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Estonie vue, ni connue

Miraculée d’un groupe dans lequel s’est baladée l’Italie, l’Estonie affronte ce soir l’Irlande en barrages de l’Euro. A priori, pas de Thierry Henry dans les rangs estoniens, mais des joueurs qui partent du principe qu’ils ont tout à gagner.

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Même eux, n’en reviennent pas. Les joueurs estoniens seront ce soir à Tallin, sur la pelouse de la Lilleküla Arena, pour y disputer les barrages de l’Euro 2012. Oui, ce n’est pas un rêve, ou une bonne blague de l’UEFA. L’Estonie a obtenu son billet à la loyale, à la régulière, et a de quoi en être fière. Car à vrai dire, personne ne l’attendait là. Déjà, parce que ses stars s’appellent Jääger, Kruglov, Vassiljev et Sidorenkov. Qui ? Bah eux. Des joueurs totalement inconnus au bataillon, qui, pour le coup, ont tout misé sur le collectif, et non sur les individualités. Ensuite, parce qu’avec 16 points obtenus en 10 rencontres, l’Estonie est tout simplement le barragiste à avoir pris le moins de points dans sa poule (si l’on exclut le Monténégro, qui en a pris 12 mais avec deux matches en moins). Mais elle aussi celui qui a perdu le plus. Quatre défaites. C’est plus que la Slovaquie, par exemple, qui a pourtant terminé 4ème de son groupe. Mais enfin, et surtout, l’Estonie a largement profité de la défaite sur tapis vert de la Serbie, qui a ainsi laissé filer gratuitement trois points. Beaucoup plus qu’un détail, puisque la qualification estonienne s’est jouée à un petit point. Alors merci qui ? Merci Ivan Bogdanov.

Et merci la Slovénie

Mardi 11 octobre. Dernière journée des éliminatoires. L’Italie, déjà qualifiée, reçoit l’Irlande du Nord, déjà éliminée. Dans le même temps, la Serbie, qui joue sa qualif, se déplace en Slovénie. L’Estonie, quant à elle, a terminé sa campagne quatre jours plus tôt, en allant s’imposer en Irlande du Nord (1-2). C’est donc devant leur téléviseur que Tarmo Rüütli et ses hommes assistent à la « finale » entre Serbes et Slovènes. La donne est simple : compte-tenu des confrontations directes, la Serbie a besoin d’une victoire pour chiper la deuxième place. Pas forcément un exploit insurmontable, sachant que Samir Handanovic et ses potes sont déjà éliminés. Pourtant, stupeur. La Slovénie joue le jeu, et s’impose 1-0. La Serbie est out. C’est donc l’Estonie qui se qualifie pour les barrages. Scènes de liesse à Tallin, la capitale du pays. Jamais, dans son histoire, la sélection estonienne n’a participé à la phase finale d’une compétition majeure. Elle se retrouve désormais à une marche de l’Euro. Une marche verte. Son adversaire, c’est l’Irlande, qui, après les barrages du Mondial « où tout le monde sait ce qu’il s’est passé » , n’a aucune envie d’échouer à nouveau aux portes du bonheur.

Stars du ghetto

Mais alors, qui est donc cette équipe d’Estonie ? Et surtout, qui sont ces joueurs que personne ne connaît ? Pendant que les joueurs irlandais évoluent, pour la plupart, en Angleterre (du Stoke, du Wolverhampton, du Manchester United), les stars de l’équipe estonienne sont à peine titulaires dans des clubs comme le Nea Salamis (Chypre), l’Oural Iekaterinbougr (Russie), Silkeborg IF (Danemark) ou encore le Vitesse Arnhem. Pas de quoi casser trois pattes à un canard, à priori. Le meilleur buteur de l’équipe lors des éliminatoires se nomme Konstantin Vassiljev (5 pions), milieu de terrain de l’Amkar Perm en Russie, qui n’a disputé que 3 rencontres de championnat sur l’ensemble de la saison. Et pourtant, le sélectionneur, en poste depuis août 2010, est parvenu à créer une équipe cohérente et solide, capable, en quelques mois, de battre la Serbie à Belgrade (1-3) et l’Uruguay en match amical (2-0). Mais bon, tout reste relatif. Depuis le début de l’année 2011, l’Estonie a aussi reçu quelques roustes, comme ce 4-0 face au Chili, ou ces 3-0 contre l’Italie, l’Uruguay (revanche) et la Turquie. Bilan annuel, entre matches officiels et rencontres amicales : quatre victoires, deux nuls et six défaites. Pas vraiment le rendement d’un rouleau compresseur.

La plus faible, mais pas la plus abordable

Qu’on se le dise, donc. L’Estonie n’est pas arrivée à ces barrages par hasard, mais presque. Lors des éliminatoires, elle a su être là quand il a fallu l’être. Elle a laissé à l’Italie la première place sans broncher (deux défaites), et a tout misé sur les confrontations directes face à la Serbie, l’Irlande du Nord et la Slovénie, les autres candidats sérieux à la qualification. Et là, elle a su être intraitable : 13 points pris sur 18 possibles. Suffisant pour aller chercher cette deuxième place et décrocher le barrage. Giovanni Trapattoni, sélectionneur irlandais, peut donc en tirer des conclusions assez simples. En piochant l’Estonie, il a probablement récolté l’équipe la plus faible de ces barrages. Mais gare. Car en face, les joueurs estoniens sont évidemment motivés comme jamais. « C’est déjà extraordinaire d’en être arrivé là. Le mieux serait de nous préparer le plus normalement possible. C'est la clé du succès : rester calme avant les matches et montrer ce qu'on sait faire sur le terrain » assure le gardien et capitaine de l’équipe, Sergei Pareiko. Lui joue depuis deux saisons au Wisla Cracovie, en Pologne. Là où se déroulera l’Euro. On appelle ça un type prévoyant. Et un peu superstitieux, aussi.

Par Eric Maggiori
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Dans cet article

Paul_101_Moro Niveau : District
Merci Eric, bel article.
Moi qui suis irlandais l'ai beaucoup apprecie, surtout qu'ici en Irlande on ignore plein des particularites de la qualif de l'Estonie - par ex la defaite de Serbie sur tapis vert.

Ca va pas etre beau a mater, mais tendu-tendu jusqu'au bout.

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