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Et si l’Espagne ne passait pas ?

En battant la Croatie, l’Espagne terminerait première de son groupe, comme prévu. Mais son nul initial contre l’Italie ne la met pas à l’abri d’une élimination surprise. Un scénario que personne n’envisage, sauf les Croates.

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Scénario probable ce soir à Gdańsk : l’Espagne continue sa montée en puissance dans cet Euro, Torres plante un deuxième doublé consécutif, la bande à Del Bosque bat facilement une Croatie accrocheuse mais nettement inférieure et se qualifie pour les quarts de finale en terminant première de son groupe. Classique. C’était aussi ce qui était prévu pour la Russie, finalement rentrée à la maison avant-hier soir après sa défaite face à la Grèce (1-0). L’Espagne n’est pas la Russie. Elle est championne du monde et d’Europe en titre et a de quoi former deux équipes compétitives dans cet Euro. Mais elle n’est pas pour autant à l’abri d’un énorme coup de bambou. Comme les Russes, elle doit simplement ne pas perdre. Mais, comme les Russes, elle compte bien gagner. Jouer le nul, c’est pas son genre. «  On est supérieur à la Croatie et on doit le démontrer  » , annonce Javi Martínez. Attention au complexe de supériorité toutefois, les Croates ne sont pas tombés de la dernière pluie. Eux aussi ont battu les Irlandais sans trop de difficulté, eux aussi ont tenu en échec l’Italie et, surtout, eux aussi ont bien l’intention de rejoindre les quarts.

Un bon huitième de finale

En supposant que l’Italie batte l’Irlande, l’Espagne ou la Croatie quittera l’Euro, à moins d’un match nul supérieur à 1-1 entre les deux équipes, qui les qualifierait alors toutes les deux. Une éventualité qui fait flipper Marcelo Lippi et quelques journalistes italiens. Mais, hormis peut-être Yannick Noah, personne en-dehors de la Botte ne croit sérieusement à un pacte de la sorte. Non, le match va être engagé, disputé, ouvert, comme un bon huitième de finale. La Roja est solide, confiante, sûre d’elle, mais son nul contre l’Italie laisse toute issue envisageable ce soir, y compris la plus folle de toutes : une élimination de l’Espagne dès le premier tour. La Squadra a réussi à mettre sérieusement en difficulté la défense espagnole lors du premier match de ce groupe C, ici-même à Gdańsk. Les Croates aussi en sont capables, notamment grâce à leur duo Modrić-Mandžukić qui fonctionne à merveille. Paraît-il observé par le Barça, tout comme le défenseur Ćorluka, l’actuel co-meilleur buteur de l’Euro ne fera aucun cadeau à Sergio Ramos, contrairement à Balotelli.

Mettre le doute


Alors, comment l’Espagne pourrait-elle perdre ce match ? En butant sur la défense croate, en tournant autour sans trouver la faille, avec un Torres version maladroit. À partir de là, les Croates auront un coup à jouer. Dans la défense espagnole, il y aura des espaces. Di Natale les avait trouvés facilement, se jouant deux-trois fois de la charnière centrale Piqué-Ramos, pas des plus complémentaires. Le trou dans le dos de Jordi Alba, plutôt milieu gauche qu’arrière latéral, n’aura pas non plus échappé à Slaven Bilić, fin analyste des qualités et défauts de l’adversaire. À Modrić de trouver ces espaces. À Jelavić et Mandžukić de se montrer efficaces devant le but. À tous les autres de faire un sans-faute, de mettre de la présence physique dans la surface de Casillas et le doute dans les têtes espagnoles. Menée au score, sous pression, la Roja peut se dérégler. «  Nous sommes 23 lions » , prévient capitaine Srna. Des lions qui devront sortir le match parfait pour ne pas se faire dresser comme de vulgaires Irlandais. Et pourquoi pas réaliser la grande sensation de cet Euro, en sortant l’autre finaliste de 2010, et un des deux grands favoris de la compétition. Ils ont, en tous cas, tout le soutien de leur équipe de water-polo, qui vient, elle, de taper l’Espagne en finale de la ligue mondiale.

Par Léo Ruiz
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