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  2. // Milan AC/Real Madrid (2-2)

Et Pippo entra

On a longtemps cru que le Real allait s'imposer. Puis Super Super Pippo Pippo est entré. On a longtemps cru que cela suffirait. Mais les arrêts de jeu ont gâché la fête au fou du but.

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L'ère dominante du Milan AC appartient bien au passé, mais les Rossoneri ont toujours maintenu des restes de cette époque révolue qui leur permettent de s'offrir l'opportunité de succès dignes de leur glorieuse histoire. Après une première occasion manquée ce week-end face à la Juventus, les hommes du Président disposaient d'une seconde chance de faire reluire leur blason avec la réception du Real Madrid. L'orgueil mis de côté, et une fois fait fi du prestige de l'affiche, il s'agissait plus prosaïquement de ne pas se mettre dans une situation compromettante dans ce groupe G, où les Milanais ne totalisaient que quatre unités, à égalité avec l'Ajax de Suarez. Pour le Real, après trois victoires en trois matches, les chiffres se montraient beaucoup plus commodes, au point que les Merengues pouvaient devenir la première équipe à se qualifier pour les huitièmes.

Pendant 45 minutes, ou plutôt 44, perdure l'illusion que le Milan peut rivaliser. Le tableau d'affichage l'indique, les statistiques moins : 55% de possession de balle pour les hommes de Mourinho, et 13 tirs à 4. Avec Pirlo, Gattuso, et surtout le sang-frais de Boateng, les Lombards contiennent la domination madrilène dans des proportions raisonnables et la complicité entre Ronaldinho et Ibrahimovic suffit à bousculer un secteur défensif madrilène que l'on a connu plus concentré. Le Suédois n'était d'ailleurs sans doute pas hors-jeu quand il partait seul au but au quart d'heure de jeu. 20 minutes plus tard, le drapeau ne vient cette fois pas avorter l'échappée belle de Zlatan, mais l'ex de l'Inter manque son lob devant la sortie de Casillas après un amour de service piqué de Ronaldinho.

Côté Real, il n'existe pas simplement de brillantes individualités mais aussi une véritable animation offensive, qui ne se circonscrit pas au seul quator chargé de la décision (Ozil-Di Maria-Ronaldo-Higuain). Marcelo et Ramos offre des alternatives à leurs attaquants autant qu'ils font mal aux hanches milanaises. Dans l'axe, Xabi Alonso vient perforer dès que l'espace l'y invite. Mais ce mercredi soir, il était dit que la différence viendrait des pieds de Di Maria. Vibrionnant, l'Argentin profitait à la 45e minute de l'obsession de la dernière ligne milanaise pour Ronaldo, effectivement mis hors-jeu, et éliminait d'une passe cinq joueurs du Milan pour offrir un face-à-face à Higuain, toujours en position licite. Sentence au bout.

Face à un début de second acte conforme à la configuration de la première période, que restait-il au Milan ? S'accrocher à son histoire, à sa légende. Un orgueil personnifié par la rage de Gattuso et par l'entrée des 37 ans et 48 buts en Ligue des Champions de Pippo Inzaghi à la place d'un Ronaldinho trop intermittent (60e). Un premier ballon perdu pour l'immortel avant-centre, mais son numéro de chien de rue pour tenter de récupérer la gonfle faisait rugir San Siro. Il aurait pu aussi valoir un carton rouge d'entrée à Super Pippo, coupable d'un geste d'énervement sur Xabi Alonso. Mais Howard Webb n'a pas viré sa cuti depuis la finale de Coupe du Monde et préfère toujours se montrer clément face à quelques excès de virilité. La seule présence du feu follet transalpin suffisait à étirer le bloc merengue. Elle allait surtout faire basculer la rencontre. A la 68e minute, Ibrahimovic échappait à Pepe sur l'aile gauche et son centre glissait des mains de Casillas, trop prompt à l'anticipation, mais n'échappait pas à Pippo, qui cueillait le ballon de la tête pour faire basculer San Siro dans une folie sans âge. Mission accomplie pour Inzaghi et le Milan semblait signifier Allegri en faisant sortir Pato pour alourdir la moyenne d'âge avec l'entrée d'Ambrosini.

Mais, voilà, Inzaghi n'est pas raisonnable, sinon comment un footballeur qui en rend en agilité technique et en impact physique à 90% de ses congénères serait-il devenu l'une des plus fines gâchettes de la planète ? Après avoir profité d'une erreur de l'adversaire, Inzagi allait, cette fois, faire son beurre sur une approximation de l'arbitre de touche. Parti hors-jeu, il ne manquait pas son face à face et dynamitait San Siro (78e). Alex Ferguson avait défini mieux que personne le buteur milanais : « Inzaghi est né en position de hors-jeu » . Maxime à nouveau vérifiée. Le Real ? Disparu jusqu'à l'entrée des arrêts de jeu. Sonné, étonnamment sans ressource. Deux (presque) indésirables allaient le ressusciter. Entré à la 73e, Benzema servait Pedro Leon sur le côté droit de la surface et Abbiati ne serrait pas les jambes assez rapidement pour éviter une désillusion de dernière minute (93e). Reste que le Real n'a toujours pas battu le Milan à San Siro depuis 50 ans. Le poids de l'histoire sans doute.

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C'est Ferguson qui a déclaré : "Inzaghi est né en position de hors-jeu", pas Beckenbauer.
Belle passe de K-Benz. Si il pouvait récupérer un dixième de la combativité et de la motivation du vétéran Inzaghi, il serait titulaire à tous les matches sans problèmes.
Le Milan AC est quand même vraiment à la rue depuis deux saisons, il n'y a pas vraiment de collectif dans l'équipe et ça se voit. C'est d'autant plus cruel quand on le compare au Real de ce soir.

Le Real justement, on pourra accuser So Foot d'être pro Mourinho ( sans vraiment de raisons valables ceci dit ), mais il faut bien reconnaitre qu'en deux mois, il a transformé l'équipe en machine de guerre, avec un jeu super agréable à voir en plus. Partout où il passe, il obtient le même résultat. Il est sans doute un connard arrogant et insupportable, mais ça ne change rien au fait que tout ce qu'il touche devient invincible, et c'est bien tout ce qu'on demande à un entraineur aujourd'hui.
+1 général.

Un petit plus à ceux qui rigolaient quand Mourinho avait dit que le danger numéro 1, celui qui lui faisait peur, c'était Inzaghi. Pippo, il magnifico... quelle rage... quel plaisir de voir se mec s'arracher et chavirer de bonheur à chaque but, le plus pourri soit-il !
Milan, par contre il va falloir changer de politique parce qu'aligner les "stars" individualistes devant et les vieux grognards italiens derrière ne les ramènera pas au sommet.
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