1. // Barack Obama à Cuba

Ernesto Guevara, le foot fighter

Aujourd'hui est un jour historique : Barack Obama est le premier président américain à se rendre à Cuba depuis 88 ans. Il a rencontré son homologue Raúl Castro hier et s’apprête aujourd'hui à prononcer un discours qui fera date. L’occasion de se rappeler que Che Guevara, argentin de naissance et cubain d’idéologie, n'a pas seulement marqué le pays par ses idées. Il est aussi le premier amoureux du ballon rond de l’île.

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On le savait fondu d’ovalie, moins de football. Et pourtant, les indices ne manquaient pas. Au Vélodrome, même si aujourd’hui on n’y voit plus grand-chose, pas même des supporters, les drapeaux orange à l’effigie du Che ont pour habitude d’être agités aux côtés de ceux du club.


Tout comme dans les virages du stade de Livourne, en Serie B, ou du Rayo Vallecano, en Liga. S’il n’y a a priori aucun lien entre le Che et ces clubs, seulement une idéologie proche de celle de certains ultras ou peut-être Lucho González, la présence de l'image du Commandante dans les arènes est loin d’être une coïncidence. Son chemin a longtemps croisé celui du sport, et plus particulièrement celui du football. De Rosario Central, en passant par de petits clubs chiliens et péruviens, jusqu’à sa rencontre avec Alfredo Di Stéfano, Ernesto Rafael Guevara de la Serna a compris l’intérêt et le pouvoir social du sport avant tout le monde.

Mauro Cetto, Ventoline et golf


Et cette passion provient directement de son lieu de naissance. Ernesto Guevara est né à Rosario, le club de Mauro Cetto, Kily González, Mario Kempes ou encore Ángel Di María.
« Il a commencé à suivre les Canallas en posant très souvent la question aux personnes qu’il rencontrait : de quel club es-tu ? » Hugo Gambini
Autant dire qu’il avait certaines prédispositions. La genèse de sa passion a d'ailleurs été racontée par Hugo Gambini dans El Che Guevara, une des nombreuses biographies consacrées au Comandante : « Quand il vivait à Córdoba, il se tenait informé quotidiennement à propos des résultats. Et comme la majorité de ses amis étaient fidèles aux mêmes clubs – Boca et River –, Ernesto a voulu choisir un autre club, plus singulier. Quand il a découvert l’existence de Rosario Central, un club de la ville où il était né, il y a directement adhéré. À partir de ce moment-là, il a commencé à suivre les Canallas en posant très souvent la question aux personnes qu’il rencontrait : de quel club es-tu ? Il le faisait, car ça lui donnait l’opportunité de répondre avec une certaine arrogance : "De Rosario Central. Je suis rosarino." »

Youtube

En fait, de manière plus globale, Ernesto Che Guevara est un amoureux du sport. C’est sa manière à lui de faire un bras d’honneur au destin, qui l’a privé de capacités respiratoires normales. En gros, il était asthmatique. Et bien comme il le fallait. Il est raconté dans certains livres qu’un coéquipier se tenait toujours prêt avec une espèce de pompe, ancêtre de la Ventoline, sur le bord du terrain, pour le réapprovisionner tous les quarts d'heure. Car entre le golf, le rugby, la natation, le tir à l’arc et même les échecs, plus adaptés à ses capacités, le Che ne se prive de rien et agit au gré de ses envies. De la même manière qu’il décide de partir en moto, au début des années 50, arpenter les routes de l’Amérique du Sud avec son ami biochimiste Alberto Granado. Un périple qu’Ernesto racontera notamment dans ses carnets de voyage, aujourd’hui publié en tant que « Voyage à Motocyclette » , et durant lequel son amour, ses talents en tant que gardien de but et sa connaissance du football le sauveront plus d’une fois.

Modestie


À commencer par une de leurs escales au Chili en 1951 où les deux compères rencontrent un groupe d’ouvriers en plein entraînement pour un gros match : « Alberto a sorti de son sac à dos une paire d’espadrilles et a commencé à donner ses instructions. Spectaculaire résultat : on a été engagé pour le match du dimanche suivant. Notre salaire : le gîte, le couvert et le transport jusqu’à Iquique. Deux jours ont passé avant le dimanche en question, deux jours ponctués par une splendide victoire de notre équipe. »
« Il faut dire qu'au milieu de terrain, il a été plutôt bon. » Hugo Gambini
Idem au Pérou, dans les ruines du Machu Picchu où ils rencontrent d’autres joueurs, dont un propriétaire d’hôtel : « J’ai eu l’occasion de me distinguer par un ou deux arrêts. Ce qui m’a amené à expliquer, en toute humilité, que j’avais joué dans un club de première division à Buenos Aires avec Alberto. Il faut dire qu'au milieu de terrain, il a été plutôt bon. Notre surprenante habileté nous a permis de gagner la sympathie des joueurs, dont le gérant de l’hôtel qui nous a invités à y passer deux jours. »

Youtube

À cause ou grâce à ces quelques anecdotes - et surtout ces quelques mythos -, toujours racontées dans leurs carnets de voyages, Ernesto et Alberto deviendront notamment entraîneurs passagers de l’Independiente Sporting Club : « Tandis qu'on attendait notre avion, l’équipe nous a proposé d’entraîner lors du match suivant, car elle n’avait plus d’entraîneur. Au départ, on pensait seulement entraîner pour ne pas faire piètre figure sur le terrain, mais comme ils étaient très mauvais, on s'est décidé à jouer. Avec brio. Notre équipe, considérée comme la plus faible du championnat, a obtenu de bons résultats, et du coup, on est resté à Leticia. On a été jusqu’en finale, mais on a perdu le championnat aux penaltys. Lors de cette demi-finale, Alberto a vraiment été bon, il a étalé tout son talent. Moi, j’ai arrêté un penalty décisif qui restera dans l’histoire de Leticia.  »

Enrique García plutôt qu'Alfredo Di Stéfano


Bref, avec toujours autant d'humilité, ils accumuleront surtout assez d’argent pour se rendre à Bogotá en avion. Là, ils veulent bien entendu continuer de voyager et de dresser un constat sur l’état de leur continent. Mais ils cherchent aussi à aller voir un match des Millionarios où joue notamment Alfredo Di Stéfano, la star argentine du moment. La légende veut même que les trois hommes se soient rencontrés via un ami commun et que le footballeur leur ait offert par la suite des billets pour un match entre son club colombien et le Real Madrid. Un homme qui deviendra tout de même le meilleur joueur du monde, mais pas le préféré d'Ernesto. Lui vouait un culte à Enrique « Chueco » García. Quoi qu’il en soit, c'est l'une des dernières histoires de foot d'Ernesto Guevara avant la révolution en 1959. Et oui, refaire le monde, ça prend du temps. Mais les stades, lieu symbolique de réunion du peuple, ne l'oublient pas.

Par Ugo Bocchi
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Dans cet article

pointu_du_gauche Niveau : DHR
A quand l'article :" Ben Laden fan de foot" ?
 //  16:42  //  Aficionado del Argentine
Il était asthmatique Ernestito , donc un médecin lui avait recommander la pratique de sport ( a ses 5 ans ) , de ce fait il a jouer au rugby en club de 14 a 23 ans .
Chez les étudiants de Cordoba et a Buenos Aires .

Pour le foot il était de Rosario Central ( Canalla ) , mais a jamais jouer en club , juste dans la cour de récréation pendant ses années scolaires , en tant que gardien .

Pourquoi cette idolatrie en Europe envers lui ?
Un sentiment de liberté dans un stade ?
Une sympathie marxiste contre capitaliste ?
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Je vois pas trop le rapport mais bon...
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Message posté par Alain Proviste
Je vois pas trop le rapport mais bon...


En réponse à pointu
Elcocolonel Niveau : DHR
Venant de pointu-du-gauche, je suis un peu déçu de ton commentaire :(
pointu_du_gauche Niveau : DHR
Message posté par Alain Proviste
Je vois pas trop le rapport mais bon...


Le terrorisme, la dictature, la barbe...?
Elcocolonel Niveau : DHR
Message posté par pointu_du_gauche
Le terrorisme, la dictature, la barbe...?


Le terrorisme ? Pour Guevara ? Bah non, on peut pas dire n'importe quoi. La guérilla n'est pas une forme de terrorisme, lutte armée certes, mais pas de terrorisme stricto-sensu.


La dictature ? Pour Ben Laden ? Bah non, on peut pas dire n'importe quoi. De quel pays Benou a t'il été dictateur ?
Dommage qu'il ait été asthmatique. Cet Homme Nouveau aurait probablement fait un meilleur gardien que Lev Yachine tant il a excellé dans tous les domaines dans lesquels il s'est investi...
onlythetruth Niveau : DHR
Message posté par pointu_du_gauche
A quand l'article :" Ben Laden fan de foot" ?


L'histoire Géo c'était facultif dans ton école ?
pauloradiobemba Niveau : CFA
Message posté par Alain Proviste
Je vois pas trop le rapport mais bon...


Pour avoir bossé sur le perso dans un mémoire, j'ai fait le tour du sujet et donc des ouvrages en tout cas en français. Je me suis tapé toutes les bios qui passent sous silence ce qui les dérangent : l'usage de la terreur et son apologie, sa médiocrité (le seul truc qu'il a réussi c'est l'image qu'il a laissé et pour le coup il peut remercier Castro et les intellectuels gauchisant d'Occident : Debray, Sartre, Beauvoir, Dumont, Karol, Julien, Niedergang, mai 68 etc), son admiration pour Staline même après le XX congrès en 1956 etc

Je conseil a tout ceux que ça intéresse la lecture de : La face caché du Che de Machover. Il pointe ses aspects les plus sombres et ne prétend pas être objectif contrairement à tous les laudateurs du perso.

Le comparatif avec Ben Laden est loin d'être idiot. En Chine il existe des teechirt avec les deux perso d'ailleurs. Guevara a inspiré des révolutionnaires latino qui ont poussé plus loin ses raisonnements notamment sur le terrorisme (Marighela, les Tupamaros ...). Les occidentaux qui partent aujourd'hui faire le djihâd ont bon nombre de points commun avec ceux qui partaient faire la révolution en Amérique latine dans les années 60, en Chine dans les années 50/60 ou en Russie pendant la guerre civile.

Bref c'est un sujet passionnant.
Juge du canapé Niveau : District
Tu sais des ouvrages partisans d'exilés Cubain il y en a plein.
Ils étaient pas là mais ils connaissent mieux que tout le monde "la face cachée" donc.
Propagande classique et très à droite de l'échiquier politique.
L'épuration cubaine n'était rien comparé à l'épuration française d'après guerre qui a déjà été largement surestimée par les historiens de droite.
1 réponse à ce commentaire.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Message posté par pointu_du_gauche
Le terrorisme, la dictature, la barbe...?


Le terrorisme ??? Euh non tu dois confondre avec la guérilla qui, dans les trois cas où elle a été pratiquée par le Che, s'est faite pour des raisons juste au départ : à Cuba contre le régime dictatorial et soumis aux intérêts US de Batista, dans l'ex-RDC contre Mobutu appuyé par les puissances impérialistes et les mercenaires afrikaaners, en Bolivie contre la dictature militaire soutenue par la CIA. Autre grande différence avec le terrorisme : ne pas viser les populations civiles par des attentats aveugles et mener une lutte armée contre une armée régulière et des soldats.
Enfin bref, pas envie de me lancer dans un débat interminable...
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Message posté par pauloradiobemba
Pour avoir bossé sur le perso dans un mémoire, j'ai fait le tour du sujet et donc des ouvrages en tout cas en français. Je me suis tapé toutes les bios qui passent sous silence ce qui les dérangent : l'usage de la terreur et son apologie, sa médiocrité (le seul truc qu'il a réussi c'est l'image qu'il a laissé et pour le coup il peut remercier Castro et les intellectuels gauchisant d'Occident : Debray, Sartre, Beauvoir, Dumont, Karol, Julien, Niedergang, mai 68 etc), son admiration pour Staline même après le XX congrès en 1956 etc

Je conseil a tout ceux que ça intéresse la lecture de : La face caché du Che de Machover. Il pointe ses aspects les plus sombres et ne prétend pas être objectif contrairement à tous les laudateurs du perso.

Le comparatif avec Ben Laden est loin d'être idiot. En Chine il existe des teechirt avec les deux perso d'ailleurs. Guevara a inspiré des révolutionnaires latino qui ont poussé plus loin ses raisonnements notamment sur le terrorisme (Marighela, les Tupamaros ...). Les occidentaux qui partent aujourd'hui faire le djihâd ont bon nombre de points commun avec ceux qui partaient faire la révolution en Amérique latine dans les années 60, en Chine dans les années 50/60 ou en Russie pendant la guerre civile.

Bref c'est un sujet passionnant.


On en discutera à l'occase alors (là je suis au taf, pas trop le temps), je me suis pas mal intéressé au sujet aussi, que ce soit le Che ou Cuba... ainsi qu'aux guérillas latino-américaines de manière plus large. ;)
pointu_du_gauche Niveau : DHR
Message posté par Elcocolonel
Le terrorisme ? Pour Guevara ? Bah non, on peut pas dire n'importe quoi. La guérilla n'est pas une forme de terrorisme, lutte armée certes, mais pas de terrorisme stricto-sensu.


La dictature ? Pour Ben Laden ? Bah non, on peut pas dire n'importe quoi. De quel pays Benou a t'il été dictateur ?


Il me semble que le che Guevara a fait sauter quelques trains remplis d'innocents. Quant à l'idéologie de Ben Laden, elle parait un tantinet totalitaire. On peut aussi parler des exécutions sommaires dont nos deux amis semblaient férus. Quoiqu'il en soit, il s'agit de deux personnes très peu sympathiques aux yeux de beaucoup de victimes, qui ont essayé d'imposer leur vision du monde par la violence des kalashnikovs.
 //  17:48  //  Amoureux du Liberia
Fameux joueur, Kempes.
Et pas de sang sur les mains.
pointu_du_gauche Niveau : DHR
Message posté par Alain Proviste
Le terrorisme ??? Euh non tu dois confondre avec la guérilla qui, dans les trois cas où elle a été pratiquée par le Che, s'est faite pour des raisons juste au départ : à Cuba contre le régime dictatorial et soumis aux intérêts US de Batista, dans l'ex-RDC contre Mobutu appuyé par les puissances impérialistes et les mercenaires afrikaaners, en Bolivie contre la dictature militaire soutenue par la CIA. Autre grande différence avec le terrorisme : ne pas viser les populations civiles par des attentats aveugles et mener une lutte armée contre une armée régulière et des soldats.
Enfin bref, pas envie de me lancer dans un débat interminable...


Je ne suis pas fan des "raisons justes".
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Message posté par pointu_du_gauche
Il me semble que le che Guevara a fait sauter quelques trains remplis d'innocents. Quant à l'idéologie de Ben Laden, elle parait un tantinet totalitaire. On peut aussi parler des exécutions sommaires dont nos deux amis semblaient férus. Quoiqu'il en soit, il s'agit de deux personnes très peu sympathiques aux yeux de beaucoup de victimes, qui ont essayé d'imposer leur vision du monde par la violence des kalashnikovs.


Je serais curieux que tu me donnes ces fameux exemples de "trains remplis d'innocents" qu'il aurait fait sauter : si tu parles de l'attaque du train blindé rempli de soldats de Batista, on sera jamais d'accord sur l'interprétation.
Quant à l'analogie avec Ben Laden, faut avoir peur de rien mais remarque, certains qualifient bien Mandela de terroriste. Il y a pourtant une énorme différence qui se situe au niveau de l'idéologie et du but poursuivi (cad le plus important) : d'un côté, une idéologie djihadiste et takfiriste mortifère et rétrograde, de l'autre, une idéologie socialiste, anti-impérialiste et tiers-mondiste et la volonté d'un monde plus juste et de libération des populations opprimées.
Je schématise volontairement à outrance, je connais suffisamment bien l'oeuvre et les idées de Guevara pour ne pas en faire un saint ni un modèle absolu, loin de là, par contre j'ai du mal avec ta comparaison.
Quant à l'emploi de la violence pour imposer ses idées, il faut se replacer dans le contexte de l'époque. Dans des pays dominés soit par une dictature militaire soit par une puissance coloniale, celle-ci était souvent le seul moyen de lutte... et nombre de mouvements de libération ou de guérilla ont ainsi fait usage à l'époque d'une violence légitime (mais pas aveugle). D'ailleurs, l'une des seules tentatives de révolution vraiment pacifiques et par les urnes, à savoir le Chili d'Allende, s'est soldée par l'écrasement de l'espoir dans le sang et des années de torture et de dictature de Pinochet !
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Message posté par pointu_du_gauche
Je ne suis pas fan des "raisons justes".


Ben je sais pas, dans ce cas la résistance à l'occupation nazie (que ce soit en France, en Grèce, en Yougoslavie) - qui pouvait donc prendre des formes violentes -, ça ne te semble pas une raison juste ?
Je sais bien que c'est pas le même contexte mais même si l'on désapprouve l'usage de la violence en temps normal (ce qui est normal), la lutte armée ou guérilla a pu être légitime et même nécessaire dans certains cas... notamment lorsqu'il s'agissait de combattre une oppression coloniale ou impérialiste, comme l'a théorisé Frantz Fanon.
Bref, je m'étendrai pas plus même si le sujet est intéressant, j'ai du taf !
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
Message posté par Alain Proviste
Ben je sais pas, dans ce cas la résistance à l'occupation nazie (que ce soit en France, en Grèce, en Yougoslavie) - qui pouvait donc prendre des formes violentes -, ça ne te semble pas une raison juste ?
Je sais bien que c'est pas le même contexte mais même si l'on désapprouve l'usage de la violence en temps normal (ce qui est normal), la lutte armée ou guérilla a pu être légitime et même nécessaire dans certains cas... notamment lorsqu'il s'agissait de combattre une oppression coloniale ou impérialiste, comme l'a théorisé Frantz Fanon.
Bref, je m'étendrai pas plus même si le sujet est intéressant, j'ai du taf !


*ce qui est mon cas, pas "ce qui est normal"
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