Essien, l'homme dynamo

Pour conserver son titre, Chelsea aura autant besoin des tresses de Malouda et des pions de Drogba que du volume de jeu de Michael Essien, qui sort de deux saisons hachées par les blessures.

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Il y a les équipes qui ont griffé l'histoire (la Wunderteam, la Hongrie 54, le Brésil 70's, l'Ajax de Cruyff ou le Milan sauce batavia), les joueurs hors-classe (le gotha habituel) et puis il y a quelques mutants qui griffent l'histoire parce qu'ils incarnent une forme de rupture (Puskas, Baresi, G. Muhren...). Michael Essien appartient à cette catégorie... et ce, depuis qu'il est apparu au sein du milieu bastiais à l'été 2001.

On connaissait la tradition des buffles ghanéens (Appiah, Nyarko, Muntari...) durs au mal, capables de courir longtemps mais le pilier de Chelsea a quelque chose en plus. Une touche technique peu commune pour un joueur de cette ampleur, une frappe de balle capable de désarçonner une défense ou d'abattre un gardien à trente mètres et une polyvalence rare (latéral, central, milieu défensif ou relayeur). Pas mal pour un joueur connu surtout à ses débuts pour être injouable épaule contre épaule. Depuis, entre ses années lyonnaises et son séjour londonien, il a affiné son jeu à force de côtoyer les Juninho, Lampard ou Ballack. Deux blessures en deux ans (dont la dernière en décembre 2009 contre l'Hapöel Tel Aviv au genou gauche) n'ont même pas endigué sa progression. Alors qu'il lui restait trois ans de contrat, Roman Abramovitch vient de prolonger son contrat de deux saisons supplémentaires. S'il va au bout, il aura passé dix ans à Stamford Bridge. «  Je n'ai jamais vu ça avant. D'ordinaire, le club attend les six derniers mois du contrat pour prolonger le contrat. C'est une marque de confiance inestimable. Surtout quand on revient de blessures qui auraient pu mettre fin à ma carrière » confiait-il au Guardian le week-end dernier.

Son absence à la CAN et au Mondial n'ont fait qu'attiser les regrets au pays. Sans lui, les Black Stars sont parvenues en finale de leur compétition continentale et en quart de la coupe du monde. Michael Essien s'impatiente désormais de reprendre le collier avec la sélection ghanéenne alors qu'il avait jusque-là demandé à Milojan Ravejac de le dispenser de capes. Il voulait savoir où il en était. Il a alors disputé la quasi-totalité des matchs de préparation des Blues et dans la foulée a entamé une année de folie. Privé de Lampard pour un moment, Chelsea a même pu contre Arsenal aligner un milieu composé de Obi Mikel, de Ramires et donc de Essien sans souffrir de la comparaison. Depuis le début de la saison, Essien vole comme un avion. Qu'il est loin le temps, où le Ghanéen se pointait dans un Cobham, le centre d'entraînement des Blues, désert à dix heures du matin d'où il en repartait sept heures plus tard après avoir fait du vélo, du cross, de la musculation et des aller-retour en piscine. Rentré chez lui, il regardait ses coéquipiers des Blues massacrer la concurrence devant sa télévision. Dans une solitude qu'il a appris à apprivoiser. Pour prétendre à la breloque de champion d'Angleterre, il faut avoir disputé au moins dix matchs dans la saison. Il en aura joué quatorze malgré ses absences. Il en avait joué onze l'année d'avant. Cette saison sera probablement la rédemption pour l'homme dynamo de Chelsea qui veut finir la saison comme il l'a entamée : être l'homme du match d'une victoire (6/0) contre WBA. Chiche ?

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