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Eric the King

Souvent déroutant, parfois irritant, de temps en temps maladroit, Eric Mouloungui est aussi difficile à cerner qu'à prendre au marquage sur un terrain. Pourtant, le Niçois sera l'une des attractions de la CAN avec son équipe du Gabon.

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Au stade du Ray, Eric Mouloungui prend des mollards une semaine sur deux. Quand il ne prend pas de glaire, il a droit à une standing ovation personnalisée. Drôle de quotidien pour l'attaquant gabonais de 27 piges. Il faut dire que l'ancien Strasbourgeois est un mec de cycles. Insaisissable pendant 90 minutes le dimanche, transparent une semaine plus tard. Et vice et versa. Ses entraîneurs ont du faire avec. A 20 berges, on aurait pu mettre ça sur le compte de la jeunesse ou de l'immaturité. Mais force est de constater que l'attaquant est comme ça. Nonchalant. Cyclique. Lunatique.

Même sur ses choix de carrière, le Gabonais tergiverse. En août dernier, il était à deux lacets de rejoindre West Ham – alors en seconde division anglaise – dans les dernières heures du mercato. Un vrai-faux départ qui a pesé dans sa tronche. D'ailleurs, il le confessait dans les colonnes de Nice-Matin: « J'avais le cul entre deux chaises. Ce n'était pas une situation très confortable. Or, je n'avais jamais mis de côté l'éventualité de rester à Nice. Si j'ai l'opportunité d'aider le club à grandir, ce sera également bénéfique pour la suite de ma carrière. Je respecte trop les couleurs de l'OGC Nice pour tricher une fois sur le terrain  » . Le mec est attachant, au fond. On a envie de l'aider, Eric. De l'encourager. De croire en lui.

Conscient qu'il représente l'une des seules valeurs estimables de leur effectif, les dirigeants niçois savent que leur attaquant est convoité par des clubs de Premier League. «  Je reconnais que je peux avoir nettement mieux ailleurs, lâchait-il, toujours dans Nice-Matin, après les fêtes de fin d'année. Mais j'ai passé quatre super saisons ici. Je ne veux surtout pas partir comme un voleur. Je veux pouvoir revenir ici avec le sourire » . Un mec droit, ça change. Donc pour le moment, Mouloungui est toujours Niçois. Il a surtout un compte à régler avec la sélection nationale avec laquelle il ne compte que 29 sélections.

Carl Lewis en crampons

Avec les Aubameyang, Cousin et autre N'Guéma, Mouloungui aimerait briller sur ses terres. D'autant que la CAN et le Gabon, c'est tout sauf une histoire d'amour. Peu de câlins, très peu de bons souvenirs et une seule place en quart-de-finale, en 1996, et basta. Autrement dit, les Panthères devront se sortir les doigts pour briller chez eux. Et Mouloungui le premier. Un mec pas vraiment buteur – à son pic de forme, le numéro 11 azuréen vaut huit buts par an, en étant large – ni vraiment passeur. Mouloungui, c'est avant tout un éclair. Il arrive avec fracas, fout le bordel pendant 5 minutes et disparait en laissant des traces. Mais on lui pardonne tout, il a un tel feu dans les guiboles. Lors de son arrivée à Nice, le directeur sportif de l'époque, Roger Ricort, avait d'ailleurs avancé que son nouveau poulain était « l'un des plus rapides du championnat. C'est un joueur à part, qui peut faire gagner un match  » .

En Ligue 1, ses éclairs de génie se font rares. Le lascar disperse son "génie" avec parcimonie. Sa vitesse de pointe et sa technique en mouvement peuvent faire mal, mais elles ne sont pas suffisamment utilisées pour franchir le palier. Surtout que le mec est plutôt polyvalent, et ça, bizarrement, c'est un point négatif. Utilisé aussi bien sur un côté dans une attaque à trois ou dans l'axe, le Gabonais ne s'est jamais vraiment fixé à un poste déterminé. Alors Mouloungui est trimballé. Tantôt joker de luxe, parfois titulaire indiscutable. Souvent tout à la fois. Pour autant, le Niçois aura une belle carte à jouer durant cette CAN. Daniel Cousin vieillissant, la star des Panthères, ça peut être lui. Oui, c'est drôle. En même temps, pour un mec né le 1er avril, quoi de plus normal...


Par Mathieu Faure
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