Erevan Tusk : « Zlatan, ça fait plus vendre que Caveglia »

Ils sont cinq et n’aiment pas tous le foot. Mais lorsqu’il s’agit d’envoyer du son, Erevan Tusk sait se serrer les coudes comme une CFA avant de rencontrer une Ligue 1. Symbole d’une scène pop-rock tricolore enthousiasmante, le groupe a sorti son premier LP Fortify Your Innocence en mai dernier. So Foot les a rencontrés pour qu’ils nous racontent leur foot à eux.

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Votre nom, « Erevan Tusk » , c’est un hommage à Youri Djorkaeff et Alain Boghossian ?
Jim : À l’origine, c’était un projet en duo, avec Pacôme qui n’est pas là. On voulait donc un ensemble composé de deux termes. Dont un nom de ville. Il trouvait le mot Erevan magnifique, surtout sa sonorité. Mais on n'a pas vraiment d’affinité avec l’Arménie. C’est né d’une idée esthétique. « Tusk » , c’est mon idée, pour des raisons sémantiques. Cela signifie « défense d’éléphant » . Je voulais un mot puissant qui évoque la force.

Suivez-vous une équipe en particulier ?
Nico : On ne suit pas trop la Ligue 1, surtout les championnats étrangers. Avec mes origines niçoises, quand j’étais petit c’était Marseille.
Jim : Moi, c’était Monaco, j’étais à fond. J’allais à Louis II avec mon père. C’était une grande ASM au début des années 1990. Le stade était vide et les places ne coûtaient rien.
Pierre : Petit, je suivais Bordeaux puisque je viens de Brive-la-Gaillarde. J’avais fait des stages en centre de formation. Ultra fan à l’époque de (Bixente) Lizarazu et (Christophe) Dugarry.

En général, chacun regarde le match de son côté et vous débriefez le lendemain ou vous avez vos rituels ?
Jim : On se fait des trucs en groupe. On a tous des copines, donc c’est toujours délicat de leur imposer un match à la maison. Les grosses compétitions, on les regarde ensemble.
Pierre : Après on enchaîne avec des matchs de FIFA sur console.

Les Inrocks vous décrivent comme un groupe romantique et élégant. Y a pire comme superlatifs…
Nico : D’où le côté foot et console (rires).
Jim : Dans la musique à proprement parler, il y a une réelle recherche esthétique, des arrangements assez chiadés, beaucoup de voix. C’est le côté élégant. Le romantisme vient plutôt des textes. Et, je pense, de notre comportement quand on parle de musique.

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Y a-t-il un joueur qui allierait l’élégance et raffinement ?
Nico : Johan Cruyff. Il était troisième de votre classement, je crois. Là, on parle d’élégance. Cruyff, c’est le raffinement incarné.
Pierre : Andrea Pirlo, lors du dernier Euro. Un mélange de classe, d’élégance physique.
Jim : C’est vrai qu’il était au top. Sa sagesse, sa force tranquille et son intelligence de jeu en font un grand joueur. Je pense également à Gianluca Vialli époque Juve, il m’a fait rêver. Dans un registre plus défensif, comment ne pas penser à Paolo Maldini. Forcément, on aime plus ces joueurs que Mickaël Madar.
Pierre : Plus qu’Eric Di Meco.

Si vous ne deviez retenir qu’un match dans votre vie, lequel serait-ce ?
Pierre : BordeauxBayern Munich en Coupe d’Europe. Je sais pas pourquoi, mais je me souviens que Lizarazu sort sur blessure. C’est l’année (1996, ndlr) où ils vont en finale de Coupe de l’UEFA. Ils se sont fait larder vénère.
Jim : Mondial 1990 en Italie, match d’ouverture ArgentineCameroun. (François) Omam-Biyik marque de la tête en détente sèche et les Camerounais gagnent le match 1 - 0. C’était l’outsider qui gagne contre les champions du monde en titre.
Nico : La finale de l’Euro 1992, la Danemark bat l’Allemagne 2 – 0 à la surprise générale. Une histoire de dingue, puisque le Danemark n’était pas qualifié. Mais comme la Yougoslavie avait été expulsée, ils peuvent participer et vont au bout.

L’esprit d’équipe, une valeur primordiale pour la vie d’un groupe ?
Jim : Le rôle de chacun colle à sa personnalité. Alex, notre batteur, je le vois libéro. C’est le poste qu’il occupait quand il jouait. Un peu comme un leader, il impulse le tempo : « Là vous pouvez monter, là il faut redescendre. » Pierre, c’est l’ailier qui va faire plein d’appels, mais qui ne va pas recevoir beaucoup de ballons (sourire).
Nico : Moi, je me verrais comme un milieu, bien défensif quoi. Un Patrick Vieira ou un Pepe qui joue devant la défense.

Zlatan qui régale en Ligue 1, c’est le loup dans la bergerie ?
Jim : Je suis à moitié suédois, donc j’avais déjà de l’affection pour lui. Cela me donne envie de suivre le PSG. C’est fou la résonance que sa présence à Paris engendre. Prend le Direct Matin d’aujourd’hui (7 novembre), le titre c’est « Zlatan fait quatre passes » . Ménez aussi fait un super match, mais Ibrahimović fait la Une.
Nico : Mais quatre passes décisives en Ligue des champions, c’est presque du jamais vu... Il faut s’en réjouir. On a beaucoup plus été habitués à voir nos talents se tirer à l’étranger. Même pour des joueurs en fin de carrière. C’est dommage de ne pas avoir vu Didier Drogba venir finir sa carrière à l’OM ou au PSG (rires).

Ce PSG bling-bling ne vous dérange pas ?
Nico : On dit que ces sommes sont indécentes, ce qui est vrai. Mais certains types qui payent des places pour aller au stade sont victimes de la crise. C’est un système. L’argent qatari ramène beaucoup d’oseille en France. Tout est bon à prendre. C’est quelque chose que l’on accepte dans n’importe quel secteur. Que des Indiens, des Chinois, des Qataris achètent tout type d’entreprises, ça n’embête personne.
Jim : Faut arrêter, tu vendras toujours plus de maillots floqués Zlatan que Caveglia. C’est évident.

Raymond Domenech a récemment proposé de décerner un Ballon d’or par poste. Bonne idée ou grosse vanne ?
Pierre : Pas con ! Moi, le Ballon d’or, je m’en fous. C’est une élection objective, mais il y a aussi beaucoup de subjectivité.
Nico : Ça ne me touche pas non plus, mais c’est vrai que ça aide quand même les mecs à passer à la postérité.
Jim : Il n’y a plus de surprise depuis quelques années, Cristiano – Messi. C’est justifié, OK, après au niveau de l’intérêt…

L’Euro des Bleus n’a pas été fantastique. Leurs performances vont ont déçus ?
Jim : En terme d’engagement, ça n’allait pas. Le match contre la Suède, par exemple. Les Suédois ne se qualifient pas alors qu’ils se sont donnés comme des bêtes. La France, elle, passe alors qu’elle fait un demi-match. Sur le papier, ce sont des tueurs, mais ensemble, rien ne colle.
Nico : Je pense qu’on se focalise trop sur les comportements. S’ils étaient géniaux et qu’ils avaient ramené la coupe, tout le monde s’en branlerait.
Pierre : Le fait est qu’ils ne l’ont pas gagnée. Je crois que c’est une génération de types pas très futés. Il y a de supers joueurs, mais aucune intelligence de jeu. Quand je vois (Franck) Ribéry tout transpercer comme un veau, qu’il peut tous les niquer et qu’il foire le dernier geste... Comme Jérémy Ménez, comment il peut être aussi bon et aussi con parfois ?

Cela serait davantage un problème de motivation, donc ?
Jim : Il faut être optimiste, le dernier match (contre l’Espagne, 1-1), j’ai vraiment senti qu’ils avaient quelque chose à dire. Même Olivier Giroud qui entre à la fin et qui marque, ça se voyait qu’il était habité.
Nico : Oui, ça faisait plaisir à voir. Et puis ça fait combien d’années que t’as pas vu l’équipe de France marquer à la 93e minute ? Deschamps a peut-être insufflé un truc.

Propos recueillis par Pierre Girard
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