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Espagne : Gagner pour oublier ?

L’équipe de foot est à peu près la seule chose qui marche encore en Espagne. Alors, quand elle termine sa phase de préparation sans briller contre la Chine (1-0), forcément, on angoisse.

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L’opium est en libre accès en Espagne. C’est même Mariano Rajoy, le Premier Ministre, qui rédige l’ordonnance la semaine dernière: «  Je me suis rendu compte que les triomphes de Vienne (Euro 2008) et d’Afrique du Sud (Coupe du Monde 2010) ont fait sortir les gens dans la rue, dans les bars. Tout le monde a pris du plaisir. Vous avez rendu énormément de gens heureux grâce à vos victoires. C’est un réconfort durant les moments difficiles que nous vivons.  » L’Espagne souffre un plan d’austérité sans précédent, les fonctionnaires ont vu leurs salaires baisser de 10%, les mécanismes d’aides publiques largement amputés et la législation sur le travail gentiment « assouplie » . Mais le bonheur, ce n’est pas l’argent. C’est le foot. « Nous avons besoin de baume au cœur et de joie, dans une période aussi difficile. Votre victoire serait bonne pour notre moral. Nous avons besoin de joie » , conclut Rajoy en souhaitant bonne chance quand même à l’équipe d’Espagne. Pression ? Quelle pression ?

Vicente del Bosque a trop de cheveux blancs pour se laisser impressionner. « Gagner ne règlera pas les problèmes de l’Espagne. Nous avons beaucoup de pression. L’optimisme est démesuré.  » D’ailleurs, les matchs de préparation n’ont rien montré. Les joueurs sont à court de forme. La principale conséquence est un manque de rythme flagrant en phase de pressing. Pourtant, le mal de l’Espagne n’est pas une affaire technique. Vincent du Bois le sait : «  Nous avons été un peu paresseux  » , expliquait-il hier soir. Personne ne fera jamais mieux qu’un milieu Busquets-Alonso-Xavi-Iniesta-Silva. Non, le problème de l’Espagne n’est pas physique, il est mental. Les Espagnols sont-ils prêts à venger l’honneur de la Nation ? En ont-ils seulement envie ? Le Niño Torres a perdu son innocence et ne marque plus. Puyol, la caution morale de la défense et le papa de l’équipe, ne sera pas sur la pelouse. Si les états d’âme ne s’améliorent pas, l’équipe d’Espagne pourrait bien sortir de l’Euro avant même ses banques.

Le miracle espagnol

Pourtant, l’Espagne est un modèle. Ils sont nombreux, les touristes étrangers, à louer l’hospitalité, la sympathie et la bonne humeur d’un peuple pourtant harcelé par une crise qui n’en finit plus. À Madrid, les restaurants se vident, mais les bars sont pleins. En famille aussi, on joue collectif : à la maison, on s’entraide pour ne pas laisser tomber le petit dernier, 23 ans, au chômage et sans ressource. Pour un Espagnol, la manière de vivre (ou de jouer) est presque plus importante que le résultat. Xavi, c’est l’âme de cette Espagne-là, celle de Don Quichotte : « C’est plus important, ce que nous avons fait pour le jeu, que les titres réellement gagnés.  » Tout comme les Espagnols ne renonceront pas à faire la sieste et à se coucher tard, ils mourront en rêvant de possession de balle à 70%. Sans aucun doute, l’Espagne est favorite de l’Euro parce qu'elle est la référence de tous les autres. Même les Italiens ont changé d’avis sur cet art et sont devenus maniéristes. L’Espagne a déjà gagné dans les têtes des autres.


Mais le problème, c’est la faim. Pour se battre, il faut avoir des crampes d’estomac et plus rien à perdre. Xavi a tout gagné. Non seulement les titres, mais aussi les mémoires. Lui-même l'a dit dans El Pais dimanche: « J’ai le sentiment du devoir accompli, qu’enfin nous sommes en paix. Il n’y a plus d’urgences, ni de peur des quarts de finale, ni d’angoisses. Quand nous avons battu l’Italie, la dynamique du football espagnol a changé, c’était comme une libération. Ensuite sont arrivés le titre et le Mondial. Je veux continuer à gagner, mais je sens que, maintenant, nous sommes en paix.  » Mais les bonnes intentions ne suffisent pas et la pression est immense. L’Euro est une compétition qui ne s’offre qu’aux plus déterminés. Être la cible de 15 autres nations au bord de la crise de nerfs est une chose, mais être responsable du bonheur d’un pays en est une autre. Jamais, depuis la Coupe du monde de Mandela en Afrique du Sud, une équipe nationale n’avait eu autant de responsabilités sur ses épaules. L’Espagne est désespérément optimiste, elle n’a pas le choix. L’Euro ne sauvera pas l’Espagne, mais il y contribuera.

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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