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Espagne : la grande dépression

Le match contre la Croatie est terminé depuis deux jours, mais les Espagnols angoissent encore. Heureusement qu’en quarts, ils affronteront la France. Debrief.

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« J’ai vu toutes les équipes qui se sont qualifiées s’embrasser à la fin du match. Nous, non. Nous sommes rentrés au vestiaire comme si de rien n’était. Nous sommes passés du stade de pauvres à riches trop rapidement et nous sommes maintenant incapables de nous réjouir de ce que l’on obtient.  » Vicente del Bosque n’est pas un type qu’on retrouvera dans un vernissage, sur les marches de Cannes ou dans une soirée accroché à Jean Roch. Del Bosque aime les gens, le foot et gagner des matchs. Quand l’Espagne se libère après 90 minutes de souffrance contre des Croates bien accrochés à leur surface, le bon Del Bosque aimerait bien que les enfants gâtés arrachent un sourire et sachent dire merci à leurs collègues. Une poignée de main, un sourire, un check : il y a beaucoup de façons d’être heureux. Elle n’est pas regardante, la Moustache. Mais en sortant du terrain, les Espagnols n’ont pas démontré la moindre joie. En vrai, les champions ont eu très chaud. Quand Navas marque à la 88e et que le match se termine, ce n’est pas l’envie de rigoler qui domine. Plutôt celle de s’isoler et d’aller vomir. L’Espagne est qualifiée, mais a toujours mal au cœur.

Les Espagnols sont mauvais en gestion. Del Bosque le sait. Avant le match, le coach n’avait qu’un seul objectif : « Nous avons essayé de leur enlever l’idée du match nul de la tête, c’était beaucoup trop dangereux. » Certes, le refoulé peut prendre la porte et sortir de la tête un instant, mais il reviendra toujours par la fenêtre. À trop hésiter entre le nul (qui les qualifiait) et la victoire, entre gérer et attaquer, les Espagnols n’ont fait ni l’un ni l’autre. « Nous n’avons pas réussi à trouver des solutions vers l’avant. Il nous a manqué de la clarté sur les premiers contrôles. Nous avons donc perdu en vitesse et en intensité  » , reprend le boss. Aragonés, le mentor de cette équipe, n’a pas aimé non plus la première mi-temps et balance dans Marca : « Nous n’avons créé aucune occasion en première mi-temps parce que nous n’avons pas trouvé la vitesse de balle nécessaire ni les espaces sur les côtés. » Entre un Jordi Alba sans espace à gauche et un Arbeloa pas vraiment rassuré à l’heure de monter en première ligne, Silva, Xavi, Iniesta et Torres ont joué entre eux. Les huiles espagnoles n’ont donc fait que s’engluer dans l’axe. L’Espagne sans vitesse, c’est la France.

L’homme vs la Machine

Mais quand les autres doutes et que le destin s’acharne, quand plus rien ne va et que seul un miracle peut sortir les croyants de leurs angoisses, il y a toujours un saint sur lequel se reposer. San Iker a sauvé l’impossible contre Rakitić à la 58e minute. À bout portant, il détourne une tête qui sentait bon le fiasco. Pourtant, quand, dans El Pais, le saint raconte son miracle, on dirait une notice d’aspirateur : «  C’est une action rapide, un bon arrêt, mais il faut dire que j’étais bien placé. (Pour réaliser cet arrêt, ndlr) Il faut des réflexes, sauter et un bon placement. Mais surtout il faut en être convaincu.  » Casillas n’est pas celui qui saute le plus haut, il n’est pas non plus le plus spectaculaire ou le plus explosif. Mais Iker est le meilleur parce qu’il ne se trompe jamais et arrêtent les ballons qu’il faut arrêter. Être Iker Casillas pendant un match décisif, c’est devenir un être froid, rationnel et calculateur. Il n’y a pas de chance ni de hasard dans ses interventions, seulement une hallucinante capacité à être meilleur sous la pression. Xavi, qui en connaît un rayon question matchs importants, le sait. D’ailleurs, le surnom qu’il lui a donné depuis les juniors c’est « Maqui » . De maquina, la machine.

Contre la Croatie, l’Espagne a connu ses premières chaleurs. En conférence de presse, mardi, Iniesta n’a pas fêté son 2e MVP en deux matchs. Il préfère dire les choses et détendre tout le monde : «  Ce n’est pas facile de jouer quand un nul te suffit, que tu es presque qualifié, mais qu’en même temps, un but encaissé peut t’éliminer. J’espère qu’avec le recul, on se dira que ce match a été le plus difficile de notre Euro. » Les Espagnols ont frôlé le psychodrame, mais seront bien là en quarts. Ils retrouveront l’adversaire idéal pour se refaire une santé mentale. Ici, on s’attendait à l’Angleterre, mais ce sera la France, leur ennemi héréditaire à eux. La dernière fois que la Roja a perdu une éliminatoire, c’était contre la bande à Maké et Zidane. Iniesta n’avait pas de poils et Iker avait un peu plus de cheveux. Mais en six ans, ces courbes se sont croisées. Andrés est un grand maintenant. Il sait que ça ne sert à rien d’avoir peur : « Restez tranquilles et ayez confiance en nous  » , demande-t-il. C’est vrai ça. Il n’est jamais trop tard pour se faire un câlin.

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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Paradis Aleatoire Niveau : District
avec une culture tactique defensive proche du neant, les francais ont du soucis a se faire...

A l inverse, Benz Ribery et ben arfa on la possibilité de haché completement la defense espagnole, pas de plus complementaire en europe !
Douglas Foster Niveau : District
L’Espagne sans vitesse, c’est la France.

t'as tout dit!
Note : 1
Juste. A part le fait que Menez jouera à la place de Ben Arfa. Il a pas montré grand chose hier, aucune raison de le reconduire (du point de vue de Blanc).
nadalito_15 Niveau : DHR
Je les vois gagner l'Euro malgré tout, sur une fulgurance ils sont encore les plus dangereux, mais c'est clair qu'ils n'effraient plus.
Sinon, les déclarations de Del Bosque sont souvent très sympas à lire, que ce soit ici ou dans le mag SoFoot, il donne l'impression d'être resté assez humain.
Les espagnols n'ont jamais battu la France en match officiel.
Ils vont aborder le match avec un maximum de concentration. Peut-être trop?

Ils sont tendus, les espagnols! Faut dire qu'ils ont beaucoup à perdre.

Aux français de savoir en profiter.

Match-piège pour l'Espagne.

Bon, en même temps, si c'est l'Edf d'hier, ça pourrait bien n'être qu'une formalité.
Paradis Aleatoire Niveau : District
@saviola : oui, n'importe quel aillier fera mal a la defense espagnole, meme Menez, c'est dire...

Si les 2 équipes restent sur leur niveau actuel, pour moi c est 50/50...

La france peut gagner sur une fulgurance de Benz, et l'espagne gagnera si Iniesta/Silva sortent un exploit individuel(ce qui est plus que probable)
Le_Touriste Niveau : DHR
Le truc c'est que la les espagnols ont les crocs . Ils vont vouloir prouver que c'est eux les cador ici . Ça sent la boucherie .
Abilio 34 Niveau : DHR
Gaspacho VS Perrier
Les deux équipes ont gros à perdre.
La France ferait définitivement oublié l'Afrique du Sud. L'Espagne pourrait mettre de côté ses problèmes économico-sociaux. Ca sent le match tendu. P'tet même fermé.
Paradis Aleatoire Niveau : District
L'espagne a bcp plus a perdre que la France c'est sur...
Meme si la Suede a un peu terni l'EDF, ca revient de loin depuis le bus sud-africain. Donc si les bleus jouent sans complexes, les espagnols vont morfler...

Mais bon, avec un arbitrage pro ibérique et le talent des nains reunis devant, ca reste compliqué
Scotch_OMsoccer Niveau : Loisir
"l'Espagne sans la vitesse, c'est la France"

oui sans doute, t'as raison mon grand va...

et l'Espagne sans le talent, c'est la France aussi
l'Espagne sans la technique, c'est la France
l'Espagne sans Iniesta, c'est la France
sans Xavi aussi

En fait effectivement, l'Espagne sans l'Espagne, ca doit plus ressembler à la France
Mouais, la différence entre une équipe qui joue moyennement et qui gagne et une autre qui joue moyennement et qui perd.
Et puis France - Espagne de 2006, c'était des jeunes loups en devenir sans titres qui voulaient botter les fesses de vieux briscards presque à la retraite qui avaient un beau palmarès. Tout l'inverse d'aujourd'hui.
Moi j'aimerai voir l'EDF passer, mais je suis "quoi"siment sûr que les bleus vont bien se battre mais perdre à la fin.
Espérons aussi que ça frite pas trop parce qu'il y en a 2 autres à venir des confrontations avec les éliminatoires Do Brasil
anti-madridista Niveau : DHR
L'Espagne fait rarement deux mauvais matchs d'affilier, et à pour force de corriger rapidement ses erreurs.

La France va souffrir. Je vois bien 3-4 buts.
La France a de vraies possibilités de sortir l'Espagne, en jouant sur sa vitesse devant, en s'essayant à un peu d'agressivité au milieu pour empêcher les espagnols de jouer vite, et en profitant de l'absence d'une attaque bien en confiance, ça permet d'avoir le temps de placer la défense (avec un Villa et Torres en forme, ce serait une autre paire de manche, bonjour les faux appels et mouvements dans tous le sens qui étirent jusqu'à l'épuisement).

Maintenant, il faut quand même se dire que si l'Espagne passe par un bon jour ce sera une boucherie, il faut absolument éviter un but rapide.

D'une certaine façon l'Espagne est victime de son succès, à l'image du barça, tout le monde prépare son match face à eux comme le match de l'année, et les attend avec un mur et des contres, c'est facile de les critiquer mais c'est difficile pour tout le monde de faire face à de tels système.

Une analyse intéressante sur ce sujet http://www.guardian.co.uk/football/blog … ms-success
Jean Michel Assaule Niveau : Ligue 2
" L'Espagne n'a jamais battu la France en match officiel".
Le genre de stat bidon qui ne sert à rien à part m'énerver. Genre les gars, avant de rentrer sur le terrain, ils regardent "alors, voyons voir, hou putain*, la France nous a mis un 7-0 en 1923, merde*, ils sont favoris !!!".
La Suède non plus n'avait jamais, il me semble, battu la France en match officiel.
Je crois que samedi à 23h ce sera nous en dépression. Si on réédite le match de hier, on en prend 4 sans qu'ils aient à forcer.
Le prince des ténèbres Niveau : CFA2
Pour l'équipe de France, le seul moyen d'éliminer l'Espagne, c'est de faire parler le docteur Fuentes avant samedi. Et hop, 3-0 sur tapis vert
Par contre, ne tombons pas dans l'excès, nombre d'entre nous étaient trop euphoriques avant et sont trop pessimistes là.
Sur un match à élimination directe, avec un bloc compact et en jouant à fond les balles de contre, il y'a moyen de mettre l'Espagne sous pression, surtout que leur attaque n'est pas régulière.
L'Espagne ne passera pas à côté de deux matches, pareil pour la France, c'est jouable.
Rien à ajouter @Med78. L'explosivité et la percussion de nos attaquants, avec 3 récupérateurs solides, ça peut faire plier les Espagnols. En revanche derrière, quand on voit comment Rami prend le jus régulièrement face à des joueurs moyens, le duo Iniesta-Silva peut faire très mal.
Note : -1
L'Espagne sans vitesse c'est la France? Non non, l'Espagne sans vitesse, sans génie, sans défense, sans attaque, sans fierté ni dignité, oui là ça doit ressembler à peu près à la France.
Je vois l'Espagne gagnante mais je ne suis pas sûr que ça sera facile pour eux, si la France marque vite et en premier on pourrait voir une surprise...
Si la France perd, Blanc aura gagné 4 points de plus que son prédécesseur.
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