« Entraîner en Italie est plus compliqué qu'ailleurs »

Fraîchement élu "Entraîneur de l'Année" en Italie, Massimo Allegri est le jeune entraîneur de la surprenante formation de Cagliari. Beau jeu, résultats, joueurs du cru. Presque une anomalie en Serie A. Explications.

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Votre équipe est constituée en majorité de joueur italiens. Est-ce un choix ?


L'Inter compte énormément d'étrangers, mais ils sont là avant tout pour tout gagner. Nous, nous devons surtout penser à nous sauver. Pour ce genre de mission, le sens d'appartenance au maillot est important. C'est pourquoi nous essayons de garder nos joueurs le plus longtemps possible, et surtout de nous appuyer sur des footballeurs liés d'une manière ou d'une autre à la Sardaigne ou à la ville de Cagliari. Notre capitaine, Diego Lopez, est uruguayen, mais il est arrivé à Cagliari en 1998, il y a plus de dix ans. Daniele Conti est là depuis 1999, Alessandro Agostini depuis 2003. Andra Cossu et Francesco Pisano sont nés à Cagliari : avant d'être des joueurs, ce sont des tifosi. Et dans nos équipes de jeunes, nous essayons de faire jouer le plus de joueurs sardes possible.

Vous êtes actuellement septièmes du championnat, à deux points de la Juventus et tout le monde loue votre qualité de jeu. Comment expliquez-vous cette bonne saison ?


C'est une équipe jeune, qui peut encore faire mieux. Je demande à haque joueur qui entre dans l'équipe de donner le maximum. C'est la seule solution, pour une équipe comme la nôtre, de rester au même niveau quand untel ou untel est moins bien, ou quand nous souffrons d'absences pour blessure ou suspension. Nous avons des individualités de talent, mais la vraie force est collective. Nous ne dépendons d'aucun joueur.

Jusqu'où pensez-vous aller ?


On doit être réalistes : notre objectif, c'est d'avoir 40 points. Cela voudrait dire qu'on jouera encore en Serie A la saison prochaine. Une fois qu'on aura ce total, on pourra penser à s'amuser un peu. En ce moment tout va bien, mais ce n'est pas une raison pour oublier à quel point la Serie A est difficile. Dans le football, ça va beaucoup plus vite pour déconstruire une équipe que pour la construire. L'histoire du football italien prouve en outre qu'il est très compliqué, pour une équipe provinciale, de lutter pour les premiers rôles. Il y a une époque où Vérone et Cagliari pouvaient jouer le titre. Mais l'équilibre qui existait alors entre d'un côté, les investissements, et de l'autre, les valeurs, s'est dilué.

« Les joueurs sont plus importants que tous les schémas du monde »

De quelle école de jeu vous inspirez-vous ?


En tant qu'Italien, je suis évidemment influencé par les autres entraîneurs de mon pays, parmi lesquels Ancelotti et Capello. Mais je n'ai aucun schéma pré-établi. Le devoir d'un entraîneur consiste à utiliser les joueurs selon leurs qualités, et à mettre en place un dispositif capable de tirer le meilleur de ces joueurs. Ce n'est pas l'inverse. Selon moi, les joueurs sont plus importants que tous les schémas et modules du monde.

Plus de la moitié des équipes de Serie A ont déjà changé d'entraîneur. Comment expliquer ce phénomène?


Les changements d'entraîneurs sont effectivement monnaie courante en Italie. A chaque fois que la situation semble bloquée ou qu'une équipe a plusieurs résultats négatifs de suite, les clubs cherchent à créer un choc psychologique. Parfois cela marche, parfois non. Ce n'est pas propre à l'Italie, puisque des entraîneurs se font virer partout, mais vu la façon dont les gens vivent le foot ici et la pression qui existe, il me paraît évident qu'entraîner en Italie est plus compliqué qu'ailleurs.

On parle beaucoup en ce moment d'une crise du football italien. Pourquoi ?


La crise actuelle est liée au fait qu'après la victoire en coupe du monde, notre équipe nationale –et notre football– se trouve actuellement entre deux générations. Les jeunes sont systématiquement comparés aux anciens, à une génération de joueurs exceptionnels qui ont tout gagné. Mais quand on regarde dans le détail, je ne suis pas certain qu'on puisse parler d'une baisse du niveau du championnat italien.

Cagliari/Fiorentina, aujourd'hui à 15h



Traduction Stéphane Régy, source Il Guerin Sportivo

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