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« En 58, si on prenait un tir dans la tronche, on avait Alzheimer direct »

À 82 ans, Just Fontaine coule des jours tranquilles dans sa retraite toulousaine. Du haut de ses 30 buts en 21 sélections avec les Bleus, le canonnier continue de contempler le football chaque jour. L’essentiel de son temps, il le passe d’ailleurs devant sa « belle télé » , à regarder tous les matchs qui lui passent sous le nez. Alors, à la veille de l’Euro, Justo a des choses à vous dire.

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L’Euro s’ouvre ce vendredi soir pour les Bleus. Que pensez-vous de cette équipe de France à la veille de l’ouverture de son tournoi ?
La confiance est là, et la France a tout pour faire un très bon Euro, mais elle n’est pas favorite selon moi. Les trois gros morceaux du tournoi, c’est l’Allemagne, l’Espagne et les Anglais, qui vont faire très mal. Ils ont gagné tous leurs matchs pendant les éliminatoires, il ne faut pas les oublier. Les Bleus sont capables de battre tout le monde, mais, contre ces trois-là, ils ne seront pas favoris.

L’équipe de France dispose d’un gros potentiel offensif, à tel point qu’il est difficile d’établir une hiérarchie chez les attaquants. Qui seront nos meilleures gâchettes ?
Payet est un artiste, ça fait un moment qu’il marque des coups francs magnifiques, en club et en sélection. Et comme il y a peu d’équipes qui marquent sur des coups de pied arrêtés direct, ça peut être lui, notre meilleure arme. Griezmann et son pied gauche répondront toujours présents aussi, et puis Giroud marque pas mal de buts. Il y a des gens qui n’aiment pas trop son style, mais il est efficace. Ses statistiques avec l’équipe de France sont bonnes. Avec ses buts face à l’Écosse, il ne sera pas emmerdé quand il va jouer, il sera moins sifflé.

« Je ne pense pas que l’Euro soit une compétition plus facile à remporter qu’une Coupe du monde. Surtout aujourd’hui. Avant, tu avais les forts et les faibles. »

La grosse inconnue autour des Bleus, c’est la défense…
On a vu qu’elle faisait des erreurs, c’est vrai, mais on ne peut pas bien se préparer avec une paire de centraux qui change en permanence. C’est compliqué pour Rami, qui a été trop léger face au Cameroun, mais je pense qu’il va se reprendre. On va prier pour que ça tienne le coup…

Vous avez participé à une Coupe du monde, mais pas à l’Euro, dont la première édition s’est déroulée un an après la blessure qui a mis un terme à votre carrière. Accordez-vous le même prestige à ces deux compétitions ?
Oui. Je ne pense pas que l’Euro soit une compétition plus facile à remporter qu’une Coupe du monde. Surtout aujourd’hui. Avant, tu avais les forts et les faibles. Aujourd’hui, ça s’est beaucoup professionnalisé et, sur un match, même les petites équipes sont capables de bousculer les grosses, parce que c’est plus facile d’organiser une défense que d’organiser une attaque. À mon époque, des équipes comme le Luxembourg, par exemple, ne pouvaient pas rivaliser. Je me souviens d’un match contre eux où la France gagne 6 à 1, là-bas. Du coup, au retour, le sélectionneur Albert Batteux fait jouer les Espoirs, dont je faisais partie. On gagne 8-0, je marque trois fois. C’était ma première sélection.


En 21 sélections avec les Bleus, vous marquez 30 buts. Un ratio tellement fou que ça n’existe plus en équipe nationale, de nos jours. Comment l’expliquez-vous ?
C’est peut-être parce que je suis le meilleur. (Rires) Pour marquer des buts, il faut être juste quand on tire. Hé bien, je suis Just.

« La télé a transformé ce sport. Ceux qui embrassent leur blason devant la caméra pour dire qu’ils ont le club dans leur cœur, et puis huit jours après, ils sont transférés. Ils prennent les gens pour des cons. »

À 82 ans, vous continuez de suivre énormément votre sport et de vibrer devant la télé… Êtes-vous le papy le plus calé de France en football ?
Ça m’arrive de passer des journées entières à regarder du foot à la télé, oui. Les championnats étrangers, la CAN, les féminines. Je regarde tout, tout, tout. J’ai une belle télé. J’ai même pris des chaînes payantes. J’ai beIN sports, je suis abonné à France Football, j’achète L’Équipe tous les jours. J’aime bien aussi les autres sports, mais ma passion, c’est le foot. C’est le premier spectacle que je regarde. Même s’il y a un bon film à la télé, je l’enregistre et puis je mets le foot… C’est comme ça.

Justement, quel regard portez-vous sur le football moderne en comparaison de l’époque où vous étiez sur la pelouse ?
La télé a transformé ce sport. Avant, quand on marquait un but, on remerciait le gars qui avait fait la dernière passe et on retournait vers le centre du terrain, on ne plongeait pas sur le poteau de corner. Aujourd’hui, on voit des gars faire trois sauts périlleux arrière pour célébrer un but, comme si ça allait compter double. C’est un cinéma terrible. Du cirque. Moi, je n’aurais pas pu faire ça. De toute façon, je n’étais pas souple. C’est comme ceux qui embrassent leur blason devant la caméra pour dire qu’ils ont le club dans leur cœur (il mime le geste), et puis huit jours après, ils sont transférés. Ils prennent les gens pour des cons. C’est tout ça qui a changé. S’il n’y avait pas de caméra, ils ne feraient pas tout ce cirque. Et puis il y a autre chose qui m’énerve, c’est les entraîneurs qui font trois changements à la suite dans les dernières minutes pour gagner du temps. Ça devrait être interdit, ça. Les ballons ont changé, aussi. À la Coupe du monde 58, les ballons, on aurait dit des ballons de basket. En plus, on jouait sous la pluie, alors fallait se protéger de partout quand on était dans le mur sur un coup franc… Si on prenait un tir dans la tronche, on avait Alzheimer direct.

En 67, cinq ans après être sorti major du stage national des entraîneurs, vous êtes choisi pour entraîner les Bleus. Une nomination qui ne plaît pas à tout le monde…
C’est Jean Doumeng, du comité de l’équipe de France, qui m’a recommandé pour prendre la suite du duo Arribas-Snella et reconstruire la sélection. À l’œil, je n’étais pas payé. Les joueurs étaient contents, mais les dirigeants me considéraient comme un ennemi, car j’étais le président de l’UNFP, ils se méfiaient de moi et de mes idées. En équipe de France, comme quand j’entraînais les équipes de jeunes du TFC, mes défenseurs jouaient la ligne. Ça faisait peur à certains, de jouer le hors-jeu, à l’époque. C’était trop offensif. Pas mal d’équipes évoluaient avec un libéro qui restait vingt mètres derrière le dernier défenseur. On était en avance. Aujourd’hui, tout le monde joue de cette façon.

« Au PSG, j’ai été licencié après deux saisons. Ils ont arrêté mon contrat parce que je jouais aux cartes avec mes joueurs. On jouait au tarot. »

Comment s’est terminé cet intermède à la tête des Bleus ?
Lors de mon deuxième match sur le banc, on joue l’URSS, championne d’Europe, au Parc des Princes. À la mi-temps, on mène 2 à 1, fallait voir la tronche des dirigeants… Ils n'étaient pas contents que la France gagne. Parce que si on gagnait, je restais. Finalement, on a perdu 4-2, et c’était fini.

Vous avez ensuite pris la tête du Paris Saint-Germain, qui venait de naître. Comment c’était ?
Je peux me vanter d’être le seul à avoir fait monter le PSG en D1, parce que depuis ils ne sont pas redescendus ! (Rires) Après la montée, j’avais signé pour trois ans. J’ai été licencié après deux saisons. Ils ont arrêté mon contrat parce que je jouais aux cartes avec mes joueurs. On jouait au tarot. À l’époque, pour un match à Nice par exemple, on partait le vendredi et on revenait le lundi. Alors, quand on attendait le train à Gare de Lyon, Jonquet prenait la valise des équipements et on jouait aux cartes dessus, sur les quais. Les joueurs me soutenaient dans le procès que le PSG me faisait. Résultat : préjudice moral et tout… J’ai pris 55 millions (en anciens francs, ndlr).

« En 1998, Lineker est venu m'interviewer. Ça le dérangeait d'avoir un Soulier d'or, alors que moi, je n'en avais pas. Il s'est arrangé pour qu'on m'en fasse un. »

Que pensez-vous du PSG version qatarie ?
Avec tout l’argent investi, ils sont devenus hors d’atteinte pour toutes les équipes françaises. Mais le problème, c’est qu’en Ligue des champions, cela ne suffit pas. J’attends de voir comment ils vont se renforcer et remplacer Zlatan, parce que malgré ce qu’on peut dire sur ses performances en Coupe d'Europe, c’est un gars qui prenait beaucoup de place…


Vous possédez un mas dans le Var, à l’entrée duquel sont posés trois ballons de foot en céramique. Ici, à Toulouse, quels souvenirs gardez-vous de votre carrière ?
Déjà, j’ai changé les ballons, je me suis mis à la mode. J’ai mis des ballons noir et blanc. Comme ça, on reconnaît que c’est chez moi. (Il se lève et marche vers son étagère à trophées.) Quand je marque 13 buts à la Coupe du monde, le Soulier d'or n’existe pas encore. Il n’est créé qu’en 1962. Pourtant, j’en ai un ! En 98, Gary Lineker, meilleur buteur de la Coupe du monde mexicaine avec 6 buts, est venu me voir dans le Var pour m’interviewer, car je faisais partie du comité d’organisation du Mondial. Et ça le dérangeait d’avoir un Soulier d'or, alors que moi, je n’en avais pas. Alors il s’est arrangé pour qu’on m’en fasse un, et il me l’a offert. L’hommage d’un buteur à un buteur. J’ai apporté ce soulier à l’inauguration du musée de Clairefontaine cette année, il décore maintenant le musée des Bleus. Malheureusement, il n’y pas de Ballon d’or sur mon étagère, mais j’estime que j’aurais dû être gagnant ex-aequo avec Kopa en 58, pour ce que j’ai réussi en Suède. Je n’ai été que troisième. Enfin, c’est pas grave…

Vous avez aussi deux petits-enfants qui jouent au foot. Est-ce qu’ils marquent 75 buts par match ?
Les deux jouent en club, à Castanet, dans la banlieue de Toulouse. Un de 14 ans, qui joue gardien, et un de 12, défenseur, qui a été surclassé cette année. Mais je ne force rien, je les laisse faire. Ma femme a peur qu’ils délaissent trop l’école pour le foot, moi je ne suis pas inquiet, ils ont la tronche bien pleine. Le petit, il est premier en maths, premier partout, sauf en danse. Mon fils aussi a joué, il était bon, mais il courait plus après les filles qu’après le ballon.

Pour finir et puisque c’est le passage obligé dans toutes vos interviews, vous avez quelque chose à déclarer sur ce record de 13 buts à la Coupe du monde suédoise ?
Oui. J’espère faire mieux la prochaine fois.

Propos recueillis par Albert Marie
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