le plus marqué l'histoire du Real Madrid » , juste devant Jean-Pierre Papin et Zinédine Zidane. Un Zidane qui aurait certainement trusté la première place de ce podium si sa reprise de volée en finale de Ligue des champions 2002 n'avait pas heurté la barre transversale...

Par Éric Maggiori
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Dans cet article

Note : 4
Pas un mot sur la prise d'amphétamines des Allemands?
...et à la fin c'est la France qui gagne. Amusante uchronie bien sympathique. J'en propose une variante: et si en 1954 l'équipe avait été celle d'Autriche-Hongrie? L'histoire commune des deux pays le permet, d'autant que l'Autriche, arrivée alors 3ème cette année-là, se justifie par cette place sportive également.
Et plus loin encore: quelles conséquences sur Allemagne-Autriche(-Hongrie?) 1982? Et par contre-coup pour le football algérien?
On peut chercher loin, c'est ça qui est sympa avec ce genre de discussion, reste que le doute est toujours de mise puisque que "comment savoir? Ce n'est pas arrivé"
Message posté par gonzolo
Pas un mot sur la prise d'amphétamines des Allemands?


Les Allemands appellent cela " le miracle de Berne " ça passe mieux
JimPooley Niveau : CFA2
Juste une petite remarque en passant : comment ce Célestin Olivier a-t-il pu "entrer en cours de jeu" alors que les remplacements n'étaient pas encore autorisés? C'est un détail, mais qui fausse un peu l'exercice, je trouve.
gwynplaine76 Niveau : CFA2
Message posté par gonzolo
Pas un mot sur la prise d'amphétamines des Allemands?


Bah justement, dans cette uchronie, leur pharmacie était vide. Suis un peu ;-)
alexnoirdez Niveau : Loisir
Ne pas oublié aussi Nándor Hidegkuti l'indispensable meneur de jeu derrière Puskas.

D’ailleurs Puskas a égalisé à la toute fin du match mais il a été sifflé hors-jeu, hors qui est en fait inexistant.

Bref salauds de boches
La question du doping, côté allemand, est des plus légitimes et, quoique en rien tranchée, a gagné en pertinence..mais je m'étonne toujours qu'elle ne soit jamais posée à l'endroit des Hongrois..

Le discours dominant entend que le dopage des Ouest-Allemands venait en droite ligne de l'équipe militaire du IIIème Reich, menée par..Herberger ; une variante de l'Histoire (il y en a d'autres..) entend d'ailleurs que Herberger ne fit que recycler, en 1954, la prise de produits stimulants ayant eu cours une décennie plus tôt dans l'armée allemande (..non moins, très certainement, que parmi les troupes alliées..)..

Et pourquoi pas, l'hypothèse est séduisante, mais..pourquoi ne pas la poser aussi pour la Hongrie?

La Hongrie figurait parmi les forces de l'Axe durant la guerre, l'équipe de 1954 était non moins militaire que ne l'avait été celle de Herberger, était représentative d'un régime gagné à la propagande par le sport..et l'équipe hongroise, surtout, passait pour la plus aboutie sur le plan physique et n'était avare de ses accès de soudaine violence, témoignage possible de la prise de stimulants..

A juger de ce depuis quoi l'on a éreinté la mémoire de l'équipe de Herberger : pourquoi si peu d'investigation - aucune, à dire vrai.. -, du côté de la bande à Sebes? J'ai ma petite idée, mais..
Message posté par alexnoirdez
Ne pas oublié aussi Nándor Hidegkuti l'indispensable meneur de jeu derrière Puskas.

D’ailleurs Puskas a égalisé à la toute fin du match mais il a été sifflé hors-jeu, hors qui est en fait inexistant.

Bref salauds de boches


Des analystes allemands semblent avoir démontré la validité de ce but de Puskas, oui..à l'instar par exemple du caractère non-valide du célèbre "but" de Hurst ou, sujet bien supérieur à la présente uchronie, mais dont l'oubli systématique en dit ma foi long de certains dogmes : aux Pays-Bas de la pleine validité d'un but belge inscrit face aux Pays-Bas en 1973, mais décisivement annulé..
Pour ma part, je ne pense pas que la victoire d'une nation change le cours de l'histoire du football. Les compétitions internationales étant certes les plus prestigieuses mais en même temps ce sont les plus rares et ne constituent aucunement le pain quotidien du football.
Les Uchronies footballistiques je ne les trouve pertinentes que pour les joueurs et les clubs.
Tiens : je t'avais mis un +1 sans le faire exprès, encore mes gros doigts..

Et ça se défend Aerton, mais.. A dire vrai je ne parviens pas à avoir d'avis tranché..

La présence ou non des Néerlandais en (finale de) 1974 n'aurait assurémement rien changé à tout le tintamarre absurde en-fait - j'en veux pour preuve ils ont perdu, sans qu'il n'y eût rien à y redire..et furent cependant encensés.. Quant aux Belges ils avaient beau être plus au point tactiquement, ils n'auraient probablement intéressé grand-monde pour autant..

Les Anglais en 1966? L'exclusif impact de ce succès me semble avoir été sur la scène intérieure, ménager une fierté mal en point..

Le sort du Vidélisme était sans doute déjà tout tracé, et ne tarda guère malgré la victoire de 78..

Je suis plus circonspect quand même pour l'Italie mussolinienne - Hitler se désintéressa du football à compter d'une défaite humiliante face à la Norvège, trop compliqué ; il me paraît dès lors raisonnable de se demander ce que fut advenu du football italien sans les sacrés coups de pouce de 1934..?

Quant à 1954, sur le plan identitaire et moral : ce fut tout de même très fort pour la RFA, pour rappel blacklistée encore en 1950..
Message posté par Bota67
La question du doping, côté allemand, est des plus légitimes et, quoique en rien tranchée, a gagné en pertinence..mais je m'étonne toujours qu'elle ne soit jamais posée à l'endroit des Hongrois..

Le discours dominant entend que le dopage des Ouest-Allemands venait en droite ligne de l'équipe militaire du IIIème Reich, menée par..Herberger ; une variante de l'Histoire (il y en a d'autres..) entend d'ailleurs que Herberger ne fit que recycler, en 1954, la prise de produits stimulants ayant eu cours une décennie plus tôt dans l'armée allemande (..non moins, très certainement, que parmi les troupes alliées..)..

Et pourquoi pas, l'hypothèse est séduisante, mais..pourquoi ne pas la poser aussi pour la Hongrie?

La Hongrie figurait parmi les forces de l'Axe durant la guerre, l'équipe de 1954 était non moins militaire que ne l'avait été celle de Herberger, était représentative d'un régime gagné à la propagande par le sport..et l'équipe hongroise, surtout, passait pour la plus aboutie sur le plan physique et n'était avare de ses accès de soudaine violence, témoignage possible de la prise de stimulants..

A juger de ce depuis quoi l'on a éreinté la mémoire de l'équipe de Herberger : pourquoi si peu d'investigation - aucune, à dire vrai.. -, du côté de la bande à Sebes? J'ai ma petite idée, mais..


Tu as raison, les Hongrois se dopaient peut-être aussi. Mais on n'investigue que les vainqueurs...
Et si le soccer n'avait pas été inventé ?
Message posté par Bota67
Tiens : je t'avais mis un +1 sans le faire exprès, encore mes gros doigts..

Et ça se défend Aerton, mais.. A dire vrai je ne parviens pas à avoir d'avis tranché..

La présence ou non des Néerlandais en (finale de) 1974 n'aurait assurémement rien changé à tout le tintamarre absurde en-fait - j'en veux pour preuve ils ont perdu, sans qu'il n'y eût rien à y redire..et furent cependant encensés.. Quant aux Belges ils avaient beau être plus au point tactiquement, ils n'auraient probablement intéressé grand-monde pour autant..

Les Anglais en 1966? L'exclusif impact de ce succès me semble avoir été sur la scène intérieure, ménager une fierté mal en point..

Le sort du Vidélisme était sans doute déjà tout tracé, et ne tarda guère malgré la victoire de 78..

Je suis plus circonspect quand même pour l'Italie mussolinienne - Hitler se désintéressa du football à compter d'une défaite humiliante face à la Norvège, trop compliqué ; il me paraît dès lors raisonnable de se demander ce que fut advenu du football italien sans les sacrés coups de pouce de 1934..?

Quant à 1954, sur le plan identitaire et moral : ce fut tout de même très fort pour la RFA, pour rappel blacklistée encore en 1950..


Merci pour le +1 ! ca fait pas de mal.
Gonzolo, je ne sais pas si on n'investigue que les vainqueurs, pour ma part je dirais plutôt que les médias et les institutions ont leurs têtes..

Les Allemands par exemple n'ont pas grand-chose à craindre de l'UEFA ou de la FIFA (dans le cas d'espèce les "preuves" procédèrent de recherches internes à l'Allemagne), mais par contre bien plus des fédérations et médias français, anglais..

Les chouchous des médias français sont très aisément identifiables, Sofoot d'ailleurs et sans grande originalité en a fait part de son fond de commerce : Pays-Bas, Hongrie, Sacchi..
Message posté par Bota67
Tiens : je t'avais mis un +1 sans le faire exprès, encore mes gros doigts..

Et ça se défend Aerton, mais.. A dire vrai je ne parviens pas à avoir d'avis tranché..

La présence ou non des Néerlandais en (finale de) 1974 n'aurait assurémement rien changé à tout le tintamarre absurde en-fait - j'en veux pour preuve ils ont perdu, sans qu'il n'y eût rien à y redire..et furent cependant encensés.. Quant aux Belges ils avaient beau être plus au point tactiquement, ils n'auraient probablement intéressé grand-monde pour autant..

Les Anglais en 1966? L'exclusif impact de ce succès me semble avoir été sur la scène intérieure, ménager une fierté mal en point..

Le sort du Vidélisme était sans doute déjà tout tracé, et ne tarda guère malgré la victoire de 78..

Je suis plus circonspect quand même pour l'Italie mussolinienne - Hitler se désintéressa du football à compter d'une défaite humiliante face à la Norvège, trop compliqué ; il me paraît dès lors raisonnable de se demander ce que fut advenu du football italien sans les sacrés coups de pouce de 1934..?

Quant à 1954, sur le plan identitaire et moral : ce fut tout de même très fort pour la RFA, pour rappel blacklistée encore en 1950..


La victoire italienne de 1934 est certes hautement controversée mais celle de 1938 ne souffre d'aucune contestation. Terrain hostile, notamment les matchs disputés à Marseille où ceux qui avaient fuit fascisme étaient nombreux à les siffler. En fait, le fait majeur de 1938 reste la bourde du sélectionneur brésilien qui met au repos ses deux stars en demi finale contre l'Italie. La plus grosse erreur de coaching de l'histoire... qui reste étonnement méconnue.
Cela dit, je pense que même sans ces deux victoires, l'Italie serait devenue une grande nation de foot après la guerre. Le terreau s'y prêtait particulièrement, le foot étant un pilier de la culture populaire des années du "miracle italien" au même titre que le cyclisme, le cinéma ou la chanson. La catastrophe de Superga aurait pu être un coup d'arrêt mais la disparition du grand Torino a vite été comblé par la montée en puissance de la Juve et des milanaises.
L'article ne pose pas à mon avis la bonne question. La défaite de Berne ne marque pas la fin du foot hongrois, c'est l'insurrection de 1956 marquée par le passage à l'ouest de ses stars qui en sonna le glas.
A contrario, leurs voisins tchèques qui ont connu les mêmes désillusions en coupe du monde mais n'ont pas connu de "fuite des cerveaux", n'ont jamais tourné le dos au foot de haut niveau.
Suite à cet exode en forme de camouflet, le régime se méfiera du foot et sa notoriété trop envahissante. Les jeunes hongrois se dirigent alors (pas vraiment de leur plein gré) vers d'autres sports et le pays devient une nation phare des JO rivalisant avec des nations 5 ou 10 fois plus peuplées.
C'est resté. Aucun autre pays de 10 millions d'habitants n'excelle dans autant de disciplines que la Hongrie et j'ai été frappé par l'éclectisme des sports diffusés à la télé pendant mon séjour là bas. Le foot, en tant que sport roi, n'a plus sa place au milieu de tout ça.
Message posté par Ubriacone
La victoire italienne de 1934 est certes hautement controversée mais celle de 1938 ne souffre d'aucune contestation. Terrain hostile, notamment les matchs disputés à Marseille où ceux qui avaient fuit fascisme étaient nombreux à les siffler. En fait, le fait majeur de 1938 reste la bourde du sélectionneur brésilien qui met au repos ses deux stars en demi finale contre l'Italie. La plus grosse erreur de coaching de l'histoire... qui reste étonnement méconnue.
Cela dit, je pense que même sans ces deux victoires, l'Italie serait devenue une grande nation de foot après la guerre. Le terreau s'y prêtait particulièrement, le foot étant un pilier de la culture populaire des années du "miracle italien" au même titre que le cyclisme, le cinéma ou la chanson. La catastrophe de Superga aurait pu être un coup d'arrêt mais la disparition du grand Torino a vite été comblé par la montée en puissance de la Juve et des milanaises.


Je n'ai pour ma part rien à redire de l'édition 1938..mais j'insiste : à juger de ce qui se passa dans le cas allemand, Mussolini (j'ai spontanément failli écrire Berlusconi..) eût-il poursuivi sa politique de propagande par le foot, en cas d'échec dans sa Coupe du Monde?

Peron en son temps, depuis des ressorts similaires, avait cru plus prudent de ne pas trop exposer l'Argentine ; tout échec sportif eût été l'échec du régime, et il ne pouvait y avoir d'échec pour Mussolini..

Pour le miracle italien je serais prudent.. D'abord parce qu'on peut retourner le problème dans tous les sens, les structures et le boost du football italien renvoyaient encore et toujours à Mussolini, la question d'un échec en 1934 reste ma foi pendable.. Mais surtout la tutelle ricaine était castarde dans l'Italie d'après-guerre, et la propagande par le football ne s'est dans la Botte en rien arrêtée à Mussolini, le Milan pré-berlusconien en témoigne à foison..
Message posté par Ubriacone
L'article ne pose pas à mon avis la bonne question. La défaite de Berne ne marque pas la fin du foot hongrois, c'est l'insurrection de 1956 marquée par le passage à l'ouest de ses stars qui en sonna le glas.
A contrario, leurs voisins tchèques qui ont connu les mêmes désillusions en coupe du monde mais n'ont pas connu de "fuite des cerveaux", n'ont jamais tourné le dos au foot de haut niveau.
Suite à cet exode en forme de camouflet, le régime se méfiera du foot et sa notoriété trop envahissante. Les jeunes hongrois se dirigent alors (pas vraiment de leur plein gré) vers d'autres sports et le pays devient une nation phare des JO rivalisant avec des nations 5 ou 10 fois plus peuplées.
C'est resté. Aucun autre pays de 10 millions d'habitants n'excelle dans autant de disciplines que la Hongrie et j'ai été frappé par l'éclectisme des sports diffusés à la télé pendant mon séjour là bas. Le foot, en tant que sport roi, n'a plus sa place au milieu de tout ça.


C'est ce que j'ai longtemps cru pour le football hongrois, et cependant leur sélection resta de première force jusqu'au début des années 1970, et même d'une grande qualité encore dans la première moitié des années 1980 - on n'en retient généralement et abusivement, que le 6-0 face aux Soviétiques, quelle erreur..

Les clubs même restèrent longtemps compétitifs ; Ujpest ou Ferencvaros furent des épouvantails continentaux bien après 1956, et dans un contexte alors peu favorable aux clubs de l'Est sans quoi, qui sait..

Société davantage omnisports? Oui, c'est effectivement frappant chez eux..
Message posté par JimPooley
Juste une petite remarque en passant : comment ce Célestin Olivier a-t-il pu "entrer en cours de jeu" alors que les remplacements n'étaient pas encore autorisés? C'est un détail, mais qui fausse un peu l'exercice, je trouve.


Faut pas être trop regardant. D'ailleurs le dit Celestin Oliver jouait à l'UA Sedan Torcy (et non FC Sedan - la même erreur que la fausse une de journal "Kopa quitte le FC Reims" dans OSS 117) et avec une hypothétique présence de Di Stefano en bleu (avec Helenio Herrera sur le banc tant qu'on y est - Batteux triple champion d'Europe est parti à Madrid entre temps), il n'aurait même pas été du voyage. Une uchronie sur ce France / Brésil de 58 consisterait plutôt à se demander si la carrière de Pelé aurait été la même sans la blessure (effectivement, non remplacé) de Jonquet qui scelle le sort du match (et du mondial).
Mais le "détail" qui casse vraiment tout l'article, c'est Puskas qui part jouer à l'ouest comme une lettre à la poste. On est pas dans Foot Manager 1955 là! Le rideau de fer ça vous parle?
Il a fallu des événements politiques bien particuliers pour que ces joueurs hongrois fuient leur pays. Et champions du monde ou pas, on leur a pas franchement déroulé le tapis rouge une fois à l'ouest. La plupart ont goûté aux camps de réfugiés en Autriche et ont tous eu droit à de lourdes suspensions à la clé.
Message posté par Bota67
C'est ce que j'ai longtemps cru pour le football hongrois, et cependant leur sélection resta de première force jusqu'au début des années 1970, et même d'une grande qualité encore dans la première moitié des années 1980 - on n'en retient généralement et abusivement, que le 6-0 face aux Soviétiques, quelle erreur..

Les clubs même restèrent longtemps compétitifs ; Ujpest ou Ferencvaros furent des épouvantails continentaux bien après 1956, et dans un contexte alors peu favorable aux clubs de l'Est sans quoi, qui sait..

Société davantage omnisports? Oui, c'est effectivement frappant chez eux..


La transition ne s'est pas faite en un jour. Florian Albert reste à ce jour le seul BO hongrois en 1967 et effectivement même décapité le serpent bouge encore à cette époque. C'est la dernière génération qui a grandi avec les exploits de leurs ainés et qui a pu profiter des restes du système avant qu'il ne s'écroule.
Les années 80, je suis plus sceptique. On nous a vendu à tort Lajos Detari comme le "Platini hongrois" et sa sélection comme l'outsider du mondial 1986, outre le 6-0 que tu cites, ils sont également écrasés par la France (dans un groupe compliqué il est vrai).
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