« En MLS, tu réfléchis moins mais tu cours plus »

Depuis le mois de janvier, le milieu à tresses Stéphane Auvray (29 ans) cavale pour les Kansas City Wizards. Moins connu que Thierry Henry, moins carbo aussi, il croisera dimanche la route d'un autre chevelu : David Beckham.

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La saison de Major League Soccer (MLS) est-elle conforme à tes attentes ?


Au niveau sportif, le ressenti est très positif. Le foot US est en très nette progression. Je ne suis pas surpris par la qualité des rencontres car je m'attendais à quelque chose de costaud. La différence se situe dans l'approche du jeu : c'est moins axé sur la technique et la maîtrise du ballon. En fait, ça se rapproche du foot anglais, un pressing constant et un vrai souci de l'attaque. Ici, la philosophie est de marquer plus que l'adversaire, tant pis si tu encaisses plusieurs buts tant que tu gagnes. En MLS, tu réfléchis un peu moins mais tu cours plus. Physiquement, il faut vraiment tout donner, surtout à Kansas City car l'entraîneur nous demande de presser l'adversaire très haut. L'avantage, c'est que tu récupères le ballon près du but adverse donc les occasions sont plus nombreuses. Le jeu est assez direct à l'exception d'une ou deux équipes qui tentent de jouer de manière plus continentale.

Finalement, ce n'est pas un bon plan avant la retraite ?


Sûrement pas, on dépense beaucoup d'énergie à courir sans arrêt ! Mais c'est beau de jouer devant 20.000 personnes face à Ljungberg ou Donovan, bientôt Henry. Dommage, Beckham était blessé pour notre match contre le Galaxy. Franchement, y a du niveau. Manchester United a fait sa préparation ici et nous les avons battus à dix. OK, c'était un match amical mais ça fait quand même de bons souvenirs quand on arrive de Ligue 2 française. Je me rends compte que je serais bien venu dès l'âge de vingt-cinq ans pour en profiter plus longtemps.

Les Ricains sont à bloc sur l'entertainment ?


Je ne me rends pas toujours compte à la mi-temps mais il se passe toujours quelque chose pour divertir le public. Les gens viennent assister à un évènement sportif, il faut leur en donner pour leur argent. Avant le match, ça joue systématiquement l'hymne américain, toujours par un chanteur différent. Le public a un grand respect pour les joueurs, tu ne te fais pas siffler pour un 0-0 comme en France. Bon, les gens peuvent être déçus mais ils n'en veulent pas aux joueurs.

Il y a quelques supporters au milieu des spectateurs ?


J'étais surpris de voir que Kansas City avait un kop de supporters derrière l'un des buts. Ils sont vraiment assidus, toujours là pour les matches à domicile et font même quelques déplacements pas trop lointains. Ils ont leurs chansons. Je crois bien qu'ils ont fait un truc sur mes cheveux mais je n'ai pas bien compris (rires). Le stade qui m'a le plus impressionné, c'est celui de Seattle avec ses 40.000 places, les gens là-bas sont très portés sur le foot. Le soccer intéresse vraiment les Américains même si c'est encore loin du basket ou du baseball. Mais oui, ça y est, la population américaine s'intéresse au foot.

Les Français ont la cote aux States ?


Je suis mal placé pour te répondre car les gens me croient de nationalité guadeloupéenne ! Je suis identifié à cause des deux Gold Cup que j'ai disputées ici avec ma sélection. Des gens me demandent pourquoi la Guadeloupe ne participe pas à la Coupe du monde. Du coup, on ne me considère pas tellement comme un Français, sauf au club. Comme ils reçoivent des tas de CV chaque semaine, ils demandent mon avis pour le moindre joueur français : « Et lui, tu le connais ? » . L'ancien Toulousain Lamine Diatta est venu à l'essai mais ils ne l'ont pas retenu car ils l'estimaient en phase descendante. Il faut comprendre un truc : avant les clubs étaient demandeurs, maintenant ce sont les joueurs.

Est-ce que Thierry Henry fait beaucoup parler là-bas ?


Bon, je ne regarde jamais la télé et je ne lis pas les journaux mais je vois bien que le pays s'intéresse à lui. Au club, il y a une télévision branchée sur ESPN. Dès que Thierry marque un but ou réussit un bon match, la chaîne le montre. J'ai l'impression qu'ils cherchent à le mettre au centre de l'attention. Ça sera encore plus vrai pendant les play-offs puisque New York a fini deuxième de la saison régulière et peut viser le titre national.

C'est la proximité avec ton île qui t'a permis de venir en MLS ?


Oui, d'une certaine façon. En fait, l'entraîneur adjoint de Kansas City était chargé de supervisé les rencontres de la Guadeloupe pour la Concacaf. J'ai su plus tard qu'il avait émis de bonnes appréciations à mon sujet. Alors, quand je suis parti de Nîmes et que je pensais rentrer chez moi, le club m'a fait savoir qu'il était intéressé. Et me voilà.

La vie est comment à Kansas City ?


Je suis agréablement surpris. Au départ, je ne savais même pas où c'était. La ville est grande mais pas immense comme Los Angeles où tu ne retrouves pas facilement ton chemin. C'est la ville familiale par excellence. Autour, il y a plusieurs villes moyennes qui forment une agglomération agréable. C'est aussi adapté au niveau scolaire puisque l'État est l'un des cinq plus performants des États-Unis. La vie n'est pas excessivement chère.

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