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Et Carlos vola

Carlos Vela, aka le Bombardier, n'est plus enrayé. Prêté à la Real Sociedad, le Mexicain vient enfin de réaliser une saison détonnante, sept ans après avoir été sacré meilleur buteur de la Coupe du Monde moins de 17. Vela, qui appartient toujours à Arsenal, voudrait prolonger son séjour en Espagne.

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Début septembre 2010, le Mexique était tombé sur le dos de Carlos Vela. Au moment d'entrer en jeu pour un amical face à la Colombie, le jeune homme avait clairement ignoré le sélectionneur, Efrain Flores, au moment où celui-ci lui donnait quelques consignes. Une manifestation de dédain envers un coach coupable de ne pas l'avoir titularisé. « Qu'il aille au diable, avait taclé les deux pieds en avant Antonio Carbajal, le seul joueur avec Lothar Matthäus à avoir participé à cinq Coupes du Monde, puisqu'il ne sert à rien, pourquoi l'appelle-t-on ? » . « Il a des qualités impressionnantes mais aucune discipline, avait repris de volée l'ex-international Carlos Hermosillo. Tout ce qu'il a fait pour le moment, c'est tomber, se blesser. » Plus de cent sélections brodées sur ses épaulettes, le capitaine Alberto Garcia Aspe avait, lui, prescrit pour l'insolent un « soutien psychologique » . Quelques semaines plus tard, Carlos Vela sera suspendu six mois par la Fédération mexicaine pour avoir co-organisé une petite sauterie dans l'hôtel de la sélection.

Indésirable il y a peu, Carlos Vela peut désormais se permettre de snober la sélection, sans que personne ne moufte au pays. Du haut de sa première saison brillante en Europe, six ans après son arrivée à Arsenal, le natif de Cancún a rejeté par deux fois une convocation avec El Tri ces dernières semaines, dont une invitation à participer au tournoi olympique. Avec douze buts et sept passes décisives, Vela est le meilleur de son équipe dans ces deux compartiments. Il peut être considéré comme un artisan majeur du maintien de la Real Sociedad. Après une période d'adaptation légitime, « le Bombardier » , son surnom, s'est emballé lors de la phase retour où il a commencé à arroser à tout-va (neuf buts). Un total qui le place au niveau de Falcao et Ruben Castro (Bétis Seville). Seuls Benzema, Messi et Ronaldo ont fait mieux sur la même période.

Carlos Vela à bicyclette
Vidéo

A son arrivée au Pays Basque, Vela ressemblait pourtant à un pari à risque pour le club de San Sebastian. Philippe Montanier misait sur la production d'un déclic pour que le gaucher surdoué réalise enfin ce qu'on attendait de lui depuis sa révélation précoce, quand il avait été sacré champion du monde moins de 17 avec le Mexique. Cf. Ben Arfa à Newcastle. A Arsenal, le natif de Cancún se trouvait en panne sèche. Trois buts en deux saisons et demie, et des matches passés prioritairement sur le banc et en tribunes. Devant un rendement si pauvre, Wenger avait décidé de prêter le Mexicain à West Bromwich Albion début 2011. Il y inscrira deux buts. Pas de quoi attirer la crème des recruteurs en tribune.

Carlos en Hispanie


En Espagne, Vela a exhibé toute la richesse de son répertoire : des buts de finisseur, d'autres acrobatiques (deux retournés), des frappes en sortie de dribble, et des services quatre étoiles. Meilleur buteur du Mondial moins de 17 en 2005, Vela appartient à cette caste d'attaquants à l'aise sur les deux ailes, où sa vitesse et sa technique font merveille, mais aussi capable de pénétrer plein axe. Autrement dit, le natif de Cancún figure l'attaquant tout terrain, à l'exception d'une maîtrise des airs déficiente, où la faiblesse de son jeu de tête et son goût modéré pour les duels permettent de comprendre en partie son échec en Angleterre. Avant de s'engager avec le club de San Sebastian, Vela conservait de bons souvenirs ibériques. A peine arrivé à Arsenal, Wenger l'avait envoyé s'endurcir en D2 espagnole. Avec Salamanca, le jeune homme de 17 ans avait inscrit huit buts. La saison suivante, le gaucher avait été prêté à Osasuna, où l'expérience s'était avérée moins gratifiante (trois buts).

Quoi qu'il en soit, le football espagnol, où la maîtrise technique prédomine largement sur l'impact physique, sied comme un gant à Carlos Vela. Le Mexicain, qui appartient toujours à Arsenal, compte d'ailleurs bien poursuivre en Liga, et ne veut plus entendre parler de Premier League. « Je me battrais avec Wenger pour partir, a déclaré à la fin avril le "Bombardier", mon intention est de ne pas revenir à Arsenal. » L'an dernier, Giovani Dos Santos, avec lequel Vela avait été sacré champion du monde moins de 17, s'était trouvé dans la même position que son compatriote. Après une belle saison à Santander, qui avait notamment éveillé l'intérêt du FC Séville, le milieu offensif est revenu à Tottenham à l'été 2011, où l'attendait à nouveau un rôle de figurant. Estimé à 4 millions d'euros avant son arrivée à la Real, Vela serait désormais trop cher pour le club qui a relancé sa carrière. Au Mexique, l'attaquant formé aux Chivas est redevenu un objet de fierté nationale. Dans les colonnes, on ne s'attarde plus sur son goût pour les bimbos ou les sorties trop tardives, plutôt sur ses belles statistiques. Reste toutefois à confirmer. À la Real, ou ailleurs.


Thomas Goubin, au Mexique
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