Et si Barton était bon ?

On a tout dit, tout écrit sur le comportement de voyou de Joey Barton. Au point d'oublier que le milieu de terrain de Newcastle sait aussi jouer au ballon. Et plutôt bien même.

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Fernando Torres ne l'a sans doute pas bien mesuré mais il a eu du bol. Le 11 décembre dernier, l'attaquant de Liverpool croise la route d'un certain Joey Barton à St James' Park. Accrochage, noms d'oiseaux, l'Espagnol se fait même traiter de « petite fiotte » , geste à l'appui, par le capitaine des Magpies et... end of story. En d'autres temps, l'ami Barton aurait désossé El Nino sur le champ. Match ou pas match, public ou pas public, caméra ou pas caméra. Même les instances de la Fédération anglaise en sont restées comme deux ronds de flan puisqu'elles ont passé l'éponge alors qu'il était question d'une possible suspension. Et, au vrai, ce petit épisode révèle comme un changement de climat autour de la tête brûlée de Newcastle. Moins de bastons, moins de polémiques et une idée assez nouvelle : ce type là est peut-être bien un bon footballeur.



Un CV en forme de casier



Evidemment, on ne convaincra personne que Joey Barton est subitement devenu un chaton. Le natif de Liverpool reste un type qui, quand il n'attaque pas, ne cherche qu'à se défendre, comme dirait l'autre. Et Dieu sait qu'en la matière, Barton n'a jamais laissé sa part aux chiens. Capable d'éteindre son cigare dans l'oeil d'un jeune coéquipier, Jamie Tandy, en 2004 quand il était à Manchester City. Capable la même saison de dérouiller son propre capitaine, Richard Dunne, qui avait voulu s'interposer entre lui et un jeune fan qui avait eu le malheur de le chambrer lors d'une tournée en Asie. Et surtout capable de s'acharner comme un dément sur le pauvre Ousmane Dabo, coupable à ses yeux de l'avoir taclé un peu sévèrement à l'entraînement avant de lui tourner le dos, une erreur fatale avec ce genre de malade mental. Et le tout sans la moindre esquisse d'un début de regret. Et pourtant, c'est une autre avoinée qui donne le sentiment d'un changement. Il y a quelques mois, Barton se prend le bec avec un joueur de Blackburn Morten Gamst Pedersen et l'affaire se finit par un classique du Scouser : un bon coup de chaudron dans le buffet. Mais alors quel changement ? Dans la déclaration qui suit quelques jours plus tard durant lesquels Barton découvre un truc nouveau : la repentance ! « Je voudrais m'excuser auprès de mon entraîneur, Chris Hughton, mes coéquipiers, nos supporters et bien sûr auprès de Morten Gamst Pedersen et des Blackburn Rovers. J'accepte la sanction car je ne me suis pas bien comporté. J'aurais dû mieux me contrôler et je regrette profondément ce que j'ai fait » . Peut-être le résultat des quelques semaines passées en prisons en 2008 pour une rixe (what else ?) dans les rues de Liverpool avec quelques potes du même tonneau. Simple hypothèse mais le fait est là : « Jo » n'est plus tout à fait le même.



Un vrai leader



Si Newcastle fait un Championnat plus qu'honnête pour un promu (9e actuellement), le gaillard de 28 ans y est pour beaucoup. La hype Andy Carroll ? La moitié des buts de la grande gigue anglaise a directement été servie par Barton, soit tous ses pions inscrits de la tête (5) par le troisième meilleur scoreur de Premier League (11 buts). Une stat étonnante qui rappelle que Joseph Anthony Barton n'est pas que le boucher des pelouses auquel on le réduit trop fréquemment mais aussi un vrai bon joueur de ballon. Témoin ces deux saisons pleines sous le maillot de Manchester City entre 2005 et 2007 quand le milieu polyvalent facturait une implication directe dans une douzaine de buts par saison (6 buts et 6 passes dec' d'abord, 7 pions et 5 assists ensuite). Des chiffres à adosser bien entendu à son travail de sape défensif sans relâche mais sans doute trop indiscipliné (46 jaunes et 3 rouges en carrière, pour situer le bestiau), une limite pour le très haut niveau qu'il n'a fait qu'effleurer (une sélection), une bénédiction pour une équipe de Newcastle où la hargne et les baloches font office de schéma tactique. D'ailleurs, un signe ne trompe pas : quand les Magpies sont un peu emmerdés, ils lui filent la gonfle, conscients que sa conservation de balle et une vraie qualité de distribution voire de percussion à ses heures, résolvent pas mal de leurs soucis, ce qui n'est pas peu dire quand on connaît les limites technique de Newcastle. Sans égal dans l'impact, première caution technico-tactique et une âme de leader indéniable pour un gars qui a eu raison d'Alan Shearer en personne quand celui-ci, alors manager de l'équipe, voulait rompre son contrat suite à son séjour en taule. En vain.



Aujourd'hui, fort de ce capital confiance, le numéro 7 aspire carrément au capitanat de l'équipe, sans que personne ne crie au scandale et, au vu de son CV, l'affaire est déjà un petit exploit. En cette terre hospitalière pour ses « talents » disons particuliers, on comprend que le bonhomme se voit bien rester encore un moment. « J'aimerais même finir ma carrière dans ce club » , vient-il même de confier face aux inévitables rumeurs de transferts dont certaines l'envoient à Tottenham, rien que ça, comme pour mieux souligner la dimension prise par l'ancien voyou. A Newcastle, Joey Barton n'est qu'on bon footballeur. Et pour lui, c'est déjà beaucoup.

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Bon ou pas ce type reste avant tout une ordure. Sa vie privée le regarde mais quand on voit ce qu'il a fait de la tête de Dabo, on a presque envie que Barton rencontre un De Jong bien lancé sur une pelouse humide!
Et si Barton était moins con ?
Il a peut-être rencontré l'amour...
Ou découvert que la violence ne résout rien...

M'est avis qu'il va finir Miss Angleterre en dénonçant la pauvreté et la guerre dans le monde ! :D
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