1. //
  2. //
  3. // Départ de Fred Antonetti

Et le berger Antonetti s'en est allé

Les temps changent de plus en plus vite à Lille. Prolongé il y a deux mois, Frédéric Antonetti a été limogé aujourd'hui. La faute aux résultats bien sûr, mais aussi à une gestion pas forcément en phase avec les nouvelles ambitions.

Modififié
502 5
Une barre transversale. Voilà à quoi peut tenir un destin. À la 88e minute du dernier Lille-Lyon, Amadou déglingue l'équerre de Lopes des 25 mètres. Une frappe magistrale qui aura été le dernier frisson de l'Antonetti lillois, refroidi par sa direction avant même l'hiver. La troisième défaite de rang en championnat (0-1, 1-0, 0-1...) aura été celle de trop pour Michel Seydoux. Frédéric Antonetti laisse un club moribond, 19e de Ligue 1 avec trois pauvres victoires (Dijon, Nancy, Bastia...) en treize journées. Aurait-il pu remonter la pente ? Après tout, le LOSC était déjà dans un état critique à son arrivée, il y a un an : autant de journées jouées, aussi peu de victoires glanées, et une 16e place flippante pour Pierre-Mauroy. Mais si, au contraire de Renard, Antonetti avait une excellente saison à mettre à son crédit, les circonstances ont aussi changé. Cette année, trop d'éléments tourbillonnent autour du club pour ne pas emporter son entraîneur.

« Ils jouent comme des chèvres »


Au moins aura-t-il eu le temps de préparer ses valises. Dès ce lundi sur France Bleu Nord, Michel Seydoux envoie un scud énorme à son futur ex : « Ce ne sont pas des chèvres, mais ils jouent comme des chèvres. » Si besoin était de préciser sa pensée, le toujours président enchaîne à propos de son entraîneur : « Je pense qu'il a des solutions, même si celles que vous avez vues ne sont peut-être pas les bonnes. » Soit la version footballistique du « c'est pas toi, c'est nous » de l'amour envolé. Des paroles aux actes, il n'y a pas eu 24 heures. Pour la première fois de la saison, un mouvement lillois aura été percutant.


Car c'est bien le problème du LOSC actuel : l'absence de mouvement, de percussion, de folie. Les joueurs et les suiveurs du club se sont d'abord retranchés, à juste titre, derrière le manque d'efficacité, la malchance ou les deux. Le contenu des matchs était bon, pas les résultats. Mais à mesure que les prestations ternes s'enchaînaient, il a fallu se rendre à l'évidence : le peu de sexy qui restait au LOSC s'est envolé. Un sentiment encore exprimé par Seydoux d'un lapidaire : « On joue à la baballe. » Venant du président le plus flegmatique du championnat, la formule fait mal.

S'il est clair que le vente de Boufal a, elle aussi, mis un bon coup au jeu offensif lillois, le bilan récent d'Antonetti souffre surtout de l'utilisation des joueurs à sa disposition. L'entraîneur n'a eu de cesse de clamer que son groupe, prévu pour l'Europe, était trop large pour les seules compétitions domestiques. Sans revenir sur l'élimination précoce – et, avec le recul, dramatique – face à la terreur Qabala, il reste que les choix ont surpris et souvent déçu. Ainsi Lyon, où Sliti prend place en tribunes et Lopes sur le banc, alors qu'Amalfitano débute. L'ancien Sanglier sort avant l'heure de jeu et sous les sifflets, remplacé par Lopes, mais il est déjà trop tard. La confiance accordée aux vieux Dogues au détriment des jeunes loups montre ses limites, le berger se voit retirer son bâton.

Le monde de demain leur appartient


C'est qu'au sommet du club, le vent souffle fort. Dans quelques semaines, voire jours, le club sera racheté par Gérard Lopez. Une offre ferme a été transmise et il se murmure que Seydoux aurait déjà accepté la proposition. Or Lopez débarque avec deux hommes qui ont une vision bien établie de la stratégie future : Luis Campos et Admar Lopes. Soit la doublette à l'origine du succès monégasque actuel, basé sur un recrutement intelligent et la confiance accordée au talent. L'ancien directeur technique monégasque et le génial recruteur de Porto, pendant sept ans, veulent des jeunes et du jeu. Lopes aurait déjà remarqué les potentiels de Bissouma, Terrier ou Mendyl, utilisés avec parcimonie par Antonetti. Sans le Corse dans les pattes, les nouveaux propriétaires vont pouvoir rafraîchir la maison lilloise à leur guise dès cet hiver, et il est probable qu'elle soit vidée de quelques-uns de ses meubles les plus anciens.

Reste une question : s'il avait du talent sous les yeux, pourquoi Antonetti ne l'a-t-il pas fait jouer ? Il faut peut-être se tourner vers l'état d'esprit pour obtenir une réponse. Déjà, lors de sa prise de fonctions, Frédo avait dû recadrer son groupe et limer les dents longues. Depuis, le problème n'est pas forcément réglé. L'entraîneur avouait avant Lyon que « le groupe n'est pas heureux » . Il faut encore écouter Ibrahim Amadou déclarer ne « pas vous mentir. Oui, des joueurs qui jouent moins sont déçus. » C'est humain, ça : si ceux qui sont en place ne font pas un bon boulot, on s'imagine forcément pouvoir faire mieux. Mais ce que la vieillesse sait aussi, c'est que la jeunesse ne peut pas toujours ce qu'elle veut, contrairement à ce qu'on lui vend. L'éviction d'Antonetti est une chance autant qu'un risque pour le club. Président dans le plein exercice de ses fonctions, Seydoux n'aurait probablement pas pris cette décision, lui qui a prolongé son entraîneur jusqu'en 2020 il y a deux mois. Là, compte tenu de l'urgence de la situation extra-sportive, le producteur aura préféré sortir une dernière fois le chéquier avant d'arrêter définitivement les frais. Tant pis, le show continuera sans lui. Et sans Frédo.

Par Eric Carpentier
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Dans cet article

La dernière fois que j'ai vibré pour le LOSC c'était quand Nolan Roux avait planté un but à la dernière minute face à l'OM de Thauvin. Quelle putain de soirée.
Eugène Samonacco Niveau : CFA2
La dernière fois que j'ai vibré pour le LOSC, Jules César jouait encore avec son caca.
1 réponse à ce commentaire.
Lamine Turgut Niveau : CFA
Note : -1
Sofoot … Vous parlez « du Berger », c’est pour me chambrer, c’est ça … ?!!?!

(-1 pour toute la rédac, point barre …)
Concernant le sujet de la prolongation, il n'y en a plus puisque Antonetti a renoncé à ses indemnités (une clause dans la prolongation de septembre).

D'ailleurs, Antonetti a publié un communiqué assez touchant :
https://www.losc.fr/actualites-foot-lil … supporters
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
502 5