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  2. // Scandale des matchs truqués

Essayons de comprendre (un peu) le Calcioscommesse

Mercredi, de nouveaux éléments sont sortis dans l’affaire du Calcioscommesse. D’autres matchs auraient connu des tentatives de trucage. Problème : voilà bientôt trois ans que ce scandale a éclaté, et que l’on y comprend toujours rien.

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C’est le principe de toute affaire judiciaire. On croit en comprendre les grandes lignes, on peut éventuellement donner son opinion sur ce qui se passe mais, au fond du fond, on ne capte quasiment rien. Parce que trop d’informations, parce que trop de choses cachées, parce que trop de personnes impliquées. Hier, tous les journaux italiens en ont fait leur Une : « Nouveau scandale Calcioscommesse, Brocchi et Gattuso impliqués » . De quoi vous ternir en trois minutes la réputation d’un homme. Gattuso n’a pas tardé à répliquer, en affirmant que « si quoi que ce soit était prouvé contre lui, il se tuerait sur la place publique. » Du coup, après l’avoir accusé et bien mis dans la merde, toute la presse fait hier matin machine arrière. « Gattuso n’a rien à voir avec ça, il peut éviter le procès » , titre le Corriere dello Sport qui, mercredi, écrivait en Une, en gros caractères : « On n’en peut plus ! » En résumé : le fameux procureur fédéral Palazzi a trouvé un nouveau filon, et a lancé de nouvelles accusations. Le seul souci, c’est qu’entre les enquêtes, les accusations, les noms, les intermédiaires, les condamnations, les suspensions, les attentes, les décisions, les appels et tout le bordel, on ne comprend pas grand-chose à ce qu’il se passe réellement. On essaie de déblayer le terrain.

Calcioscommesse, ça veut dire quoi ?

Facile. Calcio = football. Scommesse = paris. Donc «  les paris du football  » , et non pas les paris truqués, comme on a tendance à le traduire un peu trop directement. Il ne faut évidemment pas confondre Calciopoli et Calcioscommesse. Les deux scandales ne sont pas liés, même si certains clubs ont été impliqués dans les deux. Calciopoli (baptisé ainsi en clin d’œil à Tangentopoli, un système de corruption politique et financier dans les années 90 en Italie) a eu lieu en 2006, impliquant des dirigeants de clubs mais aussi des représentants des instances italiennes du football comme la FIGC, l’Association italienne des Arbitres ou la Lega Calcio. Calcioscommesse, lui, a débuté en juin 2011. Le nom Calcioscommesse représente tous les paris relatifs au football. Du coup, pour différencier cette affaire du célèbre Totonero des années 80, les enquêteurs et la presse ont rebaptisé ce scandale Scommessopoli. Les personnes impliquées ? Des joueurs, dirigeants et clubs de Serie A, B, Lega Pro, et Lega Dilettanti.

Pourquoi ça dure depuis deux ans et demi ?

Parce qu’il y a eu plusieurs étapes dans l’enquête. Et donc plusieurs procès, plusieurs condamnations. En tout, on compte, depuis le début de l’enquête en juin 2011, quelques six filons d’enquête :
- Enquête de Crémone (procès du 3 au 9 août 2011)
- Enquête de Crémone-bis (procès du 31 mai au 2 juin 2012)
- Enquête de Crémone-ter et Bari (procès du 1er au 3 août 2012)
- Enquête de Naples (procès le 10 décembre 2012)
- Enquête de Bari-bis (procès le 4 juillet 2013)
- Enquête de Crémone-quater (procès le 24 juillet 2013)
Chaque filon d’enquête a donc ses propres enquêteurs, ses propres informations, ses propres informateurs. C’est pourquoi de nouvelles informations tombent en permanence, puisque les enquêteurs continuent d’enquêter encore aujourd’hui. Ce n’est pas comme un crime où il y a un coupable, et lorsque le coupable est écroué, l’affaire est bouclée. Là, les choses évoluent en permanence, et les protagonistes sont tellement nombreux qu’il semble impossible de pouvoir déterminer ou même mettre un point final à cette affaire.

Quel est le rôle des joueurs là-dedans ?

Dans cette affaire, les joueurs sont évidemment le bout de la chaîne. Une chaîne qui débute du côté de Singapour, là où sévit une organisation de paris dirigée par un certain Tan Seet Eng, dit « Dan Tan » . Ce dernier a toutefois été arrêté en septembre 2013, en compagnie de 13 complices. Les chefs de Singapour ont ensuite des relais un peu partout dans le monde, qui font office de « groupes organisés et truqueurs de matchs » . Parmi eux : des groupes hongrois, slaves et albanais. Il existe également des groupes organisés en Italie, notamment à Bologne (les fameux Erodiani, Bruni et Giannone) et à Milan. Ces groupes utilisent eux-mêmes des personnes que les enquêteurs ont baptisées les « Mister X » . Les derniers Mister X identifiés par les enquêteurs se nomment Francesco Bazzani, dit « Il Civ » , et Salvatore Spadaro, aka « Il vecchietto » . Ce sont eux qui sont ensuite en relation avec certains joueurs. L’objectif, toujours le même depuis le début des combines en 2010 : convaincre des joueurs d’influencer le résultat de matchs auxquels ils participent, afin de pouvoir parier de grosses sommes d’argent sur les matchs en question. En gros, un joueur assure qu’il y aura 3-0 lors d’une rencontre à laquelle il participe, et les autres peuvent tranquillement parier une grosse somme (10 000, 15 000 euros) sur le résultat du match. Si certains joueurs, comme Carlo Gervasoni ou Cristiano Doni, ont été reconnus coupables, pour les autres cités (Gattuso, Mauri, Brocchi, Bellucci, Bombardini, Colucci, D’Anna, notamment), il n’y a aucune véritable preuve qu’ils ont tenté de truquer des matchs. Tout ce que les enquêteurs ont, ce sont des contacts téléphoniques entre ces joueurs et les Mister X en question. Juste ça.

Qui risque quoi ?

Depuis le début de l’affaire, 54 personnes ont été arrêtées et 120 ont été mises sous enquête. Colossal. Les sanctions sont évidemment variables, selon l’implication ou la gravité des faits. Lorsqu’un joueur a participé activement au trucage d’un match, il prend cher. Antonio Bellavista, Carlo Gervasoni, Marco Paoloni, Beppe Signori, Luigi Sartore, Alessandro Zamperini, Nicola Cassano et Vincenzo Sommese ont pris cinq ans de suspension. Ce sont les plus grosses suspensions. Les autres vont ensuite de deux mois à quatre ans, selon la responsabilité objective. Dans certains cas, les présidents de club sont concernés. C’est ce qui est arrivé au club de Lecce. Le président, Pierandrea Semeraro, a pris cinq ans d’inhibition. À cause de cela, son équipe, Lecce, a été immédiatement reléguée administrativement en troisième division, alors qu’elle avait été reléguée sportivement en Serie B. En gros, les clubs ne sont pénalisés que si le joueur reconnu coupable a une responsabilité directe dans le trucage d’un match. Quand Cristiano Doni a été reconnu coupable d’avoir truqué un match, l’Atalanta a pris 6 points de suspension. En revanche, quand Stefano Mauri a été condamné à plusieurs mois de suspension pour délit de non-dénonciation, son club, la Lazio, n’a pas été pénalisé.

Non mais en vrai, qui risque quoi ?

Les derniers éléments qui sont sortis mercredi ne permettent pour le moment pas de savoir si certains clubs courent des risques. Ce que l’on sait, c’est qu’une liste de 85 matchs est dans l’œil du cyclone sur la période 2011-2013, dont 15 de Serie A. Parmi eux, un Milan-Lazio de février 2011, un Chievo-Napoli du même mois, un Lazio-Juventus de mai 2011, un Pescara-Sienne d’avril 2013 ou encore un Palerme-Inter, lui aussi d’avril 2013. Ce sont pour ces matchs que des joueurs comme Brocchi et Gattuso ont été contactés. Ces derniers se défendent évidemment des accusations. Mais vu qu’ils sont les plus connus, ce sont eux qui sont mis en avant. C’est d’ailleurs ce que Beppe Signori racontait à SO FOOT en 2011 : « Les journaux m’ont massacré. À chaque fois qu’il y a un article sur l’affaire, même si mon nom n’apparaît nulle part, c’est ma photo qu’on imprime. » Même dialogue, donc, pour Gattuso et Brocchi. Mettre leur visage en Une, c’est assurer le sensationnel, même si rien n’a été prouvé contre eux. Pour le moment, donc, personne ne risque rien. Il existe des doutes sur certaines personnes et, selon les informations qui sortiront lors des prochaines semaines, on saura si certains clubs risquent quelque chose. Dans le pire des cas, des points de pénalité. À moins que certains dirigeants ne soient concernés et que leur implication directe soit confirmée. Dans ce cas-là, comme avec Lecce en 2012, la sentence la plus lourde est une relégation. En attendant, les journaux italiens n’ont pas fini de s’enflammer. Et de mettre de l’huile sur le feu, comme ils savent parfaitement le faire.

Par Eric Maggiori, propos de Beppe Signori recueillis par Stéphane Régy et Lucas Duvernet-Coppola
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