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Et le Danemark explosa le Brésil 4-0 !

Semaine amicale pour les Bleus face à la Seleção et aux rouges Danois. Bonne occasion pour ressortir un bon vieux Danemark-Brésil de derrière les fagots. C'était à l'été 1989, un 18 juin. Cet après-midi-là, emmenés par un grand Michael Laudrup, les Danois furent à leur tour les Brésiliens de l'Europe…

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Danish Dynamite…


Coupe du monde 1998, bien sûr ! Le Brésil-Danemark en quarts (3-2) fut l'un des sommets du beau jeu. À la Beaujoire, en plus. Brian Laudrup qui se couche sur l'herbe, l'air détaché, un peu fastoche, après son but magnifique… Son frangin, l'immense Michael, était même revenu en sélection à 34 ans après avoir bizarrement zappé l'Euro 92, conquis par son pays à la surprise générale. À la surprise générale, vraiment ? Oui, si l'on tient compte du fait que le Danemark avait raté la qualif pour les Coupes du monde 1990 et 1994 et qu'à l'Euro, c'est la Yougoslavie qui devait y aller, puisque première du groupe. Mais la guerre là-bas allait conduire à son évincement et ce fut le deuxième, le petit Danemark, qui fut repêché pour cet Euro en Suède. Et on connaît la suite. Reste que… Le Danemark n'avait été devancé que d'un point par les Yougos et que, malgré la défaite contre eux à dom 0-2, il était allé gagner 2-1 à Belgrade. Et puis, surtout, depuis le début des années 80, la Danish Dynamite s'était révélée au monde avec une superbe sélection qui participa d'abord à l'Euro 84. Les « Vikings » avaient impressionné face à la France, au Parc, au premier match (1-0, but tardif de Platoche) et étaient allés jusqu'en demies. Puis ils se hissèrent au Mundial 86 (8es) et à l'Euro 88 (premier tour). Pas mal pour le petit royaume ! Mais c'est d'abord l'émergence d'un style et de joueurs épatants (Simonsen, Lerby, Elkjær Larsen, Arnesen, Jesper Olsen, M. Laudrup) qui permirent de situer le Danemark sur la carte du monde. En outre, il faut insister sur l'importance du FC Brøndby, club phare et un peu la matrice du foot danois, un peu comme l'Ajax le fut pour les Pays-Bas dans les années 70. Voilà donc pourquoi la surprise de l'Euro 92 doit être un peu atténuée du fait que depuis plusieurs années, déjà, le petit Danemark était devenu « un client » . Ce qu'il confirma en juin 1989…

Une centenaire qui pète le feu


Cette année-là, la fédé danoise, la DBU (Dansk Boldspil-Union, créée en 1889) avait célébré son centenaire en organisant en juin 1989 le Tri Tournament, mini-tournoi à trois équipes qui invitait deux pays prestigieux, le grand voisin suédois et l'illustre Seleção (tant qu'à faire !). C'était au mois de juin, le temps était superbe, le soleil brillait dans tous les recoins de ciel bleu… Or, il se trouve que les Danois avaient les crocs particulièrement aiguisés à cette époque estivale. Le 17 mai, ils avaient trappé les Grecs 7-1 à dom, en qualif de Mondial 90, puis le 7 juin ils avaient décroché le nul en amical, toujours à dom, face à une bonne Angleterre (1-1). Les Danois débutèrent donc le tournoi le 14 juin face à la Suède qu'ils écrasèrent 6-0… Le 16 juin, le Brésil mordit la poussière 1-2 face à des Suédois vexés et bien obligés de tenir leur rang d'invités officiels. Le Tri Tournament devait donc s'achever sur un Danemark-Brésil à Copenhague que tout un peuple attendait. Le Idrætsparken Parken avait bien sûr fait le plein : on voulait découvrir cette Seleção mythique. Et comme c'était aussi la première fois de son histoire que l'équipe du Danemark affrontait le Brésil… Ce jour-là, l'emblématique capitaine Morten Olsen faisait ses adieux à la sélection à 40 ans, en étant devenu en avril le premier international de son pays à atteindre les 100 sélections. Sur le front de l'attaque, les épatants frères Laudrup : Mickael (25 ans), en partance pour le Barça après la Juve et Brian (20 ans), sur le point de quitter Brøndby pour le Bayer Uerdingen… Et la Seleção ? Disons-le tout de suite, ce n'était pas la plus fameuse de son histoire. Mais le Brésil restait quand même le Brésil et avec Branco, Mazinho, Ricardo et Valdo (PSG), il n'était pas un simple faire-valoir.

Laudrup Bros


Malgré le caractère amical du match et des rencontres rapprochées de ce tournoi de fin de saison, le Danemark créa une forte sensation qui, à l'époque, stupéfia l'Europe. Peu ou pas d'images TV rendirent ce match un peu mythique. Et pour cause : ce Danemark jouait un football de rêve… À la 30e, l'ailier Brian Laudrup est fauché par le gardien Barreto dans les 16 mètres. Penalty ! Le vieux Morten Olsen s'en charge et place tranquille le ballon à la gauche de Barreto (1-0). Mais il faut attendre la deuxième mi-temps pour voir le chef-d'œuvre de Mickael Laudrup. À la 54e : il s'échappe côté gauche pour repiquer dans l'axe. Un relais talonnade De Henrik Risom à l'entrée de la surface envoie Mickael tromper du gauche le pauvre Baretto, battu en duel (2-0). Et ce n'est pas fini pour l'aîné des Laudrup ! À la 62e : Poulsen déborde à droite et centre du droit sur Mickael tout seul aux 6 mètres qui rabat de la tête l'offrande déposée par son pote (3-0). Les Brasileiros sont excédés, à la rue : 3-0, c'est un affront pour eux. Mais ce sera l'humiliation à la 67e quand Lars Olsen reprend à bout portant un centre venu de la gauche signé Henrik Larson : 4-0, score final. Une des pires déculottées (la pire ?) subies par le Brésil en Europe ! La maîtrise collective du Danemark qui n'était pas sans ressembler au beau jeu des Hollandais était déjà là et elle fera merveille à l'Euro 92. Mais en Suède, c'est le cadet des Laudrup, Brian, qui guidera de sa lumière son pays vers le seul trophée de son histoire. Son frère Mickael sera, lui, le génie créateur de la Dream Team barcelonaise de Johan Cruijff. P… de frangins !

Youtube


Par Chérif Ghemmour
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C'était tellement bon de voir jouer M.Laudrup, le talent pur.
Bel article.
Bonjour,

Henrik Larson a fait parti de la grande équipe de Suède aux cotés de Dahlin et Brolin qui termina troisième de la coupe du monde 1994 et je ne me rappelle pas qu'il ai eu un homonyme Danois .
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